‹ La cause des restes d'IsraelChapitre 34 sur 85 · DE LA GRANDE BRETAGNE · texte numérisé non relu

DE LA GRANDE BRETAGNE

juive ; « N'allez pas plus loin, leur dit l'enfant d'Abraham, et revenez demain. » Le lendemain il leur donnait l'horloge. Puisse- 1- elle, ajouta le bon évêque, sonner bientôt dans mon diocèse, l'heure de leur conversion. »

L'archevêque de Tuam en Irlande (Mgr Mac Haie). — A propos de dignetur prœçenire du Postulatum, « en effet, dit- il, melius est prœi^enire quant prœveniri, il faut les respecter comme les débris d'un grand peuple. »

L' évêque à'Hamilton en Ecosse (Mgr Farrel). — « Vous êtes enfants d'Abraham, venez que je vous embrasse. Nous les avons supplantés, les pauvres Juifs, mais quand ils reviendront, nous leur rendrons leurs droits. »

L' évêque de Raphoe, en Irlande (Mgr Mac Gettingan). — « Ce Postulatum a touché mon cœur. Je me le rappellerai toujours. »

L' évêque de Down, en Irlande (Mgr Dorrian). — Nous disons à l' évêque de Down : « La nation irlandaise est malheureuse et dispersée comme la nôtre. » — « Oui, nous répond-il, elle a renouvelé la dispersion d'Israël, mais c'est pour porter la foi. Elle n'est pas aussi malheureuse que la protestante Angleterre qui a chassé les enfants de sa sœur catholique. Dieu tire le bien du mal, Irlandais errants, nous avons évangélisé un monde, l'Amérique. »

L'archevêque irlandais de Cashel (Mgr Patrizio Leahy). Ce prélat avait écouté en silence notre conversation avec r évêque de Down, il ajouta : « Nation malheureuse mais catholique, nous portons compassion à la vôtre, et nous sommes heureux de signer ; miseri amant succurrere miseris. »

Comment finir ce chapitre sans recourir au roi saint Edouard, honneur de la Grande-Bretagne, d'autant que

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l'un de nous deux, avant notre conversion au catholicisme, portait ce nom tutélaire. Les annales ecclésiastiques relatent qu'Edouard avait une tendre dévotion pour l'apôtre saint Jean. Durant un règne de vingt et un ans il avait eu l'habitude de ne jamais rien refuser de ce qu'on lui demandait au nom de saint Jean. Vers la fin de sa vie, un pauvre s'approche de lui et sollicite une aumône au nom de saint Jean : c'était le saint lui-même déguisé sous des haillons. L'aumônier du roi n'était point là. De crainte de faire trop attendre ce pauvre, Edouard retire de sa main un riche anneau et le lui donne. Du haut du ciel, la Vierge Marie contemplait la munificence de son serviteur. Quelques mois plus tard, deux pèlerins anglais qui s'étaient fourvoyés, par une nuit sombre, dans une vallée de la Palestine, furent remis sur leur chemin par un vieillard qui leur dit : « J'aime le roi Edouard. Vous lui remettrez cet anneau que le roi lui-même m'a donné : c'est à l'apôtre de Jésus qu'il a fait l'aumône. Vous lui annoncerez que dans six mois je le visiterai encore pour l'emmener auprès de la Vierge très pure. » L'anneau rendu fut le gage d'une extase où saint Jean se montra aux yeux ravis du roi qui émigra avec lui au pays de la béatitude.

Ce touchant récit, à la suite des paroles pleines de charité des évêques sur la conversion de l'Angleterre et sur le retour des restes d'Israël, nous comble d'espérance. Daignent l'apôtre saint Jean et le Roi saint Edouard s'employer devant le trône des miséricordes pour faire rendre à l'Angleterre et à la nation juive l'anneau de leur antique alhance. Puissent alors l'île des saints et le peuple des patriarches voguer dans une extase de foi et d'amour, vers la chaire de Pierre et dans les bras de la Vierge Marie.

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