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CHAPITRE XXVI Signatures et paroles des Eoêques de l'Océanie

I. Réminiscences bibliques qui nous font entreprendre avec entrain la visite des Evêques de l'Océanie. — IL Appel de TEvêque de Brisbane en Australie à tous les efforts de notre zèle pour convaincre les Israélites et exciter les catholiques. L'Evêque de Porto- Vittoria, en Australie, nous fait le récit d'un baptême extraordinaire où les biens de la grâce compensent les revers de la fortune, et où le dernier mot d'une lutte intime appartient au chapelet de Marie. D'après l'Evêque des îles Marquises, les indigènes de ces îles ont dû avoir des ancêtres juifs parce qu'ils ont conservé un grand nombre de pratiques juives. Fatigues inouïes endurées par l'Evêque de Vellington et ses Missionnaires pour évangéliser la Nouvelle-Zélande ; scène touchante d'un missionnaire Mariste en revoyant, à bord d'un navire européen, du pain qu'il n'avait pas goûté depuis douze ans : dialogue d'amour où nous souhaitons que les restes d'Israël retrouvent, eux aussi, le vrai pain de vie ou pain du ciel distribué pour la première fois dans leur pays.

L'Océanie, monde éparpillé dans la mer, nous remit en mémoire des textes du prophète Isaïe, où transpirent le zèle et la joie : Les îles m'attendent... Chantez au Seigneur un cantique noui^eau ; publiez ses louanges d'un bout de la terre à Vautre, vous qui allez sur la mer et sur toute V étendue de ses eaux, vous îles, et vous tous qui les habitez. Animés par ces réminiscences bibliques, nous entreprenons avec entrain la visite des évêques de l'Océanie.

L'évêque de Brisbane, en Australie (Mgr Jacques Quinu).

— Avec l'empressement le plus gracieux, Monseigneur nous dit : « J'avais l'intention d'aller vous chercher par tout Rome, pour vous offrir mes services pour l'Australie. Il ne faut pas borner votre mission à l'Europe, mais diriger et vos écrits et vos pas vers toutes les régions, l'Orient, l'Amérique, l'Austrahe. Votre présence fera beaucoup pour nous exciter, nous, et pour les convaincre, eux. Je serai heureux de me tenir en rapport avec vous. » Sa Grandeur nous apprit que l'Australie compte des Israélites dans tous ses grands centres, des groupes qui se dénomment chambres synagoguales plutôt que synagogues ; ils tiennent les bazars, ils sont avides, mais charitables, très bien avec les évêques, et Monseigneur ajoute : « Je les traite avec honneur ; ils n'aiment pas les protestants, ils comprennent que toute la discussion est entre eux et nous. »

L'évêque de Porto- Vittoria, Australie (Mgr Diego Mariano Alguacil). — « J'ai baptisé un Israélite. Quelque chose d'extraordinaire a signalé cette conversion. Il était de Sydney, très riche; il perdit tout, vint à Vittoria et se mit à mon service. Durant trois ans je n'eus qu'à me louer de ses vertus; je ne lui parlais de rien toutefois. Il me demanda un jour de le rendre chrétien. Je le félicitai, mais je temporisai. Il s'était instruit en écoutant à l'église. Je le confiai au curé qui acheva son instruction, je temporisai encore. Un matin, je donnai l'extrême- onction à un malade. Il me dit : « Monseigneur, donnez-moi le baptême. »

— (( Dans quelques jours, répondis- je ». — « Mais qui vous dit, répliqua- t-il, si ce sera temps encore? » Cette réponse me fit impression. «Eh bien, demain, » dis-je après quelques

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moments de réflexion. « Demain, répondit- il hautement, oh ! qui vous dit que ce sera temps encore ». Impression plus grande; je lui dis: « Ce sera maintenant ». J'envoyai tout préparer, et le soir même je le baptisai. Le lendemain il perdait la tête, ébranlée depuis longtemps par ses revers de fortune. Il la recouvra le surlendemain. « Savez- vous ce que vous avez fait hier? » — « Oui, répondit- il, avec un doux sourire, et je suis bien heureux. » Un jour après, sa raison s'égara de nouveau et pour toujours. Depuis qu'il avait eu le secret désir de se faire catholique, il n'avait jamais oublié de terminer chaque jour ses longues courses dont je le chargeais, sans rentrer tout d'abord à l'église pour y réciter son chapelet. »

Le vicaire apostolique des Iles Marquises et des Iles Sandwich (Mgr Luigi Maigret). — « Les habitants de ces îles, surtout des îles Marquises, ont eu certainement des ancêtres juifs, car ils ont conservé des pratiques juives. : la circoncision, les ablutions, la prohibition de certaines viandes, le droit d'aînesse, et la nécessité pour la femme veuve d'abandonner la fortune de son époux et de rentrer dans sa famille, quand elle n'a point d'enfants. »

L'évêque de Wellington (Mgr Philippe- Joseph Viard). — Le courageux évêque nous raconta l'évangélisation pleine de difficultés de cette île ; le christianisme fut introduit en 1813 parmi les naturels du pays ; ils étaient forts, intelligents, audacieux, adonnés à l'anthropophagie ; on eut toutes les peines du monde à les en détourner, des scènes horribles nous furent énumérées. A côté de ces horreurs, une scène touchante nous fut narrée par un religieux Mariste qui contribua beaucoup à la transformation morale des indigènes. Il s'était enfoncé dans leurs forêts profondes et, durant douze ans, avait vécu de leurs chasses, de patates et d'ignames. Au bout de ce laps de temps, un navire européen jeta l'ancre dans une baie de l'île ; le Père

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Mariste monta à bord, le capitaine lui offrit des provisions et du pain. Quand le religieux vit le pain, il se mit à verser des larmes, oh ! des larmes de reconnaissance et de joie, car il y avait douze ans qu'il n'avait plus goûté de pain. Le dialogue entre lui et nous se termina par cette espérance non moins émouvante : daigne le Dieu de toute bonté faire retrouver aux restes d'Israël le pain de vie, le pain du ciel consacré et distribué pour la première fois dans leur pays.

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