‹ La cause des restes d'IsraelChapitre 38 sur 85 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Signatures et paroles des Archeoêques et Eoèques de la Confédération germanique.

I. L'Evêque de Ratisbonne qui eut le bonheur d'être diacre au baptême du Père Marie Ratisbonne, retrouve le même bonheur à signer notre Postulatum. L'Evêque de Wurtzbourg assiste à l'émotion et à l'étonnement du Père Adler, dominicain, devant notre entreprise. Juif converti, le Père Adler craignait de s'occuper des juifs ; ses objections que nous n'avons pas de peine à résoudre : il repasse de la loi de crainte à la loi d'amour à l'égard de ses anciens coreligionnaires. — II. L'Evêque de Mayence nous apprend l'existence, avant la venue de Notre-Seigneur, d'une colonie juive à Worms. Son affectueux souhait, uni à celui de l'Evêque d'Eichstatt, pour la conversion de notre peuple. Rude législation concernant les juifs, d'après les Archevêques de Salzbourg et de Munich. Charmante adhésion de l'Archevêque de Cologne au Postulatum.

Dans les Etats de la Confédération germanique représentés par leurs évêques, nous attendaient des émotions parfois pénibles, le plus souvent pleines d'admiration et de reconnaissance.

L'évêque de Ratisbonne (Ignazio de Senestrey). — Avec quelle effusion de cœur nous sommes accueillis par ce saint évêque, au visage d'une attrayante cordialité. Séminariste à Rome, il avait servi comme diacre au baptême d'Al-

phonse Ratisbonne, après l'insigne miracle survenu dans l'église de Saint- André délie Fratte. La joie profonde qu'il ressentit quand le nom de Marie fut donné à l'heureux néophyte, se renouvelle dans la signature qu'il appose sur notre Postulatum.

L'évêque de Wurtzbourg (Mgr Georges- Antoine de Stahl). — Son affabilité ne fut pas moins grande que celle de l'évêque de Ratisbonne. Il avait conféré de ses propres mains le saint baptême au Père Adler, dont l'histoire et sa conversation avec nous-mêmes doivent se placer ici.

Afin de pouvoir devenir catholique, il s'était sauvé à l'âge de dix- huit ans de la maison de son père, était entré au séminaire de Wurtzbourg puis s'était donné à l'Ordre des Dominicains.

Son attendrissement est inénarrable, lorsque nous sommes introduits auprès de lui, il nous embrassait, il pleurait, il nous entourait de ses bras, il nous passait sa main sur le visage : nous étions de la même origine, mais voici la cause principale de son attendrissement. En Hongrie, on craint de s'occuper des Juifs et de se révéler comme juif si on l'a été. Quand il est venu comme religieux de Bavière en Hongrie, on lui a dit : ne dites pas que vous avez été juif. Il y a ce préjugé qui empêche de s'occuper des Juifs: Un Juif lavé jamais ne vaut rien. Ce funeste adage s'était étabh à la suite de conversions qui n'avaient pas été sincères. De ces tristes épisodes était résulté, pour le pauvre Père Ad- 1er, un état d'esprit où il avait rétrogradé, en quelque sorte, de la loi d'amour sous la loi de crainte ; il craignait de s'occuper de nos anciens coreligionnaires. Il nous fit deux objections.

«L'émancipation des juifs n'est-elle pas un danger pour la société, et faut- il y contribuer? »

Nous lui répondîmes: L'émancipation est un fait qui se généralise, les Israélites obtiennent partout les droits ci-

Page 1