DE LA CONFÉDÉRATION GERMANIQUE
vils. Nous qui leur appartenons par le sang, nous devons avoir un but unique : travailler à ce que leur émancipation ne devienne pas dangereuse. En cela, nous imiterons la conduite de la Sainte Eglise qui, à l'époque de l'irruption des Barbares, pour les empêcher de nuire, mit tout son zèle à les convertir, à en faire des serviteurs de la vérité chrétienne. A son exemple, nous, fils d'Israël devenus prêtres de Jésus- Christ, nous devons rendre le même service à nos frères et à la sainte Eglise.
Au surplus, est-ce que l'émancipation des Israélites n'a pas un bon côté, puisqu'elle nous a permis, à nous, de fréquenter les écoles chrétiennes, et de parvenir, par cette douce et providentielle fréquentation, à la connaissance de l'Evangile et de la vérité totale. Nous sommes, vous Père Adler, et nous deux jumeaux Lémann, un triple exemple de ce bon résultat.
Une autre objection hantait l'esprit du bon Père : il se disait à lui-même que le rôle des Juifs dispersés était de publier sur tous les points du globe le châtiment du déicide.
Nous n'eûmes pas de peine à lui démontrer que ce rôle de punition n'était qu'une partie de la destinée des Juifs ; que cette destinée embrassait une triple phase : témoins de la sagesse divine lorsqu'ils étaient le peuple de Dieu dans la Palestine ; témoins de la justice, lorsqu'ils ont été dispersés après leur déicide ; témoins enfin de la miséricorde dans la consommation des siècles, selon les promesses formelles des divines Ecritures. Sous ce dernier point de vue, nous ajoutâmes : Est-ce qu'en devenant tous des vases d'élection, ils ne serviront pas mieux la cause du christianisme qu'en restant toujours des vases de colère? Un peuple de saint Paul, que ne fera-t-il pas? Des millions de témoins de la miséricorde seront plus utiles au bien général que des millions de témoins de la justice. Ce n'est qu'aux enfers
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que la justice est sans appel, mais sur la terre le dernier mot doit appartenir à la miséricorde.
Le Père Adler, très ému, nous promit alors de s'occuper des Israélites : il était converti pour la deuxième fois, et repassait, de la loi de crainte, à la loi d'amour. L'excellent évêque de Wurtzbourg applaudit à notre victoire.
L' évêque de Eichsttàt (Mgr Francesco Barone de Leonrad). — « Puisse l'acte de miséricorde que fera le Concile contribuer à retirer le voile qui couvre encore leurs yeux. »
L' évêque de Mayence (Mgr de Ketteler). — « Dans mon diocèse, se trouve la ville de Worms qui fut la plus ancienne communauté juive de l'Allemagne : elle aurait existé avant la venue de Notre- Seigneur, c'était alors une colonie juive chargée de préparer à la vérité les Gentils du nord ». Son accueil fut des plus affectueux, il ajouta : « Oh ! que je souhaite que les grâces que Notre- Seigneur vous a faites, il les continue à tout votre peuple. »
L'archevêque de Salzbourg. — « Salzbourg a toujours été inaccessible aux Juifs comme résidence fixe. Lorsque quelqu'un d'entre eux voulait y faire un séjour de passage il devait payer un impôt. D'autres villes de l'Allemagne avaient adopté contre eux cette législation exclusive et rude. Daigne la douceur de l'Evangile toucher leurs cœurs et faire adopter à leur égard des procédés de conciliation. »
L'archevêque de Cologne (Mgr Paolo Melchers). — « Plusieurs familles Israélites très riches qui habitent Cologne, s'y montrent très bienfaisantes. » — « Alors votre signature, Monseigneur? » — « Libentissime, vous avez de trop illustres ancêtres pour ne pas leur faire honneur en s' occupant de leurs enfants. »