‹ La catholicisme et la vie de l'espritChapitre 4 sur 56 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Je voudrais, en ce volume, donner à son aîné: Catholicisme et démocratie (i) à la fois une justification et un complément. Je crois avoir montré en étudiant les diverses aspirations de l'esprit démocratique qu'aucune de ses aspirations, pour autant qu'elles sont légitimes, approuvées par la conscience et par la raison, ne s'oppose ni aux dogmes ni même à l'esprit intime du Catholicisme, qu'elles trouvent au contraire dans la foi catholique, avec un terrain favorable à leur naissance et à leur développement, la seule règle solide qui les empêche d'aboutir soit aux mécaniques et brutales solidarités du socialisme, soit aux révolutions anarchiques. Mais dans ma pensée cette démonstration n'est qu'un fragment d'une démonstration apologétique plus vaste dont je voudrais donner ici avec les principes les premiers

(i) In-i8 Jésus, Lecoffre.

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linéaments, c'est à savoir que le Catholicisme renferme la doctrine intégrale de la vie, de la vie de l'homme individuel aussi bien que de la vie de l'homme social. Après avoir montré, l'an dernier, pour aller au plus pressé, que le Catholicisme fournissait leurs conditions de vie aux institutions démocratiques, je voudrais donc examiner aujourd'hui les rapports du Catholicisme avec la vie la plus intime et la plus profonde de Tesprit.

C'est pourquoi j'ai reproduit d'abord au début de ces études, et à peu près sans y rien changer, la Conférence qui fut donnée à Issy en 1895 sur les Conditions de l'apologétique moderne. Cette conférence a été le point de départ d'études solides et de controverses brillantes, à la suite desquelles on peut dire qu'un pas a été fait vers Tidée de ce que doit être en nos temps une apologétique complète du christianisme. Et le conférencier d'issy, se faisant rapporteur de ce mouvement, en indique ici en un second chapitre les péripéties et les résultats..

Pour que le Catholicisme soit vrai, il ne suffit pas peut-être, mais il faut du moins qu'il ■fournisse une doctrine de la vie, telle est la conclusion de ces deux études. Fournit-il cette

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doctrine et d'abord ne s'oppose-t-il pas par l'essence même des croyances qu'il impose au développement de la vie intellectuelle, à la perfection de la vie morale? L'idée du Catholicisme n'est-elle point en contradiction, comme on l'a soutenu si souvent, avec l'idée mOme de la science et enfin la vie d'un catholique soumis aux enseignements de son Église peutelle atteindre au développement moral intérieur, à l'élévation désintéressée qu'exige l'idée moderne de la morale ? Ces deux questions préalables et nécessaires sont examinées dans les deux chapitres ayant pour titre : L'Attitude y du catholique devant la science et les Révélations de la conscience jnoderne.

Le terrain une fois déblayé ainsi, l'apologiste se trouve en face de deux grandes prétentions : d'une part, plusieurs en nos temps ont soutenu que la vie en elle-même n'avait point de sens et que le pessimisme ou la religion athée du Bouddha devait être la seule religion de l'humanité désabusée; cette doctrine est examinée dans l'étude sur le Pessitnisme; d'autre part, un grand nombre de nos contemporains affirment d'abord que le Catholicisme annihile ou du moins opprime le vouloir-vivre, puis que la science à elle seule est capable, en dehors de

IV LI-: CATMOLir.iSMK ET LA ViK DE l. KSPIUT

toute révélation religieuse, de fournir une doctrine complète de la vie ; cette double affirmation est examinée dans les deux chapitres qui ont pour titres : Le Vouloir-vivre et le Catholicisme; Vie et Science. Je regrette, au moment de publier ce dernier chapitre, que la thèse récente (i) de M. Berr où il donne le complément promis et attendu de son premier livre n'eût point encore été livrée au public au moment où ce volume s'imprimait. — Je n'aurais, je le vois bien après avoir lu sa thèse, eu rien à changer à mes conclusions, mais j'aurais eu plaisir à montrer pourquoi je n'y chaageais rien et surtout à rendre hommage à la bonne foi, à la sérénité de pensée, à l'érudition et aux rares mérites de l'écrivain.

Mettant ensuite le Christianisme en présence des religions de la matière, il a été aisé de montrer tout ce que ces religions ont d'insuffisant, de grossier, de mécanique, tandis que seul le christianisme apparaissait comme renfermant le principe de toute religion vraie. Mais alors s'est posée cette dernière et essentielle question : Le Catholicisme mérite-t-il d^être appelé la religion de l'esprit ? Par la

(i) L'Avtiiîr de la philosophie, in-8°, Hachette

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