‹ La cause perdueChapitre 70 sur 85 · DES · texte numérisé non relu

DES

yyo

Toutes ces cruautés fiirent considérées par les écrivains du Nord comme un glorieux mémorial de hauts faits d'armes. ]\Iais le jour viendra où le Iiéi-os de cette sombre histoire, l'homme qui l'eçoit aujourd'hiii les a^iplaudissements d'une tourbe féroce et lâche, verra s'amasser sur sou nom l'exécration de toute l'humanité civilisée. La facilité a-vec laquelle il accomplit sa "grande marche" ne prouve chez lui aucun talent, aucun éclair de génie qui

puisse illuminer son expédition et atténuer Tinfamie dont il s'est couvert. Il était bien évident, et il le savait, que rien ne pouvait s'opposer à son passage, que quelques levées improvisées de troupes régulières et des rassemblements inorganisés de milices locales. On se sent pris d'um sentiment de tristesse en regardant la carte de cette région de marais "'et de buissons et en considéi-ant qu'il n'existait sur aucun i^oint de la nnirclie des Fédéraux, aucun cliamp où une dizaine de mille hommes auraient pu se déployer en bataille, montrer comment une petite armée confédérée, placée entre Slierman et la. mer, eui pu disputer la marche du commandant fédéral, le harasser à chafpre défilé et le forcer à rentrer dans ses ligp.es avec une perte considérable. Mais u.ne telle force n'existait pas: les Confédérés n'avaient plus, comme aux premiers jours de la guerre, ces rudes partisans toujours prêts au combat; les levées des troupes régulières ne purent faire leur concentration en force sur un point quelconque de l'Etat; Hardee n'ayant Rous ses ordres cpie dix mille hommes, restait pour couvrir Savannah; les détachements de niilice et la cavaderie de Yv^hecler étaient trop faibles pour inquiéter la marche de Sherman et paraissaient plutôt le provoqtier à ava,ncer que rijettre obstacle à ses mouvements, et la conséquence de tous ces éléments contraires fut que Sheiinan ne rencontra, pour toute opposition, que quelques faibles escarmoucfies, qui n'eurent aucun résultat décisif pour l'un on l'autre adversaire.

Le 2 décembre, l'armée de Slierman pivota sur Millen. abandonna la direction qu'elle avait suivie jusque là, de l'ouest à l-'est, et se disijosa en six colonnes parallèles qui prirent autant de chemins différents convergeant snr Savaunali. A environ dix milles de cette ville, son aile ganclie côtoya le chemin de fer de Charleston, et pour la première fois, quiclques tirailleurs confédérés hrent leur apparition et indiquèrent la présence de l'arnvée de Hardee. L'aile droite do Sherinan fut lancée en avant: son armée s'a])nrocha irradnellement de la ville convoitée, et le 10 déceralire, elle se trouvait rangée en ligne de liataille, en face des travaux e?rtérieurs construits à. une distance de cinq milles de Li ville. La première tâche de Sheunan fut d'entrer en corn

Le fort Mac Allister était une grande enceinte entourée de larges parapets, de fossés profonds et de palissades en planches étroitement iointes. Il était arnié de vin''-t et un canons de différents calibres, tous montés en barbette. Déjà il avait résisté avec succès à deux ou trois bond;-ardements des navires blindés ennemis, mais il parait que le général Hardee n'avait pas prévu la possibilité dl'uue attaque par terre et qu'il avait né^'li^ié de renforcer la ^-arnison. Iséanmoins, le commandant confédéré ne pouvait contrebalancer la promptitude de décision de Slierman, qui, au lieu de construire des retranchements et des fossés à tirailleurs, résolut de prendre le fort d'assaut. Une division entière fut chargée de cette attaqtie, qui devait avoir lieu dans la nuit du 30 décembre. Le fort était commandé par le major Andersen, et sa ■2'arnison, au moment de l'attaque, ne comptait pas plus de deux cents hommes. Les canons étant montés en barb'ettc, les servants se trouvaient entièrement exposés- au tir des éclaireui's ennemi>, et quand la colonne dl'assaut, formée de la division du général Haz;en, s'avança sur le foi't, l'artillerie des assiégés ne put lui opposer qu'une faible résistance. Les Fédéraux arrivèrent aisément sur les parapets, mais la petite garnison confédéîé-e, quoiqtte accaJ.dée par la disproportion .effrfiyante du nombre, résista jusqu'au dernier sourfie ; la plus grande partie des hommes qui la composaient refusèrent quartier et furent tués à letirs postes. Le capitaine Clincli, commandant l'artillei-ie, refusa de se rendre, et combattit jusqu'au moment où trois coups de sabre et deux balles retendirent sanadant et évanoui aux pieds des vainqueurs.

Quand Slierman vit le drapeau fédéral élevé au dessus du fort Slac Allister, il s'empressa de télégraphier à "Washington : " Je regarde ht ville de Savannah comme déjà G;ao-née." La prise de possession du fort lui ouvrait le détroit d'Ossabaw, le mettait en. conrmunication avec la flotte de Daidgren et faisait virtuellement, en eflet, de la capture d'Atlanta, — où Hardee paraissait enfermé a.vec ses dix oti douze mille liommes, — une question de temps. Mais Slierman espérait, en prenant la ville, prendre également toute l'armée de Hardee, et toutes les dispositions furent prises pour couvrir les voies par lesquelles elle aui-ait pu s'échapper. L'arnu^e de Sherman s'élargit de Savannah à la rivière Ogeechee, pendant que les troupes de Foster couvivaient le chemii'i de fer de Cliarleston. Sherman proieta éûfalemenf de placer imc division pour coopérer, avec Foster, par lechemin de la rivière Broad ; mais pendant que le mouvennent de flanc de Sherman était en voie d'exécudion, Hardee le devina, et la nuiit même suivant la demande de red-

munieation avec la ilotte de Lahlgren, mouillée dans le ^'^i^t sur la rive carolinienne <lu Savannah

dition de la ville, les Confédérés l'évacuèrent et se réfuoiè-

détroit d'Ossaljaw ; pour l'accomplir, il fallait capturer le fort Mac Allister construit à l'embouchure de l'Ogeechee, rivière rpii se jette dans l'Océan à quiolqucs milles au sud de Savannah. Sherman résolut de tenter l'aventure-.

Cette évacuation fut une surprise complète pour le général Sliei-man. Dans la nuit du ;2S décembre, Hardee, ouvrit un bombardement très vif et fit une consommation illimitée de projectiles, puis il embarqua sa garnison sur

des radeaux et des vapeurs, et les envoya sur la rive orientale de la rivière Savaanah, dans la Caroline du Sud. La mut était sombre, et un vent très violent couvrait les bruits des défilés des wagons et de la rnarelie des troupes. Le lendemain matin, au lever du jour, l'attention de l'ennemi fut enfm attirée par un bruit étrange, et ses piquets s'avancèrent jusqu'à l'extrême gauche de la ligne. Ne rencontrant aucune opposition, ils poussèrent plus loin encore, enjambèrent les abattis, traversèrent les digues et les fossés creusés devant la place, et escaladèrent la première lione de retranchements, qu'ils trouvèrent abandonnée. Tous les magasins d'approvisionnements et le matériel que Hardee n'avait pu emporter, étaient détruits depuis la décision de l'évacuation ; le conmrandant confédéré avait en outre brûlé le chantier maritime et coulé deux na\'ires blindés, miais le reste de la ville tomba entre les mains de l'ennemi sans dommage aucun.

Slierman annonça son succès par une dépêche cai'rctéristique. Il écrivit au président Lincoln : '•' Je demande la permission de vous présenter, comme cadeau de Nocl, la ville de Savaunah, avec cent cinquante pièces de siège, grand nombre de munitions et environ cent vingt cinq raille balles de coton. " Ainsi finit l'histoire de la marche d'Atlanta à la mer. Dans le rappoi't c^fiiciel de ses opérations, le général Sherman écrivit : '• Xous avons consommé ou pris pour notre usage le mais et h fourrage de toute la partie du pays s'é tendant à une distance de trente milles de chaque côiô d'Atlanta et de Savannah, ainsi que toutes les patates douces, les bestiaux, porcs, moutons et volailles, et nous avons emmené plus de dix mille chevaux et mulets, ainsi qu'iHi chiffre innombrable d'esclaves. J'estime le dommage causé à l'Etat de la Géoroie et à ses ressources militaires à cent millions de dollars : au moins vingt millions des quels nous profitent immédiatement ; le reste n'est simjyJoucnt que débris d destruction. "

Le Nord montra sa manière toute caractéristique d'abuser du mot '"grandeur" en décorant la " nrarche de Sherman, des montagnes géorgiennes à la mer," comme le plus grand exploit militaire des temps modernes. Cette appellation convenait à l'idée que ce peuple a de la grandeur véritable. La marche de Sherman fut " la Grande Marche, " comme

incident qui dénote une étincelle de génie, une parcelle de mérite, ou de voir dans le caractère du co umandant fédéral rien qui [)uisse lui valoir la qualification trop libéralementdonnée de héros. Où rien ne peut s'opposer à l'aceomplissement d'un projet quelconque, on ne peut i)as considérer connue merveilleux et glorieux un succès si facilement acheté. Tel était ici le cas ; la seule ditïiculté était simplement une distance de tant de milles à parcourir sans encombre. A partir du moment où Sherman quitta Gayîesville, jusqu'au jour où il arriva devant Savannah, jamais il ne rencontra un millier d'hommes pour lui contester le passage; jamais plus d'un ou deux faibles pelotons de cavalerie ne menacèrent son an ière -garde ; jamais il n'eut à souffrir de laim, car la contrée qu'il traversait était si abondamment pourvue de vivres, que son propre commissariat lui devenait presque inutile; et Sherman lui-môme télégraphiait à Washington: "'Notre marche est des plus ao-réables : " "notre marche est une partie déplaisir." Et cependant, c'est cette même promenade agréable que le Nord élève au rang du ■' plus grand exploit militaire des temps modernes," qu'il compare à la marche de Kapoîéon sur Moscou et à d'autres grandes invasions de l'histoire^ et dont il élève l'homme C|ui l'a conçue et exécutée à la dignité de héros. Sherman est un exemple frappant de la réputation que le Nord consacre avec tant de libéralité die/ les charla- ^ tans intrépides qui sont eux-mêmes leurs premiers panégyristes. Il avait, — en faisant abstraction de ses actes militaires, diversement appréciés, — toutes les qualités nécessaires pour s'attirer la popularité ; ses dépêches ofiicielles abondaient en phrases ridiculeuîent redondantes et ampoulées ; son style était celui d'un orateur de carrefour, et, pour cette raison, il ne manquait jamais d'exciter les applaudissonents frénétiques de la populace nordiste. Le rôle de l'histoire est de ramener à un juste niveau ces réputations si facilement consacrées par une Dresse et un peuple égarés par la passion. Ce même Sheriuan qui, aujourd'iiui, est l'iiomme que les journaux du Nord re'^'-ardent comme le héros de la guerre et l'illustration militaire de notre époque, ne sera plus dem.ain que le cruel envahisseur qui a dépeuplé et brûlé Atlanta, inauguré un nouveau code de barbarie soldatesque, "marché," — et rien de

toutes les choses admirées par le Nord deviennent de I plus, — à travers la Géorgie, acquis une si triste notoriété "grandes choses," ses troupes "la Grande Armée." Mais et parvenu, malgré la médiocrité de ses capacités, à conil était difiicile à l'historien consciencieux de trouver, dans quérir, dans l'esprit public, une phice qe-e l'iiistoiro ne cette marche facile de Sherman à travers la Géorgie, un confirmera pas.

(■iiAiTniK xxxvm.

ECHANGE ET TRAITEMENT DES PETSONNTEIIS CONPi^lDEIlES ET EEDEKAUX,

EArrOJlTS DES CO^IITËS.

L'échange des [irisoiiiiiers pris pendant la guerre, la manière dont ils ont été traités dans leurs lieux respectifs de réclusion, au Nord et au Sud, et les incidents du cai'tel (réchange, constituent un sujet si important et si intéressant que l'on doit faire de son étude l'objet di'un chapitre spécial. La bonne renommée des Confédérés et la l'éputation contraire que s'est acquise l'ennemi déjiendent, dans une grande proportion, de leur conduite respective relativement à cette im[)ortante question, et il est digne de remarque c[u'aucun sujet de discorde ne contribua davantage à exciter un sentiment d'animosité et d'jimertuune entre le })euple du Nord et celui du Sud, que les réciiminations à propos des cartels d'échange et les actes de cruauté envers les prisonniers de guerre dont s'accusaient mutuellement les deux adversaires. L'exposition des faits que uuus allons donner est un simple l'écii des événements relatifs à cette question })enda.ut toute la péiiode de- la guerre ; elle assure ainsi l'authenticité des faits rapportés et combine ces documents dans une narration compacte, de manière à soumettre au lecteur une appréciation complète et une stiictc analyse de l'ensendde de la question.

Au commencement de la guerre, quand ou s'attendait à une prompte décision et à une cessation prochaine des hostilités, on tint peu de compte des prisonniers capturés de l'un et de l'auti'e côté ; un temps assez considérable se passa avant que l'on se décida, à Washington, à dresser une liste des captures; et après la ju'cmière bataille considérable de la guerre, celle de Manassas, en 1861, il fut proposé au Congrès provisoire de flichmond, par Mi'. Boyce, de la Caroline du Sud, de renvoyer les piisonniers fédéraux pris dans cette bataille sans aucune formalité. La chute du fort Donelson, cependant^ parut avoir développé pour la première fois la

valeur et l'importance de la question d'échange, et ce même événement donna au gouvernement de AVasldngton l'occasion de se signaler par un acte de perfidie remai-(puible.

Avant la pi'ise de la g.'irnison de Donelson, le général Word nu nom du gouverneurent fédéral, avait déclaré, dans une lettre datée du 13 février 18G2 " qu'il était revêtu (Je 2)Jt'hh'< [louvoirs au sujet des arrangements à faire })0ur l'échange des prisonniers " et il avait provoqué une conférence dans ce but. Le général Llowell Cobb, du côté de la Confédôi'ation, fut désigné pour entrer en négociation avec le général Wool et les deux oiHciers s'arrêtèrent à un cartel eu vertu daqu(d les piisonnieis piis de chaque côté seraient relâchés sur parole dans les dix joui's suivant leur capture, et renvoyés aux frontières de leurs pays respectifs. Le seul point important de désaccord entre les deux contractants était la. clause re(}uérant chaque partie de payer les dépenses des prisonniers jusqu'à la frontiè]-e ennemie ; le général Wool promit d'en référer à son gouvernement. Dans une seconde entrevue, qui eut lieu le 1er mars, le général AVool déclar.i,, que son gouvernement ne consentait pas à défrayer ces dites dépenses ; le général Cobb céda promptemcnt à ces exigences, écai'ta du traité d'échange toutes les clauses qui dé- [>laisaieut au représentant du gouvernement fédéral et acquiesça })leinement au cartel })roposé par Wool lui môine dans sa lettre du 13 féviier. La dessus le général AYool se contenta d'informer le général Cobb " ({ue son gouvernement avait modifié ses instructions " et il rompit bi'iisquement toutes négociations. Le motif de cet acte de mauvaise foi et de déshonneur de l'ennemi était que dans l'intervalle des négociations, le fort Donelson avait succombé et quelques milliers de Confédérés avaient été pris ; cette capture changeait la face des affaires et donnait aux Fédéraux un sur-

plus de prisonniers qui, au lieu d'être relâehés sur parole, furent envoyés dans l'intérieur et incarcérés, ajuès avoir suLi d'indiiîiiLs outraires.

Dans la seconde aimée de la. guerre, il }• eut nue cunwntion l'oinielle failo entre les deux })arlics au sujet des prisonniers de guerre et le cartel suivant fut respectivement signé et mis à exécution par les deux gouvernements. Un tel document est digne de la pins sérieuse attention du lecteur ; en voici le texte com^det :

]Ia.\ai.i>'s Lam>i\(i, rivière Juuics. 'J2 juillet J 602.

Les oO'i^sigiK."y, a\'uiiL e(e cuiiiiiiissiuiinés i);ir^les autorites (jn'ils lepresentent re8i>eetivetuent j)our l'uiie le.-i an'an^cmciits relatil'j à im cehaiige général des prisoniiiens, ont aeeepte led articles suivants :

Articlk I. Il est. par Ks jnesontes, eonvena et stipule que tous les ju'i- .«onniers de guerre tenus par les deux parties, y eonipris ceu.N. capturés sur des i:avires armés par des piu'iieuiiers, connus sous le nom de corsaires (privutccrs) seront eelianges aux eondilionset tei'nies suivants: • Les prisonniers scr(.int eeliangcs honiuie pour honuue et oliieic" pour oiîicier ; les marins des navires aimes poui- la course seront places sur le rang d'officiers et matelots de la marine.

T-es hommes et les olliciers de grades inférieurs peuvent être cclianges pour des ofliciei's de plus haut grade, et les honmies et les ollicici's de toutes les armes du service peuvent être également éeliaiiges suivant l'echidle d'équivalents ci-dessous :

Un général commandant on chef, ou un amiral, sera échangé pour un ofticier de rang égal ou pjour soixante soldats ou marins non grades.

Un commandant d'escadre, ou un major-general, sera échangé pour un officier de rang égal, ou pour quarante soldats ou mai'ins non gradés.

Un Commodore portant le ]ia\-i!Ion de commandant d'escadre, ou un hrigadier-generai, sera échangé pour un otiicier de rang égal, ou pour vingt soldat.- ou marins non gradés.

Un capitaine de marine, ou un colonel, sera échange pour un ollicier de rang égal, ou pour quinze soldats ou marins non grades.

Un lieutenant-colonel, on commandant de la marine, sera échangé pour un oiîicier de rang égal, ou pour dix soldats ou maiins non gradés

Un lieutenant-commandant ou un major, seia échangé pour un officier de rang égal, ou pour huit soldats on marins non gradés.

Un lieutenant, ou maître [uicstcr) de la marine, ou un capitaine de l'armée 0.1 de solilats do marine, sera échangé pour un ollicier de rang égal, ou pour six soldats ou marins non gradés.

Un assistant-maître de marine, ou un lieutenant de l'armée, sera échange pour un otticier de rang égal, ou pour quatre soldats ou marins non gradés

Les as])irants de marine, les ofitciers de rang inférieur reconnus par le département de la marine, les capitaines de navires marchands ou les commandanls de corsaires, seront échangés pour des officier;*; d'ini rang égal, ou poiu' trois soldats ou marins non gradés ; les capitaines en second, les lieutenants ou assistants do navires marchands on de corsaires, les sous-officiers de la marine et les officiers non commissionnés, seront échangés pour des officiers d'un rang égal, ou pour deux soldats ou deux marins non gradés, et les .soldats ou marins no3 gradés seront échanges l'un pour l'autre, homme pour homme.

Artici,?: il Les grades de milice locale, d'Etat on civile, portes par des personnes n'étant pas dans le service militaire actuel, ne seront pas reconnus ; la ba,se de l'échange sera le grade occupé dans le service maritime ou militaire des deux parties contractantes.

Article III. Hi des citoyens détenus par l'une ou l'autre partie, sous accusation de déloyauté, pour toute offense civile, sont échanges, ils h seront seulement pour d'autres citoyens. Les cantiniers, conducteurs de wagons, ou individus au service actuel de l'une et l'autre partie qui seront eai:turts, seront éeliangés pour des personnes d'une position similaire.

ARïnr.E IV. 'l'ous les prisonniers de guerre seront libérés sur j)urole dix jours après leur capture, et les prisonniers aujourd'hui en réclusion,

idn,-i que ceux qui seront pris dorénavant seront transportés aux points nnilnelldiient convenus, aux frais de celle des parties contractantes qui les ,uu a capturés. Le surplus des prisonniers, non échangés, ne pourra prendre les armes, ni servir dans la police militaire ou dans le service de garnison de forts, ou refranehemenls de campagne tenus par l'une des deux parties con- U'actanti ^^. ni comme garde de prisonniers, de dépôts, de inagasln^j militaires, ni dans l'accomplissement de toute autre corvée habituellement exécutée [)ar des soldats, jusiiu'à leur échange sous les coudilions du jirésent cartel. L'ech:u:ge ne i'cv.i considère conune complet ([ue lorsque l'olh-.ier ou le soldat échange sera retourné dans les lignes auxquelles il aj'paiteut.

Aiixier.io V. Chacune des parties contractantes, aussitôt liljcration des prt-onniers faite par l'autre partie, est autorisée à relever un nombre égal de ses pro[)rcs olliciers ou soldats de leur pirole, en fournissant à l'autre partie une liste des ]>risomiiers ainsi lilicres, et de ses proi)res officiers et soldats relevés de leur parole ; cette clause })ermettant ainsi à chacune des parties contractantes d'affranchir de leur parole tels officiers ou soldats que la dite partie pourra choisir. Les listes ainsi fournies mutuellement aviseront les deux contractant-j de la véritable condition de l'échange des prisonniers.

Ar/ncLi.; \'l Les stipulations et clauses mentionnées ci-dessus consti-

lueront--commc conditions d'oldigations mutuelles jicndant la continuation

de la guerre, et sans égard au surplus de prisonniers (jue pourrait présenter

l'une ou l'anlro partie, les grands principes qu'ils entraînent, savoir : lo. Un

echang: ùiuitable de prisonniers, soldat pour soldat, officier pour officier,

ou officiers do hauts grades échangés pour olficiers de grades inférieurs ou

pour soldats ou marins non gradés, suivant l'échelle des équivalents. 2o. Tous

soldats ou officiers et so'dals des différentes armes du service peuvent être

échange; d'a])rcs la même échelle des équivalents. 3o. Tout prisonnier,

d'une arme quelconque, doit être échange ou libéré sur parole dans les dix

jours (pli suivront la date de sa capture, s'il est possiljle, pendant ce laps de

temps, de le iranspoi ter dans ses propres lignes; ou si ce temps ne suffit

pas, au-sitot (pie faire se pourra, -lo. Aucun officier, soldat ou employé du

service d'une d .'s parties contractantes ne sera considère connue échangé et

relevé de sa parole que lorsque son équivalent .sera rentré dans les lignes de

son parti. 5o. Que la parole exclut tout service de campagne, de garnison,

de police ou de garde.

JOHN A. DIX, major-général,

i). IL IIILL, niajor-genéral, Armée des Etats Confédérés.

A RTI Cl .ES S U PFLEM ENT AIRES.

Artiolk vil Tous les prisonniers de guerre aujourd'hui détenus par l'une ou l'autre partie contractante, et tous ceux rjui seront pris parla suite, seront envoyés, avec toute la diligence possible, au port de A. AL Aiken, au-dessous de Dutch Gap, sur la rivière James, en Virginie, ou à Vichsburg sur le fleuve Mississipi, dans l'Etat de Missis-iipi, où ils seront échangés ou libérés sur parole aussit(')t qu'un tel échange pourra être effectué ; — notice ayant été préalablement donné par chaque partie du nombre de prisonniers envoyés et du jour où les dits prisonniers arriveront aux points respectifs d'échange. Dans le cas où les péripéties de la guerre changeraient les relations militaires des places ci-dessus désignées pour l'échange des prisonniers entre les parties contractantes, de manière à les rendre impropres à cette libération eu échange de prisonniers, d'autres places, otb-ant autant que possible les mêmes avantages pour les communications avec les lignes militaires des dites parties, leur seront substituées, en vertu d'un consentement mutuel. Mais par le présent article, rien n'empêche les commandants de deux armées opposées d'échanger des prisonniers ou de les relâcher sur parole, sur des points convenus mutuellement entre les dits commandants.

Article VI IL Dans le but de faciliter l'exécution des dispositions ainsi consenties, chaque [jartie désignera deux agents qui auront le titre " d'agent-s pour l'échange (ks prisonniers de guerre," et dont le devoir sera de communiquer nmtuellement, par correspondance ou tout autre moyen ; de préparer les listes des prisonniers ; d'assister à la remise des dits prisonniers aux lieux d'échange convenus, et d'exécuter promptement, efficacement et de bonne foi tous les détails (t les clauses des dits articles acceptés.

Article IX. Dans le cas oi'i un malentendu s'élèverait par rapport à

HISTOIRE DE LA GUERRE DES CONFÉDÉRÉS

une rlauso ou une 8tii)ulatiou quelconque des articles pl■écéd3nt^^, il e.^t j coniiuc agent fédéral d'échanges, une lettre dans laquelle il convenu, de conimiin accord, qu'un tel malentendu n'interrompra, pas !•> j employa un langage vigouveux et ferme, en téuioiguaut de libération des prisonniers sur parole, connue elle est spécifié ci-dessus, mais ^ j^ i,,^.,-^,^t6 de sa conduite et de Ccllc de SOU gOUvernenicnt. fiu'il sera débattu par une explication amicale, de manière à ce que 1'"^'-'^^- J ■ , , , • '" 4.^ r

qu n sera ueoauu i;,u u i ... " îlauitenant (lue votre connexion avec cette uuetslion

culioii de kl présente convention ne soit m arrêtée m ajournée.

JOHN A. DIX, major-general.

D. H. HILL, major-général, Armée des Etats Confédérés

d'éclianges est sur le point de toucher à sa lin," écrivit M. Ould au lieutenant-colonel Ludlow, ''je viens vous dire en face de Dieu, — et j'en a})[ielle à Lui pour la vérité de M. Robert Onld fut nommé par la Confédération son ^^^^^^ déclaration, -qu'il ne s'e.^t pas passé un seul moment, agent, pour l'échange des prisonniers. M. Ould ^^vait, au j^^^^^^^j^ j^, j ^^j, ^^i- i^^^^^^ ,^^.^^i^^ ^^. ^^^1^ ^^^^ rapports relativesuprême degré, toutes les qualités nécessaires de cet (i^^- \,,,^,,i ^, ]., ,^,,,,^t\^,, d'échanges, jusqu'à la présente hem'e, ploi. On le comptait ])armi les jurisconsultes l'^^^ l'l'^« , pendant lequel il n'y eût pas eu une violation ouverte et consommés du pays ; sa vlgT)ureuse intelligence était jus'te- ^^^^^^^^^^ ^|^^ ^,^j.t,q p.^, ,.,-,5 autorités. Des centaines d'olliment appréciée dans la Confédération, ainsi que ses liantes ^^j^^.^ ^^ ^^^^^ soldats ont été, pendant votre administration, qualités morales, ses manières dignes et élevées et «<>'i ; conlinés dans des soml.res prisons cruelles, quelquefois aux honorabilité sans tache. La liste des services qu'il a rendus .^^^^., ^^j. .^^^ cachot, sans accusation ou jugement. Aujouid-hni

à la cause de l'humanité et de la vérité, est l'état de services

mcore, ils sont sous les vernuix, à moins que Dieu, dans i miséricorde, ne les ait délivrés de leurs fers. Au moment

le plus pur de tous ceux des fonctionnaires des bureaux j^^.

publics et des emplois secrets de l'administration coniedé- 1 ^^ ,^ ^,^^^^^ ^^^^ ^^^^^ ^^ ^^ ^,^,^^^ d'agent, je dois vous reu.lre

rée. ; personnellement cette justice de vous dire (|ue je crois <|ue

On peut voir que le but principal, sinon le but exclusif, ^^^.^ ^^,^,^^ ^^,^^ ^.^,^^ ^^^ ^^^^,,^ ^.^^^^^ ^^,,^ ^^^ ^^^^ de votre

du document publié plus haut était d'assurer la libération y-ouvernement. Je dirai plus, ... je crois (lue votre renvoi de tous les prisonniers de guerre. C'est dans ce but que je la position que vous occupez, provient des eiforts perl'article quatrième établissait que tous les l"'i>^o"niers de | ^^^^.^^^^^p^ ^^^^^ ^,^^^^ ^^,^,^^ f.^j^^ ^^,,,^. ]'exécution tidèle des

clauses du cartel et votre observation des jii-incijjcs d'humanité dans la poursuite de la guerre.

" Je vous ai constamnient importuné en vous priant de

guerre seraient relâchés sur parole dix jours après avoir été pris, et que ceux alors détenus, ainsi que ceux qui seraient dorénavant capturés, seraient transportés aux points

dont on était convenu, aux frais de celle des parties qui: , ^ 1,, i ,i . i .

... ,• 1 -, . i declaier quel est I homme ou i(>. soldat de votre armée ;nr

détenait le prisonnier. L article sixième stipulait aussi i .,,, . , .

, . . 1 , , 1 1 • ' lourd nui en réclusion parmi nous, nue vous consiilérez

" que tous les prisonniers, de toutes les armes du service ■' *■ '

seraient échangés ou libérés sur parole dix jours après le moment de leur capture, s'il était possible, et pendant un laps de temps, de les transporter dans leurs propres lignes ; sinon, le plus tôt possible après ce temps." ^

De la date du cartel d'échange jusqu'au mois de juillet 1863, les autorités confédérées eurent toujours un excédant de prisonniers. Pendant cet intervalle, la mise en liberté des prisonniers du Sud marchait régulièrement et aussi vite que pouvaient le permettre les moyens de transport affectés à cet usage par le gouvernement fédéral. Dans plus d'une occasion, le commissaire Ould insista auprès des autorités fédérales pour l'accroissement de ces moyims de trans[iorts. Quelque disposé que fut l'ennemi à porter de fausses accu

comme écliangé. Vous avez, à ces appels répétés, répondu en me doimant un nom : Spencer KoUogg. J'ai cherché en vain un prisonnier de ce nom. D'un autre côté, j'en appelle à vos propres listes pour tons les c;is où vos i-apports ont montré (pie nos olliciers et soldats ont été emprisonnés pendant des mois, et môme des années, en violation du cartel et des conditions convenues. Le dernier exemple de cet abus,. cependant, excède tous les précédents. Quoique vous ayez aujourd'hui des milliers do nos soldats confinés dans vos piisons, et spécialement dans lo fort Delaware, cet horrible charnier, vous ne nous avez retourné aucun prisonnier depuis plusieurs semaines, quoique vous aviez envoyé le capitaine ^[rdford à City Point, avec le steamer

, 1 ^, f.. I , . -I , • • iT ^ Niir YorJr, trois ou riuatre fois, mais sans iirisonniers a

sations contre les Coniederes, il n a jamais pu alléguer que : ' ., , .

CCS derniers aient failli ou négligé do délivrer promptement

bord. Les deux ou trois premières ibis, une sorte de justiles prisonniers non écroués des charges spéciales, quand ils Acation a été avancée ; mais cette lois, on n'a pu donner avaient un excédant entre leurs mains. Mais, d'un autre j ^'^^^uses. Je n'ai pas l'intention de vous offenser, mais je côté, à la même époque, le contrat était ouvertement et^«"^^ ^^'^^ ^^^ '^'^'^ H""il "'^'^' ^^^^^ «"^^•"»' ^' ""e telle efiionfréquemment violé par les autorités fédérales. Les otHciers ^^crie. Je vous demande maintenant, sans aucune intention

et soldats étaient détenus dans de sombres prisons, quel-

discourtoise : — (jue pensez-\ous de cette tentative dégui-

quefoismis aux fers et jetés dans les cachots, sans aucune 's'e d'assurer la libération de vos prisonniers actuellement

esspcce d'accusation ou de jugement.

Ces faits furent formellement prouvés, et une accusation distincte fut portée par le commissaire Ould. Le 20 juillet

entre nos mains, sans ([u"il soit question de la mise en liberté des nôtres qui languissent, en proie à la plus affreuse misère, dans \-os prisons et dans vos forts ?

18G3, il adressa au lieutenant-colonel Ludlow, alors agissant H est un fait au-dessus do toute controverse : — c'est que

les; officier.-! cl les soldats de l;i Coiifed(''i-;itiou ayant droit à. tribuez le piivilégc de maintenir en prison eenx des nôtres l;i libL'ratii)n ou à réeiiange ont été gai'dés dans des prisons, ! qui sont l'objet de votre malveillance spéciale on de vos an nii'}>i-is des termes du cai'tel, et quelrpies~uns sous di^-ers i soupçons- "^ "

d'autres, sans raison ou prétexte au-

ebefs d'aceiisation,

eun. Vi\ o-rand nombi-e de ces olliciei's et soldats étaient

Dans la même année, le eoraraissaire Ould informe éiralement les antorilés fédérales rpie les accnsations pesant sur en prison an moment de l'adoption du cartel d'écbange, et ! Streiglit et ses bommes n'exista,ient pins et rpi'ils étaient ont continué à l'être pendant des n^.ois et des années après replacés dans la calégoiio do pi'isonniers ordinaires. Mais la signature de cette convention. Dans nu petit noml>i'e de, cas, le commissaire ()uld réussit, piir sa persistance, à en faire relàcber rpielques-uns. Dairs d'autres circonstances, (piand, par les prisonniej-s retournés, il pouvait connaître le lii'u de réclusion dp ceux i-etenus ainsi iTandulensement, et en appeler ;1 l'agent fédéral, il ne" recevait pour réponse K^^^''^ ^"^"^'^1^ cêtés jusque vers le milieu do LS63, alors que ce (pie la dénégation du fait, on le transfert du dit prisonnier I ^ontract verbal fut déclaré nul (exception faite de certaines dans qmîlque autre lieu. Grand nombre de ces pi'isonniers

d"autr(\s difllcultés étant sni'venues au moment de cette déclaration, les écbanges se trouvèrent sup]-)cndus de nouveau. En juillet TSG3, les Confédérés avaient en leur faveur nu grand surplus de iirisonniers. La plupart avait été libérés sur parole après la capture. Cette ixtrole avait été res]iectée

circonstances) })ar des ortbumances de Wasbington. Le vérifurent^ déclares ainsi échangés par l'a,gent fédéral^ mais tout <^^'^« '''''^'^' '^^ ^''« '''^''' ^'-"'^ ^^^« ^" gouvernement fédéral

es autres furent écban-és sui- 1 ^''^^'^^^^ 1''^"^^ ^''' ^'^^*^ 'J^'' prisonniers confédérés mis sur

parole et qu'il ne pouvait en débiter le compte confédéré qui avait liquidé ses dettes avec son grand nombre de prisonniers fédéraux. On se })laignait aussi de l'inégalité de certaines listes, celles par exemple, ])rovcuant de prisonniei's faits dans le Kentucky, le Tennessee, etc. Tel était l'état des clioses au 8 avril 18G3 ; le commissaii'o Onld fut informé que les "échanges se borneraient aux prisonniers de fait au pouvoir de l'un ou de l'autre côté." En d'autres inots, comme tous les soldats fédéraux mis sur parole devaient libérer les prisonniers confédérés du pouvoir fédéral, celui-ci proclamations du président Davis, et dans l'affaire du gé- 1 trouvait bon de compter ces paroles }iour rien, et de ne neral -Streigbt et de ses officiers. Ayairt examiné les écrous | lâcher les Confédérés que contre d'autres prisonniers rendes diverses prisons de la Contédéi'ation, l'auteur s'est as- 1 voyés exprès.

sur('' qu'aucun officier ou soldat n'avait été détenu après la Les Confédérés avaient alors en leur faveur la balance date du cartel, dont les proclamations du Président n'ont ides paroles, mais les Fédéraux avaient, de fait, la nutjorité jamais détruit les effets. des prisonniers. Le résultat de la ti'ansaction proposée par

On ne s'est jamais préoccupé de savoir si les prisonniers ^^ gouvernement fédéral eut été de laisser entre les mains avaient ou non commandé des troupes nègres. Les hommes <-^^' ^"^^'"-^ "" S^''^"'-^ nombre de Confédérés en captivité, tan-

en restant sous cb' ; tous vaut les termes du cai-teb

Au grave ]-eprocbe de l'etenir les prisonniers conti'aireinent au cartel d'échange et à toutes les obligations de la bonne foi, le gouvernement fédéral n'a jamais pu répondre r[u.e par des raisons sans force et des faux-fuyants pitoya- Ides. A l'époque dont il est question, la seule plainte qu'ait [Ml faire le gouvernement du Nord au sujet de la violation de la convention d'échange, fut dans les circonstances où certains otliciers se trouvèrent retenus en vertu des diverses

de Streigbt ont bien été détenus plusieurs mois, mais la raison de cette détention a été expliquée dans mie lettre du commissaire Ould, en date du 1er août 18G3, au brigadier-général ]\Ieredifli ; elle dit : " En retenant captifs le colonel i:jtrcight et ses liommes, les autorités confédérées n'ont pas été aussi fjin. dans leurs exigences que les Etats-Unis depuis l'échange du cartel. Vous avez réclamé et exercé le difàt de retenir indéfiniment les officiers et les soldats, non spubuuent sur des accusati(Uis ouvertes, mais encore sur de simples souiiçous. Vous avez actuellement en i)rison des olheicrs qui étaii.'ut pi-isonniers lors de l'échange du cartel et (pii depuis ont été déclarés échangés. Quelquesims ont été juges, mais la plupart languissent en ju'ison sans qu'on fisse rien pour les jnger et les libérer. Je suis en irjesurc de pi'ouver la véracité de ces assertions. Cette c induite n'a pas seulement eu lieu contre des représentations, mais encore en df^'oit de protêts de notre part. Pouvcz-vous nous dénier le droit do garder des prisonniers sur

dis f|ue par l'application des libérations sur parole, le 8ud eut pu couvrir ce nombre dix fois. Le commissaire Ould repoussa le projet avec indignation. Les officici-s ^fc les soldats mis sur }>ai'ole par les Confédérés furent remis en activité de service contre le Sud en violation de leui' parole, et sans être déclarés échangés. En présence de ces faits, le commissaire (Juld décompta le nombre des pi'isonniers fédéraux libérés sur parole du nondjre des Confédérés placés à Vicksbui'g dans la nuane situation, et en déclara l'écliange. C'était le seul moyen de rétabli i- l'i-q ni libre avec l'ennemi, et personne ne peut dire que ce moyen n'était pas équitable et honorable.

Dès ce moment, furent annulées les clauses du cartel portant que les prisonniers devaient éti'c livrés dans les dix jours. Elles l'estèrent lettre morte durant toute la guerre. Ces sortes de livraisons ne se firent plus qu'en vertu d'arrangements spéciaux. Le commissaire Onld fit tout ce qu'il put pour remiédier à un si désastreux état de choses. Les

lesquels pèsent de graves accusations, quand vous vous at- ] autorités confédérées véclaraèrent l'application des clauses

HISTOIRE DE LA CtUERRE DES CONFÉDÉRÉS

du t!-aitc ; elles proposèrent à reniiemi de i-evenir sur le c;u'lel d'éeluiug-e qui avait opéré dans la première année de la guerre. Mais voyant que le gouvernement l'édéral était déterminé à violer sa part du contrat, et iouclté dcH sonf- J'raiices qa'cndKraitnt hs iirlsonnitrs de chaque section, le pdiivoir confédéré diminua ])eaucoup de ses justes demandes et le 11 août 18(i:l, le couunissairc Ould adressa la lettre suivante au major Jolm E. Multbrd, attaché à l'Agence des

EchauLi'es

EioiiMdND (A''ir.i;iiiir), 10 août IHGI.

An liinjor .liilin B. ]}Jit//('i<l. Jgcnl-a:îS!-\t(iiil. irérJtoitgc.

Monsieur, - Vous iii'aA-cz lu-oposé plusieurs fois d'echuiiger les prîpu; uiers res]iL'fliv(.'!ii';'iil iclcnus par les deux belligei-ants, officier coiit;rc cliieicr, et .soldai eouU'e soldat, f.a même offre a ausii cte laite p,ar d'autres ibnelioiuiaires ehari;es des adaires ([ui coneerneiil l'échange de prisonmecs. OcUe proposition a cte, jasqu'iei, rej.tee par les autorites eonledei'ces, qui insistaient sur la mise n exécution des clauses du cartel portant lu libération, sous parole, de i'excedant des prisonniers que l'une ou l'uuti'e partie pourrait posséder. Cependant, en considérant le très grand nombre de pi'isonniers maintenant retenus de chaque côte et les soufliances qui resul tcnt d'une det'/ntion si }u-oIon;:;ei', je consens niaiiitenant a iieeepter la proposition ci-dessus et à vous remettre les prisonniers l'eLenus par les autorites confédérées, contre la remise d'un nombre égal d'otlieiers ou soldats confédérés. A mesure qu'un nondire égal de prisonniers seront remis en liberté, d'un cote et d'auti'e, ils seront déclarés échangés. I! est bien entendu f[ue ceux des officiers ou soldais des deux côtes qui oïd^ souliert la plus longue captivité, seront libeiTS les prcmier3, aussitôt f[ue cela sera praticable. Je serais, heureux d'avoir de vos nouvelles le plus tôt possilile, et de £-a\ oir à cet arj'angement peut être mis a exécution.

Respectueusement, votre obéissant serviteur,

R. OULD, Agent d'Echange.

Avec cette lettre, on remit un relevé de la mortalité c{tii sévissait d'une manière si sérieuse à Andersonville, et conduisait tant de prisonniers fédéraux à la tombe.

Le 'JO du même mois, le major Mulford revint avec le bateau parlementaire, mais sans apporter de ré[)onse à la lettre citée pliss haut. En conversant avec lui, le commissaire Ould Itù demanda s'il n'avait aucune réponse à faire à cette comnuniication, ce à quoi il lui fut répondu [nir le major MuUbi-d, " ([u'il n'était [tas autorisé à en faire aucuric." tM ])rofonde était la sollicitude du commissaire Otdd potir le sort des prisonniers confédérés retemis en captivité dans le Nord, qu'il se détermina à tenter un autre elibrt. Dans le but d'écarter toutes les objections qui pouvaient être faites relativement à la qualité de la personne à qui sa communication serait adressée, il écrivit la lettre suivante " au major-général E. A. Hitchcock, commissaire d'échange fédéral, dans la ville de Washington," qu'il remit au major Mulford le, jour même de sa date, et qu'il accompagna d'un duplicata de la communication faite par lui au major Mulford, le 10 août :

Ricu.MON'D, 22 août ^18G4.

Au iiinjur-iiéiiérol K. Iliidnoc/:, Ciuiu/ti^sa/ re (VEchaiige des Etats-Unis.

Monsieur, — ( îi-inc-luse est une copie de la rommnnication aih-esséo et re.miso par moi, le 10 août, au major John E. Arulford, agen!- issîslant d'eeliangc, Dans les eireonstancos actuelles, je crois convenable de vous envoyer cctlo copie pour que vous puissies'i pleinement comprendre quelle est

Ja [losition assumée par les autorites confédérées. Je serais heureux d'apprendre que cettj proposition est acceptée par votre gouvernement.

Eespeclueusemeut, votre obéissant serviteur,

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