IV. — CirculatioB de la matière
Par circulation de la matière, on entend le passage de la matière du règne minéral au règne végétal; puis du règne végétal au règne animal, et enfin le retour au règne minéral. Cette série de transformations forme un cycle complet.
I. Passage de la matière du règne minéral au règne VÉGÉTAL. — Le4 plantes sont composées presque exclugivemeut de quatre corps minéraux, à savoir : le carbone, roxygène, Thydrogène et l'azote, auxquels s'adjoig-nent de petites quantités de soufre, de phosphore, de ailice, de chaux, de soude et de sels divers. Les plantes b*assimilenices différents corps minéraux au moyen de leurs racines et de leurs feuilles sous racLioû calorique jet chimique des rayons solaires. En définitive, les pliintes sont de la terre transformée au premier degré,
II. Passage de la matière du règne végétal au règne animal. — Aucun animal ne se nourrit directement des corps minéraux.
A. Les herbivores s'assimilent les minéraux lorsque ceux-ci ont subi la transformation en herbe. Les herbivores sont donc de la terre transformée au 2« degrë.
B, Les carnivores s'assimilent les herbivores; ils sont donc de la terre transformée au 3« degré.
III. Retour de la matière du règne animal au règne MisÉiiAL. ^ Prenons comme exemple typique Thomme.- Le corps de l'homme se fait incessamment par l'assimilation des aliments et se défait incessamment par les oxydations intimes. Les trois excrétions qui rendent au règni! minéral la matière animale brûlée par l'oxygène sous racLion de la vie sont l'urine, l'haleine et la sueur. Ces exerélions contiennent le total des pertes que fait Vhomme par suite de la désassimilation; ce total s'élève en moyenne par jour à 3 kilogrammes. Ces
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3 kilogrammes de matière excrétés qui étaient entrés dans la composition de son corps, l'homtoe est obligé de les remplacer, chaque jour, par 3 kilogrammes d'aliments solides et liquides. Si pour fixer les idées on adopte pour durée moyenne de la vie humaine un laps de temps de 40 années, on aura 3 X 365 X -^0 = 43 800 kilogrammes; en ajoutant 75kilogrammes, poids moyen du cadavre de Thomme qui meurt à 40 ans, on aura en chiffres ronds 44000 kilogrammes. Ainsi de la naissance à la mort, c'est-à-dire durant son existence entière, chaque homme rend successivement et par fractions à la terre les 44 000 kilogrammes de substances minérales qu'il lui avait, par fractions et successivement, empruntés. Le même calcul est applicable à tout être humain, quelle que soit la durée ' de sa vie.
En définitive et en dernière analyse, qu'est-ce qu'un homme au point de vue de la matière ? C'est une masse définie de kilogrammes de matière terreuse qui, par fractions, a revêtu momentanément une forme particulière. Or une forme particulière est ce qu'en métaphysique on appelle un mode; il s'ensuit que chaque homme est un mode de la matière.
Ce qui est vrai de chaque homme est vrai de chaque animal, car les fonctions de nutrition et de désassimilation sont les mêmes; l'équilibre des échanges suit les mêmes lois ; c'est toujours un certain poids de matière terreuse qui revêt par fractions et successivement une forme spéciale; donc chaque animal est un mode de la matière,
â6 LA CAUSE PREMIÈRE
Les plan LeB puisent directement leurs aliments dans le sol, et transforment les minéraux selon la même loi d'équilibre dans les gains et les pertes; on aboutit donc à la même conclusion : chaque plante est un mode de fa matière.
En métaphysique, la matière est conçue d'une façon abstrait<% c'est-à-dire, en dehors de toute forme; or tous les corps minéraux que nous connaissons ont une forme , soit géométrique que nous appelons cristalline, soit non-géométrique que nous appelons absurdement amorphe; donc chaque minéral est un mode de la matière.
En résumé, tout ce qui existe, hommes, animaux, plantes, minéraux^ corps célestes, sont des modes de la matière,
IV. D(':penda5CE réciproque de tous les modes de la MATIÈRE, — Du cycle que nous venons d'exposer résulte lit les conséquences physiques suivantes :
i^^Les végétaux dépendent des minéraux;
2*^ Les animaux herbivores dépendent des végétaux et par conséquent des minéraux;
3° Les animaux carnivores dépendent des herbivores et par conséquent des végétaux et des minéraux;
V^ Tous les êtres vivants, végétaux ou animaux, dépendent non seulement du règne minéral, mais encore de certaines conditions particuhères que doit ndecter la matière minérale. Ils dépendent particu- Uèrement de la circulation de la vapeur d'eau, de la circulation de l'ammoniaque et de l'acide carbonique^
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d'abord parce qu'ils en tirent leurs aliments, ensuite parce que ces agents unis à Tair pulvérisent les roches, en font une terre arable et ainsi rendent possible l'apparition delà vie;
5f> La circulation de la vapeur d'eau, de lammoniaque et de l'acide carbonique dépend de la mer, leur régulateur et leur réservoir;
6« Enfin, tout ce qui existe sur le globe terresire, minéraux, animaux, végétaux, atmosphère, gaz et mer, tout dépend du soleil.
Chacun des êtres du globe terrestre est donc uni aux autres êtres par les liens de la parenté et de la descendance les plus complexes et les plus étroits; il est lié par le globe lui-même au soleil, et par le soleil au reste de l'univers.
De ces faits physiques, se déduit logiquement la conclusion philosophique suivante : En regard du Tout, chaque forme de la matière ou, ce qui est la même chose, chaque être n'est qu'une ride imperceptible sur la surface de la matière universelle (expression de Tyndall).