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la fois la vie qu'elle désire et le repos qu'elle souhaite et qu'elle est obligée d'opter: ou la vie et le mouvenienl, le labeur et la fatigue, ou le repos et la mort. — (^est cette coutradiction que le dogme catholique du Paradis va lever.
Mais comment cela est-il possible? Comment vivre et ne pas bouger? (lomment s'abandonner au plaisir de l'activité sans éprouver l'écrasante lassitude ?
Précisément en arrivant à hausser le ton de la vie jusqu'à un tel degré de sublimité où la richesse même et comme la surabondance de l'expansion vitale supprime le mouvement. C'est ce qu'à l'école d'Aristote nos théologiens ont développé merveilleusement.
Il est clair d'abord que notre vie intellectuelle est d'autant plus intense que notre science est plus parfaite. Celui qui saurait tout et verrait à la fois dans leurs relations intimes, dans la profondeur de leurs principes et dans l'iniini prolongement de leurs conséquences, l'ensemble des vérités, aurait la vie intellectuelle la plus riche et la plus intense qui se puisse concevoir. C'est ainsi que nous nous représentons l'intelligence divine. Or, une telle intelligence, si riche, si pleine, si vivante serait en même temps dans le plus parfait repos. Elle n'aurait pas besoin d'aller laborieuse-
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mont des principes aux conséquences ni de remonter avec elVorl des conséquences aux principes, elle verrait à la fois et tout d'un coup tout l'organisme de la vérité comme lu'il embrasse à la fois toutes les relations esthétiques des membres d'une statue ou des parties d'un tableau,
La concepti(^n d'une telle intelligence n'offre aucune contradiction. Elle supprime au contraire de l'intelligence tout ce qui la borne, la limite et la contredit, toute ignorance et toute erreur.
Quant aux sens nous venons de voir que satisfaction harmonieuse peut très bien leur être donnée sans nuire en quoi que ce soit à la perfection des opérations les plus hautes de l'esprit.
Tous les hommes composent de fragments de ce paradis le rêve de leur bonheur. Les uns ne songent qu'à la jouissance: ils mutilent leur vie, se dégradent et s'abaissent puisqu'ils oublient les satisfactions que réclame l'entendement, [.es autres, plus nobles, aspirent à la science et négligent le corps. Le corps se venge et les fait soutfrir. Les joies de l'intelligence isolée ne satisfont pas l'homme tout entier. Une vie qui ne serait que scientifique serait incomplète. 11 faut sentir le bien, le posséder et l'aimer. Une vie sans amour et sans plaisir est une vie désolée. Le paradis des savants est un paradis abstrait qui ne saurait con-
i.E PARADIS or 1, \(:iii:vi:mi:nt dk i,a vu: 4.»/
venir (iiià des ailles sèelios et iiicomplèles. La vie à la(juelle riiuinaiiilé aspire est une vie pleine de richesse.
Dans une vie qui serait bornée soit h la jouissance seiisihle, soil à la satisfaction intellectuelle pure, le désir inquiel ne serait pas mort, le repos ne serait pas achevé, (lar la portion inassouvie de l'être crierait l'aniine cl Ironijh'rait l'autre dans sa possession.
On comprend dès hjrs les descriptions naïves que nous font les prédicateurs des plaisirs et des joi(>s du ci(d : l(»s harpes, les théorbes, les violes et les robes d'azur et de blanc, les couronnes de lumière ou de Heurs, tout cela a son fond de vérité et les simples qui s'arrêtent aux images comprennent tout aussi t)ien, mieux peut-èlre, que les raffinés qui pensent les images fausses. Les simples ont raison dès qu'ils ajoutent à l'image ce je ne sais quoi qu'on ne peut dire et les raflinés auraient tort s'ils pensaient que dans l'image tout est erreur. Les uns et les autres sont d'accord pour croire que le but de la vie est la vie, une vie si haute qu'elle va jusqu'à une véritable déilication. Et par là se manifeste la supériorité du (Catholicisme sur le naturalisme. Tandis que la raison n'a jamais osé rêver que d'une vie fragmentaire, pleine de contradictions, seul le Catholi-
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cisme a osé promottro à ses fidèles rinfinie richesse, la surabondante plénitude de la vie. <( Car, a dit Jésus, je suis la voie, la vérité et la vie — et celui qui croira en moi aura la vie éternelle. »