PIE X, PAPE
Jour du 28 juin 1909.
Réconforté par cette espérance ferme de jouir avec mon frère de la gloire céleste, je travaille courageusement à obtenir du cœur de Jésus une nouvelle clarté, un nouveau progrès dans le retour de notre cher peuple d'Israël. Recours à trois moyens. Le premier est une vive participation à tout ce qui concerne la divine Eucharistie : applaudissement au sublime décret Quant singulari, aux communions des petits enfants, à l'augmentation des légions d'anges, aux Congrès eucharistiques. J'ai le pressentiment que le touchant épisode de Joseph, fils de Jacob, se faisant reconnaître à ses frères à propos du froment d'Egypte, se renouvellera dans la miséricorde de Jésus se faisant reconnaître à ses frères
les Israélites à propos du froment du ciel, la très sainte Eucharistie. Quelle merveille d'amour alors !
Nous ne dirons rien des tendresses de Jésus- Christ pour ses frères, laissons à Celui dont Joseph est la figure le secret de son pardon et de son amour ! Mais nous dirons nos tendresses et notre dévouement pour Lui.
Entre toutes les qualités qui forment le génie de notre nation, il en est deux plus remarquables que toutes les autres, c'est la vivacité de sentiments et c'est la ténacité. La vivacité de sentiments : notre nation né hait rien ou n'aime rien faiblement; dans son amour comme dans sa haine, elle va jusqu'à l'extrême. Et la ténacité : car voici quarante siècles que nous attendons celui que nous devons aimer ! Or, lorsque l'esprit de grâce se mettra enfin dans cette vivacité et dans cette ténacité ; lorsque nos yeux s'ouvriront ; lorsque nous nous apercevrons en masse que celui que nous attendons depuis quarante siècles est déjà passé, que lui-même depuis vingt siècles nous attend les bras étendus ; lorsque nous verrons avec la clarté du soleil que nous avons eu le malheur de le crucifier, et qu'enfin les nations chrétiennes qui auraient dû nous le faire connaître ne le connaissent presque plus, et ne l'aiment plus à leur tour : à ce moment, grand Dieu ! ce sera parmi nous l'explosion d'un amour qui s'en voudra de sa méprise, et qui, se retournant irrité, s'en prendra à tout l'univers. Et nous nous lèverons, et alors recommenceront nos courses à travers les espaces, et là où avait passé le Juif errant, repassera le juif devenu apôtre. Nous avons vu au livre de l'Apocalypse cet irrésistible apostolat de notre peuple, et il était cet Ange revêtu d'une nuée, de cette nuée qui autrefois avait ombragé et protégé ses pères : angelum amictum nub e ;
Et sur sa tête, il y avait un arc- en- ciel, l'arc- en- ciel ou le signe du pardon et le signe des beaux jours : et iris in capite ejus ;
Et son visage était comme le soleil, c'était ce même éclat, ces deux cornes de lumière qui autrefois avaient illuminé le visage de Moïse : et fades ejus erat ut sol ;
Et ses pieds étaient comme des colonnes de feu : comme des colonnes de feu pour broyer les obstacles au royaume catholique : et pedes ejus tanquam columnse ignis ;
Et il tenait à la main un petit livre ouvert, ce petit livre ouvert, c'est-à-dire l'Evangile fermé pour ce peuple tout seul durant dix- neuf siècles : et habebat in manu sua libellum apertum ;
Et alors, ajoute l'Apocalypse, mettant le pied droit sur la mer et le pied gauche sur la terre, parce que ce peuple géant était dispersé et sur la terre et sur la mer, il fit entendre sa voix, et sa voix était comme celle d'un lion qui rugit : et clamaidt quemadmodum quum leo rugit. 0 saints rugissements de notre peuple, ô lion de la tribu de Juda, quand tu rugiras, le monde en sera comme ébranlé ! Aux accents de ton rugissement d'amour, à ce grand cri: « Je l'ai trouvé, celui que j'aime, » ce sera le grand réveil, ce sera la résurrection de la mort à la vie, ce sera l'allégresse et l'alléluia, une sorte de matinée de Pâques !
La matinée de Pâques, ou la réconciliation de tous les peuples, la communion universelle : voilà dix- neuf siècles que l'Eglise l'essaie chaque année à pareil jour, qu'elle la prépare et qu'elle l'attend ! 0 Eglise, dresse tes tables, et revêts tes plus beaux habits de fête : lorsque sur la poitrine de Joseph le peuple juif aura penché sa tête, à côté, le peuple chrétien penchera de nouveau la sienne ; et ce sera ce spectacle ravissant annoncé dans le dernier verset des vieux prophètes : la réconciliation des cœurs des pères avec les enfants, et des cœurs des enfants avec leurs pères : cor patrum ad filios, et cor filiorum ad patres eorum.
Sur la poitrine du Vicaire de Jésus-Christ, latête du juif et du gentil, leurs mains entrelacées, toutes les haines étant
finies, le mur de séparation étant tombé, ce sera l'unique troupeau et l'unique pasteur, UNUM OVILE ET UN US PASTOR.
Le deuxième moyen d'obtenir du Cœur de Jésus une nouvelle clarté, un progrès dans le retour de notre cher peuple, est l'amour et le port du crucifix, et la pratique du chemin de la croix. Le signe auguste de la Rédemption doit avoir un rôle prépondérant dans la conversion des restes d'Israël. Voilà pourquoi l'inénarrable condescendance de Sa Sainteté Pie X a permis que, sous mon humble direction, s'établisse la Pieuse Union du Crucifix du pardon. Les membres de cette Pieuse Union sont invités à posséder un crucifix que rehausse l'inscription tracée sur l'écriteau qui surmonte la tète du Christ. La royauté de Jésus y apparaît exprimée en toutes lettres :
Jésus Nazarenus Rex Judaeorum. Elle est contenue aussi dans les quatre lettres initiales J. N. R. J., qui constituent l'inscription abrégée et usuelle. Cette inscription intégrale ou abrégée, est le signe sacré au moyen duquel les membres de la Pieuse Union proclament et s'efforcent de faire reconnaître partout Jésus comme le Roi non plus d'un seul peuple, mais de toutes les nations, de tous les hommes, de tous les cœurs.
Que Notre Très Saint Père Pie X soit à jamais remercié, car à cette date de 1911 la Pieuse Union du Crucifix du pardon a étendu ses développements dans toutes les directions du globe (1).
(1) Le centre de la Pieuse Union du Crucifix du pardon est à Lyon, la ville de la Propagation de la Foi; et dans Lyon, l'église de l'Annonciation, d'après l'ordonnance de Mgr l'archevêque. Un registre contient les noms des associés. Quiconque veut en devenir membre doit envoyer son nom pour qu'il soit inscrit sur le registre, et en même temps se faire bénir un crucifix quelconque par un prêtre qui, avec un simple signe de croix, l'enrichit des très précieuses indulgences conférées par Sa Sainteté Pie X.
La pratique du Chemin de la Croix préparera non moins efficacement la conversion des restes d'Israël. J'ai encore le pressentiment qu'un chemin de douleurs mettra fin à l'antagonisme séculaire du peuple juif et des autres peuples : il est appuyé sur une page de la Bible :
On sait comment Esaû avait vendu son droit d'aînesse à Jacob, et comment Isaac leur père, devenu aveugle, avait béni Jacob comme l'aîné, croyant bénir Esati. Depuis cette bénédiction, Esati, dit le livre sacré, haïssait mortellement Jacob.
Un certain nombre d'années s'écoule. Les deux frères s'étaient séparés. Jacob était allé au loin épouser Rachel ; Esaû était devenu riche et puissant au pays d'Edom.
Or, après sa longue absence, l'époux de Rachel s'était mis en chemin pour revenir en Palestine, avec sa nombreuse famille.
Lorsqu'il approche de la Terre Promise, on lui apprend qu' Esati s'avance à sa rencontre avec une troupe armée. Jacob est saisi d'une grande peur, et, dans sa frayeur, il prend des dispositions pour sauver au moins une partie de sa famille.
Esati apparaît sur le chemin ; mais, soudain, l'Esprit de Dieu change et bouleverse ses sentiments. Il court au-devant de son frère, et alors l'Ecriture décrit avec complaisance la réconciliation : il l'embrassait, le serrait étroitement, il le baisait en versant des larmes ; et ils pleurèrent !
Voilà le récit de la Bible où il importe de remarquer ce détail : ce fut sur un chemin que se fit la réconciliation des deux frères.
Je passe maintenant à la réalisation de cette figure prophétique :
Esati figurait le peuple juif qui a vendu, lui aussi, son
droit d'aînesse en cédant le Christ; Jésus n'a-t-ilpas été vendu, hélas ! par nous, trente pièces d'argent?
Jacob figurait le peuple chrétien qui, en accueillant le Christ, a été béni, couvert de bénédictions. Oh ! dites, dites, familles et nations chrétiennes, les bénédictions ne vous ont- elles pas été prodiguées?
A cause de ces bénédictions, le peuple juif, comme Esaii, n'a cessé de haïr mortellement son frère le peuple chrétien.
Durant dix- neuf siècles, grâce à la forte organisation des Etats catholiques, le peuple chrétien a été protégé contre la haine de son frère ; mais à présent, cette organisation ayant croulé, le peuple juif est devenu puissant et audacieux, il s'avance, s'avance ; et le peuple chrétien, semblable à Jacob effrayé en apprenant la marche d' Esaii, a peur, lui doux et bon comme Jacob ! et il a raison d'avoir peur.
Voilà où nous en sommes de l'accomplissement de la prophétie : l'un qui s'avance, l'autre qui a peur !
Qui procurera le dénouement ? Qui changera soudainement les dispositions du peuple haineux, comme il advint pour Esaû? C'est sur un chemin qu'autrefois la transformation s'est opérée : où est le nouveau chemin? Où est- il?
Serait-ce le chemin de la fortune où accourent aujourd'hui de concert les Israélites et les chrétiens. ? Je ne le crois pas ; sur un pareil chemin, on se presse, on se heurte, on se renverse : on ne se tend pas les bras.
Serait-ce alors le chemin des honneurs, où les Israélites sont avides de se rencontrer à côté des chrétiens? Je ne l'espère pas, non plus ; au chemin des honneurs, on ressent l'envie, le dépit, on ne s'y réconcilie jamais.
Apparais donc, et salut à toi, unique chemin où l'on se réconcilie, ô chemin du Calvaire, chemin de la croix ; à ton sommet, Jésus n'a-t-il pas ouvert ses bras, pour apprendre aux hommes à se les ouvrir les uns aux autres !
Salut à toi ! salut !
Mais sous quelle forme la Providence dessinera- 1- elle le chemin des douleurs, où les israélites et les chrétiens tomberont dans les bras les uns des autres? Quels événements composeront son tracé solennel? Et où sera-ce? Dieu n'a encore dit son secret à personne !
Toutefois, en attendant, bienheureux ceux qui auront préparé par avance le tracé de ce chemin, en se parlant ainsi à eux-mêmes : « Aujourd'hui, je vais faire mon chemin de la croix pour la conversion des Israélites et pour leur réconciliation avec le peuple chrétien. » Bienheureux ceux-là : pacifiques et fils de la Colombe (c'est le plus beau nom de l'Eglise), ils auront préparé le Chemin de la réconciliation des cœurs I
Préparez ce chemin, ô belles et saintes âmes qui me lirez ; commencez la route où le peuple d'Israël doit se recncontrer en pleurant avec le peuple chrétien ! Préparez le chemin où Israël repentant doit verser des larmes et demander pardon à Jésus de l'avoir crucifié, pardon à la Vierge Marie de l'avoir tant fait souffrir, et pardon au peuple chrétien de l'avoir aimé si tard ! Préparez ce chemin, ô saintes âmes ! Auprès de vous, qu'il me soit permis d'être suppliant, d'être mendiant : je mendie vos chemins de la croix ! 0 bienheureux les pacifiques ! bienheureux les fils de la Colombe ! bienheureux ceux qui réconcilient ! Bienheureux serez- vous à l'heure de votre mort, d'avoir contribué à ramener les deux peuples frères entre les bras de Notre- Seigneur Jésus- Christ ! Ce sera le chemin assuré de votre entrée au ciel !
Le troisième moyen d'obtenir du Cœur de Jésus une suprême clarté, un progrès définitif dans le retour de notre cher peuple, concerne Nosseigneurs les Archevêques et Evêques auxquels ce livre des deux frères jumeaux va être adressé en hommage.
En 1870 au Concile du Vatican, 510 Archevêques et Evê-
ques, les uns dans des diocèses délimités, les autres dans des vicariats apostoliques, ont signé le Postulatiim pro Hebraeis. Depuis lors, à la date de 1911 où nous finissons notre récit, c'est-à-dire après quarante et un ans accomplis, tous les prélats signataires dorment leur dernier sommeil. Ce sont donc leurs successeurs dans les archevêchés, évêchés et vicariats apostoliques, qui vont recevoir l'hommage de notre livre.
Successeurs dans leur dignité épiscopale, fasse le ciel qu'ils soient aussi les héritiers de leurs témoignages de bonté envers les restes d'Israël! Saints Prélats, chacun de vous trouvera au chapitre concernant son diocèse ou son vicariat apostolique, des paroles de son prédécesseur précieusement recueillies par nous avec sa signature. Ces paroles suaves, ces renseignements illuminateurs, faites- les vôtres, car c'est votre héritage. Et alors, me rappelant qu'il y a quarante et un ans mon frère et moi, nous baisions avec reconnaissance les mains de vos prédécesseurs qui signaient notre Postiilatum, permettez- moi de baiser avec un pieux respect votre main qui agrée l'hommage de notre livre; le baiser de mes lèvres est accompagné de celui de mon frère se penchant du haut du ciel.
Il ne me reste plus qu'à dire avec le prophète royal : Levavi oculos meos in montes unde çeniet auxilium mihi, j'ai levé mes yeux vers les montagnes, d'où doit me venir du secours. Une de ces montagnes, d'après les interprètes sacrés, est la Jérusalem céleste, la montagne de Dieu. Du haut de vos collines éternelles, ô Jésus, ô Marie, daignez étendre vos mains secourables vers le dernier des deux jumeaux qui s'efforce de vous ramener les restes d'Israël; avant que ses yeux se ferment, vous lui accorderez, comme au saint vieillard Siméon, la consolation de voir une conquête de retardataires entrer dans la voie du salut.
L'autre montagne d'où descend toujours le secours, n'estelle pas l'antique colline vaticane où se dresse aujourd'hui la basilique Saint- Pierre. O Pie X, Père bien- aimé, vous avez été à notre égard le continuateur des bontés de Pie IX. Naguère en réponse à mes filiales félicitations pour le neuvième anniversaire de son couronnement. Votre Sainteté me disait dans un télégramme « qu' Elle me bénissait avec son cœur ». Cette suave bénédiction m'en a fait entrevoir une autre, qiù doit s'étendre à toute la terre, la bénédiction Urhi et Orhi.
On sait, ou plutôt on ne sait plus depuis quarante et un ans, que cette bénédiction à la ville de Rome et au monde se donnait du haut du balcon tendu de pourpre et d'or pour la circonstance, balcon qu'on aperçoit sur la façade de la basilique Saint- Pierre. De ses bras étendus, le Souverain Pontife embrassait l'immensité des espaces, il semblait ramener la catholicité sur son cœur et sa main traçait le signe de la croix sur des multitudes haletantes, tandis que sa voix enflée par l'amour prononçait la bénédiction dont les paroles exprimaient une rosée de pardon et de paix.
Hélas, dans la guerre fatale de 1870, l'épée de la France, qui, depuis Charlemagne, demeurait étendue sur le Souverain Pontile pour le protéger dans son pouvoir temporel, se releva et rentra dans le fourreau, comme lassée de sa séculaire et noble protection. Alors l'armée piémontaise envahit la ville de Rome, et tandis qu'un prince étranger se couronnait d'un diadème usurpé, le Souverain Pontife s'enferma dans le Vatican qui avoisine la basilique Saint- Pierre. Dès lors, la bénédiction papale cessa au balcon de la basilique.
Avec la douloureuse privation de la bénédiction papale au balcon de la basilique Saint- Pierre, les catastrophes n'ont cessé de se multiplier. On ne saurait le nier, le siècle qui est le nôtre est un grand siècle, grand par les prodi-
gieuses découvertes de la science, grand par la complète possession du globe, grand par les efforts de fraternité universelle. Et néanmoins, inquiétude générale : il y a des malaises indéfinissables, la détresse, la peur du lendemain. Des catastrophes soudaines semblent dire à la science : Ce n'est pas toi qui auras le dernier mot... Eruptions de volcans, tremblements de terre, incendies de villes et de forêts, explosions épouvantables de dynamite ou de feu grisou, déraillements terribles sur les voies ferrées, déconcertent les précautions les plus minutieuses. Avec cela, des secousses sociales produites par les grèves. Avec cela encore, des fléaux, choléra, épidémies, qui guettent la pauvre humanité. Et puis, si la guerre éclate, ce seront des lacs de sang. La France qui était si glorieuse et si heureuse, la France, selon une touchante expression biblique, a désappris le bonheur, et l'Italie également a désappris le bonheur, et les autres nations aussi. Bref, au sein de notre superbe civilisation moderne, on sent qu'il manque quelque chose. Il manque l'essentiel : la bénédiction du Vicaire de Jésus- Christ.
Levons tous ensemble nos yeux suppliants vers la montagne de Dieu qui est la Jérusalem céleste, et la toute-puissante Vierge Marie nous rendra le bonheur de la bénédiction Urbi et Orbi.
Lorsqu' Israël était le peuple de Dieu, une sécheresse de trois années désola la Palestine. Tout languissait, tout périssait. Alors le prophète Elie monta sur la montagne du Carmel. Il venait de confondre le faux dieu Baal, que le peuple désillusionné avait précipité dans le torrent de Cison. Après cette victoire en l'honneur du vrai Dieu, le prophète monta donc sur le Carmel pour implorer la cessation de la sécheresse. Soudain, un petit nuage se montre à l'horizon. Ce nuage — selon le texte hébreu de la Bible, — avait la forme de la paume de la main, du creux de la main ;
et voici que, par dessus le nuage, la vision anticipée de la Vierge Marie se découvre aux yeux ravis du prophète. Il se prosterne la face contre terre. Dans ce petit nuage expressif comme la paume, le creux de la main, les Saints Docteurs se sont plu à reconnaître la main ouverte, libérale, de la bonne Vierge, qui ne demande qu'à donner, qu'à répandre. En effet, le soir même, des torrents de pluie bienfaisante mettaient fin à la sécheresse. Ce fut pour la Palestine comme une résurrection.
Catholiques, israélites, une sécheresse autrement grave et prolongée désole le monde, et plus particulièrement le coin de terre sacré du Vatican. Il y a là un Pontife dont le cœur ardent comme la flamme aspire à bénir au large. Des bornes aussi mystérieuses qu'impitoyables arrêtent depuis quarante et un ans la liberté aérienne des bénédictions. Il en résulte une aridité insolite, un malaise général. Adressons- nous à la Vierge toute- puissante pour que des événements heureux fassent éclater les bornes de la captivité, et que le Pontife romain, appelé au dehors par les cris de la terre entière, reparaisse au balcon de la basilique Saint- Pierre. Ah ! je le salue déjà, embrassant de ses deux bras l'immensité des espaces: la paume de sa main s'ouvrira avec le signe de la croix, et sa bénédiction, plus pénétrante que les torrents de pluie amenés par le petit nuage, fera descendre sur tous les peuples le pardon, la paix et la prospérité.
0 restes d'Israël, vous ne sauriez manquer à cette distribution de bienfaits extraordinaires, et si le ciel me fait la grâce d'être encore de ce monde, je vous exciterai avec les derniers feux de mon cœur à tomber à genoux pour remercier ensemble Jésus et Marie, qui sont l'honneur de notre peuple, et remercier aussi Pie X le magnanime et les Archevêques et Evêques de la catholicité.
Xct Jîbbés LÉMAnn
Avant-propos : Une page de l'Histoire de TËglise i
Chapitre premier. — Ce qui nous détermine à tenter une démarche en faveur des Israélites auprès du Concile œcuménique du Vatican 1