GEOFFROY D'ASSÉ
Dès le commencement de l'année 1270, Geoffroy Freslon avait un successeur.
Célait Geoffroy d'Assé, de l'illustre famille des Riboul, seigneurs d'Assé, lesquels
26. Original scellé du sceau de Geoffroy. Toul ce carton J 367 est rempli
(1) Archives nationales, J 267, n de lettres d'évêques sur le même sujet @) « Rexit autem hane sanctam ecclesiam undecim annis atque in pontificali officio a Deo laudabiliter
» se habuit, quod sui regiminis anno octavo a summo Pontifice Clemente Ille, de consilio fratrum, ad regimen
» Tyrensis ccelesie... est vocatus, Sed ipse…. excusavit (3) Martyrologe, 244, au 18 des calendes de décembre. — 1273 « vendredi après an neuf... Feu Joufray
» Freslon, jadis évêque du Mans ». Bibliothèque du Mans, ms. 247, fol. 33. (1) Collection de sceaux, n° 6689. (6) Voir aussi à la Bibliothèque nationale, fonds latin (collection Gaignières), 17036, fol. 181, un dessin de sceau de Geoffroy Freslon.
(6) Martyrologe, 24, au 11 des calendes de septembre.
portaient pour armes : emmanché d'argent el de sable de quatre pièces. naquit au village de Saint-Martial (actuellement Saint-Marceau), comme le témoigne l'article nécrologique du chanoine Jean de Cergeio', fondateur à la cathédrale de la fête de saint Martial”, où se rencontrent ces mots: « Vencrabilis in Christo paler, » Gaufridus de Aceyo, episcopus Cenomanensis, oriundus de parochia Sancti-
» Martialis * ». Son père, mort en 1233 et enterré dans le Chapitre de l'abbaye de
Champagne, s'appelait le chevalier Hugues d’/ ; sa mère répondait au nom
d'Ægidia? (Ægidia de Ségrie dit le Gallia). I avait un neveu Geoffroy de Ségrie °. D'abord scolastique, grand archidiacre, puis chantre, Geoffroy habitait au Mans une maison sise entre les Ardents et la maison du Chapitre”.
Sa consécration eut lieu aux environs du mercredi, 29 janvier 1270 (n. s.), date à laquelle, étant à Tours, il donna procuralion à deux chanoines pour demander à saint Louis la levée de la régale". Cette pièce est munie d'un fragment de son sceau, faussement attribué par Douet d'Arcq à Geoffroy Freslon”. Un second sceau du même évêque, de 1271, encore attribué par erreur à
Geoffroy Freslon, par Douet d'Areq " et par Gaignières !!,
le représente debout, vu de face, mitré, crossé (la volute . de la crosse tournée en dehors ®) et bénissant, accompagné SCEAU DE GEOFFROY D'ASSE dans le champ, à dextre, des lettres À @ et, à senestre,
de € E. Légende : + S$° GAVFRIDI DIVI[NA MIÏSERACIONE EPL CENOMAN. Contre-sceau :
Un Agnus Dei. Légende : + GONTRASIGILLVM EPT. CENOM. Le saint roi Louis IX mourut le 25 août 1270, pendant la première année de
l'épiscopal de Gcoffroy d'Assé, et son frère, Alphonse de Poitiers, décéda le
, ainsi
21 août 1271. Léglise du Mans célébrait l'anniversaire de ces deux princes
que ceux de la reine Blanche " et du fils de saint Louis, Pierre, comte
() Fils de Pierre et de Radegonde.
(2) « Qui fuit socius beatissimi Juliani ».
(3) Marigrologe, 4, au 5 des ides de juillet.
€) Dom Briant, Cenomania.
G) Martyrologe, 4, au 6 des calendes de novembre.
(6) Martyrologe, 244, au 4 des ides de juillet.
(7) Martyrologe, 244, au 6 des calendes de novembre.
(8) « Excellentissimo domino Ludovico, Dei gracia, regi Francorum illustrissimo, Gaufridus, eadem per-
» missione Cenoman. electus et confirmatus.…. Datum Turon. die mercurii post festum beatissimi Juliani,
» anno Domini Me CCe LXu nono ». Archives nationales, J 346, ne 49. Original scellé. (9) Collection de sceaux, n° 6690,
(0) Zbid., no 6691.
(11) Bibliothèque nalionale, fonds lat. 17036, fol. 183
fois qu'on trouve cette direction à la volute.
(92) C'est la premië (3) Martyrologe, 4, au 9 des calendes de septembre.
4) Probablement la mère de saint Louis, morte le 14 décembre . Archives de la Sarthe. G 20, fol
Pains du Chapitre « pour le mois de
» febvrier 1609... et pour l'anniversoire de la roine Blanche...
LES ÉVÈQUES DU XIIe SIÈCLE 251
d'Alençon !, mort le 6 avril 1284. D'autres anniversaires furent fondés par l'évêque lui-même; ceux de son père, de sa mère, pour lesquels il légua vingt sous de rente sur une maison occupée par le chanoine Guillaume Riboul?; ceux du chanoine Lambert de Beaumont et d'Habert des Broces, prêtre, curé de Notre-Damedes-Champs”*. Il augmenta celui de Geoffroy de Loudun en rendant au Chapitre la moitié de la dime de saint Viventien !
Le Marlyrologe fait l'éloge de ses vertus, sans entrer dans le détail de ses
actions. Humble, affable, grave, modeste, prudent et circonspect, il s'appliqua à mériter le titre de Fils de Dieu ”, éleva au rang des fêtes doubles la translation de saint Julien qui se-célébre le 25 juillet, agrandit le domaine de Touvoie et fit des
constructions à Yvré.
Geoffroy d'Assé mourut le jour des nones de juillet (7 juillet) 1277° et reçut la sépulture dans l'église abbatiale du Pré, devant le tombeau de saint Julien”. Il laissait à la cathédrale plusieurs ornements de grand prix et en particulier huit tentures aux armes d'Assé qu'on avait coutume de placer dans le chœur de l'église
aux jours de grandes fêtes *.
Négrier de la Crochardière écrit qu'en 1274, Geoffroy © donna de l'argent
» pour voüler une des croisées de la cathédrale” », et dom Piolin assure qu'il
« laissa un legs pour élever la voûle du milieu et celle du croisillon méridional " ».
Cette affirmation, qui semble avoir été émise la premiére fois par Le Corvaisier !!,
ne s'autorise d'aucun document ?.
À l'époque de la dédicace du chœur de la cathédrale par Geoffroy de Loudun, en 1254, les gros travaux de l'œuvre étaient certainement terminés, mais il n'en restait pas moins des parties secondaires, soit intérieures, soit extérieures, qui attendaient leur perfection. Aussi l'église entretenait-elle un maitre de l'œuvre, un maire maçon, en permanence, Si, par malheur, le nom de ce personnage
reste ignoré, une charte du Livre Blanc, du 23 mai 1271, apprend qu'à cette
() Martyrologe, 244, au 9 des calendes de septembre. 281, « Guillelmus et Gervasius, dicti Ribole, fratres, canonici Cenomanenses ». Livre blanc
(3) Martyrologe, 244, au 9 des calendes de mai.
(4) Martgrologe, 244, aux nones de juillet.
(2) On trouve en
(imprimé), p. 235, no
(6) « Quantum potuit pacificus, volens Dei filius appellari ».
(6) Martyrologe, 24, aux nones de juillet. — Dom Pivlin (IV, dit qu'il mourut le 3 juin 1277, au
chäleau de l'Épinay, en la paroisse de Saint-Marceau, au méme lieu où il était né. Le Révérend Père oublie d'in-
diquer la source de ce renseignement,
(7) Nécrologe de l'abbaye du Pré dans Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences el Arts de la Sarthe, & XVI, p. 470.
(8) Martyrologe, %4, aux nones de juillet.
() Bibliothèque du Mans. Ms. 21/4, t. I, fol. 500.
(0) Église du Mans, & IV, p. 450.
(1) Histoire des Évesques du Mans, p. 530.
(12) L'abbé Voisin (Les Cénomans anciens et modernes, I, p. 506), va jusqu'à écrire que Gcolfroy d’ » fit élever une croisée » de la cathédrale, ce qui ne soutient pas la discussion.
dernière date, il habitait une maison de la rue Saint-Vincent". Des bienfaiteurs comme le doyen Azo, mort vers 1272, qui donna dix livres tournois à la fabrique”,
lui permettaient de poursuivre l'achèvement de la cathédrale. JEAN DE CHANLAY À la mort de Geoffroy d'Assé, la discorde s'établit en maitresse au sein du
Chapitre el même parmi les fidèles. Plusieurs chanoiïnes choisirent pour évêque
Guillaume Roil, doyen de l'église du Mans, les autres
élurent Geoffroy de Saint-Brice ”, doyen de Bourges, que j'identifie avec Geoffroy de Saint-Brice, archidiacre
de Sablé, qu'on trouve évêque de Saintes en 1 Guillaume Roil, homme d'une grande éloquence et d'une
science profonde, se rendit à Rome, auprès du pape
Nicolas ITT, entre les mains duquel il céda le droit qui lui avail été conféré par l'élection”. Geoffroy de Saint- Brice renonça également au siège du Mans. Mais, ces
démêlés avaient duré plus de deux ans.
Le Souverain Pontife choisit alors pour remplacer
les compétiteurs, Jean de Chanlay°, archidiacre de
DE JEAN DE CHANLAY PR ; ; k ; Sologne en l'église de Chartres, élu évêque d'Auxerre
et dont l'élection élait contestée 7. La lettre du pape au roi de France, Philippe-le- Hardi, lui notifiant ce choix, est datée de Viterbe, le 5 des nones d'octobre,
deuxième année du pontificat*, c'est-à-dire du 3 octobre 1279, jour de la nomi-
nation”. Dès le 7 octobre, samedi avant la fête de saint Denis, le nouvel évêque
is
désigna comme ses procureurs pour obtenir du roi la levée de la régale, Gerv
de Clinchamp, grand archidiacre du Mans, futur cardinal", Guillaume de Poillé,
archidiacre de Sablé, et deux autres ecclésiastiques étrangers au Maine ". Cette
(1) Cession par le Chapitre à André de Vèges, clere, et à Odeline, sa femme, d’un hébe appartenu à feu Pierre, sacriste et chanoine « quod herbergamentum situm est in vico Sanct
ement qui avait ncentii Ceno-
» manensis, in feodo Cenomanensis ecclesiæ, inter herbergamentum defuncti Martini Pelliparii et herberga-
» mentum in quo solet manere magister lathomus fabrice ecclesie Cenomanensis ». Livre blanc (imprimé), p. 231. 2) Martyrologe, 2M, au 4 des calendes de décembre (3) Gaufridus de Sancto-Bricio. Dom Piolin (IV, 438), le nomme Geoffroy de Saint-Brisson. (4) Le Gallia, & I, col. 1075, ne sait rien sur cet évêque qu'il appelle de Saint-Briant et de Saint-Briçon. — Voir Martyrologe, 24, au 7 des calendes d'août. (5) Mariyrologe, 4, au 3 des calendes de juillet (6) Johannes de Chanlayo. Quelques auteurs l'ont nommé Jean de T'anlay. (7) « Ad regimen ecclesie Autissiodorensis tune pastore vacantis, discorditer fuisset electus ». (8) Archives nationales. J 346, ne 79.
(9) Archives nationales. J 699, no 74.
(10) Voir Martyrologe, 244, au 17 des calendes d'octobre. (1) Archives nationales, J 346, ne 71.
LES ÉVÊQUES DU Xille SIÈCLE 253
procuration de Jean de Chanlay est munie de son sceau : Évêque debout, vu de
face, mitré, crossé et bénissant, accosté de chaque côté d'une fleur de lis entre
deux croix, le tout dans la position du pal. Légende : #1 OMANEN. Contre-sceau : Évèque, vu de face, à mi-corps. Légende : + sCs Jv...S GENOMANEX.
Absolument étranger au pays, Jean de Chanlay émit la prétention de ne pas tenir comple des statuts de sa nouvelle église et, dans ce but, écrivit des lettres au Souverain Pontife, le 10 novembre 1279! Il n'en fallait pas davantage pour
troubler profondément le Chapitre et même le diocèse. Guillaume de Poillé et
quelques-uns de ses confrères se mirent à la tête de l'opposition. L'archidiacre de Sablé, issu d'une très-noble famille, instruit, jouissant d'une
grande renommée à Rome, familier et conseiller des rois de France et de Sicile,
mena une ardente lutte en faveur du corps dont il faisait partie. EL sa voix était
d'autant plus écoutée qu'il se montrait généreux envers la cathédrale ?, à laquelle
il devait donner par testament vingt livres mancelles « ad opus fabrice », des revenus, des ornements sacrés et deux magnifiques tapisseries de laine *.
Pierre d'Ardenay, archidiacre de Montfort !, éminent dans la science du droit,
prof
sait les mêmes principes et fit, pour les soutenir, des voyages à la cour romaine et ailleurs. Son influence au Chapitre était justifiée par ses nombreuses largesses, énumérées tout au long dans le Martyrologe de l'église du Mans ?. Hubert Riboul, archidiacre de Laval, homme d'une grande naissance, prit la cause des siens les armes à la main. Au dire du Martyrologe, il combattit luimême à la têle de ses amis « certains hommes, ennemis mortels du chapitre,
» perturbateurs du diocèse » et réussit à les chasser du pays. Vraisemblablement,
il faut entendre ici par ennemis du Chapitre, les partisans de l'évêque. Hubert
Riboul eut tout le temps de guerroyer,
ar il ne mourut que le 3 septembre 1313, au début de l'épiscopat de Pierre Gougeul f.
Un des résultats de cette guerre intestine, à laquelle prirent naturellement
part de nombreux seigneurs”, fut l'incendie du château de Touvoie, qui dut être
reconstruit par Robert de Clinchamp*,.
() Gallia, XIV, col. 404 €) 11 donna de son vivant cinquante livres mancelles, pour augmenter la fondation des messes qui se
disaient le samedi et le jeudi en l'honneur de la sainte Vierge et de saint Julien.
(3) Martyrologe, 244, au 16 des calendes de janvier.
re le même que Jean d'Ardenay, écuyer, de la paroisse de Saint-Hilaire
(1) Fils de Jean d'Ardenay, peut-ê d'Ardenay 6) Voir plus bas à 1 était plus jeune que Guillaume de Poillé, dont il était le parent ou l'ami intime ?
Martyrologe, au 7 des calendes de juin.
icle Robert de Clinchamp. — Dom Piolin (IV, 442) affirme que Pierre d'Ardenay
(6) Martyrologe, 24, au 3 des nones de septembre. () Voir Le Corv 535-537.
(8) © In temporalibus rexit ita quod manerium de Touveya quod combustum fuc quondam habite inter Johannem de Chanleyo, quondam episco-
aisier, Histoire des Évesques du Mans, pp.
at et consumptum, » exceptis parictibus, temporibus dissensionis
» pum Cenomanensem, et quosdam cjus adversarios, de novo recdificavit ». Martyrologe, 241, au 4 des calendes
d'octobre.
a scission entre Jean de Chanlay et un grand nombre de chanoines est un
fait notoire. Mais, il faut se garder de dire, avec dom Piolin, que ces mêmes
chanoines « vivaient ouvertement dans le schisme » en déclarant dans un grand
nombre de chartes des années 1278 à 1291, le siège épiscopal vacan es choses en vinrent à ce point que l'évêque, s'éloignant de son diocèse, se retira dans l'abbaye cistercienne de Preuilly, au diocèse de Sens. Afin d'expliquer
leur conduite, les chanoines envoyèrent à Rome l'archidiacre Guillaume de Poillé.
Une bulle de Nicolas IV, en date du 23 mars 1291, nous renseigne sur l'accueil
que la cour pontificale fit à ce délégué. On y voit que, déjà, les évêques d'Angers,
de Coutances et de Séez s'étaient vainement entremis entre Jean de Chanlay et ses adversaires. Le pape mandait au pontife de se rendre à Rome, sous peine de déposilion. Jean de Chanlay n'eut pas le temps de répondre à cette citation ; il
décéda à Preuilly”, où il fut enterré le 4 des calendes de septembre (29 août)
1291. Le Marlyrologe de l'ég
ise du Mans est muet sur cet évêque dont les douze années de pontificat ne rappelaient que de pénibles souvenirs.
On couvrit son tombeau d'une plaque de cuivre représentant un évêque bénissant, avec mitre, crosse et chasuble. Cette figure était accompagnée d'une inscriplion élogieuse.
Gaignières nous a conservé le dessin de la tombe de Jean de Chanlay*, qui a
été reproduite plusieurs fois, notamment par M. J. Chappée ‘. En 1856, on découvrit dans la sépullure de évêque une crosse émaillée et deux émaux cloisonnés d'or.
Cauvin, d'après Le Corvaisier”, attribue à Jean de Chanlay, les armes suivantes : d'argent au lion de gueules. On peut admettre qu'il portait: d'argent chargé d'une croix d'azur ‘.
Il faut placer sous l'épiscopat de Jean de Chanlay, Jean Béraud, prêtre, chanoine du Mans’, frère de Nicolas Béraud, chanoine de Limoges. Dans son long article nécrologique, on remarque : Le legs à la fabrique de Saint-Julien, de la
saint Martial et le
somme de cent sous tournois, une fondation pour la messe de
(1) Aucune des chartes passées pendant l'épiscopat de Jean de Ghanlay (fin de 1279 à 1291) ne porte celte mention sede vacante. La monstruosilé du cas aurait dû ouvrir les yeux à dom Piolin. Comment peut-on se
représenter des chanoines, déclarant le siège épiscopal vacant pendant la vie d'un évê
ue nommé par le pape, accepté par le roi, intronisé, et vivant dans sa ville épiscopale. Le Révérend Père a été trompé par une charte , au lieu de 1278 et dans
du Livre blanc (no DCCXIT), portant certainement par erreur la date du 12 août 1 laquelle le siège du Mans est dit vacant.
@) Hauréau dans le Journal des À Maine, & HI (1895), pp 536.
« Tombe de cuivre jaune, du costé de 1
avants, n0s d'avril 1891 et de janvier 1892. L. Froger dans La Province du
angile, dans le sanctuaire de l'église abbatiale de Preully en Brie ». Bibliothèque nationale, fonds latin, 17036, fol. 197. () Revue historique et archéologique du Maine, & XL, p
Le Corvaisier, Hisloire des Évesques du Mans, p. 534, n'émet qu'une hypothèse que Gauvin transforme
en certitude.
(6) Revue historique et archéologique du Maine, t. XL (7) Jean Béraud, en 1281 ou 1282. Livre blanc, p. 152.
LES ÉVÈQUES DU XIIe SIÈCLE
don d’un missel noté, maintenu par une chaîne de fer dar
des chanoines !. Quant au chanoine Julien de Corulo, nat
de la Couture, au Mans, il multiplia ses bienfaits en lai à la fabrique, pour l'entretien de lampes dans la nef de et dans la chapelle de la Sainte Vierge ?. Il décéda le
d'un an après Guillaume de Braio, cardinal prêtre du t
as le revestiaire, à l'usage if de la paroisse de N.-D.
int différentes sommes
‘église « ante infirmos »
29 novembre 1283, plus
ire de Saint-Marc (mort
aire fut
le 29 avril 1282), dont l'annivers fondé à la cathédrale par Ancherus
Pantaleo*, cardinal prêtre du titre de Sainte-Praxède, qui donna conjointement
avec les autres exécuteurs testamentaires, la somme de deux cent cinquante livres
tournois ‘.
PIERRE ROYER où LE ROYE
guérent leurs con-
Le mardi 4 septembre 1291, les chanoines du Mans dél frères le chantre Renault (de Mello) et Jourdain Le Maréchal, pour aller annoncer au roi Philippe-le-Bel le trépas de feu de bonne mémoire, Jean, jadis évêque du
Mans”, el pour solliciter l'autorisation de procéder à l'élection de son successeur‘.
Ayant obtenu ce qu'ils demandaient, ils choisirent un des leurs, Pierre Royer ou Le Royer’, archidiacre de Château-du-Loir. Cette élection eut lieu avant le dimanche 27 janvier 1292 (n. s.), date d'un concile lenu à Angers où se trouvait le nouvel évêque du Mans, confirmé par son métropolitain, mais qui n'était pas
encore consacré”. Sa bulle de nomination, datée d'Aquila, se fit attendre jusqu'aux ides de septembre, première année du pontificat du pape Clément V, 13 septembre 1294". Quelques jours plus tard, le 25 du même mois, Pierre Le Royer !! donna des lettres de procuration, également datées d'Aquila, par lesquelles il chargea les
chanoines du Mans. Jean « de Bellopratello », Guillaume Mérienne, Thomas
(1) Martyrologe, 244, au 7 des calendes de juin.
(2) Martyrologe, 24, au 5 des calendes de décembre. (3) Mort en 1986 () Au dire de
iaconius (col. A), Guillaume de Braio, était archidiacre de Reims et originaire du
L'abbé U.
diocèse de Sens /Senonensis]. Il faut probablement rectifier par Cenomanensis. Chevalier, Réper-
doyen de Laon.
toire, l'appelle Guillaume de Br G) « Mortem bone memorie Johannis, quondam episcopi Cenomanensis J
es nationales, J 345, no 93. Original parchemin avec fr:
Ce passage prouve contre dom
Piolin que le Chapitre ne refusait pas le titre d que an de
(6) Archi gment de sceau rond décrit par Douet
d'Areq, II, no 7211.
(7) Petrus Rotarius ou Rotarii. — Rotarius, rotarum artifex, gallice Charron alias Royer.
1295 et le Gallia, XIV, col. 404, au
(8) Dom Piolin (IV, p. 455) place par erreur ce concile au 26 janvic
janvier 1293.
(9) « Anno (1291 ironensibus
NA die dominica ante Pur
s.) convocatum fuit concilium provinciale a vencrabilibus viris decano ct capitulo
ationem beate Marie Virginis, in festo videlicet beati Juliani ;
» et Petrus dietus Le Roier, electus Cenomanensis et
in quo concilio octo episcopi convenerunt, videlicet…
» auctoritate metropolitana confirmatus ». C. Port, Liber Guillelmi Majoris, p. 90. (0) Archives nationales, J 700, ne 93, O (1) « Genomanensis ccelesie minister humilis ».
nal parchemin, Bibliothèque nationale, fonds français, 20177.
«de Vario » el Geoffroy Pallier, de se rendre auprès du roi pour la levée de sa régale !.
S'il faut en croire Le Corvaisier?, dont l'autorité est toujours suspecte, Pierre Le Royer, natif du village de Trôo, était fils de Jean Le Rover, officier du comte de Vendôme, garde des sceaux pour les contrats passés dans les châtellenies de Trôo, Montoire, Lavardin et les Roches-lÉvèque. Il aurait cu un neveu ou petitneveu, Jean Le Royer, qui devint plus tard évêque de Meaux.
L'anniversaire de l'évêque du Mans, pour lequel ce dernier donna vingt sous manceaux, est inscrit dans le Marlyrologe, au 9 des calendes de janvier
(24 décembre), et celui de Jean Le Royer, évéque de Meaux (doté de dix livres),
au 17 des calendes d'août (16 juillet).
On ignore l'époque précise de la mort de Pierre Le Royer que le Gallia place
à l'année 1295. Le Corvaisier el ceux qui l'ont suivi assurent qu'il décéda au cours d'une visite pastorale dans la paroisse de Sainte-Cécile-sur-Loir et que son corps, apporté au Mans, reçut la sépulture à Saint-Julien.
Un chanoine du nom de Jean « Viviani », qui mourul vers la même époque,
fut, dit le Marlyrologe, le premier chanoine enterré à la cathédrale *
DENIS BENOIT où BENAISTON, prr DE FALAISE
Le successeur de Pierre Le Royer, Denis Benoît, de Falaise‘, vulgairement appelé Benaiston, fut nommé évêque du Mans, dans une réunion du conseil du roi Philippe IV, au Louvre”, dit le Nécrologe de l'église de Paris.
Dans la bulle, datée du 4 février 1296 (n. s.), par laquelle Boniface VIII pourvoil à la vacance du siège épiscopal du Mans, le souverain Pontife déclare que les chanoines avaient élu pour évêque un de leurs confrères, Guillaume Mérienne‘, mais que ce dernier, voyant son élection contestée, y avait de lui-
il nomme Denis Benoit,
même renoncé. Le pape ajoute que, de sa propre autorité qui élail alors chanoïne el chantre de l'église de Notre-Dame de Paris. M. Hauréau
conjecture qu'il avait été condisciple du pape. Ce dernier lui donna plusieurs
témoignages de confiance, en l'autorisant d'abord, par une bulle du 4 septembre
1296, à contracter un emprunt de trois mille cinq cents livres tournois, rembour-
() Archives nationales, J 347, no 105. Or (2) Histoire des
inal parchemin, secau perdu.
Évesques du Mans, p. 512.
«IT non. julii. Obiit magister Johannes Viviani, canonicus Cenomanensis.…... Fuit primus sepultus » in ecclesia ».
». Archives du C 6) Bibliothèque nationale, fonds latin, 15439, fol. 71.
(D) « Dyonisius Benedieti, de Falay
apitre du Mans, B/24, fol. 4.
(6) G. Mérienne, chanoine du Mans, en 1277. Martyrologe, 244, fol. 293 vo. Le même appelé Guillaume Mariane, en 1282. Livre blanc, p. 1
:S DU XIIk SIÈCLE 257
LES ÉVEQU
sables sur le trésor de l'église du Mans, puis, par une autre bulle du 14 octobre de
la même année, à faire visiter par autrui les églises de son diocès
*, tout en percevant lui-même, en monnaie courante, l'équivalent de ce que les curés étaient tenus de dépenser pour l'héberger avec sa suite !.
Le Marlyrologe célèbre en termes pompeux les belles qualités de Denis Benoît. Il fut, dit-il, d'abord chanoine, ensuite archidiacre, puis chantre de l'église de Paris. Sa renommée s'étant répandue au loin, le souverain Pontife, Benoit VIII,
sur le conseil des cardinaux, le proposa au gouvernement de la malheureuse
église du Mans, alors désolée, aussi bien au temporel qu'au spirituel. Il s'appliqua
avec douceur, à éteindre les discordes qui régnaient, surtout entre les ecclé-
siastiques *, dans la ville et dans tout le diocèse. Grâce à sa sagesse, à sa bonté,
à son désintéressement, il parvint à rétablir la paix qu'on ne connaissait plus
depuis longtemps dans le pays manceau.
Parmi les travaux qu'il entreprit, il faut signaler la construction de somptueux édifices au château d'Yvré-l'Évèque et le rétablissement de moulins qui avaient été ruinés au cours des luttes précédentes. Avant sa mort, il donna plusieurs
riches ornements à la cathédrale, quarante livres lournois pour l'œuvre de la
fabrique et différentes sommes pour la fondation de son anniversaire.
Denis Benoît, après un trop court épiscopat de deux ans et dix mois”, décéda
le dimanche 29 mars 1299 (n. s.)", et non le 3 mars, ainsi que l'ont répété lous les
auteurs
Un chanoine du nom de « Galcherus Beloti » est cité comme défunt dans l'article nécrologique de Denis Benoît. II semble qu'on doit identifier cet individu avec maitre € Galcherus Beloti », de Montrichart en Touraine, chanoine et souschantre de l'église du Mans, qui se distingua par ses largesses envers la cathédrale,
notamment en laissant dix livres {tournois à la fabrique °.
du Mans dans La Province du Maine, t. II (1895), p.
évéqui
@ ul im inter personas ecclesiasticas ».
(3) « Annis duobus, mensibus decem », Dom Piolin qui donne ce texte (IV, 601), traduit (p. 462), par deux ans, un mois et Lreize jours.
vit ad Christum, tercia die mensis marcii finienlis, qui dominica fuit, anno Domini
(4) « Feliciter m » Mo CC jesimo octavo ». Marlyrologe, au 5 des nones de mars. — En 1299, le dimanche 29 mars était le quatrième dimanche de carême.
(5) Le 3 mars 1299 tombait un mardi
(6) Martyrologe, 244, au 4 des calendes de mars. — Dom Piolin (Z de Montrichart sous Gcoffroy de La Chapelle, au XIVe siècle,
v none
se du Mans, V, 4), place Gautier Belot