‹ La cause perdueChapitre 69 sur 85 · CD · texte numérisé non relu

CD

Lee a cmnbattu [»enda!it neuf jours consécutifs v.pvbs le passage du Kapidan par (jranfc, et qiu>, pciuLmt ces neuf jours, elle a pei'du la nujitié de fon eliéctif en tues et bless('s et seulement treid^e prisonuuu's laissés encre tes mains des Fédéraux. Cette division était composée de Virginiens, à rcxcepîjou (run:,' seule comp;to-nie de braves cavaliers du îlarvdand. Ce >^inijde lait est à la foi:i un titre immoi'tel de gloire poiu' !;i ca\;derie virginienne, et un témoign;ige do courage et d" dr'vouement tel C[ue l'on peut rarenient trouver nu exempte dans i'iiistoire des temps héroïques.

Il est digne de "■einar(iiH; que les désasti'es de la campagne de la Vallée fuj'ent, dans une grande proportion, causés par i'extréuie inférioritéc numérique de la cavalerie confédérée, com[>arée îi celle de l'ennemi. La répartition de nos forces d'à cavalerie cm Vii-ginie forme un sujet sérieux d'étude et de criticpne. Deux bsigades de cavaleri(g au total, furent envoyées dajjs la, Vallée par le général Ijce, tandis ([ue (u'ant y expédiait deux gi'andes divisions de trois i>rigades chacune. A I'etersl)urg et à Riehmond, nos forces de caA'aierit; étaieiit supérieures a celles de l'enninni. IVais mai heureusement, la contrée aA'oisinante (et plus particulierenient le comte de Dinwiddie) ne convenait guère aux 0[>érations de cette anne, le pa.ys étant excessivement boisé et trao\'ersé par des chenûrss étroits.

d'iint avait la division, ledéi'aijî Clregg, de deux bnigades, sur son liane gauche etsm" la rive meiddionale du James, e.t quatre reginujnts, sous Kautz, sur la rive nord, pour proteuer son flanc droit. Eu fa-ce de Kautz, les Confédérés opposaient la Inigade Cary, et en face de Gregg, la division Biitler (ancienne division Hampton) formée de trois brigades, la division de ^Y. H. F. Lee, forte de deux bri-

gades, et mie brigade détachée Rosser fut par la suite envové

ioiÀo Dearing. La brigade daîrs la Vallée, mais

seule n i e n c a p rés q u e livrée.

la Ijataillc de V'^mehester eut été

(LXXIV) Le Jioiili-Diiné.çeneral Early ii )in'ulie un ctaupfc l'uinJu tie.3 iletaiiie de aa canmagoG de la Blieuuîidoah suus le titrs de "A mcrnoir of tlie Ic.rit ijear of i'i" iivyfor imhpcn'Jenrc nfihc Coiifedcrote States of Âmci icn.' Noiis'en extra j^n?; un passap.e reni.arqnable :

"On a fssnye, dans le but de tovniuler contre moi un clit'f d'uccutalion, d'éta.hUr une couiparaioon entre nia campagne dv; la Yailée et celle faite paile général Jackson dans la même région, mais une lello compaiairon n'e&t pas uectPcairc pour honoivr la mcuioiie de ce grand capitaine et elle est très injasto à mon rgaid, \v6 cireoiislances dans lesquelles les deux campagney ont cte laites étant entièrement disseutblables. J'ai eu l'honnenr de servir sous les ordres du grneral .Jackson, depuis la, lin do sa eanipagne de la V'aliee iu;;i|a'a sa Juoi'U et j"a,i la satislaciion de sa.voii- qu'il me favorisait de sa confiance, ainsi que l'a prori\e Eo;i dernier aete officie! rela1 il' a fua personne; el, ini! phis que rnoi n'atlmire son cai'actere et ne chérit sa mémoire. Ce n'est doue | -.as dans le ba.t- de diseiitrr ses luériles qu(^ je mentiionne les faits suivant-, mais }iour prouver eonilvieii toute eomparaisou entre nos deii.x; compagnes est factice : I ". Le gênerai Jackson n'avait pa.s à eomba'tre une supériorité nnniériqia; aussi f(.!te que celle de mes adversaires ; ses troupes .se com[)03aie!it des meilleurs soldais de notr' aruiee, ceux (jui s'étaient, eneagcs vniontaiieinent des le delvat de la guerre, tandis que mes divisions étaient formées de icerues et d.e conscrits, et il ne se trouvait pas dans leui's )'aiigs 1,000 hommes a^iint participé à la premiei'C campagne de la Vallée. 2o. La cavalerie du gênerai Jackson était )iresqne égale a eelie de l'ennemi comme nomijre, et beaucoup supérieure sous tous les autres rapports: Ashby valait à lui seul une aiinée. îJa cavaJerle ne comptait que le tiers de relfeetif de celle de l'eimemi, et ses armes, ses chevaux et ses équipements ne pouvaient être comparés avec le niatcriel équivalent des Fédéraux. 3o. A l'epocpie de la campagne du général Jackson, la Yailée abondait en vivres et en fourrage, et mes troupes ont toujours éprouvé les plus graiides diliicultés à trouver des vivres ; le fourrage était plus rare encore. 40. Ces faits n'ôtent absolument rien aux mérites du général Jackson, et loin do moi l'idée de chercher à obscurcir l'éclat de sa réputation si noblement ac'péne; ils montrent senlement que ji^ no dois pas être condamné pOiir n'avoir pas fait ce cnéii fit dans des cireonstances essentiellement différentes. [N du tmd)

Par .sa contiguratioii topographique, la Vallée de la Shenaudoah convenait parfaitement anx opérations de cavalerie. II eyt universclleiueat aduii.s (pTune force prépondérante de cet le aime donne d'iiDinenses avantages dans un pavs où elle peut être employée avec elHcacité; car la cavalerie p^nit subsister sni' les lignes de cunimunications d'une année eniieniie et c\iter lacilemcnt toute force d'infanterie en\o\'ée pour l'en dcloger. Dans la \"allée, où la ca\alerie [>ou\ait être enijduyée avec tant d'a\'ant;ige, hi :¥iipérioi'ité des Fédéraux dans cette arme était de six ou s-ept mille iionmies. Autoui' de Petcrsburg, ou la cavalei'lc

devait mettre pied à terre pour combattre, le nombre des soldats confédérés montés dépassait celui des Fédéraux, quoique d'un nombre insignifiant en com[)araison de la supéi-iorité fédérale de cette arme dans la Vallée. !Si cependant, cette proportion avait été, dans une certaine mesure, renversée, et cpte Ton eut cherché à égaliser autant (|ue possil)le notre force de cavalerie dans la Vallée avec celle de 8heridan, le résultat eut peut être été difféient, ou, au, njoins, il y aurait (Ui une erreur de moins commise et le» conséipu'uces de cette erreur eussent été épai'gnées.

ciiAFiTtif!; }in^]L

SIEGE DE PETEl'.SBURG ET DE RICIIMOND.-GEANDE MABCIIE DE SIIERMAN

7\.OXJ'l'-i;')ïî]e B".MR'R."K lR«-t.

On raj'iporte qn'iiu début de la campagne du Rajiidan, le géiiéi'al Sleado, discutaiii avec le général dîiaiit, lui dit(ju'il se préposait de îiiano'uvrer de telle ou telle manière, et que ce dernier l'avait arrêté au mot manœuvre en lui disant : '• 0]i I je ne riianœucre jamais.'^ Plus tard, le fameux commandant fédéral, qui méprisait tant la inanœuvre, ne put réussii', comme nous Favons dit, à détruire l'armée de Lee par son système do " harcellement continuel" ou à prendre Eielunond ni Petersburg par un coup de main. Nous verrons maintenant qu'il se décida enfin à recourir à cette ressource de "n]an(euvrei'," mais que là encore, il fut joué par lj('e, qui se montra son maître dans toutes les brandies de l'art militaire et n'en laissa à Grant aucune où il put se prévaloir d'une supériorité quelconque.

Pendant quelque temps après l'explosion de la mine, les Fédéraux ne firent aucune opération sérieuse devant Petersburg. Dans les derniers mois d'été et dans l'iiutomne, ils exécutèrent quelques manœuvres plus ou moins importantes, que nous relatons ici par oi'dre de date.

Lu 18 et 19 août, la gaucbe de Grant, sous Wari'en, réussit à occuper le cliemin de fer de Weldon après avoii' essuyé une défîtite le premier jour. Cette ligne de communication avec le Sud n'était pas d'une très gi'ande importance pour le général Lee aussi longtemps qu'il pouvait tenir le chemin de 1er de Banville, voie principales des régions productives du Sud. Cependant, plusieurs tentatives acharnées furent faites pour chasser Wanen de la position qu'il occupait sru- la voie ferrée de Weldon ; le général fédéral réussit à se maintenir et repoussa toutes les attaques, mais en perdant, comme il l'établit lui-même dans

son ra])port officiel, non moins de 'inr).") hommes tués, blessés et manquants. Pendant cette intervalle, le corps de Ifancocl'C fut amené à i'arrièi'e de la position de Wavren, avec ordre de détruire une section du chemin de irr dans la direction du Sud. Le 25 août, cette force d'expédition rencontra le corps confédéré de A. P. Hill, sous les généi-anx Wilcox, Heth et Mahone. Une attaque vigoureuse de la division Heth brisa la ligne de l'ennemi et repoussa une division fédérale formant la réserve, tandis (|ue la cavalerie du général Ilampti^n enlevait une ligne des j'etrancliemcnts ennemis. Les résultats -le la journée furent en faveur dee, Confédérés, qui prirent douze drapeaux, neuf pièces d'art dlerie, dix caissons, deux mille cent cinquante piisonnirrs et trois mille cent petites armes ; leur propre perte fut de se[it cents vingt hommes de toutes armes, tués, blessés on manquants. Néanmoins, Warren continua à. occuper le chemin de fer de Weldon ; mais à un prix extravagant, comme le témoignent les chilfres cités ci dessus, et peu en rapport avec l'importance toute secondaire de la ]iosition conquise. Dès lors, le chemin de Weldon fut occupé d'une manière permanente par rennemi, ([ui construisit luie ligne de redoute reliant sa nouvelle ])osition avec celle qu'occupait primitivement la gauche de l'armé^-, sur le chemin planchôié de Jérusalem.

Vei's la fin de septembre, l'attention publique fut de nouveau attirée sur les (qiérations fédérales au nord de la rivière James. Un mouvement exécuté sur le front de Butler eut pour résultat un désastre sérieux pour les Confédérés et, il faut le confesser, un succès réel remporté par cet inhabile général dans sa part d'opérations contre

Richmond. Dans l;i nuit du 28 sopteuiLre, Butler se porta sur la rive septenlrionale do. la rivière Jaraes avec les cor[)S d'annt'e des o-éiv'-ranx riiror^y o.i Ord^ et l'onu^îila rot.fe rivière avec l'inteiil ion d'attaf^uor li^s (l'è.s i'oi'l.s retiTincliemonip et fortifications consiruifs par les Coni'édéri'-s au-dessous de îa terme Chajn'i), et connns Si)us le nom dV; (ort Uarrison. Une ]inrli(^ des forces i]o jintler se dii'ip;ea sur 1(; chemin d." JSTewmarlce!, et ];eiidan!^([u'iin coirdiat sôi'ieux s'enga<;'eait sur ce chemin, ime colonne ennemie laisait un mouvement de flanc sni- le f(u-t TTarrison et î'éussissait à em]iovter ])ar 8ur]-iri.se celte !nr|(oi-tanie f ^rtilicatioi) ; rartiderie qui l'occupait la rendit a])i't''s une ti-ès fiil)''e rt^sistance, au mojiient même où une cidonne coidcdéi'éc arrivait au. piis de couise

pour la renl(n-ccr.

Le fort Uarrison tïtait construit siu' une énrinenco audessous do Drev.Ty's Illuli'et constituait la pi-incijialo défense de cette partie de notre lign.e. La perte de cette positiiU) et des rpijirze pièces d'artillerie qui la défendaient fut vivement resseidle par les Confédérés; les circonstances fiumiliantes qui avaient accompagné cet évéiiemcnt l'en.daient cet,:e perte encoi-e plus sensilde et il fut promptement résoin <iue l'on tenterait de ran-acîier des mains de l'ennemi. Le général Field était d'avis d'atta,q,uer immédiatement, avant que l'eiuiemi eut pu affermir sa position dans le fort, mais son opinion ne prévalut point, et il fut résolu que l'on tenterait l'assaut dans l'après-midi du len-r demain. Lesbrigados 7\ndo)-son, Brattou et Law, de la division Field, devaient attaquer do front, penda.nt que Hoke arnvei'ait dn côté opposé, où \\n ravin lui permettait de former sa ligne do bafaille à cpiatre ou cinq cents pas du fort. Un incident singulier fit échouer ce plan. Les soldats d'Audei-son furent d'abord lancés en avant, simplement pour former 1a ligne de bataille, ]nais ils ne comprirent pas les ordres de leur chef, altaquèrent iiumédiatement les fortifications, en)am])èj-ent les travaux et arrivèrent à grands cris sur l'ennemi sans qu'il fut possible d'arrêter ou de contrôler leur trop vif élan. Ce malentendu obligea les autres brigades à précijviter de même leurs mouvements, mais Hoke, attendant en vain le signal dont on était convenu pour faire nue attacpie simultanée, resta, iiumobile, et l'ennemi put concentrei- sa résistance sur les brigades du général Field, déjà épuisées par l'assaut. La brigade Law fit sa part de la tâche en emportant un redan à la gauche du fort, et en protégeant ainsi notre flanc ga.uche, iiiais l'attaque principale échoua et le résultat finnl fut l'occupation définitive, pai- -Butler, d'une j>osition t)-ès importante sur la rive septentrionale du James, — position qm" lui permettait de menacer trè.s sérieusement la capitale confédérée.

Avant de prendre définitivement ses quarfiers d'hiver, le général Grant se détej-ruina à faire une dernière et vigoureuse tentative pour relever l'état des affaires militaires et porter un autre coup à la défense de Petersburg, L'entre-

prise n'ayant eu qu'un résultat négatif, ou essaya, selon l'usace, de la l'ci^résenter comiue une simple reconnaissniu-e en force, mais il n'est aucun douie qu'elle fut une tentative réelle etcjue legi'and mouv(Mnent d'octobi'c i.S64, du généi'al (Jrairt, eut p^our but de porlor un coup décisif qrn iriflmit sur l'élection présidcidiell(^. (]o uovcndjre, é'ioignée seulement de quelqvics jours, et éli^rdrisAt le Nord par la nou\elIe d'uu.e gi'ande victoire.

Tous les préparatifs furent faits pour exécutei' le nioiivement sur une très gi-ande échelle; trois jour se passèrent à prendre les dispositions nécessaires. On envoya les blessés et les malades à l'arrièi-o avec tou.t le bag;ige siq^ei-ilu et l'ariuéc fut jdacée en ordre démarche légci'. Les Iroupes reçurent des rations pour cinq jours; eii un mot, rien n.e fut négligé pour assurer le succès de l'entrepiase. Pendant la nuit qui précéda le commencement des opérations, la plus grande partie des troupes fédérales furent l'ctirés des reti'ancliements qu'elles occupaient sur les deux làves du James, et massées à (pielque distance à l'ai'rière, prêtes à marcher au moment donné, le lendemain matin. On monta des batteries destinées à couvrir les .connmunications de Grant avec Cit}- Point, sa base d'opérations, dans le cas où les Confédérés prendraient possession des tranchées évacuées par Gra.nt, et tout fut di.sposé pour assurer le succès de l'expédition, abandonner la ligne de Pctersl)urg et prendre possession du chemin de fer de Soutliside.

Trois corps d'année fédéraux exécutèrent le mouvemi'iu", qui commença le â7 octobre, au lever du joui". La droite de la ligne retranchée des Confédérés s'appuyait sur la rive orientale du llatcher's Run ; Glraut espérait la tourner, marcher alors sur le chemin de fer de Southside et occuper cette princij)alc voie de communication du généra! Lee. Au moiuent où l'avant-garde ennennie se portait sur le cliemin planchéié de Boydton, les piquets et les éclaireurs confédérés lui disputèrent le passage et un feu assez vif s'engagea pendant toute la matinée; les Fédéraux parvinrent néanmoins à atteindre le chemin de Boydton, oii ils trouvèrent les Confédérés fortement l'ctranchés sur tous les points de la. ligne. On calcula (pr'en faisant un grand détour, les troupes fédérales pourraient prciuhc ces retranchements de flanc et repousser les Confédérés sur Petei'sl)iu'g, inais quand Hancock arriva au point ofi l'on supposait la dernière limite des travaux coidédéi'és, une l'econnaissa.nce le, coiivainquit (\ne ces travaux s'étendaient dans la, direction de 8tony Cicok à. une disfance bien plus considéra,ble qu'on ne l'avait ei'u d'aboi'd, cl; leur n,ppai-ence était si formidable qu'il jugea imprmlerrte toute tentative de h^s emportci- d'nssaui,

P(uulaiù; que Ifancock se dirigeait vers ]o poitd oii Von supposait être l'extrême limite de notre ligne <le retranchements, mte scission se fit entre sa droiti» et la gauche du Cinquième corps : les Confédéi'és s en aperçurent et se disposèrent aussitôt à en profiter. Le général Heth traversa

HLSTOmE DE LA GUESRE DES CONFEDERES

tjOÔ

le Hatcher's Rail pour attaquer l'ennemi, pendant que la; Ayant concentré ses troupes à Atlanta le 14 novenibt'e, division Mahone tombait sur la droite de ïiancok, laissée à! Shcrmau se prépara à continuer sa niarclie. en menaçant à

découvcit par la solution de continuité de la ligne fédé-

la fois Augusta et Maçon. Dans la nuit du 1-5, Atlanta fut

j-ide,— refoulait à rarrière, à une distance de plus d'un livrée aux liammes, et do cette ville infortunée qu'il avait déjà mille, la division du général Gibbon et lui faisait éprouver des pertes cruelles. D'un autre côté, la cavalerie de Ilampton tombait sur les derrières de Hancock et augmentait encore le désordre dans son corps d'armée. IMalione captura quatre cents prisonniers, trois drapeaux et six canons. L'ennemi lit ensuite un etfort pour recouvrer sa position, mais le général Mahone résista bravement ; trois fois il brisa la ligne de bataille de l'ennemi, et quand la nuit vint, elle le trouva solidement posté sur le chemin de Boydton, résistant avec succès à tous les efibrts faits par les Fédéraux

dépeuplée par son cruel édit de proscription, l'implacable commandant fédéral voulut faire le bûcher destiné à éclairer son voyage à la mer. L'œuvre incendiaire fut accora}die avec une terrible précision ; des bâtimynts couvrant une étendue de deux cents acres furent brûlés sans pitié, et en face de cette scène effrayante, quand à tous les points de l'horizon on ne pouvait distinguer c[ue flammes et fumée, les musiques des divisions fôdé.uxles jouaient l'air de ce cliant haineux " L'ame de John Brown s'avance. "' I^e lendemain, l'armée de Sherman quitta cette scène de désolation sans pareille dans les annales de la guerre civilisée.

pour occuper cette position.

..T LT n f'i^ ' r t- i 4- --11 1 î Quatre ou cinq mille bâtiments avaient été livrés aux

Trouvant les Contederes lortement retrancnes le long du ^ ^

flammes, et quatre cents maisons étaient tout ce qui restait

chemin de Boydton, ainsi que sur les deux rives du Hatcher's Run, et voyant l'inutilité d'une attaque ultérieure contre des travaux aussi formidables que ceux qui détendaient Petersburg, Grant donna l'ordre à ses troupes de se retirer dans leur position originelle, c'est-à-dire dans les retranchements devant Petersburg. Pendant la nuit, elles revinrent sur leurs pas et réoccupèrent leurs anciens camps; la tentative faite pour tourner la position des Confédérés et prendre possession du chemin de fer Soutliside ayant complètement échoué. Ainsi se termina, d'une manière que l'on pourrait qualifier de honteuse, l'anibirieux projet de Grant du mois d'octobre 1SG4.

. Mais pendant que les lignes confédéi'ées de Petersburg et de Riclimond résistaient si victorieusement aux assauts de l'ennem.i, une grande infortune accablait une autre région du Sud. Dans les derniers mois de 1S64, l'attention publique se concentra presque exclusivement sur la marche de Sliei'man à travers l'Etat de la Géorgie ; c'est sui ce gi'and événement, caractérisé* par des conséquences si fatales à la Confédération, que nous allons porter le cours de notre narration.

MAEC'HE DE SHEEMAN VEl^S LA MER.

Xous avons interrompu le récit des opérations militaires en Géorgie au moment où le général Sherman méditait sa marche à travers cet Etat, dans la direction de l'Océan. Il fit tous les préparatifs nécessaires pour l'abandon des postes militaires au sud de Dalton, et il lança de Gaylesville et de Rome les ordres relatifs au nouveau mouvement. L'œuvre de destruction commença dans cette dernière ville: mille balles de coton, deux moulins à farine, deux tannel'ies, les fonderies, les ateliers de construction, les dépôts, les magasiiis, etc., furent livrés aux flammes ; on appliqua fuissi la torche aux maisons Darticulières. et bientôt toute la ville ne fut plus qu'une immense fournaise. Toute la marche de Rome à Atlanta fut signalée par une ligne non interi-ompue de fumée et de flamme.

de cette ville naguère si florissante. Presque tous les arbres du parc et des grandes rues de la ville étaient touibés sous la liaclie ou la toix-heet les faubourgs maintenant dépouillée de ces ornements ne présantalont à l'œil liumain fpi'une solitude vaste et nue.

Les dispositions générales de la mai'che de Sherman étaient celles-ci : Howard à la tète de l'aile droite, suivrait le ciiemin de fer de la Géorgie centrale, courant au sud-est sur Maçon, Milledgeville et Savannah, tandis que Slocuîm, commandant l'aile gauche, marcherait directement à l'est, suivant le chemindefer d'Atlanta à Augusta et détruisant ia voie ferrée à mcsui'e qu'il s'avancerait. Deux colonnes de cavalerie, l'une côtoyant le flanc gauche de Slocum, l'autre le flanc droit de Howard, protégeaient la marche des deux colonnes et empêcheraient toute reconnaissance de la route suivie par l'infanterie. L'ordre fut dionné à l'armée " de fourrager h'I'cralcruriit pendant la marche."

Le voisinage immédiat d'Atlanta avait dèià été mis à contribution par le corps de Slocum pendant l'occupation d'Atlanta ; mais deux jtjurs de marche avaient amené l'armée de Sherman dans des régii)ns d'une telle abondance que l'on pouvait à peine supposer qu'il en existât de semblables dans les limites du Sud. Il y avait, nous l'avons déjà, dit, grand nombre de distiicts de la Confédération où, ea raison des difficultés de trans2:)orts, les approvisionuem.ents regorgeaient, et cette partie de la Géorgie traversée par l'année de Sherman était peut-être la plus abondamment pourvue de ces régions favorisées. Des caves entières rem]3lies de patates douces, des basses cours garnies de volailles de toutes espèces, de vastes dépôts de farine, de lard, de viande de porc oôraient des vivres à pleines mains à l'arm.ée envahissante et permettait aux soldats de varier leur ordinaire ; les viandes salées et les biscuits étaient remplacés par des provisions fraîches et abondantes. Les troupeaux cle bestiaux enlevés par l'armée devinrent bientôt si nombreux ([u'il devint trop difficile d'en prendie soin, et pendant la nuit, on le,? lâchait dans les charnus où ils dévoraient les-

LA CAUSE PEKDUE

lécoites de maïs, ouanJ on aurait -[.u les nov.rrir avec les ! ravas'é et couvert des débris des voies ferrées détruites, immenses dépôts do maïs et d'avuiue déjà réccllés et inis|Sherraan avait tout dépouillé et Icdssô à chaque étape de en cellier. ! sa marche une cruelle démonstration de la manière dont il

■ Bîiermau continua à s'avancer dcins la direcntio d'Augusta, 'comprenait la gueirc moderne; ses troupes av;iient jileine détruisant le chemin de fer à mesui-e qu'il s'avançait, ' permission de suivre toutes les inspirations que leur cruanté jusqu'à son arrivée à Madison. Cette ville tiorissante de: et leur esprit de destruction leur suggéraient. Un cori'esdeux milles âmes fut mise à sac. les magasins livrés an ^pondant d'un journal du Nord^ voj-ageant avec l'armée. pillage et, avec la LarLarie inutile qui les caractérisaient, relate ainsi sq^ /jrouesses honteuses et ses actes d'une lâche 3es soldats de Sherman dépouillèrent les habitants de leurs violence : " Prendre les dernières volailles d'une basse-cour, meubles, les dôtruisii'cnt et en jetèrent les débris dans les la dernière livre de farine, le dernier morceau de hird d'une rues. De Madison, fSlocum tourna brusquement an sud et - pauvre famille, s'empai'cr de l'unique vache nui souvent s'avança sur Milledgeville ; le 21 novembre, il entra dans était le seul soutien d'une vieille femme et de nombreux cette cité, la capitale de la Géorgie. Pendant ce temps, lai enfants, — étaient autant d'actes que les soldats considécolonue de Hov\'ard. i)rotée;ée nar la cavalerie volante de ' raient cumme léi^iîimes et iustes. Selon eux, tout était de Kilpatrick, faisait des dc'^nu'mstrations sur i\I;vcon, ti^aversait ; bonne jirise, la vaisselle en terre, les couvertures, inatelas, h\ l'ivière Ocmudgee et se portait à son Iotu- su.r Milledge- vêtements. Quant à l'argenterie, au.x bijoux, au.x m.;aitres, ville; les deux colonnes de Sherman opérèrent ainsi leur ; c'étaient là autant d'obj-ts qui ne devaient pas rester entre concentration dans la ca})itale de la Géoi-gie, après avoir Ides niains rebelles. Des })iîîards cm.plissaient leurs poches menacé à la fois iiuo-usta et Maçon, et tronn.é les C(.>nfé- Ule l'or et de l'argent touvés dans les demeures narticulières;

dérés sur leur destination véritable.

Une partie de la colonne de Howard avait été laissée à G-risv>-oldsvil!e, à dix milles à Test de IvEacon. dans le seul but de faii'e quelques démonstrations. Elle fut attaquée par une foi'cc de milice confédérée, venant de Maçon, mais l'artillerie ennemie repoussa les agresseurs en leur faisant stjbir une perte considérable. Cet enca^'ement, si insiunifiant qu'il fut, peut néanmoins être considéré comme le plus important de la campagne de Sherman, depuis Atlanta jusqu'à l'Océan.

d'autres courbaient sdîis le faix de i'arirenterie volée, et des meubles lins enlevés ; les chevaux et mulets de l'armée chargés des' liehes ta[iis de Druxelles et des ornements do salon : des négresses habillées de satin et de soie, couvertes des diamants de leurs maîtresses ; des ofîiciers fédéraux eux-mêmes portant aux do-igts des bagues étincclajites ayant la même origine et des bijoux à tenter les pi'emiers ioaillers de New- York, — tous ces détails donnaient une couleur caractéristique à ces scènes de pillages. En un clin d'œil, les soldats arrivaient daîis l'habitation d'un planteur

et l'envahissaient comijlètement : boites, malles, tiroirs. Après s'être reposé suffisamment a Milledgeville, ^her- ^^^^-^^.^^ .,^^^^ ^-^-^ ^,,^^..^, ^^.^ ^^^ ^^,^ ^^^^^ ^,^ ^^^;^

man se remit en marche veis l'est; la cavalerie d(

le Kilpa

trick continuant à opérer <laus la direction d'Augiista et s'avançant aussi loin fine Yravnesboro, dans le but de faire

contenus soigneusement fouillés. Si les dépouilles étaient

amples, les déprédateurs se retiraient satisfaits, si non, ils

détruisaient et brisaient tout, ustensiles, meubles, et le

croire aux Confédérés que le mouvement de Sherman avait jp,^p,}étaire de la maison était ^ommé, baïonnette' sur la

Augusta pour ol;>jectif. Les forces concentrées daiis cette 'poitrine, de désigner l'endroit où*il avait enfoui ses trésors.

. dernière ville se composaient alors d'un corps de milice j gq] s'échappait de sa maison et se cachait dans un buisson

confédérée, de doux ou trois régiments de la Caroline du | voisin, cela était considéié comme une preuve évidente et

Sud et d'une portion de la cavalerie de Hampton, envoyée sans appel que le fugitif était un rebelle incorrigible, et le

en remonte à Augusta. Même dans le cas où le mouvement réel de l'armée de Sherman eut été connu, cette force confédérée n'eut pu opposer aucune résistance sérieuse à la pression du gros de l'armée ennemie, aussi longtenjps qi;e

plus souvent quehpne ruftlan, zélé unioniste, anxieux de débarrasser la terre de ces vijières, lui envoyait une dose de ploml) qui guérissait à jamais le coupable do ses tendances sécessionistes. On vidait les barils de mélasse, on dis[)ersait

l'aile gauche de cette dernière am-ait été jetée en avant pour j les lûches et les abeilles s'enfuyaient aux quatre airs du déblayer la voie, et dispei'ser tout détach(,'ment confédéré j vent ; j'a.i vu un soldat frapper un planteur ])arce qu'une qui tenterait de barrer le ciiemin à Sherman. Pendant que ule ces abeilles, ainsi délogée, l'avait ])iqué. Si la maison Kilpatrick faisait ses furieuses démonstj'ations contre At- 1 envadiie était déserte, on détruisadt le mobilier à la j>ointe lanta. Sherman marchait rapidem.ent sur Milieu, ou il an-iva ] de la baïonnette, on brisait les glaces en mille morceaux et le 2 décembre. | on enlevait les riclies tapis pour en emidir les wagons du

Le commandant fédéral avait donc p'énétré à travers la.ti'ain. Une lois le sac de la maison terminé, l'un ou l'autre plus riche portion de la Géorgie et l'avait complètement 't^*-'? vagabonds se sentait l'envio de se réchanlïer et il s'enrdéva£tée ;.: il se trouvait désormais, dans cette région de ' pi^'^ssait d'ajq)liquer la torclie à l'édillco, maison, débris de foTêtS de pins cpd s'abaisse en pente vers la mer. L'étendue j mobiliers, etc., tout devenait la proie des fiammes. Telle fut de cent milles qu'il avait parcourite n'étai plus qu'tm pavs!^'!- manière dont l'armée de Sherman se conduisit en Géorgie."

HISTOIRE DE LA GUERSl

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