‹ La catholicisme et la vie de l'espritChapitre 33 sur 56 · I.K l'KSSI.MISMK · texte numérisé non relu

I.K l'KSSI.MISMK

iiiismo t'onsislc pivcis^mcnl à profossor colle iIdo Irino.

Mais il y a bien dos sorlos do possimismo. Parlois OH déoi'èlo (juo io niondo osl mauvais, parce (lu'on est malheureux soi-même et, si l'on est |)oèle , on chante ses propres douleurs , on en iuiprèg;ne, pour ainsi dire, la nature tout entière, on est éloquent parce qu'on sent vivement, les vers pleurent comme le cceur du poèlo,

Et j'en sais diramoitels qui sont de purs sanglots ;

daulres fois, les tristesses r{uo làmo éprouve prennent une forme religieuse. L'àmc dévote aspire h retourner h la patrie céleste ; avec les chrétiens, elle considère la terre comme une vallée tlo larmes, ou elle soupire après l'anéantissement absolu, avec les bouddhistes.

La troisième forme du pessimisme est philosophique. (Test moins le C(our (juo la raison qui ])rononc(> ici sur la valeur du monde et le prix do la vie. Le moiulo apparaît aux philosophes |tossimistes comme IVeuvro d'une déraison suprènu'; bnit n'y osl (juo contradiction et absurililé, et k' mieux (jui puisse arriver à l'homme, <• osl de rolournor au n(''anl dont pour son malheur il a ('t('' une fois lin'-.

21 i LE CATHOLICISME ET LA VIE DE l'eSPRIT

11 y a donc trois sortes de pessimisme : le pessimisme poétique, le pessimisme religieux et le pessimisme philosophique. 11 les faut exposer successivement ahn de pouvoir les critiquer après tous ensemble.

On a répété bien souvent que la tristesse, la mélancolie, l'amer désespoir étaient des maladies de notre temps qui devaient régner surtout aux époques de civilisation raffinée, « car il arrive alors une chose fort triste : le grand nombre d'exemples qu'on a sous les yeux, la multitude des livres qui traitent de l'homme et de ses sentiments rendent habile sans expérience. On est détrompé sans avoir joui ; il reste encore des désirs et l'on n'a plus d'illusions. L'imagination est riche, abondante et merveilleuse ; l'existence pauvre, sèche et désenchantée. On habite avec un co'ur plein un monde vide, et sans avoir usé de 1 rien on est désabusé de tout (1). »

C'est encore une idée commune et qui résulte i de la précédente que les peuples jeunes, nouveaux ' venus dans la vie, n'ont pas connu la mélancolie,

(1) Chateaubriand : Génie du Chrlslianisme, deuxième partie, \ 1. III, c. II.

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