GEOFFROY FRESLON
-e siège épiscopal ne resta pas longtemps vacant après la mort de Guillaume
Roland. On y rencontre Geoffroy Freslon, ancien chanoine du Mans et archidiacre
d'outre Loire en l'église de Tours‘, à la fin de l'année 1258, après le 10 septembre”. Il est présumable que le nouvel évêque tirait son origine d'un village situé entre
Montoire et les Roches-l'Evêque, dans le Bas-Vendômois, et qu'il était de la
famille d'un certain Guillaume Freslon, chevalier, qui en 1280, accorda quelques
rentes à l'abbaye de la Virginité. Ce chevalier, dit dom Briant, avait un sceau
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char Jleurs de lis avec lambel à trois perdants, tandis qu'on attribue à
Jreslons de
Geoffroy Freslon: d'argent au chevron d'azur accompagné de tro
sable. Ces dernières armes se trouvaient autrefois, paraît-il, dans les vitraux de la cathédrale, où Le Corvaisier a pu les voir, mais sans « discerner au vray si » c'esloient des freslons ou quelques autres figures qui accompagnaient le chevron‘». Maulny a également vu le soi-disant blason de Geoffroy Freslon,
dans la première grande fenêtre du transept, à droite de la rose’, c'est-à-dire
dans une fenêtre du XVe sie Il résulte de tout ceci qu'on ne connaît pas sûrement les armes de Geoffroy Freslon. Si le sceau du chevalier Guillaume portait bien trois fleurs de lis (et non pas trois frelons), peut-être le blason de la cathédrale était-il chargé lui-même de trois fleurs de lis, d’un dessin plus ou moins
semblant à des frelons.
parfait, donnant, à distance, l'illusion de bestioles res
ecclesie minister humilis »,
Dès le 26 août 1259, Geoffroy, « Cenomanens
écrivit à saint Louis l'aulorisant, autant quil le pouvait, à employer en
œuvres pies, les sommes qu'il devait et dont les créanciers ne lui étaient pas
(1) « Martyrologe, 244, au 3 des ides d'avril Dom Piolin (V, 47), fait vivre cette Isabelle, à la fin du XIVe siè €) «
sie obiit Petrus de Vindocino, filius nobilis viri Petri, comitis Vindocinensis, cantor
kal. julii.
» hujus ccclesie Cenomanensis, qui dum esset canonicus Carnotensis et utriusque ecclesie Turonensis, cupiens
> amore scientie exsulare studiorum Bononiam profectus est. Ibidem, in flore juventutis diem clausit extre- ‘D 431.
» mum..…… ». Martyrologe
6) Livre blanc (imp (1) Gallia (NIV, 401), d'après Guillaume de Nangis, N (5) € Datum anno Domini 125$, mense septembris, d
à et Gaignières.
martis post Nalivitatem beate Marie, sede vacante ». L. Denis, Cartulaire de Vivoin, p
sques du Mans, p. 526. — Cauvin (Armorial des évêques du Mans) s'appuie sur Le
(6) Histoire des Corvaisier pour affirmer que Geoffroy Freslon portait un chevron et trois frelons. Or, Le Corvaisier n'émet qu'une supposition (7) Annuaire de la Sarthe, pour 1840, p. 248.
(8) Ce fragment de vitrail provenait probablement d'une fenêtre plus ancienne.
LES ÉVÈQUES DU XIIIe SIÈCLE 249
connus *. En 1260, il consacra l'église abbatiale de N.-D. de Champagne, et, à une date inconnue, fit d'importants travaux au château de Touvoie. Il y creusa l'étang
iscopale, arracha un bois
de Perrière, bâtit un portail, une grange, la chambre é} d'aune qu'il transforma en prairies ct fit renouveler, autour du manoir, les vieux fossés envahis par la vase.
Le Marlyrologe parle de lévèque Geoffroy Freslon en termes très élogieux,
faisant ressortir ses vertus et les combats qu'il dut livrer pour la défense des libertés de son église. Malgré les tribulations dont il était abreuvé, il refusa, en 1266, le siège de Tyr que le pape Clément IV, sur le conseil des cardinaux, lui
offrait avec instance ?, Il mourut trois années plus lard, le 14 novembre 1269,
après un épiscopal d'environ onze années, et laissa, entre autres dons, à la cathé-
drale, trois anneaux d'or (deux ornés d'un saphir, le troisième d'une améthyste)
pour le frontal de la châsse de saint Julien, et cent livres tournois pour son
anniversaire *.
Douet d'Arcq* donne comme appartenant à Gcoffroy de Loudun, un fragment de sceau de Geoffroy Freslon, conservé aux archives nationales” au bas de la lettre à saint Louis citée plus haut. On y remarque un évèque debout, vu de face. Fragment de légende : Ga …. pr. Contre-sceau : Tête mitrée, de profil à gauche. Légende : + sA[Nervs] 3V[LIAÏNYS.
Ce fut vraisemblablement au cours des épiscopats de Geoffroy de Loudun, de Guillaume Roland où de Geoffroy Freslon que Jean Byeron, prêtre, chanoine du Mans, longtemps chargé de la fabrique de la cathédrale, se rendit à la cour romaine dans le but de défendre les libertés de son église. En mourant, il lui légua des biens dans la ville de Vendôme, des livres et des rentes pour son
anniversaire, [l n'oublia pas non plus la confrérie des eleres ‘,