‹ La cause perdueChapitre 63 sur 85 · XXX IV · texte numérisé non relu

XXX IV

SITUATION l'OLITiai

NORD EN ]s(j|.-ELK0T[ON PHESlDKNTfKLf.K.

Xons avons déjà pai'lé de rimmense intéivt one l'on attachait de toutes parts à la lutte qui allait avoii lieu au ÎSTord entre les deux grands partis, à pi'opos de l'élection présidentielle de 1864, et nous avons dit comment la campagne politique de cette année était, aux yeux des clicfs de la Confédération, peut-être aussi importante que la campagne militaire. En réalité, les opérations de l'armée et des influences 'politiques étaient reliées [)ar un lien étroit, et l'on calculait à Eiclimund qu'un succès négatif en matière militaire, c'est-à-dire une résistance ferme et assurée, donnerait au parti démocratique du Nord une occasion d'en appeler à l'impatience du peuple et de le détern)iner à exiger une paix basée sur des termes acceptables pour la masse des populations du Sud,

Pour discuter clairement tous les incidents de cette campagne politique, il convient, même au l'isque de faire quelques répétitions, de passer une revue rapide et d'analyser les difterents partis du Nord.

Ces corps politiques étaient sépares par des lignes de démarcation bien distinctes, et il éttiit deux questions sur lesquelles la division avait lieu. L'une d'elles avait rapport à la suprématie de la Constitution siu' les mesures adoptées sous l'empire de nécessités militaii'es, réelles ou illusoires. L'autre était relative aux pouvoirs respectifs du gouvei-nement central et des gouvernements d'Etat. Sur chacune de ces deux questions, le pai'ti au pouvoir affiirnait sou opinion de la manièi-e hi plus tranchée, et employait la force matérielle partout oii elle pouvait accroître son influence politique ou militaire. L'opposition se tenait sti'ictement dans les limites tracées par les clauses de la Constitution et les prérosatives des Etats. Telle était la distinction générale.

avlais si large que fut la séparation qui divisait ces deux parties (>t leur diflerence d'appréciation au sujet de l'inviolabilité et de l'observation de la Constitution, il restait néanmoins une certaine marge laissée entre les vues du parti démocratique du Nord et les doctrines sur lesquelles le Sud s'était basé pour affirmer son droit de sécession; le point en litige entre ces deux derniers était précisément cette alternative extj'ême de sécession. D'après les démocrates du Nord, l'Union était inviolable et perpétuelle, et tous les griefs dont se plaignait le Sud auraient dû être redressés par des remèdes qui n'eussent porté aucune atteinte à son intégrité. Le Sud, au contraire, considérait la sécession comme le seul moyen qui put lui rendi'e ses droits, — moyen que sanctionnaient d'ailleurs les précédents et les principes des hommes de 177().

Cette dernière doctrine avait si peu d'écho et d'appui au "Nord, qu'elle ne constituait pas un élément appréciable dans la controverse des partis. Tous, ou presque tous, affirmaient que l'Union était permanente et inviolable ; leui's différences d'opinion n'exi,staient qu'au sujet de l'étendue des pouvoirs de cette Union et de ceux du gouvernement fédéral; de la légalité des mesu4-es anti-constitutionnelles en temps de guerre; et de la justice et de l'efficacité des moyens à employer pour terminer promptement la guene.

Le parti opposé à ra<hiiirristration de M. Lincoln, — proprement désigné sous le nom de Parti Constitutionnel, — était principalement composé de démocrates, auxquels' s'étaient joints une grande quantité de membres de l'an-, cieu parti JV/no; tels que Mj\I. Wm B. Reed, de Philadelphie, Robert C. Winthrop, du Massachussetts, Reverdy Johnson, du Maryland, Wm B. Crittenden, et d'autres. Dans le langage des partis, on les désignaient sous le nom

de " Copperlieads '' et ils étaient appuyés dans les dcb;its, mais généralement conibattus au scrutin [)ai' luie li'action qui s'était séparée du parti (léni()('rati(pie [)roprenicnt dit (^t dont les adeptes étaient conntis sous le nom d '• Démocrates de la Guerre."

Il serait diflicile d'établir en termes précis les doctrines poliriipies avouées [)ar le parti républicain noir. Api'ès de patients efîbrts, nous avons écboué devant cette tik'lu\ Les professions de foi les plus définies de ses cliel's ne peuvent se concilier avec les aspirations fanatiques des coryphées secondaires, mais plus actifs, de cette organisation. Sa politique et son progrannne ont toujours varié et se sont constamment soumis aux événements du jour. Dans les moment de crainte et de découragement, le parti se montrait conservateur, mais ([uand un succès lui donnait de la confiance, il se montrait toujoui's prêt à outrepasser les limites tracées par la Constitution et à franchir les bornes de la loi. Il était oussi paijure à ses propi-es professions de foi et à son programme politique qu'aux lois du pays. Il foulait aux pieds, au monient voulu, aussi l)ien son vœu d'adhésion à des doctrines spéciales que son serment de fidélité à la Constitution. En un mot, il serait impossible, en rappelant tous ses faits, toutes ses "plateformes;" toutes ses croyances politiques, de conclure quels étaient ses principes comme parti, cnr ce serait folie déjuger son cu'actère d'après ses actes.

En décrivant à grands traits la cari'ière d'un des partis politiques du Nord, nous nous obligeons nécessairement à esquisser l'histoire de son antagoniste. Conmiençons par une étude stn- le parti républicain noir, — celui qui eut le cont:ôle absolu et permanent (h^s opérations militaires, et (jui, en s'attriluiant la gloire <lu résultat, assuma conséquenmient toute la responsabilité des moyens.

Au moment de l'élection de jM. Lincoln, ce parti n'était pas précisément tel qu'il avait été pendant les premières années de son existence. Il avait pris naissance, comme nous l'avons vu, dans l'agitation soulevée au sujet de l'esclavage; l'enfantement avait été long et pénible. Il commença par être en butte au mépris et aux railleries à cause de sa faiblesse et du fanatisme de ses rares adeptes; il recevait son mot d'ordre de la Société Anti-Esclavagiste de Londres et il n'est aucun doute qu'il ne fut, à l'origine de sa carrière, aidé [)écuniairement par cette institution. Au bout de quelques années, il avait ac((uis une cert.une importance dans les conflits politiques du pays, en raison de ce qu'il possédait, dans plusieurs des Etats du Nord, un chiffi-e de votes suffisant, sinon poiu' arriver au pouvoir, (lu moins poui' décider de la prééminence en faveur de celui des autres partis qu'il voulait favoriser. Bien (pfil absorbât par la suite le parti •' Whig " du Nord, il ne fut pas moins désavoué et combattu par M. Clay et M. Webster; ce dernier prononça un jour ces paroles prophétiques : "Si ces fanatiques et ces abolitionistes parviennent au

[ouvoir, ils fouleront aux pieds la Constitution, braveront la ( 'oMr iSiqireme, changeront les lois et en feront d'autres à leiu- guise. Finalement, ils mèneront le pays à la banquei'oute et l'inonderont d'un déluge de sang."

T\l. (Jlay, en décrivant les vues du parti républicain, disait ces mots auxquels le temps a donné une consécration furiiicllc ; " Los ultras veulent l'abolition de l'esclavage et ramalgauiatiun {\('.:^ races, et leur but est d'unii', par les liens du mariage, le travailleur blanc à la négresse, et de réduire le premier à la condition méprisée et dégi'adée de l'homme noir."'

Le l)ut avoué de la guerre «pie le })arti républicain noir avait déclaré à la Constitution, et de l'organisation qu'il proposait, était l'aljolition de l'esclavage et l'égalité devant la loi de la l'ac- africaine. Il est difficile de concevoir comment nu parti aurait })U méditer et projeter une révolution du Gouvernement et une révision radicale de la Constitution pour une telle fin, sans qu'il désiiàt élever le nègre à une égalité complète, — sociale et })o]itique, — avec le blanc. Et. il n'est pas non plus besoin de preuves nouvelles à l'accusation grave formulée par M. Clay, car les organes du })arti n'ont ô ^6 ni équivoques ni mystérieux à ce sujet. Nous extrayons quelques citations prises au hasard dans la presse républicaine. Le Neio Yorl- Tribnne répétait souvent que " s'il plaisait à un blanc de se marier avec une femme noire, le simple fait de la couleur de cette dernière ae suffisait pas pour donner à quelqu'un le droit d'empêcher un tel mariage ou d'y mettre obstacle." Le Neio Yorlr Iiuhpendant avait arboré cette théorie ; — que les rac.\s allemande, irlandaise, nègre et autres n'étaient [)as venues en Amérique dans le b>it de [lerpétuer indôlîniraent leurs nationalités distinctes, " mais poui' se fondre de manière à former un jour la nation monumentale du globe, — le nègre du Sud perdant un peu de sa couleur à chaque génération, jusqu'au jour où il aurait la blancheur de la neige." Enthousiasmé du caractère de Toussait Louverture, le même journal disait à ceux qui conservaient leurs idées de couleur et de caste "qu'ils devraient cesser d'ajipeler Impnrs ceux que Dieu lui-même avait créé tels et reconnaître le génie où il se trouve s;ins avoir égard à la couleur de son enveloppe mortelle, — et qu'ils devraient se préparer à souhaiter la bien venue à nos armées et à notre Sénat^ destinés à remplacer Jeff. Davis et son entourage d'ivrognes." Le général Banks dit à son toui', dans une séance de la Chambre dos llepi-ésentiints <pic " quant à la question de suprématie entre la race blanche et la race noire, il proposait d'atten-' dre pour la décider le temps où l'une se montrerait apte à absorbe)' l'autre." Wendell Phillips, le plus habile et le pkis audacieux de tous, disait eu 1S(j3 : "Rappelez-vous, les plus, jeunes d'entre vous, que le quatrième jour de juillet 1863, vous avez entendu un homme dire qu'à la lueur de l'histoire, et vertu dt- chaque page qu'il en a lue, il est un " amalgamationiste" dans toute la force du terme. Ce pays n'a pas de passé et je n'ai d'espoir dans l'avenir

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

qu'à condition (m'il voira ce mélange sublime de toutes les races qui est la métliode presei'ite ])ar Dieu jjour civiliser et régént'rer le monde. Dieu, par les événements ([ti'il a ordonnés, a anéanti cette haine de lacc qui a affaibli notre })atrie jusqii'aujouixl'hui." Théodore Tilton dit aussi '-que l'histoire de la civilisation humaine était écrite en un seul mot, — un mot que beaucoup ont peur de prononcer et plus encore, d'entendre, — et (|ui est: amalgame des races."

Ces citations suJHront à montrer quels étaient l'esprit et les desseins des cliet's de lilc du parti réjjublicain : de ceux

Ceci établi, il était de l'intérêt du parti républicain,— de Son intéi'ét coiiniir jniri'i, —<\\w le uKvivement de sécession c!»nniicii(;.;i t iinmédiatciuiMit et (jiic la menace de dissolution de rihiion fut mise à exécution. Nous avons déjà vu qu(^ Ci:'rtaines de ses niesuivs n'avaient été adojjtées que dans le but secret d'exaspérer les sentiments du Sud et de le conlirmer dans ses intentions de séparation, et en même temj)s de s"assui'ei-, ])ar des ])i-otestatious de " consevvatisme " et de dévouement à l'Union, du concours de tous les éléments du Nord que l'aclt; de sécession aurait soulevés contre le Sud.

Nous pourrions ici accuniuler un grand nondjre de preuves

i]\\\ pouvaient, quand i!s le jugeaient nécessaire, amenei' du fait que le parti républicain noir, en arrivant au pouvoir, tous le parti à se prononcer comme eux. On ne jjcut pré- voulait la dissolution de l'Union et la, guerre ; mais celte

tendre, cependant, qu'il n'y ait eu de temps à l'autre quel- (jues manifestations moins radicales de ces sentiments. Plu-

vérité est tellement évidente qu'il ne se trouve }iersonne })our la nier. Le fait est ac(;[uis à l'histoire. 11 est conliruié

et ;\ le [)Oursuivre, non seulement en vue de l'estaurer l'autorité des Etats-Unis, mais aussi d'abolir l'esclavage dans le Sud. Ce n'est pas (jue l'on avouât formellement ces tendances au commencement des hostilités ; mais elles furent j)h'inement dévehqipées [)eudant l'été de 180'4, quand elles devinrent, connue nous le verrons })lus tard, la principale ligne de démarcation entre les pai'tisans d(i Lincoln et ceux de Mac Clellan.

Tels furent les antécédents, le cai-actère et la composition du parti qui avait réussi à porter son candidat au pouvoir à l'élection présidentielle de 18G0. Le choc que i-essentit le pays à l'annonce de ce succès avait été très grand ; moins grand cependant que celui produit dans le jtarti vainqueur lui-même. Conjposô d'éléments fanatiques extrêmes et mis pour la première fois face à face avec les responsabilités graves et sérieuses du pouvoir (pii lui incombait ; [)lacô sous l'empire de cette Union, pour laquelle un si grand nombre d'entre eux avouaient leur amère haine ; et sous cette constitution, à laipielle ils étaient obligés de jurer fidélité et qu'ils i)rojetaient déjà de fouler aux pieds ; — le parti ]'épublicain commença à s'apercevoir alors des dihieultés sérieuses de sa position. Ce qui ajoutait encoi-e à son embarras, c'est que son triomphe n'avait pas été (jbteuu })ar une majorité des voix ; il n'avait pas l'ajjpui d'nne moitié de l'Union, et de l'autre moitié, il n'avait qu'une simple majorité. Les républicains ne pouvaient, par conséquent, obtenir

sieurs membres de cette organisation n'avaient en vue <iue j par les actes, parles intérêts, par les aveux du [)arti. Et du l'abolition de l'esclavage et se basaient sur la théorie ex[)ri- 1 reste, personne n'a pris la peine de le cacher, mée quelques ans auparavant })ar -Ai. Seward, et renouvelée ! Ouoique le parti républicain, après s'être assuré de l'ex- ])ar M. Lincoln, qu'un eontlit "irrépressible" existait da,ns ercice entier du pouvoir, ada[)tat en quelque sorte sa polirUnion entre la société esclavagiste et la société libre. 11 tique aux circonstances du moment et mit ses volontés à en était très peu, — [leut-être aucun, -qui n'était pas déter- j exécution en ne témoignant qu'une indilférence hautaine et miné à se servir de la guei're comme d'nn moyen d'abolition ariogante aux protestations et à la résistance de l'opposition, encore n'arrivât-il en possession des })laces qu'en manifestant des symptômes d'alarme et d'humilité. Non seulement, il ne com})tait (|u'une minorité représentative, mais il se trouvait à la fois dans une })Osition équivoque vis-à vis de lui-même ; il était délibérément hostile à cette Constitution à laquelle il allait jiu-er fidélité, et aux principes en vertu desquels elle avait été appliquée depuis sa création. Il sentait toute la gravité du choc donné aux institutions du pays })ar son avènement au pouvoir et toute la défiance que l'on éprouvait partout au sujet de ses capacités goiivernementales, de son interprétation équitable de l'esprit des institutions, et de sa fidélité à l'Union ; cette défiance était, en demeurant, bien justifiée. La conduite de M. Lincoln au moment de son élection, trahit tous ses instincts de mauvaise foi. Les discours qu'il prononça pendant son trajet de Springfield à AVashington ne furent qu'une justification continuelle de sou parti et de son élection, et sa fameuse adresse d'inauguration fut un appel au pays pour le r(^jet de tout jugement que l'on aurait pu porte contre lui en se basant sui' les aveux et les opinions du parti qui l'avait élu. On ])eut dire que les déclarations modérées du parti républicain, lors du commencement des hostilités, éloignèrent tous les soupçons des classes conservatrices du Nord et désarmèrent complètement le parti de l'opposition. Il eut S(/ni d'adopter une ligne de conduite modérée et pacifique jusqu'au moment où il fut trop tard

une prééminence numérique dans aucune des deux Chambres i pour retenir le Sud dans l'Union. Le Nord plaçait toute

du Congrès ; et ils sentaient bien (|ue si l'élection eût dû recommencer le lendemain de leur airivée à l'administration

tout ce qu'il y avait dans

d'intelligence,

de

sa confiance dans ces hypocrites démonstrations de paix ; le Sud«e s'y fiait nullement. Elles ne réussirent pas à conserver à l'Union les Etats de la Virginie, de la Caroline du

mérite et de patriotism ■ s'iuiirai,. lérail cause eommun(^ Nord et du Tennessee ; il fallait l'emploi le plus énergique

contre eux, et anéantirait leurs ]U'ojets (le domination,

de la foi'ce, de la menace et des promesses pour retenir les

Etats du Marvland t't du Kentucky. Touteluis tel n'était pas ]v liut du parti. Ce qu'il voulait, ce n'était pas retenir le ;<u(l dans l'Union, mais subjuguer le Nord eu l'amenant à aj)})uyer les mesures fju'il méditait. et qu'il se ])ro})osait de déveloj)per [)lus tard. Ce plan réussit complètement. Li.i parti constitutionel de la paix fut partout réduit au silence ; le sentiuuuit belliqeux s'accrut avec nue rapidité extraordinaire, et ]>eu à peu nu grand nombre des cbefs de l'opposition se détachèrent eux-mêmes de leurs pro})res rangs et suivirent le cornant. Cependant, il faut admet tie que depuis la cliûte du fort 8umter jusqu'à la tin de la guerre il y eut an Nord un parti constitutionnel qui, tout eu se sentant incapable d'al](^r plus loin fju'une émission de 2)roteslations (Continuelles contre les actes du parti dominant, remjilil néamoins cette tâclie avec habileté, vérilité, logique et dignité. Tja seule difficulté fut qu'il ne fut jamais assez fort, ])endant la guerre, il n'eut jamais assez de pouv(»ir pour intei'venii' avec elficacité.

Tous ceux (pii ont étiulié le caractèi'e et le tem})éranient du peu})le du Nord, et qui ont observé son }»enchant pour les démonstrations entliousiastes et sa propension à se laisser guider par les intiuences qu'exercent les masses sur les individus, qu.elque absurde et incoujpréhensible (|ue soit le programme de celles-là, ne seront pas surpris de la précipitation avec huiuelle les éléments les })lus modérés se laissèrent conduire i)ar le courant bellieiueux du moment, par lesappe;iux du }iarti de laguei-re et })ar la séduction qu'exerce (luel(|uei'ois sur de tels grou[)es runiftu'uie et le tambour. A peine certains individus eurent-ils vu la nuiltitudc engagée tlans cette voie (ju'ils se préci[)itèrcnt à leur tour dans ce (|ui semblait être le véritable courant piqtulaire, et ces mêmes honnues (|ui hier condamnaient foiinellement tons les desseins agressifs et incendiaires des républicains, [)rouvaient aujourd'hui la bonne foi de leur confession tardive eu s'enrôlant au olus vite dans les ranirs de l'administration.

L" pi-cmier pas est le seul (jui c.n'ite. ; e pai'li de la [laàx n était plus désormais le [)arti de la paix. Quelques uns dises ade[)tes les [)lus coneiencieux restèrent, il est vrai, mais l'organisation se rompit et le conservatisme fut })res(|ue entièrement éclipsé. Opijosé à la guerre et au })rincipe de cociciiion ; croyant à. la. supériorité des mesures pa.eitiipies sur les mesuies hostiles pour rétablir l'Union, regret (aiut. c;lia.(jue cMij) [)oiié ri chaqui.; goutte de sang V(-!rsée da,ns le C''>nt^il ; — II' paili d(' la Conslil utinn, de l'Union fraternolle, <li' fi loij de Tordre et de la paix, se trouva forcé, d'abord [larl i''lleme!it, puis plus largement, puis euHn lolaiement, d'ap])Uyer le pai'li de la guerre, de voter des h.'vées et des allocations pour une canqiagne vigoui'euse de soixante j';)urs d'abord, de (juatre- vingt- dix ensuite, ])uis d'un an e( enfin d'unie période -indéfinie, jus<iu'à conclusion parfaite. Les conservateurs pensaient saisir la j)remière occJMon favorable d'élever la voix et de ])arler dans l'intérêt de la paix, mais jamais une telle occasion ne se ]uéser,ta ; la turie de la guerre, croissant à mesure que les hostilités se

poursuivaient, absorbait foules les passions et balayait infailliblement devant elle tout ce qui parlait de paix. L'immense apjiui donné à l'administration la faisait omnipoteiite et la rendait capable de faire un apjiel efficace à tous les éléments d'ambition, d'avar*ce et d'aventure de toutes les classes de la société. A mesure que les frais do la guei're grossissaient, que le nondire des places et les bénéfices des contrats augmentaient, le })Ouvoir de l'administration grandissait et devenait de joiu' en jour plus irrésistible.

Nous ne nous sentons aucune inclination à juger trop sévèi'ement le parti de la paix du Nord. Les arguments (jui le conduisirent à, sanctlomier et à soutenir les mesuras primitives de l'Administi-ation étaient tels qu'un j)arti croyant à Vinviolabilité de l'Uniiui et à la nécessité de su}>primer toute tentative di' rupture, ne pouvait leur résister. ï\ fut amené à a})puyer la prenu'ère mesiu'e d'hostilités par l'attitude de M. Sewai'd et de M. Linctdn et par les garanties que cesdei'uiers paraissaient donner au "conservatisme" et il crut à tort qu'une action prom})te et vigoiu'euse était le moyen le plus sûr de prévenir une guerre prolongée, coûteuse et sanglante. Ce furent ces premiers pas, faits })ar les conservateurs [^dans un sens de devoir à l'Union et dans la pensée qu'ils agissaient dans l'intérêt de la pjiix, (;[ui les entraîna d'une manière inextricable dans la iiueire. Us au-

raient, cependant, pu se rappeler (jue t(.iute négociation finit quand le premier coup est porté, qu.and la première goutte de sang est versé ; que, à pailir d*; ce moment, il existe utic <|uestion de force et non de dvoït et de raison, et ({ue la guerre est en quelque sorte sendjlable au dédale de la mythologie ; il est facile d'\' entivr, mais on ne peut en sortir.

Cette unamnuté tq»[)arente qui prévalait eu faveur de la guerre, était due en gi'aude partie à la terreur. Le peuple du Nord semblait épi'ouvei' une crainte toute [tarticuliére de l'opinion pidjli(pu'. La grande majorité de l'élément pu- [)ulaire ne se contente [>as d'abdiquer ses [)ro[U'es convictions en faveui' du caprice du nujment, mais elle se joint a la multitude pour peisécuter ceux (pfi conservent ses propres traditions de la veille. U en fut ainsi dans la crise que nous considerems niaintenant. Poui' aider à cet instinct s[M»nlané de terreui", le gouvernement piit des mesures effectives et ravivii h^ système d'es[)iouuage et d'arrestations enqdoye eu f^'ance [»ai' Kobespierre et Fouché. D'abord, on [M-étendit (pie les pers(.)mies an'etees entretenaient nue correspondaiiccî secrète avec les autorités du Sud, mais l)ieid,ot après tous ces déguisements hypocrites furent jetés au loin et on emprisonna des citoyens sur d<;s ac(;usations, ou même sur de simples soup(;ons de déloyauté. Ou ))rétendit (pu' la sjiuvegarde ((ue la Constitution donne aux citoyens " dans leui's personnes, lein-s domiciles, leurs [)apiei's et leurs eflets contre, toute recherche ou saisie non justifée," — sauvegarde leur garantissant également un jugement prompt devant une cour de justice et leur accor-

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

daiit, |);ii- l'cdit d'//(ibeu.s cojijtts, le droit de connaître immédiatement quelle était l'accusation portée contre eux en cas d'an-estation, — on prétendit, disions-nous, que cette garantie était virtuellement subordonnée ù l'état de guerre, et que la liberté de tout citoyen disparaissait devant la nécessité de consei'vcr rinté2:rité et l'existence de la nation.

Au Sud, où de gi'andes arjnécs [)énétniient dans l'intérieur des terres et occup;iient les principaux centres, où le danger public et domestiipie était partout et présent à chaque instant, où la désaifeclion pouvait à tout monient amener une catastrophe effrayante pour la communauté, le gouvernement ne faisait que di^ rares arrestations. Constamment les généraux et les fonctionnaires civils se plaignaient que quand cei'taines pcrsoimes dangereuses, coupables d'actes de trahison I)ien définis contre la Corrfédération, étaient arrêtées et envoyées à Richmond pour y être jugées, elles étaient généralement relâchées, sur les explications les m()ins satisfaisantes, et immédiatement mises en liberté. On a beaucoup parlé des souffrances, des spoliations et des humiliations inlligées aux ''unionistes" du Sud, et un nombre inliui de libelles calomniateurs ont été publiés à ce sujet, mais (|uand le temps viendra où tous ces faits seront envisagés de sang iVoid, sans passitm aucune, l'histoire prouvei'a quelle fut la modéi'ation du peuple du Sud, et surtout du gouvernement confédéré, envei's une classe de personnes qui pouvait causer de tels dommages dans une comniunau té alors menacée d'un imminent et doublé péril, — du dehors et de l'intérieur.

Mais au Nord, il n'y avait pas de nécessité de faire aucune arrestation arbitraire. La guerre sévissait à une grande distance des foyers nordistes ; elle était offensive et non défensive. Le sentiment public était unanime contre le Sud, excepté dans quelques portions des Etats frontières ; il n'était de différence d'opinions que sur le meilleur moyen de réduire une "•rébellion" éloignée. Et cependant un système de terreui-, qui même au Sud n'eut pas été justifiable, fut établi et considéré comme nécessaire par le parti de l'administration. Il n'existait pas l'ombre d'un prétexte jjour considérer le Nord ou tel Etat du Nord comme déloyal ; au .contraire, dém(x:rates autant que républicains donnaient leur argent par millions de didlars et leurs soldats par centaines de mille ptjur la, cause unioniste. Néanmoins, l'administration inaugura ur. système de saisie et d'emprisonnements arbitraires et despotiques, (jui commença à la pi-emière jiériode de la guerre, et continiur même après la reddition de Lee et de Johnston. Le nom])re de ces arrestations arbitraires faites pendant toute la })ériode de la guerre fut estimé de dix à trente mille. La grande masse des personnes arrêtées n'obtinrent jamais un jugement légal et ne surent jamais quelles étaient les accusations — si toutefois il en était, — en vertu desquelles elles avaient été emprisonnées. Dans la grande majorité des cas, le bénéfice de V/tahcaf! cor'pus fut non-seulement refusé, mais on rejeta tonte offre d'acquiescer à cette demande de la personne ar-

rêtée : de soumettre le cas en litige aux fonctionnaires désignés expi-essément par le gouvernement à cet effet. Des prisonniers, arrêtés soudainement et jetés en prison sans qu'il leur fut permis de voir leur famille ou d'organiser une surveillance quelconque pour leurs affaires, auxquelles un édit despotique les arrachait inopinément, se virent refuser un examen de leur cause après une longue incarcération, et on alla jusqu'à les avertir officieusement que toute récrimination par l'intermédiaire d'un avocat serait désagréable au gouvernement et ne pourrait (ju'ajournej- leur jugement définitif et leur mise en liberté. Quoique ces arrestations fussent faites à la suggestion de lettres anonymes, les demandes écrites des personnes emprisonnées, pour un jugement ou une relaxation, restaient cachetées et étaient fréquemment renvoyées à leui-s auteurs sans qu'on daignât en prendre connaissance. Enhn on résolut, après avoir caché au prisonnier la cause ou le [>rêtexte pour lequel il avait été arrêté, que l'on irait plus loin et que l'on cacherait le fait; même de l'arrestation ; on défendit aux membres de la police secrète d'infornier la presse des arrestations c[u'ils faisaient, ou de permettre toute investigation dans les livres des prisons. Sous un tel régime, le nombre des dénonciations devint naturellement exagéré, et le gouvernement fut harassé de demandes. (Jn put lire les paragraphes suivants dans les journaux de l'époque :

': Sur les livres de ki police Eecrcte de New York, huit cents noms de perôonneg soupçounees de trahison sont inscrits, et grand nombre d'arrestations seront faites." — New York Tribune, 6 septembre 1881.

'' Un grand nombre d'arrestations sont jonrnelleuicnt faites dans le Nord ; le chiffre moyen est de dix ou douze par jour. Elles sont généralement faites sur des plaintes portées aux départements à Washington. Le gouvernement est quelque peu " ennuyé et étonne '' (.sir) du nombre de ca? de ixaliison envoyés à son examen. ^J'out commandant militaire peut agir eu des cas de trahison, et les officiers locaux devraient également agir euA-mêmee.'' — Hartford Coi/ra/î^ 6 septembre 1864. .■ ■

Bientôt après, on ne prit aucune peine de dissimuler on d'essaj'^er la justification de tous ces actes arbitraires. Des prêtres furent arrêtés au pied des autels, au moment où ils. célébraient le service divin ; on emprisonna des juges pour des verdicts rendus à leurs tribunaux. On arrêta également des dames après les avoir insultées de la manière la plus grossière. D'autres furent traînées de prison en prison, aptes avoir été abreuvées d'outrages. Des jeunes enfants furent arrêtés et enfermés pendant des mois entiers ; en quelques cas, pendant des années. La mort niéme n'était pas respectée ; les séïdes du pouvoir s'emparaient des personnes désignées à leurs coups jusque dans le cortège funèbre d'un parent ou d'un ami. Souvent ces malheureuses victimes se suicidaient, devenaient folles ou s'éteignaient peu à peu dans l'ombre des cachots. La police publique adopta un vil système d'espionnage, et des domestiques furent introduits dans plusieurs familles et payés par le gouvernement pour surveiller leurs actes. Les prétextes les plus frivoles, les pi U.S méprisables, .sufffsaient à formuler un mandat d'ar-

restation. Un père ayant appris que son fils avait été instantanément tué dans une bataille et s' étant écrié: " Tant mieux! " voulant montier par là le soulagement que lui causait la pensée d'une mort sans soufirance et sans agonie,— fut arrêté pour avoir proféré des "paroles déloyales,"' jeté dans le camp Chase, et ce ne fut qu'après deux mois d'emprisonnement qu'il lui fut permis de donner l'explication A'éritable de ses paroles. Deux dames, d'une " loyauté " incontestable, furent arrêtées pour avoir déployé leurs mouchoirs dans la rue ; on prétexta que ce simple geste était un signal à l'adresse des prisonniers confinés dans les bâtiments de la rue où elles passaient. Ce système de terreur fut en vigueur aussi bien dans les Etats de l'extrême Nord que dans les Etats frontières. Dans les villes de l'intérieur, où toute crainte d'invasion eut été d'un ridicule suprême, l'espionnage était aussi actif qu'à Washington ou à la Nouvelle-Orléans. Un prêtre du centre de l'Etat de New-York écrivit jusqu'à trente lettres de dénonciation en deux mois ; chacune de ces lettres contenait une liste de personnes désignées à l'application de cette nouvelle loi des suspects, et le Président donna l'ordre à toutes les forces de police d'exéouter de tels ordres. Ainsi, le système gouvernemental des Etats servit lui-même d'instrument à ces abus de pouvoir. Les hommes de parti s'emparèrent avideinent de ces criminels avantages ; dans leur langage, le mot " démocrate " devint synonyme do traître, et le seul fait d'elle un " démocrate " fut souvent un motif suffisant d'arrestation.

Nous citons ces faits pour montrer combien il fut difficile, ou plutôt imjiossiblej pendant un certain temps, de maintenir un parti d'opposition à l'administration. Le pouvoir d'un gouvernement, disposant de tant de centaines de millions de dollars, dont il pouvait faire hénéficier ses partisans, et commandant à une armée de plus d'un million d'hommes, dont la moitié restait dans les grandes villes du Nord, sous la main de l'administration et prête à s'ameuter sous le plus léger prétexte, en cas d'oj^position, — ce pouvoir, disons-nous, était trop grand pour que la raison et la logique pussent mettre une barrière à ses j^rojets, et quand, contre ce despotisme féroce et sans scrupule on ne pouvait mettre en ligne qu'une ■-)pposition impuissante et paralysée. La soumission passive ii une loi despotique étant une nécessité, devint un devoir temporaire. Nous ne nous sentons pas la force de blâmer tous ceux qui demeurèrent adversaires constants, mais silencieux, de l'administration pendant cette période de terreur, mais il est une classe d'hommes politiques, du parti conservateur, qui ne voulurent point sauver leur honneur en gardant cette, attitude j^^ssive, qui se jetèrent corps et âmes dans le parti républicain, et, comme tous les transfuges, surpassèrent les plus avancés de leurs nouveaux amis par la violence de leurs discoui-s et do leurs actions. Les principaux auteurs des outrages qui furent commis seront condamnée par l'histoire, mais quelle

sera l'ignominie qui s'attachera aux noms de ces " démocrates de la Guerre" qui désertèrent leur drapeau politique, renièrent les principes qu'ils avaient soutenus jusqu'alors, épousèrent la cause de l'arbitraire, appuyèrent les projets du despotisme, ne tirent qu'attiser encore la haine de l'administration })our ro})p()sition et poursuivirent la gnrrre dans un esprit de vengeance et pour le bénéfice des desseins révolutionnaires des pires ennemis de l'Union et de la Constitution.

Toutefois, en dé[)it de la férocité du gouvernement et de ses satellites, il ne se passa pas un seul jour pendant la guerre pendant lequel le parti conservateur ne présentât au Congrès une petite phalange opposée à la ])oliti(jue du gouvernement et prête à protester contimiellement contre ses procédés anti-constitutionnels. Si l'espace ne manquait, il serait intéressant de relater ici les différents votes d'o})pusition de ce petit parti contre les mesures proposées par le Congrès. Quelques exemples suffiront à montrer le courage de ces conservateurs et leur fidélité à la Constitution.

Le vote de la Chambre des Eeprésentants contre lu "bill de confiscation" avait été de 42 ; au Sénat de 13. Contre la proclamation de l'émancipation des esclaves appiutenaut aux personnes engagées dans la rébellion, le vote s'était élevé au chiffre do 60 à la Chambre, de 11 au Sénat. Contre l'abolition de cette clause de l'acte de confiscation limitant le temps de cette confiscation à la durée de la vie du. ^'coupable," le vote de la Chambre avait été de 1G ; du Sénat, de 13. Trente-six membres de la Chambre 'les Représentants et dix sénateurs s'étaient prononcés contre le résolution déclarant que le gouvernement des Etats-Unis s'obligeait à aider tout Etat ou à coopérer avec lui dans les tentatives qu'il pourrait faire pour abolir graduellement l'esclavage. Dix-neuf membres du Sénat et trente-neuf de la C'hambre avaient voté contre le plan d'émancipation avec compensation dans le District de Columbia. Cinquantedeux représentants s'étaient prononcés contrôla prop(,)sition de faire une enquête pour reconnaître les moyens d'inaugurer un plan d'émancipation avec compensation dans les Etats frontières. Douze membres du Sénat et soixante- deux de la Chambre avaient refusé leurs votes au rappel de la loi régissant les esclaves fugitifs. Le biîl autorisant la suspension de Vhaheas corpus avait rencontré à la Cbaïubre une opposition de 45 voix (3 mars 1SG3) et au Sôna!, cette opposition eut été de 13, si un incident n'avait emjiée'iié le scrutin régulier. Ce dernier bill revêtait le Président et d'autres fonctionnaires du Gouvernement du pouvoir de fciire des saisies et des arrestations, et sanctionnait mui seulement ses actes futurs en ce sens, mais aussi, ses abus de pouvoir antérieurs. Trente-six membres firent une jirotestîition éloquente contre cette mesure arbitraire, mais ils se bornèrent à la livrer à la publicité. Souvent, le gouvernement supprimait les journaux et le Maître de Poste général défendait la transmission des journaux mis à l'index dans les bureaux de la malle comme "délovaux." Un effort fut

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

fait pour remédier coiistitutionnellement à cea abus, mais la majoi'ité de la Chamljre repoussa tout examen et einquante-quatre membres seulement votèrent pour une action en faveur de la liberté de 'la piesse. Contre une résolution proposant de soumettre les amendements relatifs à l'abolition de l'esclavage dans les Etats-Unis, le vote final de la Chambre (3 janvier 1865), fut de 56, du Sénat, de 5. Et enfin soixante-six membres de la Chambre des Représentants et quatorze membres du Sénat se déclarèrent conti'e le bill })roposant de limiter l'action du Président à la réad ;iission des Etats insurgés occupes par les troupes fédérales (?t de soumettre à certaines conditions extra-constitutionnelles cette réadmission dans l'Union.

Ces exemples suffiront à niontrer comment un petit groupe constitutionnel du Nord put soutenir ses principes pendant cette sombre période d'usurpation et despotisme. A mesure que le système de terreur s'adoucit, le parti conservateur élargit les bornes de son action et de son opposition parlementaire. Peu à peu, la division se forma dans les rangs des l'épublicains noirs, et des protestations s'élevèrent du sein du parti. Les démocrates qui, absorbés par ks opérations militaires dans les Etats lointains, n'avaient pré lé jusque là aucune attention aux affaires intérieures tout engirdant, comme soldats, le droit indiscutable de formuler leur opinion, commencèrent à expiimer leur dégoût et la crainte qu'ils éprouvaient des procédés arbitraires de l'administration. Ce fut ainsi que l'opjDOsition acquit de la force et de la consistance au moment de l'échéance du terme présidentiel de M. Lincoln ; que les partis favoral)le et contraire à l'Administration s'organisèrent régulièrement et que les professions de foi furent discutées et définies à l'approche de la campagne électorale.

Les lignes de démarcations des partis, en 1864, étaient les conditions de la reconstruction prochaine : tiois séries d'opiuions i-elatives à cette éventualité furent développées dans le cours de la lutte électorale. Le parti constitutionnel prétendait que le seul but équitable de la guerre était la suppression de la l'cbellion et que, par conséquent, aussitôt que le pouvoir des autorités . rebelles dans chaque Etat serait aboli, le dit Etat était, par ce simj)le fiiit, replacé dans -cette Union dont il n'avait jamais été légalement séparé, et rien ne restait à foire que la réorganisation d'un gouvernement d'Etat légal. Ce programme fut par la suite affirmé par le candidat du parti, le général MacClellan, qui déclara que " l'Union était la seule condition de la paix ; — le pays n'en demandait pas d'autres ."

Comme on le verra par la suite, le parti de l'adifKnistration ou du gouvernement entra en lice avec le programme de coercition et en pro})Osaut la réadmission des Etats insurgés dans l'Union avec la condition de rejet de l'esclavao-e : ce rejet devait être autorisé par un amendement de la Constitution. Mais la pression de la lutte força le parti de l'Administration à changer cette dernière clause et à ajouter à sa ptoe/orwe la condition que les Etatsidésirant

rentrer dans l'Union devaient abolir eux-mêmes l'esclavage, avant de formuler leur demande de réadmission. En d'autres mots, les partisans du gouvernement furent forcés d'abandonner une mesure constitutionnelle pour lui substituer un expédient anti constitutionnel.

Le programme de la branche radicale du parti républicain noir avait été développé, quelque temps auparavant, dans le lill passé au Congrès le 3 juillet 1864, bill que le Président avait refusé de signer. Ce bill portait en substance trois conditions préliminaires à la restauration d'un Etat sécédé dans l'Union : le retrait des droits politiques, — retrait exigé par les Etats, des hauts fonctionnaires coupables d'avoir guidé le mouvement de rébellion ; ral)olifion de l'esclavage ; et la répudiation de la dette rebelle. Ces deux dernières conditions devaient être délibérément adoptées parles Etats eux-mêmes, comme conditions essentielles de leur demande de réadmission.

Une autre particularité du programme radical, non compris dans le bill dont il vient d'être question, fut : " o^u.'aucun Etat sécédé ne pouvait voter dans un collège électoral ni être admis à la représentation au Congrès c[u'en vertu d'une proclamation qu'aurait antérieurement lancée le Président, et témoignant de l'obéissance du dit Etat aux lois des Etats-Unis ; " il fallait, en outre, Cjue le Président fnt spécialement autorisé par le Congrès à émettre une telle proclamation. Le projet de requérir l'admission des nègres au suffrage et aux droits de citoyens, ne fut pas alors émis sous la forme d'une exigence additionnelle et distincte. -

La Convention nationale du parti du gouvernement tint ses séances à Baltimore le 7 juin 1804. Tous les votes furent recueillis par M, Lincoln, excepté ceux du Missouri, qui furent donnés au général Grant, Le scrutin pour \î\. vice-présidence donna un vote presque unanime en faveur de M. Andrew Johnson. On adopta une p^affformc déclarant la résolution de maintenir l'Union dans toute son intégrité et son autorité suprême contre ses ennemis; d'anéantir la rébellion par la force des armes, et d'infliger un châtiment mérité aux traîtres criminels qui l'avaient dirigée ; approuvant la détermination du gouvernement de ne point traiter avec les rebelles et de n'admettre d'autres termes qu'une soumission complète et sans condition à l'autorité fédérale ; promettant des primes aux soldats mutilés; soutenant les proclamations et les actes de l'Exécutif relatifs à l'esclavage ; insistant sur l'adoption d'un amendement à la Constitution à ce sujet ; remerciant l'armée et la marine de leurs loyaux services ; approuvant les actes du Président, et spécialement les mesures qu'il avait prises à l'égard des ennemis intérieurs ; déclarant dignes de confiance ceux-là seulement qui se ralliaient à la présente xilatr/orme ; demandant l'extension des droits des belligérants à tous les hommes employés dans les armées de l'Union, sans distinction de couleur ; protégeant l'immigration étrangère ; ap prouvant la construction du chemin de fer " National

Pacific Eailroad ; "' en2:afïeant l'honneur national envers les créanciers de la dette publique ; et enfin, condanniant toute tentative des pouvoirs étrangei-s de supplanter les institutions républicaines du continent.

Le projet de l'aire de l'abolition de l'esclavage, par cluicun des Etats révoltés, une condition essentielle et primordiale de son rétablissement dans l'Union, ne l'ut pas mentionné dans la profession de foi de Baltimore. Au contraire, les termes de la seconde résolution semblaient omettre volontairement cette condition en n'offrant aux rebelles d'autres termes que " ceux basés sur une reddition sans condition, une cessation des hostilités et le retour a la Constltvtioii et (dix lois des Etats-Unis.'" La Convention paraissait se reposer sur l'amendement qu'elle projetait de faire à la Constitution pour affirmer cette condition. M. Lincoln, de son côté, en acceptant la nomination à la candidature présidentielle que lui offrait la convention de Baltimore, s'efforça, dans son adresse, d'exclui-e toute idée d'exigence d'abolition, comme condition de paix, par tout autre moyen que celui de l'adoption d'nn amendement constitutionnel. Il dit: '"'J'approuve votre déclaration d'amender ainsi la Constitution à l'effet de prohiber l'esclavage dans toute la nation. Le peuple en i-évolte a eu devant lui un laps de cent jours et un avertissement explicite qu'il pouvait, pendant cette période, reprendre son allégeance sans que ses institutions fussent altérées, et que cette prérogative expirait en même temps que le dit délai de cent jours ; il a rejeté ces conditions, et l'amendement constitutionnel qui est aujourd'hui proposé est devenu une conclusion convenable et nécessaire au succès de la cause de l'Union. C'est ainsi seulement que toute discussion peut être pi'évenue ou résolue. Aujourd'hui, tous les unionistes absolus, du Nord et du Sud, comprennent l'importance d'un tel amendement et s'y rallient. Aux noms de Liberté et d'Union, travaillons pour lui donner une forme légale et un eftet pratique."

i>I. Lincoln déclarait ainsi clairement que l'abolition de Vesclavage, par un amendement à la Constitution, était la "forme légale " de la procédure, et que cet amendement " seul pouvait prévenir ou résoudre toute discussion." Mais bientôt la pression de son parti lui fit abandonner cette attitude et le força à adopter un système d'abolition de l'esclavage pai- un moyen anti-constitutionnel. Ce nouveau projet fut introduit par M. Lincoln dans le programme politique de son partri par son fameux édit du JS juillet, daté du bureau de l'Exécutif et adressé : " A ceux (pie rein. feut concernera Ce document, extraordinaire et unique dans l'histoire des partis, fut promulgué dans les circonstances suivantes :

An commencement de l'été de 1864, le gouvernement confédéré, comme nous l'avons dit plus haut, avait envoyé une mission de personnes intelligentes aux frontières du Canada, point le plus convenable et le mieux approprié pour une agence judicieuse. La mission n'avait aucune

autorité spéciale pour participer à une conférence directe avec le gouvernement de Washington au sujet de la paix; elle n'avait pour but que de tout disposer pom- une telle conférence si on jugeait nécessaire de l'accréditer et d'en poser les conditions préliminaires. Les commissaires étaient MM. Clément C. Clay, James P. Holcombe et Jacob Thonq:>son. II est indispensable d'observer que ces personnes étaient agents du pouvoir exécutif de Richmond; que leur nomination à une telle mission n'avait jamais été conuïinniquée au Congrès confédéré et qu'elles étaient paj^ées et défra}rées par les fonds secrets. Se servant de George N. Saunders et de AV. C. Jewett conrme intermédiaires, les commissaires échangèrent des notes avec M. Horace Greeleydans le but d'obtenir du président Lincoln, par l 'influence de cet homme politique si connu, un saufcondiiit qui leur permit de se rendre à Washington. La correspondance échangée avec M. Greeley conniiença le 12 juillet 1864. Le 17 du même mois, le Président parut consentir a donner le sauf-conduit, et M. Greeley se rendit aux chûtes du Niagara, où se trouvaient les commissaires, apparemment pour leur remettre l'autorisation qu'ils demandaient. Mais la correspondance échangée entre ces derniers et lui démontra bientôt que MM. Clay, Holcombe et Thompson n'étaient revêtus d'aucun pouvoir particulier par leur gouvernement pour délibérer au sujet de la paix, et le passejiort donné par M. Lincoln étal*; conçu en des termes qui impliquaient, chez ses porteurs, la vu-cessité d'être expressément autorisés par leur gouvernement dans le but de traiter de la paix. Les commissaires ne purent, par conséquent, faire usage du sauf-cond^uit de M. Lincoln. Après diverses explications, on envoya finalement de Washington un autre document adressé: "A ceux que cela concerne,'' déclarant que toute personne, ou toute mission ayant autorité de contrôler les armées alors en guerre contre les Etats-Unis, et porteur d'une proposition de négociation embrassant "le rétablissement de la paix, l'intégrité de l'Union et Vabandon de l'esclavage''^ aurait un sauf-conduit, et sa proposition serait reçue et prise en considération par le gouvernement exécutif des Etats-Unis. Ce document, comme ceux qui l'avaient précédé, fut donc inutile aux commissaires confédérés qui n'avaient ni autorité ou contrôle sur les armées des Etats Confédérés, ni mission de traiter directement de la paix, ni volonté d'entrer en conférence avec un pouvoir qui dictait ainsi, d'une manière si inipéi'ieuse et si arrogante, les conditions préliminaires d'une négociation. M. Lincoln connaissait par-

faitement ces particularités et ne pouvait prétendre avoir

offert son "passeport" de bonne foi; il ne le proposait qu'en sachant parfaitement qu'il ne pouvait être accepté. En effet, ce document avait tout le caractère d'un simple manifeste de parti. Ceux-là mêmes qui avaient conçu ce projet sentirent qu'un refus si formel de se prêtei- aux négociations de paix nuirait à M. Lincoln vis à vis du pays

et qu'ii devenait nécessaire de mettre en avant la question d'abolition comme dérivatif au mauvais eifet que produirait le rejet virtuel d'une conférence de paix. En résumé, rien ne prouva que cette mission ne prît naissance dans un changement de tactique électorale, et la frivolité de l'expédient du Président fut couverte par le prétexte que le but des commissaires, en se rendant dans le Canada et en ouvrant une correspondance officieuse, était de s'aboucher avec le parti de l'opposition du Nord. La presse du gouvernement en appela à l'entourage des commissaires pour la confirmation de cette imputation.

Telle fut riiistoire de cette arrière pensée de faire de rabolitiou de l'esclavage par les Etats en révolte euxmêmes une des causes de leur réadmission dans l'Union ; telle fut l'occasion dont on se servit pour intercaler cette nouvelle clause dans le programme politique du parti du gou- . vernement. A la Convention de Baltimore, les délégués avaient omis cette nouvelle condition dans lenr programme de réadmission ; la phalange radicale du parti y suppléa et proposa nu bill pour la reconstruction des Etats rebelles, avec abolition fuite })av les Etats eux-mêmes ; et elle réussit à lui donner foice de loi dans la séance congressionnelle du 3 juillet. Le Président avait vii-tuellement apposé sou veto à ce l.'iil du jour où, en acccj'tant la nomination à la candidature, il avait explicitement déclaré que la seule "forme légale" d'abolir l'esclavage était rado|)tion d'un amendement constitutionnel, tel que l'avait déclaré la Convention de Baltimore. Ainsi, ce que les délégués du ])arti n'avait pas accompli dans cette assemblée, le fut par l'action des commissaires confédérés et par l'intrigue politique de George Sanders.

La Convention Nationale du parti démocratique ne s'assembla qu'après récliec de la inission du Niagara ; elle se réunit à Chicago le 29 août. En dehors de la Convention il y avait une vive contestation dan:-; le parti entre les amis du général MacClellan ot d'autres démocrates qui désiraient la nomination d'un candidat moins con:i})romis dans la politique de coercition et moins impliqué dans la guerre. Toutefois la ligne de séparation de ces deux sections n'était pas assez profonde pour créer une dissension importante. Comme parti miioniste, la grande masse de l'organisation démocratique admettait que la guerre était le seul moyen de préserver et de reconstruira' l'Union. On savait que le général MacClellan désirait anxieusement la paix, mais la paix basée simplement sur le rétablissement de l'Union et sous la Constitution telle qu'elle était. C'était à ces conditions seules que le parti conservateur pouvait se présenter devant le suffrage populaire et espérait emporter la victoire. Il eut été puéril d'espérer un succès quelconque en s'appuyant sur les principes d'une très faible quantité de démornocrates et de conservateurs, qui préieudaient avec raison, mais dans un moment mal choisi, — que la guerre était injuste et inique tant dans son origine que dans la manière dont elle avait été conduite. La grande majorité de l'oppo-

sition soutint donc avec MacClellan, que la sécession n'était ni justifiée ni nécessitée, et qu'il fallait s'y opposer par tous les moyens au pouvoir de l'Union. Elle considéra, par conséquent, la guerre comme juste dans son objet, mais inique seulement dans la manière dont elle avait été dirigée. Réfléchissant que ces vues étaient celles de la masse du parti et n'ayant aucun candidat qu'elle eut pu opposer avec succès au général MacClellan, la minorité des conservateurs se rallia au groupe' le plus fort et la nomination de Mac- Clellan comme candidat du parti démocratique ne rencontra qu'une très légère opposition. M. George H. Pendleton fut choisi comme candidat à la Vice Présidence, dans des termes à la fois flatteurs et honorables pour ce vaillant défenseur de la Constitution. ■

La Convention de Chicago adopta unanimement une profession de foi déclarant sa fidélité absolue à l'Union et l'opportunité d'en appeler à une convention de tous les Etats pour aviser au moyen de rétablir la paix sur les Ijases d'une Union fédérale de tous les Etats ; condamnant l'intervention militaire dans les élections, telle qu'elle s'était récemment manifestée dans une élection des Etats frontières ; déclarant que le l)ut et l'objet du iiarti démocratique étaient de prései'ver l'Union fédérale et les droits des Etats ; réprou-vant le système d'usurpation, de tyrannie et de despotisnre que l'administration avait audacieusement et délibérément mis en pratique pendant la ^-uerre : ré] (rimandant le gouvernement pour sa négligence couriabL- Tl'égard des prisonniers de guerre unionistes ; et enfin offrai.; les symj)athies du parti et garantissant sa protection future aux soldats et aux marins de l'armée de terre et demer des Etats LTnis.

La lettre d'acceptation qu'écrivit le général Mac Clellan parût bientôt après et son ton pacifique, ses termes conciliants, écartèrent la plus grande partie des objections que les partisans extrêmes de la paix élevaient à sa candidature. Mac Clellan afiîrmait, dans les termes les plus formels la nécessité de sauver l'intégrité de l'Union et déclarait que son maintien " était le seul but avoué pour lequel la o-nerre avait été inaugurée"; que cette guerre '-'aurait dû être conduite exclusivement dans ce sens " et sur des princines de conciliation et de compromis; que r'établissement^le l'Union était la condition indispensable et préliminaire de tout arrangement, et enfin qu'il fallait "épuiser toutes les ressourcées de la -science politique pour s'assurer d'une telle paix, rétablir l'Union et sauvegarder ;\ jamais les droits constitutionnels de chaque Etat."

A l'exception de cette importante clause additionnelle introduite dans le programme politique du parti du gouvernement,— l'abolition de Tesclavap-e nar de,' constitutionnels,— il n'existait pas de <n'andeE

s moyeiLs non

s ajîTcrences

entre l'attitude adoptée par chacun des deux partis nar rapport à la question de l'esclavage. Pendant l'été de 1864 les événements militaires avaient rendu impraticable et entièrement impossible le maintien de cette institution

quoiqu'une déclaration du général Grant, faite dans le com- ' aux soidats -A aux colons actuels, sù;;t des mesures de justice.niencement du mois d'août 1,862, eut prétendu, — mais trop U faut remarquer que cfiiie i)JaUformc radicale ouiet toute prématurément. — i|ue l'esclavage était mort et ne })0uvait : conditions anti-constitutionnelks préliminaire à la réadôtre ressuscité. 3.1ais {«mdant l'été de 18()4, le sort de cette i mission des l'Uats révoltés dans l'Union, même au sujet institution fut fixé à jamais, et il est })rol)al»le qu'elle n'eut ^ de l'institution de l'esclavage. La cinquième clause du propas pu se maintenir si la cause contédérée avait été défini- | gramme radical regardait un amendement à la Constitution tivement triomphante. Déplus, elle ne pouvait non plus , comme le seul moyen d'arriver à ce but. Cet article était survivre au retour dans l'Union, même si on n'eut pas fait; ainsi conçu:

de SmU rejet aljsolu la condition essentielle d'une reconstruc- j '■ 5 Que lu rebeilioD a détruit lesciavage. et que la Constiîutioa soit tien. 31. Davis avait reconnu que l'esclavage n'était plus un \ amendée de manière à proniter son rétablissement et à donner à tous les point de dissension entre le Nord et le Sud i)lusieurs mois j /'*''''"f-> «"' égalité absolue devant la loir

avant i^uc l'édit de M. Lincoln transpirât à Niagara. Tous Le lecteur ne manquera pas d'observer combien cette les esprits intelligents du Sud étaient convaincus que Tins- demande de droit de suffrage et d'égalité politique des titution-de l'esclavage était désormais complètement abattue nègres était obscure, subordonnée et timide, en comparaison

par la ])rolongation excessive de la guerre, et que la présence des armées abolitionistes et des brigades nègres dans le Sud avait démoralisé cette institution au point qu'elle cessait d'être une condition stable, profitable et inoffensive du système économique des Etats méridionaux.

U était cependant, au sujet de Tesclavage, une question constitutionnelle assez grave, pendante contre le parti du gouvernement et celui de l'opposition.; mais cette question était toute théorique, la possibilité du maintien de cette institution étant universellement reconnue impraticable. Les conservateurs niaient le droit d'imposer une condition anti-constitutionnelle aux Etats désirant rentrer dans l'Union ; le gouvernement, au contraire, affirmait ce droit, et i'aftîrmait avec audace. A ce point de vue, la question était d'une importance vitale. Pourquoi abolir ce qui se tron/ait déjà condamné à une extinction inévitable ? L'esclavage avait reçu le coup de mort, pourquoi violer la Constitution pour couper la tête à ce malade à l'agonie ?

Le parti radical n'insista pas sur les points extrêmes de son programme politique i3endant la lutte présidentielle. Ses adeptes s'assemblèrent en Convention à Cleveland. le 31 mai, émirent une profession de foi spéciale et nommèrent John C. Fremont candidat à la présidence et John Cochrane, individu obscur et renégat du parti démocratique, à la viceprésidence. Tout ceci, cependant, ne fut fait que pour la forme ; on ne lit aucun effort pour retirer des voix au parti /du gouvernement et celui-ci ne fut aucunement affaibli par -rcette nouvelle candidature qui s'élevait à côté de lui. Dans sa lettre d'acceptation, le général Frémont exprima sa préférence pour la nomination du candidat que la convention de Baltimore pouvait élire, si toutefois cette candidature pouvait être apjjuyée par lui sans qu'il violât son sens du .•devoir. J^^ plateforme du Claveland ne différait de celle de Baltimore que par l'addition d'un passage à la cinquième résolution du parti de l'Administration {résolution donnée plus bas), et par les deux clauses suivantes :

'']2. Que la question de reconstruction des Etat.s rebelles doit être résolue par le peuple, au moyen de ses représentants au Congrès, et non par le pouvoir exécutif.

" 13. Que la confiscation de? terres des rebelles, et le don de ces terres

de l'importance que cette même revendication acquit plus tard dans la programme politique des Radicaux.

Ainsi, si l'on considère les programmes écrits sur lesquels s'appuyaient les deux partis, on peut résumer la situation de cette manière : Les Conservateurs demandaient la reconstruction sur la simple et unique base de la Constitution telle qu'elle était. Le parti du Grouvernenient demandait l'abolition formelle de l'esclavage par les Etats révoltés, comme condition préliminaire de leur réadmission dans l'Union. Les Eadicaux denaandaient, — si l'on en juge par leur léû'islation au Congrès, — trois conditions: l'abolition de l'esclavage par les Etats ; le retrait des droits politiques aux chefs de la rébellion et la répudiation de la dette rebelle. Si l'on juge de leurs exigences par leur programme de Cleveland, on verra qu'ils demandaient : que la question de reconstruction fut laissée à l'option du peuple du Nord, s'exprimant par ses représentants au Congrès sectionnel ; que les terres des rebelles fussent confisquées ; et que "l'égalité divant la loi" fut assurée à tous les hommes, sans distinction de î-ace.

Au premier abord, il semblerait qu'il y eut dû avoir une sorte d'affiliation et de communauté de tendances entre les conservateurs et le parti du Gouvernement, et que l'antagonism.e réel eut du esistt-r entre le parti radical d'un côté, et les partis combinés des Conservateurs et du Gouvernement de l'autre; et il est possible, en effet, que cette division eut été ainsi faite, si la guerre eut été terminée. Car on pouvait déjà se convaincre, clans le commencement de l'été de 1864, que la vraie ligne de démarcation des partis ne serait appréciable que quand la question de reconstruction se dresserait et demanderait une solution pratique. Mais l'élection précéda la reconstruction de plus d'un an, et la contestation entre les adversaires dut s'appuyer nécessairement sur les incidents de la guerre plutôt que sur les conditions et- les résultats d'une paix encore incertaine.

La lettre des différents programmes était par conséquent de peu d'importance. Les débats roulaient sur les usurpations de l'Exécutif, sur. l'esprit révolutionnaire, la politique et les desseins du parti au pouvoir. Ces points servirent de bases à l'attaque et à la défense pendant la durée de la

PIISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFEDERES

"Tierre ; les Couservateui's et les Démocrates, d'un côté, les Radicaux et le parti de 1" Administration de l'autre. La clause intercalée dans la Cjuatrième résolution de la plateforme démocratique devint à sou tour un nouveau point de discussion vivement discuté. Cette clause portait : "Que l'usurpation, par le Clouvernement, de pouvoirs extraordinaires et dangereux non garantis par la Constitution ; la sulîstitution ou la ]ii'ééminence de la loi militaire sur la loi civile dans les Etats n'étant pas en iasurrrction ; l'arrestation, le jugement, la sentence et l'emprisonnement arbitraires d'un citoyen américain dans les Etats où la loi civile existe en pleine force''; la suppression de la liberté de la parole et de la presse ; la violation du droit d'asile ; le •léai avoué des droits des Etats; l'exigence de serments non définis par les lois ; l'intervention de l'Administration

son déiii à propos du droit qu'avait le peuple de porter ;les^ armes pour sa défense, — sont autant de mesures calculées pour empêcher le rétablissement de l'Union, et la perpétration d'un gouvernement tirant ses justes pouvoirs du consentement des gouvernés.''

L'éloquence des orateurs qui condamnèrent ces grands crimes fut tout-cVfait à la liauteur <les principes qu'ils défendaient. Quelques-uns d'entre eux .s'inspirèrent de cette noble cause pour prononcer des discours qui égalèreiit, s'ils ne les surpassaient pas, tous les chefs-d'œuvre oratoires des grands jours de la revendication des droits humains et de la défense des libertés constitutionnelles. Les annales de l'histoire politique de ce pays ne montrent rien qui puisse, comme dignité de style, con^-me puissance, comme logique, comme animation, fermeté et patriotisme, certains discours ou écrits des partisans de 'Mac Clellan. Mais le poids de la puissance matérielle et de la corruption l'emporta dans la. balance et vainquit le patriotisme et la raison.

Il n'est pas nécessaire de donner de plus amples détails sur les différences des programmes politiques des deux partis ; le lecteur a déjà dû prévoir quelle fut la conclusion de la lutte. L'élection de Mac Clellan, qui aurait eu queltpes chances de réussite dans le milieu de l'été de 1804, devint impossible après que les armées du Nord eurent }-emporté les grands succès de l'automne ; de pareilles circonstances ne manquaient jamais d'attirer de nouveaux adhérents à l'administration de M. Lincoln. Cette précipitation à se ranger du côté où les chances se dessinent, montre

combien le principe de toute organisation politique est f^iible dans le Nord et comment une opposition logique cède le terrain devant un advei'saire heureux. Obtenir des victoires était pour l'administration de Washington une "nécessité électorale." On y pourvut amplement, et le vote présidentiel de 18G4 porta Abraham Lincoln au pouvoir par le choix de tous les Etats, exceptés ceux du Kentucky, du Delaware et du New Jersey.

!Mais l'analyse de ce vote populaire donna néanmoins quelques encouragements aux conservateurs, M. Lincoln avajt réuni deux millions deux cent mille voix populaires, et Mac Clellan environ un million huit cent mille. Quoique trop faible pour décider de la victoire, ce chiffre des votes conservateurs n'en fut pas moins beaucoup plus grand c{ue ne l'avaient espéré les hommes intelligents du parti, en considérant combien avaient influé sur la lutte électorale les grands événements qui venaient- de s'accomplir : la chute d'Atlanta, les revers de Hood et les succès de Sherman. Dans ces désastreuses circonstances, on ne pouvait cjue se féliciter du chiffre des voix obtenu et considérer combien il était encourageant pour la cause de la liberté constitutionnel h^. Ce vote avait été donné au moment où des revers déci ifs venaient d'accabler la Confédération, quand le parti opposé avait pour lui le prestige des succès militaires, au moment précisément le plus favorable pour les partisans de l'administration, le plus néfaste pour ses adversaires ; au moment ou l'on calculait que le vote populaire, se déclarant en faveur du parti de la guerre, donnerait à l'administration la facilité de terminer la lutte par un coup niortel sur la Confédération, déjà si abattue, et qu'au contraire, un vote en fiiveur du parti de la paix ranimerait le Sud et lui donnei'ait un nouvel espoir de conquérir enfin une paix à des conditions que son honneur et ses ietérêts pussent accepter.

Cependant le vote pour l'administration ne fur pas l'acquiescement de la majorité du peuple du Nord à un abandon de ses libertés constitutionnelles. Un grand nombre de ceux qui se déclarèrent pour le parti du gouvernement ne le firent que dans le but d'en arriver rapidement à une solution, — voulant sauver d'abord l'Union et remettre à plus tard toute tentative de revendiquer l'application des principes de la Constitution. La victoire de ces principes fut donc ajournée et réservée à un temps indéterminé.

:bapiire XXXV.

BATAILLES ET CHUTE D^^TLAISTA-CAMPAGNE DE HOOD BANS LE TENTs^ESSEE.

• BATAILLES DE EEANKLIN ET DE ]N^\SHVILLE.

JUlL.ÏL.E:''r-I3K:CE:3IBK,K ÎSG J-.

En retraitant de la ligne du Rapidan sur Richmond, le général Lee vit sa réputation d'homme de guerre s'accroître à chaque étape de son mouvement rétrograde, au contraire du général Johnston qui ne reçut pas le moindre gage d'approbation ou d'encouragement pendant sa retraite des frontières septentrionales de la Géorgie sur Atlanta, bien que cette retraite fut faite avec un succès plus grand encore que le mouvement identique du commandant en chef de l'armée de la Virginie. Pour se rendre compte de cette injustice, il est nécessaire de savoir que le général Jolmston était la victime d'une intrigue fomentée à Rich-

quit de toutes les circonstances qu'il pouvait tourner au désavantage de Johnston et retourna à Richmond en répandant la nouvelle alarmante que Johnston était sur le point d'abandonner iVtlanta à l'ennemi! En réponse a cette assertion absurde, le général Johnston écrivit: -'Les preuves que j'avais l'intention de tenir Atlanta sont : que j'avais ordonné d'en augmenter les défenses et que ces travaux additionnels s'exécutaient vi2:oureusement ; la

communication faite par moi à ce sujet au général Hood et le fait que ma familie séjournait dans cette ville. Si les ateliers publics ont été transportés ailleurs, et si Atlanta mond et qu'il avait encouru le déplaisir de l'administra- j n'avait aucun grand dépôt de vivres, comme le dit le tion; on projetait de lui ôter le commandement d'iine | général Bragg, c'est Cjue de telles mesures étaient une

armée dont il possédait l'aftëctioii et la 'confiance, et son renplacement était déjà chose décidée à Richmond au niomeut oii il commença son mouvement rétrograde de Dalton. Il exista une preuve évidente, mais plus déli cate de cette détermination des autorités confédérés; pendant que l'armée marchait de Dalton au Sud, le général J. B. Hood écrivit à une personne haut placée et portant un intérêt particulier à sa carrière militaire, qu'il avait toute raison d'espérer qu'il serait bientôt promu de son grade de chef de corps à celui de commandant en chef de l'armée du Tennessee. Mais il était encore d'autres symptômes de cette intrigue. Le général Bragg, le "conseiller militaire" du président Davis, rendit visite à

simple question de prudence, et elles n'indiquaient pas davantage l'intention d'abandonner la place, que l'envoi à l'arrière, des wagons d'une armée. dans un jour de bataille, n'indique la détermination d'abandonner le Terniin."'

Mais la volonté du Président alla à l'encontre de tuus ces faits et prévalut enfin sur toutes les considérations de justice. Dans la nuit du 17 juillet, l'armée du Tennessee apprit qu'une dépêche venait d'être reçue de Richmond, ôtant le commandement à Johnston pour le remettre au général J. B. Hood. Cette nouvelle jeta la plus grande consternation dans l'armée et l'affecta plus qu'aucun acte de l'ennemi n'eut pu le faire. Pour Sherman, ce fut l'occasion d'un redoublement d'ardeur. Quand il sut que Hood était Johnston dans ses lignes autour d'Atlanta, ne dit jamais à son futur antagoniste, il sauta de joie, fit un geste signifiée dernier que cette visite avait un caractère officiel, s'en- catif et s'exclama : "Je connais cet individu."

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS i

Le général Ilood avait été nunimé })ar le Préisideut sur sa réputation de "général batailleui'," — ré[)utatioD facilement acquise et qu'il allait proniplenient chercher à confirmer. Avec quelques renforts du Sud-Ouest et des levées de la milice géorgienne, le général Hood put réunir une armée de quarante et un mille hommes d'infanterie et d'artillerie et dix mille de cavalerie. En comparaison des auti'es armées coniédérées en campagne^ celle de Hood était donc considérable, bien qu'elle ne laissât aucune marge à des expéditions de fantaisie et à des saciifices inutiles.

RATAILLES p'aTLANTA.

Sherman, en s'approchant d'Atlanta, envoya deux de ses corps d'armée asitour de la ville et sur le chemin d'Augusia et coupa cette voie de conuuunicalidn, pendant que Thomas plaçait ses troupes en travers du ruisseau Peach Ti'ee, directement en face des retranchements confédérés. Pendant ,que la droite de l'ennemi était en marche, dans l'ai)rès midi du 20 juillet, le généi'al Hood vit une solution de continuité entre deux divisions de l'ennemi et voulut profiter de l'avantage que lui offrait cette circonstance. Il lança les divisions Walker et Bâtes, du corps de Hardee, dans l'espace laissé vide entre les deux divisions ennemies et nos troupes, massées dans dans un ordre admirable, pénétrèrent entre elles ; pendant quelque temps, on put croire qu'elles réussiraient à détruire la partie de la colonne ennemie placée à leur droite. Mais un double feu les assaillit bientôt dans la profonde échancrure dans laquelle elles s'étaient avancées et après un combat acharné qui dura une demi heure et qui coûta la vie à des milliers d'hommes, la colonne d'attaque se retira dans un ordre parfait. La perte de l'ennemi se montait à environ deux mille hommes ; celle des Confédérés s'élevait probablement au double ; ceux-ci ayant été, comme assaillants, terriblement exposés sur toute leur ligne d'attaque.

Le lendemain, MacPherson se porta en avai;t et établit une ligne au sud et à l'est d'Atlanta, dans un rayon de trois milles de la place. Les troupes s'étendirent au delà du chemin de fer d'Augusta à Atlanta, dont la voie avait été détruite par elles. Hood s'empressa alors d'envoyer le corps de Hardee, suivi d'autres divisions, autour de l'ennemi et il tomba avec le gros de son armée sur MacPherson. Le corps de Hardee se porta sur l'extrême gauche de l'ennemi, le chassa de ses travaux et captura seize pièces d'artillerie ; le général MacPherson fut tué instantément en galopant le long de sa ligne de bataille. Au même instant, le général Cheatham attaquait le centre de l'ennemi avec une partie de sa division et prenait six canons. La journée devenait désastreuse pour les Fédéraux ; repoussés sur divers points, ils avaient perdu une nombreuse artillerie, et les longues traînées de blessés et de cadavres couchés à l'arrière témoignaient de l'étendue de leurs pertes. Mais l'ennemi réussit enfin à concentrer tout ce qui lui restait

d'artillerie et Sherman envoya au général Logan, qui remplaçait MacPherson, l'ordre de masser ses troupes au centre et de charger. Epuisée et affaiblie par un combat acharné, la colonne confédérée recula et abandonna la plus grande partie de l'artillerie qu'elle avait capturée au commencement de la journée. • L'attaque du 22 fut semblable à celle du 20 ; — une des plus désespérées et des plus aventureuses cliarges de la guerre ; un succès momentané tiit payé du sang d'un grand nombre de victimes et l'ai'gument terribb^des chiffres donna une leçon sévère h la témérité du conuuandant confédéré.

I/ass:!ut de Hood sur la gauche fédéi'ale ayant ainsi échoué, il se détermina à se retirer dans sa ligne intérieure de défens(\ T/intention de Shei'man pa-rut êd'e alors de jeter son armée sur l'extrême droite de Hood, en menaçant le chendn de Maçon et en envoyant, comuK^ eoopéi'ation à ce mouvement, une grande ex])éditior, do^ cavaleiie sur les derrières des Confédéi'és. Le général Stoneman, avec cinq raille cavaliers et le général Mac Cook, .avec quati'e mille hommes, devaient se réunir sui' le chemin de Maçon, ])rès de la station Lovejoy, détruire la voie fei'rée et ensuite attaquer et disperser la cavalerie confédérée de Wheeler. Stoneman demanda la permission de pousser jusqu'à Maçon, pour relaclier les prisonni<M's fédéraux retenus dans cette phice ; Sherman laissa cela à sa pi'o^Ji'e discrétion, dans le cas où il se sentirait assez f^'t pour effectuer un tel mouvement après la défaite éventuelle de Wheeler. Mais Stoneman n'exécuta pas les ordres qu'il avait reçus et méconnut les conditions mises à son attaque sur Maçon. Il se porta directement sur cette dernière ville, sans aller à Lovejo}', mais en essayant de retraiter, il fut entouré par les troupes du général Iverson et capturé avec mille de ses cavaliers et deux canons. Mac Cook retourna apa-ès avoir laissé cinq cents prisonniers- aux mains des Confédérés, L'ex[jédition eut ainsi pour résultat un échec décisif, mais Sherman adoucit ces termes et rapporta " (ju'elle n'avait pas réussi."

Le 28 juillet, Hood fit une tittaque partielle sur le chemin de Lickskillet, qu'il avait fait occuper par les corps d'armée de Stewart et de Lee. Le combat fut indécis et ne produisit aucun résultat sensible. Après un engagement de cinq heures, Hood se retira avec une })erte d'cnvii'on cinq cents tués et blessés.

Nous avons déjà dit que Sherman n'avait j)as assez de troupes pour investir coiinplètement la place d'Atlanta. C'était là le grand point des calculs de Johnston, mais que les autorités de Richmond méconnurent, car Sherman, réduit à ojjérer })ar la stratégie, ;iurait certainement trouvé son maître dans l'habile et froid Johnston, tandis que Hood,— officier rempli de courage, mais d'une conception militaire' des plus médiocres, — était de beaucoup son inférieur. L'armée de Sherman n'était pas assez forte pour entourer toute la place sans rendre la ligne de circonvallation trop faible, aussi ne projetait-il pas d'attaquer ses redoutables fortifications, mais son but principal était de prendre possession du

cliemiu de Mauoii, et de coiqier ainsi eiitièveiiieut Atlaula de sa base d'a[)}ivovisi()nneineiits. 11 ne siilHsait pas de eouiier les liiiiies de cliemiii de fer, i] fallait eiUDêelier leur rétablissement. Pour aecomplii' ee dessein, il était évideninient nécessaire de poster une force suffisante au sud d'Atlanta.

Pendant que Slierniau méditait un tel mouvement, Hood commettait précisément l'erreur qui permettait au piemier de remplir son but, en lui donnant l'occasion ipril attendait. . Ilood avait envoyé toute sa cavalerie dans la direction de Cliattanooga pour opéi'er sur les lignes de communication de Slierman, — mouvement des plus absurdes, puisque Slierman avait assez de provisions accumulées au sud de cette ville ]iour ne point s'inquiéter d'une rupture momentanée de sa ligne, quand il p(Uivait la rétablir plus tard ,et quand il avait déjà formé une seconde ])ase à Allatoona.

Sans perdre im instant, la cavalerie fédérale se porta sur le chemin de Maçon. 8es flancs étant ainsi entièrement protégés, Slierman suivit raj)idement le mouvement du gros de son armée. Le 31 août, Howard, ;\ l;i droite, avait atteint Jonosboro, sur le ciiemin de Maçon, à vingt milles au sud-est d'Atlanta ; Thomas, au centre, était à la station Couch, et Schofîeld, à gauche, prenait position près de la station Rough and Pi-eady, plus près encore d'Atlanta.

Ilood n'avait plus désormais d'autre alternative que de livrer bataille sur la ligne ou près de la ligne du chemin de Maçon et de décider ainsi du sort d'Atlanta. 11 aurait pu sortir de la ville par h^ nord et battre la partie de l'armée de Sherman, — le Vingtième Coi'ps, — postée dans cette direction ; mais il se serait trouvé, après cette victoire, dans un pays dépourvu de moyens de subsistance. 11 se détermina par conséquent à livrei' bataille près de Jonesboro, et les coi'ps de S. D. Lee et de Hnrdee furent lancés eu avant pour essayer de déloger l'ennemi do la position rcti'anchée C|u'il occupait i\ travers la livière Flint. L'attaque échoua et coûta à Hood plus de deux mille hommes. Dans la soirée d'.i 1er septembre, les colonnes ennemies convergèrent sur Jonesljoro. Le général Hardee, voyant son corps d'armée sur le point d'être tourné et accablé par le nombre, se relira pendant la nuit eu livrant deux combats acharnés qui lui coûtèrent huit pièces d'artillerie.

Voyant sa ligne de communication avec le sud couj)ée, et l'inutilité d'une plus longue résistance, Hood se décida cette nuit à abandonner Atlanta. 11 lit sauter les magasins })Ublics, détruisit le.s aijprovisionnements qu'il ne put emporter,— consistant en sept locomotives et quatre-vingt-un wagons remplis de munitions, — abandonna la i)lace et se l'ctira. précipitamment dans la direction de Maçon. Le lendemain, Slierman se porta au sud pour attaquer rarmôe confédérée, et s'avança jusqu'à la station Lovejoy, à deux milles au delà de Jonesboro. Il trouva Hood fortement retranché, cessa sa poursuite et entra enfin dans Atlanta.

"Atlanta est à nous, et nous l'avons gagnée de franc jeu," écrivit le général Sherman, après ces événements.

Dans 'a matinée du 2 septembre, ses troupes outrèrent dans la ville et l'heureux commandant se rendit sans pompe et sans ostentation au quartier-général qu'il avait choisi, H déclara que son arméi', exténuée i)ar une campagne ardue, avait besoiii de repos et (ju'il se proposait de séjouiner pendant (juelquc tem[)s dans Atlanta. Mais cette période d'inaction militaii'C fut employée par le général Sherman à sévii' d(' ! i manière la plus cruelle sur les non combattants restés dans la ville. Slierman était l'auteur de ce mot : '"La guerre est la cruauté, et on ne peut l'adoucir,'' sentiment inique que les publicistes du Nord regardaient comme un chef-d'teuvre de philosophie sentencieuse et élégante, tandis que ce fait de nier les améliorations et les adoucissements que la civilisation a ai)[)oi'tés aux peines des vaincus, ne fait qu'indiquer la similitude de ces mesures extrêmes avec le code sanguinaire et détestable des tribus sauvages, dont Sherman paraissait se t^iire le plagiaire. Le général fédéral commença à mettre son axiome en pi'atique en dépeujdaut Atlanta et en chassant do leurs foyers des milliers de femmes et d'enfants sans appui. Ce fut l'acte le plus cruel et le plus sauvage de la guerre ; Butler, le tyran de la Nouvelle-Orléans, n'avait l)anni que les ennemis enregistrés ; — Sherman lança un édit d'expulsion embrassant tous les lia])itants de la ville conquise, les chassant de leurs foyers et les réduisant à la condition de mendiants ol)ligés de recourir à la chai-ité })ublique pour subsister. Le général Hood )-eçut ces malheureux exilés dans ses lignes, protesta contre cette mesure infiîme et écrivit au général Sherman lui-même au sujet de ce sinistre édit. "Cela dé-

passe.

" dit le îrônéral Hood, "tousles actesdecruautésingé-

nieuse et étudiée que j'ai observés pendant cette sombre période de guerre." Mais toutes ces protestations furent inutiles. En vain le maire d'Atlanta fit remarquer au général Sheiman que toute la contrée au sud de la ville était déjà encombrée de réfugiés, qu'il n'existait pas de maisons pour abriter les malheureux exilés ; que le plus grand nombre de ceux qui s'y trouvaient déjà, avant la prise d'Atlanta, ne pouvaient ti'ouver de refuge que dans les églises, les hangars, etc. ; (pie parmi les expatriés se trouvaient un grand nombre de pauvres femmes dans un état de grossesse avancée; et que les conséquences de cette mesure seraient une soufïrance et une misère indescriptibles ; - en vain insistat-il sur foutes ces considérations d'humanité ; Sherman fut inexorable. H affecta de croire qu'Atlanta [louvait devenir aussi formidable qu'au[)aravaut en retombant dans les mains. des Coniédérés et il l'ésolut, d'après ses propres expressions, "d'en nettoyer la ville." Des vieillaids décrépits furent chassés de leurs maisons et on leur donna passage, ou plutôt on les euj})ai]ueta dans des wagons du chemin de fer au milieu des femmes et des enfants; d'autres wagons furent remplis de délu'is d'ustensiles de ménage et de vêtements, pu's le train partit et déposa son étrange cargaison à la station Ptough and Ready, et les exilés furent laissés à leurs proj)res ressources.

La chute d'Atlanta fut un terrible coup ])orté à la ConfV'dération et l'occasion (l'nii iT.(loii])lcii'i('ut d'ônei'g'io an Nord; elle fut le coup de nioi't dn "parii do la ))aix," nn nouveau o-age d'espérance pour l'ennemi et l'agrandissenient de la, ipei-spective de la subjn.g-ation. " Ce jour là,"' dit le Riclimond Examiner" "la nomination de Mac Clellan mourut avant d'ôclore, et un liéiitier naquit à la dynastie aholitioniste. La paix replia ses blanches ailes en s'enfuit .au loin, lios calculs de la durée de la guerre cessèrent d'être un aujusement des gens oisifs." Le Président Davis avait déchoé, en étant le connnandemcut à Johnston, -'que Atlanta devait être gardée à tout hasard.'" L'importance de ce point justifiait cette nu'sure, car Atlanta était le centre manufaetiu-ier le plus important de la (Confédération ; la clé du réseau de chemins de fer reliant toutes les portions des Etats du golfe ; la "Ville-Clé" du nord et de l'est au sud-ouest; le plus important dépôt d'approvisionnements et le jioint central des régions nourricières du Siul. Telle était l'innnv'nsité du résultat acquis par l'ennemi.

Cette catastropdie émut profondément le président Davis et mortitia sa vanité en démentant ras.'-crtion (ju'il avait émise tout récemment k pi'Opos d<; la. sécurité d'Atlanta aux mains du général Hood. Il se détermina à rendre visite aux lignes de l'armée du Tennessee, à combiner avec son c<;n)mandant en chef un nouveau plan de campagne qui put offrir ime com[)ensatii)n à la- })ei'te d'Atlantii, et à s'autoriser de toutes les ciiconstances possibles uour relever l'espoir et la confiance du peuple. Il est remar(|uable que toutes les visites que fit le Président aux aimées confédérées furent toujours le signal de quelque nouveau plan d'o^jérations empirique ou fantaisiste, et de discours pompeux et exaltés qui n'avaient pour lésrdtat que d'exciter la présomption de l'esprit })ublic. M. Davis ne parlait jamais d'opérations militaires sans une certaine exagération grotesque qui ne l'abandonna pas même au dernier moment de la lutte. Ce n'était chez lui ni oi'giu'il ni affectation, mais simplement la divagation d'un esprit aveuglé })ar la présomption toutes les fois qu'il discutait ce sujet de stratégie, qu'il croyait le plus conforme à son talent, quand au contraire ce fut à ce ])roi)Os qu'il montra toujours le moins d'aptitude. j\I i)a,vis, comme commandant ou comme conseiller militaire, était fail)le, fantaisiste à l'excès, et beaucoup tro}) vain. Eu se rendant aux lignes de Iloodv, il fit des discours exaltés dans plusieurs villes de la Caroline du Sud et de la Géorgie. A ilacon, il déclara qu'Atlanta serait reprise, (pie Sherman aairait bientôt à se repentir, et que ce commandant général " subirait le sort de Napoléon dans sa retraite de Moscou. " Ces assertions si exagérées et si hors de propos étaient autant d'avertissements d(mnés à l'ennemi au sujet du nouveau plan d'opérations des Confédérés. Il paraîtrait que la malheuroese vanité du }iiésident confédéré trahit complètement ■ ■- ii;'" wi^^ns ; car à piropos des événements de cite ép )qii'. le ."''mic^mI Griint éciivit : Pendant cet intervalle, Jefferson Davis prononça à Maçon

[Géorgie] un discoe.i's (|ui fut publié [)ar les jiirirnaux du Sud et qui fut bientôt connu dii tout le pays ; ce discours dévoilait les plans (h^ l'iMnioini, i'I j>errnettaif, ainsi an- (jtaérnl Hln-rman <h- les contrarier coviplèiemcnt. Il eut la présomption de suppose!' ("ju'une armée qui a,vaii" été battue et décimée en tentant vaincinent une résistance défensive [)oUi'i-ait attaque!' avec succès une a.rmée adverse l'avait si souvent déf'ai te."'

Le nouveau nuiux-ement offensif de H'iod, conseillé par le [)résident Da.vis. i';il bientôt connu de tout le i)ays. Non satisfait de sa, l'évéhition imprudente de Maçon, M. Davis, dans une adresse à l'armée, dévoila [)lus clairement encore le nouveau plan de campagne. "Soyez (m joie " dit-il en s'adressant à la division tennessienne du général Cheatham, "car vous retournerez bientôt dans vos foyers, et vos pieds tbuleront le sol du Tennessee. "

Le 24 septembre Hood inaugura son nouveau ]dan de campagne en passant derrière Sherman et en se portant sur ses lignes de communications dans la direction du Tennessee. Son premier soin fut de transférer son armée, par un mouvement de flanc, de la station Lovc^oy, sur le chemin de fer de Maçon, aux environs de Newman, sur la route de West Point. La signification de ce mouvement eut échappé à l'ennemi si le langage imprudent dont s'était servi le Président Davis à Maçon, ne lui eut donné l'éveil et ne lui eut fait suppose!' que cette marche de Hood était le commencement de son grand plan de campagne. Sherman se mit promptement sur ses gardes et il envoya les réserves dont il pouvait disposer, les wagons et l'artillerie à l'arrière, avec le général Thomas tandis (]^ue Schoiield, Newton et Corse s'emparaient de différents points à l'arrière d'Atlanta. Le 27, Hood marcha dans la direction de la rivière Chattalioochee. Le 1er Octobre, l'ennemi fit une reconnaissance du côté de Newman et découvrit que Hood avait traversé la rivière le 29 et le 30 septembre. Sherman se mit immédiatement en marche dans cette direction.

Le 5 octobre, quand l'avant garde de Hood attaquait Allatoona, le général Sherman était sur le mont Kenesaw, et informait par signaux la garnison d' Allatoona, par dessus la tête des Confédérés, de tenir jusqu'à ce qu'il vint à son aide. Hood se porta à l'ouest à marches forcées, traversa les rivières Etowahet Oostanaula et attaqua Dalton, le 12 ; cette place se rendit. Passant ensuite à ti'avers la défilé du mont Pigeon, il arriva à Lafiiyette le 15. De là, il tourna brusquement au sud et se rendit à Gadsden [ Alabaraa] où il rejoignit ses trains d'approvisionnement, et commença sa fatale marche sur Nashville.

Sherman passa quelque temps à Gaylesville en attendant qu'il fut pleinement assuré de la direction qu'avait prise l'armée de Hood. Ayant acquis la certitude que celui-ci s'avançait au nord-ouest, il abandonna brusquement la poursuite, retourna à Atlanta et organisa son armée pour une marche à travers le large Etaf de la Géorgie, d'Atlanta à l'Océan. Son calcul était simple et précis. Le général

Thonia>^, ;i Naslnillo, pomait réunir les n-oupes disséminées ' audace, mais une appréciation exacte de la situation. 0-n a dans li> département du Tennessee; Rosecrans pouvait lui dit que si Sherman avait échoué, on l'aurait considéré envover des ividoris du ]\[issouri. Toutes ces forces, jointes j comme un des plus grands "'charlatans" de l'époque, mais au (|iiatrién)e et nu \ingt-Troisiéme corps que Slu'rman en- j il ne pouvait échouer là oi'i rien ne s'opposait à son projet, vova rapidemenr. par la voie de Chattanooga, à l'aide du; S'il avait tenté un tel mouvement avec une armée confédégénéral Tliomas, pou^•aient, sans aucun doute, tenir la ré(^ devant lui ou sur ses flancs, son aventure, selon toutes ligne du Tennessee, ou, si llood Aoulait livrer bataille, se les probabilités, eut eu le même résultat que son mouve-

concentrer rapidemenr et oUi'ii' une l'ésistancc' efficace. Le départ de ces deux corps laissait Sherman à la tête de quatre autres corps d'ai-mt-e et de deux superbes divisions de cavalerie, formant un total d'environ soixante mille boni-

ment sur Vicksburg en 1SG2, — le plus granâ fuisco de foute la guerre, et que son expérience du " triangle stratégique" de 1803, autre exemple de charlatanisme et d'impuissance qui eut dû décider de sa réputation.

mes. Quand Hood poin-suivait sa campagne indécise (hins ' Le but ])rimi(if de rennemi était de garder Athxnta et la direction de Fhirence (Alabama), le général Shei-man id'en faire une base d'opérations contre l'Ouest, en laissant a\-ait toute liberté de compléter ses arrangements, et bien- | une garnison sur les points piincipaux des chemins de fer tut rien ne s'opposa à son grand projet de marche xeis la sillonnant l'Etat de la Géorgie, et de séparer ainsi la Coumer. En octobre, le général Grant, qui suiAait attentive- fédération cis-mississipienne en deux tronçons. En un mot, ment le développement du plan de " compensation de la I on voulait, dans la grande campagne de 18b"4, répéter perte d'Atlanta" imaginé par Davis et Hood, envo ya au l'expérience do la bisection de la Confédéiation accomplie général Sberman le télégrannne suivant : "Si vous aban- déjà une fois psir la prise de possession du fleuve Mississipi ;

donnez votre base, je ne crois pas que vous rencontriez l'ai'mée de Hood, mais vous serez combattu et harassé par les vieillards, les enfants et les gardes laissées poui' les lignes de chemin de fer dans la contrée que vous traversei'ez." N'ayant rien à ci'aindre de tels advei'saires, le général Sherman télégrapliia ([u'il était déterminé " à faire le sacrifice de sa ligne de communications et de tout le pays entre Chattanooga et Atlanta, y compris cette dernière ligne ; d'envoyer a l'arriére les Ijlessés et les traînards de son ai'mée, et de marcher avec ce qui lui restait d'hommes dispos, a travers la Géorgie, en broijauL luiil jusqu'à la côte."

Cette marche eut ét('^ réellement mie entreprise périlleuse s'il y avait eu une f(jrce considéralde devant Shernum ou sur ses flancs. Mais rien ne s'opposait désormais à sou projet, et il n'avait siniplement «pi'a sui\ le la voie ([ue lui avait laissé ouvei'te le plan al)sui<le de la, canjpagne Davis- Hood. Aux yeux de lout obseivateur consciencieux, il pai-aitra iidiculc de \-oir cette marche de Sherman (waltée comme \\\\ graiid exploit, <piand elle n'était, au fond, qu'une question de iaid. de milles à faire par jour. Shei'man savait ti\-^ b)( n (pH- lien ne pouvait s'opposer à son avance; que la Confédération ;i\'ait été obligée, depuis longtemps, d'appeler toutes ses troupes aux frontières, et que l'intérieur étiiit complètement dégarni ; " la Confédération n'est qu'une cocpiille d'oT'uf vide," lui avait dit le général Grant. Il siivait que la consci'iption avait enlevée tous les bras des Etats intérieurs ; qu.e le pays qu'il devait traverser n'était peuplé que de non-combattants, de femmes et d'enfants ; que ce pays abondait en approvisioimements de toutes sortes, les difîicultés de transport ayant empêché leur envoi à Ricbmond. Slienmin se proposa simplement de prendre

avantage de ces circonstances en marcliant vers la côte deij

puis on devait opérer ensuite d'Atlanta à la mer et eftéctuer encore une nouvelle séparation en cou})ant et [)assant à travers l'armée confédérée qui, croyait-on, s'o[)poserait à une marche sur la côte. En combinant avec le général Hood le mouvement a,u nord d'Atlanta, le piésident Davis ne lit (pi'é|)ai'gner à l'ennemi la jieine de délmrrasser son chemin des obstacles (|u'il craignait, et ouvrir une voie large et facile à son projet, et l'invitant, en quelque sorte, à l'exécuter sans crainte et à loisir.

Laissons ici l'historique de la marche de Sherman pour suivre la campagne errante du général Hood. Quand ce dei'uier abandonna Florence, Sherman était déjà bien loin dans l'intérieur delà Géorgie et s'avançait à grands pas sur Savamiah, — et le pays vit avec le plus profond ôtonnement ce singulier spectacle de deux armées ennemies, se tournant le dos, agissant chacune de son côté sur l'offensive s'éloignant da,vantage l'une de l'autre chaque jour, et marchant respectivement dans une direction diamétralement (q)[tosée. Rour ap[)récier t(Uite la faiblesse du jugement qui avait doiuié naissance à ce projet, il faut considérer cond)ien le mouvement des Confédérés offrait peu de com})ensati(jn, rn cas de succès, à celui de Sherman. Même en négligeant cette grande considération : que la marche de Hood laissait toute la Géorgie découverte jusqu'au littoral de l'Atlantique, où Sherman pouvait donner la main à une seconde armée ennemie, — on peut se convaincre que le plan de campagne des Confédérés n'offrait que des avautasjes insisijnifiants. Si Hood eut réussi, l'invasion du territoire du Nord n^eut pas été une compensation suffisante à celle des Etats du Sud, où tout dommage causé aux ressources matérielles était iiréparable et pouvait avoir une conséquence vitale. En outre, les Confédérés, à peine chaussés ou biibillés, devaient supporter tout le désavantage

l'Atlantique. Il n'y avait dans cette décision ni génie, ni

une marche

Vi'i's le Nord, dans la saison la plus rigou-

reuse de l'année, tandis que l'ennemi jouissait de la tem-

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

pérature ])éi)igne des latitudes méridionales. (LXXI).

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