DANS SAINT-PIERRE
vant, en ces termes, aux chrétiens de l'Asie- Mineure sortis du judaïsme : « Pierre, apôtre de Jésus-Christ, aux fidèles qui sont étrangers et dispersés dans les provinces du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de l'Asie et de la Bithynie, qui sont élus pour recevoir la sanctification du Saint-Esprit et obéir à Jésus- Christ. »
Tous les journaux, faisant acte de complaisance, s'étaient empressés de publier, au jour des Rameaux, la récapitulation des signatures épiscopales: c'était comme un frémissement de palmes agitées autour de notre hosanna et de notre Postulatum.
Notre imagination guidée par notre cœur ajouta un complément à l'acte de complaisance des journaux. Nous avions, dans nos visites aux évêques, rencontré à diverses reprises la célèbre voie Appienne. Reine des routes, comme elle est appelée, la voie Appienne compte aujourd'hui au-delà de deux mille ans d'existence ; elle avait été commencée l'an 312 avant Jésus-Christ, elle traversait l'Italie jusqu'à Brindes, présentant une étendue de 558 kilomètres avec vingt mètres de largeur ; sa construction avait exigé des efforts surhumains, elle était formée d'énormes quartiers de laves. Sur les deux côtés, des mausolées, des temples, des arcs de triomphe la décoraient. A quoi servait cette reine des routes? au passage des légions romaines qui allaient porter jusqu'aux extrémités les plus reculées de l'empire les ordres de Rome ; et, chose remarquable, la voie Appienne se continuait sous une forme ou sous une autre, mais toujours avec des blocs de pierre indéracinables, dans tous les pays où devaient passer les légions romaines. La divine Providence préparait, sans que Rome païenne s' en doutât, le chemin à l'Evangile ; et Dieu qui traite les peuples avec une souveraine révérence devait, par un sublime anagramme ou transposition de lettre, faire de Roma, en retournant le mot, Amor, et récompenser ainsi la ville des Césars d'à-