‹ La cause perdueChapitre 64 sur 85 · CAMPAGNE DE HOOD DANS LE TENNESSEE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE HOOD DANS LE TENNESSEE

Le 20 novembre le général Hood commença son grand mouvement sin- l'Alabama septentrional et le Tennessee. Il parût d'abord vouloir couper la retraite du général Scliofield à Pulaski ; ce commandant fédéral avai t pris possession de cette place et y avait cfjucentré lapins grande partie de ses deux corps d'armée et les garnisons des difterents points stratégiques secondaires du voisinage, pendant que Thomas restait à N;'ish ville. Schofield, craignant que sa position ne fut prise eu ilanc par Hood, abandonna Pulaski et se dirigea à ujarches forcées sur Columbia.

Le manque de bonnes cartes du pays et l'épaisse couche de boue qui embarrassait les chemins que devait traverser l'armée de Hood, empêcha celui-ci de surprendre l'ennemi avaiit qu'il eut atteint Columbia, mais dans la soirée du 27 novembre, l'armée confédérée arrivii devant cette place et prit position devant ses travaux de défense. Pendant la nuit, l'ennemi évacua la place et se plaça sur le Ijord opposé de la rivière, à environ un mille et demi de la ville, qui était considéiée comme assez fortement défendue. A une heure avancé»! de la soirée du 28 novembre, le général Furlest, avec la [ilus grande partie de ses hommes, traversa la rivière Duck à quelques milles au-dessus de Columbia et Hood le suivit dans la matinée du 20 avec les eor[)s de Stewart et de Cheatham, et la division Johnson, du corps de Lee; les autres divisions de ce dernier corps d'armée restant en face de l'ennemi à Columbia. Les troupes de Hood se

mirent en marche rapidement et sans donner l'éveil ; leur but était de prendre l'ennemi en flanc par un mouvement ])rompt sur les chemins parallèles à celui de Franklin à Columbia, à Spring Hill ou aux environs, et de couper ainsi cette portion de l'armée ennemie stationnée à Columbia ou dans son voisinage.

Les Fédéraux, ayant découvert quelles étaient les intentions des Confédérés, commencèrent à battre en retraite sur le chemin de Spring Hill. Vers quatre heures de l'après midi, les forces d'infanterie de Hood, Cheatham à l' avant-garde, rencontrèrent l'ennemi à deux milles do Spring Hill, village traversé par le chemin de Columbia à Franklin. L'ennemi, en ce moment, se portait rapidement sur le chemin, quelques détachements postés sur les flancs de sa colonne pour protéger sa marche. Cheatham reçut l'ordre d'attaquer immédiatement et vigoureusement et de prendre possession du chemin, mais il ne fit qu'un mouvement agressif faible et partiel et ne put s'emparer du point indiqué. Le but important du général liood était d'occuper le chemin de Frankin, et de couper ainsi la ligue de retraite de l'ennemi. Quoique, en raison des délais, la meilleure occasion de s'emparer de ce point fut passée, il était encore une chance de porter un coup terrible à l'ennemi. Le corps de Stewart et la division Johnson aiiivaient en ce moment sur le champ de bataille, pour appuyer l'attaque. Stewart eut ovdre de se porter au delà de la position de Cheatham et de poster son corps d'armée en travers du chemin, devant Spring Hill. Un malentendu dans les ordres fut cause qu'il ne prit pas la position désignée ; à, la nuit tombante, il bivouaqua. Vers minuit, Hood ayant appris que la plus grande coufu-

(LXXI) L'auteur parait n'avoir pas eu une idée e.\acte du plan de campagne du général Hood. Quoiqu'il eût été plus judicieus de rester devant l'armée de Sherman pour opposer une résistance vigoureuse à sa marche à travers la Géorgie, le plan d'invasion du Tennessee n'en pouvait pas moins obtenir de grands résultats. Si le général Hood avait mis autant d'audace à l'exécuter qu'à le concevoir, il aurait force Sherman à rétrograder vers le Nord à travers la rivière Tennessee. Déjà il l'avait forcé à revenir jusqu'à Dalton, pour y protéger ses communications par voie ferrée avec Chattauooga et Nashvillc, où el;iient ses grands dépôts de vivres, de munitions et de matériel de guerre.

Après avoir ;<.tteint Gadsdi'n, le général Hood devait traverser la rivière Tennessee à Oautei-sville, marcher de là sur Nashville tout en détruisant les ponts du chemin de fer de Cluittanooga à Nashville, et en laissant ainsi le général Sherman avec un approvisionnement insuffisant de vivres et de nmnitions dans la première de ces deux villes. Sherman se serait alors trouvé dans l'impossibilité de faire sa grande marche d'Atlanta à l'intérieur, et aurait été forcé de se porter au secours de Nashville où se trouvaient accumulées des provisions de tous genres, pou\'ant suffire à l'entretien d'une armée de 100,000 honnnes pendant plusieurs mois. Ces approvisioniienients auraient pu être envoyés au général Lee par Hood, si Sherman avait persisté à s'avancer dans la direction de Savannah, au lieu de revenir au nord.

Dans cette éventualité, l'armée du général Hood, surabondamment pourvue de vivres et de munitions, se serait réunie à celle du général Lee à Peters burg, pour opérer contre le général Grant, longtemps avant cjue celui-ci eût pu être renforcé par Sherman. Dans son rapport officie!, le général Grant disait " qu'il aurait fallu environ trois mois pour transporter par mer l'armée de Sherman de Savannah aux lignes de Pelersburg," et on sait que Sherman ne prit pas moins de quatre mois et demi (du milieu de novembre 1864 au commencement d'avril 1865) pour marcher d'Atlanta à Ealeigh (Caroline du Nord). Ainsi, si Hood avait traversé le Tennessee vers le 22 octobre, il aurait pu arriver à Nashvillc au commencement de novembre, et aux lignes du général Lee vers le milieu du mois de janvier. Lee, aidé de ces puissants renforts, eut immédiatement capturé ou détruit toute l'armée de Grant et marche sur Washington, alors sans garnison, et où, selon toutes probabilités, il eut pu arriver dans les premiers jour de février.

Malheureusement, en allant de Gadsden à Gunter's Landing, à quelques milles plus loin, le général Hood changea tout son plan d'opérations et se détermina soudainerai-nt à traverser la rivièee Tennes.see à Decatur ou aux environs, c'est-à-dire à environ quarante milles a l'ouest. En arrivant à Decatur, il trouva cette place solidement fortifiée et occupée par l'ennemi ; cette circonstance le détermina à pousser jusqu'à Tuscumbia, à quarante milleS' de plus à l'ouest, et à passer le Tennessee à Florence. Mais lorsqu'il arriva dans cette dernière place, la saison des pluies avait commencé, les chemins de la vallée du Tennessee étaient presque impraticables, et liood dut passer environ un mois à attendre des approvisionnements, des vêtements et des chaus sures pour son armée. Ce délai donna au général Thomas le temps de concentrer une grande armée pour la défense de Nashville et du TennesscQ central^ Ce furent tous ces retards qui firent perdre an général Hood tous les avantages que pouvaient lui procurer son grand mouvement de flanc commencé à Joncsboro. {N. du trad.)

sion régnait dans les rangs de l'ennemi, — ^vagons, artillerie, infanterie, tout était en désordre dans les lignes fédérales, — envoya au général Oheatham l'ordre d'attaquer avec une forte ligue de tirailleurs et de harasser et d'enipôcher sa retraite. Une fois de plus, l'ordre ne fut pas exécuté et l'ennemi continua à marcher ))endant presque toute la nuit, à portée de la voix, et nans la plus grande confusion. Ainsi fut perdue une grande occasion d'infliger une défaite sérieuse à l'ennemi, et celui-ci affectua sa retraite sans que les Confédérés, placés en face de lui, s'y opposassent.

Le général Hood attribua cet échec et une partie des désastres qiù s'ensuivirent au fait que "quelques-uns de ses généraux n'avaient pas exécuté ses ordres à Spring Ilill." Il ne restait désormais qu'à poursuivre l'ennemi. Au lever du jour, l'armée de Hood s'avança avec toute la rapidité possible sur Franklin, Stewart à l'avant-garde, Cheatham ensuite, puis Lee et les trains à l'arrière ; toutes ces troupes suivirent le même chemin partant de Columbîa. Les Confédérés poursuivirent rapidement l'ennemi et le forcèrent à brûler un <2;rand nombre de ses wagons. Arrivées à environ quatre milles de Franklin, les troupes fédérales firent ime feinte et parurent vouloir livrer bataille sur les colines environnantes, mais aussitôt que Hood eut déployé son armée en bataille et se fut préparé à les flanquer à leur gauche, elles se retirèrent lentement sur Franklin. Le général Hood avait appris, par des dépêches capturées, adressées par Thomas à Schofield, que ce dernier avait ordre de tenir cette place jusqu'à ce que la position de Franklin fût mise en état de résister, — indiquant ainsi l'intention de Thomas de tenir Franklin et ses forts travaux de Murfreesburo. Hood savait, par conséquent, qu'il était de toute im2)ortance d'attaquer Schofield avant qu'il put se fortifier, et ensuite, que si celui-ci pouvait s'échapper, il se retrancherait dans les travaux de défense de Nashville. La nature du terrain rendait impossible toute répétition d'un mouvement du flanc ; ""e général confédéré se détermina, en conséquence, à attaquer l'ennemi de front, sans perdre un instant.

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