NICOLAS
Nicolas, doyen de l'église du Mans depuis de longues années, fut élu évêque à la place d'Hamelin, le mardi après l'octave de la Pentecôte (27 mai) 1214.
Certains auteurs, comme Le Corvaisier et Bondonnet, identifient notre Nicolas
avec le chapelain qui bénit, dans l'île de Chypre, l'union de Richard Cœur-de-Lion avec Bérengère de Navarre en 1191. Dom Briant” et dom Piolin n'acceptent pas cette opinion en faisant remarquer que Nicolas paraît être resté continuellement au Mans de 1186 à 1214, ce qui constitue une erreur, car il en fut éloigné pendant plusieurs années, notamment en 1192, ainsi qu'on l'a vu plus haut.
Dés qu'il eut appris l'élection, Philippe-Auguste, qui se trouvait à Péronne
(juin 1214), chargea Guillaume des Roches, sénéchal d'Anjou, et Guy d'Athie
dans le cas où Hamelin
de recevoir le serment de fidélité du nouveau ponti
l'aurait prêté aux rois d'Angleterre, et de lui délivrer la régale du Mans, à compter
du jour où l'élection lui avait été notifiée".
(1) « Ad serviendum altari Beati Martini in oleo et cercis ». (2) Inventaire des sceaux, n° 6685. Voir aussi Bibliothèque nationale, fonds latin (Gaignières) 17036, fol. Hucher, Bulletin de lu So: d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe, L XXXI.
G) Livre blanc (imprimé), ne C Le chanoine Mathieu des Prés, 6
ait oncle d’un Robert des Prés, che-
valier, Il avait été à Jérusalem et donna à la cathédrale une croix d’or avec du bois de la Vraie Croix. Martyrologe, au 15 des calendes de mars
(4) Actus, p. 48.
(5) Dom Briant, Cenomania. Dom Piolin, Église du Mans, IV, 260.
(G) Gallia, XIV, col. 424.
Guy d'Athies, vice-chancelier de France en 1201. P. Anselme, VI, 270. Dom Piolin (IV, 261),
(7) Peut-ê l'appelle Guy d'Athé (8) Livre blanc (imprimé) n° XIV. L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste, n° 1500. — Dom Piolin
AN, 260), étaye tout un roman sur cel acte : opposition de Philippe-Auguste à l'élection de Nicolas; refus par
LES ÉVÊQUES DU XIlk SIÈCLE 295
Le nouvel évêque n'avait pas encore reçu l'onction pontificale, lorsque le chapitre élut le chanoine Hugues de La Ferté à la dignité de doyen. Celui-ci fit hommage à Nicolas qui l'investit de tous les droits adhérents à sa fonction !.
Au mois d'août 1215, Nicolas confirma à ses chanoines la possession de leurs dimes de Cormes”, et le 27 janvier 1215 (v. s.), Guillaume Burel, ou d'Outillé, ancien chanoine du Mans et évêque d'Avranches”, octroya à l'église du Mans quelques vignes et un pressoir qu'il possédait € apud Salnerias ! ». Le même
évêque, en revenant de Jérusalem”, se souvint de saint Julien, en l'honneur duquel il établit la fête, le 27 janvier, dans son église cathédrale‘.
Il ne faut pas confondre, comme l'a fait dom Piolin”, Guillaume Burel, ou d'Outillé, qui fut évèque d'Avranches de 1210 à 1236*, avec son parent Guillaume
Burel, doyen de Saint-Pierre-de-la-Cour, également évêque d'Avranches de 1182
à 1194 environ”. Les deux Burel, évêques d'Avranches, étaient certainement
parents de Durand Burel, ou d'Outillé ", mari d'Étiennette, échanson d'Henri II
d'Angleterre, et bienfaiteur de la cathédrale. Tous ces Burel semblent originaires
d'Outillé, en Saint-Mars, dont le seigneur, au commencement du XIIIe siècle, se nommait Guillaume de la Jaille ©.
L'épiscopat de Nicolas prit fin le 26 février 1215 (v. s.). Cet évêque avait fondé, ainsi que le chanoine Guillaume de Marcé, son anniversaire à l'abbaye de Saint-Vincent. Il n'oublia pas non plus sa cathédrale à laquelle il fit plusieurs dons, particulièrement deux marcs d'or pour faire un calice d'or, une chasuble de samit rouge, une dalmatique, une tunique, deux aubes parées, une mitre et des sandales avec des chaussures brodées d'or".
Nicolas de prêter serment au roi: saisie du temporel de l'évêché; prestation d'un serment mitigé; enfin restitution des revenus de l'évêché en juillet 1214. Tous ces faits purement imaginatifs sont énoncés pour
stes commençait à dominer dans le conseil ».
LI et XLIT.
justifier cette phrase : « L'esprit de
d) Livre blanc (imprimé), nes (2) Ibid., ne XXX.
(3) Dom Piolin, Gallia (édition Palmé),
2cclesiæ Abrincensis, croit devoir corriger Guillelmus Burellus par
Guillelmus d'Ostilly. Guillaume portait les deux noms. (4) Livre blane (imprimé), no CEXVIIT. Le ne CLXIX renferme cette variante: « Apud Sablogerinas, in » feodo abbatie I ù
nomannensis ».
ate-Marie Belli-Loci
(5) « Dum rediret de partibus transmarinis ». calendes de novembre.
(6) Martyrologe, 244, au 5 à Église du Mans, IV, 103, 262 (8) Chroniques de Robert de Torigni. Édition L. Delisle, L IT, pp. 229, (9) Ibid. LIL, p. 125.
(10) On rencontre dans une charte de Henri II, passée au Mans, les témoins : Guillaume, évêque d'Avranches, Guillaume d'Outillé et Durand d'Outillé, camérier du roi. Livre blanc (imprimé), ne CCC
(11) Novella, qu'on trouve dans le Mariyrologe, 244, au 16 des calendes de févr aisemblablement mère de Guillaume Burel, évêque d'Avranches de 1210 à 1236. — En juin 1228, un Guillaume d'Outillé (de cial du Mans, aux religieux de Grandmont du Gué-Brunet, une rente d'un septier de seigle à prendre sur la métai » Houstilleio ». Archives de la Sarthe. H 1110 ». Inventaire sommaire, IN, %9.
Houstilleio), fils de Durand d'Outillé, donna, par devant l'o
e « de Salleia, sita in parrochia de
(2) Livre blanc (imprimé), nes DCLIV et suivants. (13) Livre blanc (imprimé), n° LXIIL.
(4) Martyrologe, 214, au 4 des calendes de mars.