‹ La cathédrale Saint-Julien du MansChapitre 9 sur 236 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

A USQU'ICE, faute de documents authentiques, je n'ai pu indiquer les dates précises de la vie des premiers évêques du Mans, c'està-dire des SS. Julien, Thuribe, Pavace, Liboire et Victur,

auxquels il faut ajouter les problématiques SS. Gundanisole,

Valérin et Rufin.

Avec saint Victeur!, fils supposé de saint Victur, nous entrons dans le domaine de l'histoire, car, un Victorius ou Victurius du Mans prit certainement part aux con-

ciles d'Angers en 453°, de Tours en 461 *, et souscrivit à celui de Vannes vers 465.

SAINT VICTEUR

Au rapport de Grégoire de Tours, la sainteté de Victeur (il le nomme Viclorius) se manifesta dans maintes circonstances, particulièrement lors d'un événement notable. Un violent incendie dévorait la cité mancelle et d'énormes flamméches, chassées par le vent, faisaient craindre que le feu n'étendit partout ses ravages. L'évêque ne pouvant supporter la vue d'un pareil désastre, s'approcha du brasier, fit le signe de la croix sur les flammes el arrêla aussitôt le fléau. La

ville ainsi délivrée rendit mille actions de grâce à son pasteur “.

(1) J'adopte cette forme Victeur pour rendre Viclurius, le fils supposé de Victurus (Vietur) du chapitre précédent.

€) Abbé L. Duchesne, Catalogues 6) sie) episcopus Cenomannicæ civitatis, huie definitioni interfui et subseripsi ». Sirmond, MED 26 . Pat. lat, & L

iscopaux de la province de Tours, p. 50.

(3) « Victorius |

Concilia antiqua Galliæ. Paris, 1

(4) De gloria confessorum, ca] , col. 869. Ce miracle peut s'appliquer à Victeur où

à son père Victur.

S'il faut en croire Le Corvaisier, Bondonnet et dom Piolin', on bâtit peu après, dans ce même endroit, une petite chapelle, qui devint dans la suite l'oraloire de l'hôpital des Ardents. Aucun texte n'appuie cette affirmation qui, par là même, devient caduque.

Cest à l'évêque Lidorius qu'est due la construction de la primitive cathédrale de Tours, (337-371). Plus tard, le culte des saints Gervais et Protais ayant pris une grande extension, un autre évêque, Eustochius (447-461), fit bâtir dans la même ville, une église destinée à abriter les reliques des bienheureux martyrs rapportés d'Italie par saint Martin *, Saint Victeur imita son contemporain De

cum , il restaura, orna et agrandit cette même

Eustochius en enrichissant sa cathédrale de reliques des saints milanai

plus, selon le récit des Actus Ponli

cathédrale en ajoutant une aile où transept au nord de la premicre église consacrée par saint Julien. Son œuvre resta inachevée, car la mort le saisit au milieu de ses travaux, le 1er septembre * 490, après un épiscopat de quarante-un ans,

six mois et dix jours. Comme les SS. Thuribe, Pavace, Liboire et Victur, il fut

enterré dans l'église des Douze-Apôtres, qui, au Vle siècle, devait prendre son

nom. Les églises de Saint-Victeur de Rouillon (Sarthe), de Bazougers° et de

Levaré (Mayenne) lui sont consacrées.

Saint Victeur est le seul des évèques du Mans qui soit mentionné dans

les anciens martyrologes, hiéronymien et d'Usuard ; il y est appelé Victor.

De son temps, Le Mans faisait partie de la troisième Lyonnaise qui avait Tours pour métropole. De là, la suprématie religieuse de Tours sur les « civitates » Cenomannorum, Andecavorum, Redonum, Namnetum, Corisopitum, Venetum,

» Ossismorum et Diablintum ».

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