‹ La catholicisme et la vie de l'espritChapitre 34 sur 56 · I.K l'KSSIMISMh; 21 î · texte numérisé non relu

I.K l'KSSIMISMh; 21 î

la liislossc amrre, oui loujonrs Irouvé la vie boiiiK^ ol n'oiil jamais conru de donh^s sur sa valonr. lù'oiilons poiirlaul coiio admiraltlc plainte de .loi» :

Qu'il périsse le jour où je suis né et celle nuil dans laquelle on a dil : un homme a été conçu ! Que ce jour se change en ténèbres... que les ténèbres et l'ombre de la mort Tobscurcissenl, que la nuit le couvre et

• qu'il soit enveloppé d'amertume Que les étoiles

soient obscurcies par les ténèbres de ce jour : qu'il attende la lumière et ne la voie point, ni le lever brillant de l'aurore, parce qu'il n'a pas fermé les portes du ventre qui me portait et qu'il n'a pas dérobé à mes yeux la vue des malheurs.

Pourquoi ne suis-je pas mort dans le sein de ma mère, pourquoi, sorti de ce sein, n'ai-je pas aussitôt péri? Pourquoi m'a-t-on reçu sur des genoux? pourquoi m'a-t-on allaité avec des mamelles ? — Maintenant, je dormirais en silence et je me reposerais dans mon sommeil...

Pourquoi la lumière a-t-elle été donnée au malheureux et la vie à ceux qui sont dans l'amertume de l'àme, qui cherchent la mort qui ne vient point, comme on recherche un trésor, et qui se réjouissent vivement quand ils ont trouvé le sépulcre (1)?

Ces plaintes éloquentes, nous les retrouvons encore dans maint passage des psaumes, et VEcclésiastc commence son livre par ces amères pa-

(i) Job, c. m.

2IG 1-I-: CATHOLICISME ET LA VIE DE l'eSI'RIT

rolos : « Vanité des vanités, tout n'est que vanité. » Mais on dira peut-être que les poètes bibliques sont des poètes orientaux, que leur sombre pliilosophie leur est inspirée par l'exagération naturelle à leur race et à leur climat,' que le pessimisme est naturel aux races contemplatives de l'Orient. Les races actives de l'Occident devraient en être naturellement préservées; elles devaient l'être surtout sous l'empire de la religion païenne, de cette religi<m qui élevait tout, em])cllissait tout, déifiait tout. C'est cependant un Grec du vi" siècle, Tbéognis, qui a écrit ces tristes ré- (lexions :

La fidélité, la pudeur, la sincérité et la crainte des dieux ont quitté la terre : l'espérance seule est restée. C'est en vain que tu ctierches à instruire les méchants, ils n'en deviennent pas meilleurs. Le sort est aussi injuste que les hommes; la folie amène souvent le bonheur; la sagesse, le malheur. Par conséquent, le mieux pour l'homme eût été de ne pas naître, ensuite c'est de mourir jeune.

11 faut avouer néanmoins que les Grecs offrent peu d'exemples de pessimisme (1). Les Romains,

(l) M. Ilild a publié clans le Bulletin de la facul/r des le/ 1res de Poi tiers, de curieux extrails des anciens grecs où se trouvent liicn des pensées anières et tristes. Le^- idées j.essimistes chez tlni/icre et chez Hésiode. — l.S8(i, p. 2(;7. 1887, p. l.'iT.

Page 1