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CHAPITRE II

L'ÉIVERGIE

T. — - États de l'Éaerg^ie.

I. DKriNTTioN DE l'Energie. — L'énergie est la capacité d'exécuter un travail; sa manifestation est le mouvem^^nt.

Jusqu'au milieu du xix^ siècle, on s'était servi du mot force; mais la multiplicité des sens divers don nés au mol force était devenue dans le langage une cause rj^obscurité et de confusion; on sentit le besoin de lui substituer une expression dont l'acception restât nette et claire. C'est le physicien anglais Rankine qui vers 18G0 fit prévaloir le mot énergie. Du reste, Leibniz avait employé le mot énergie dans le même sens.

La distinction établieparAristote entre la puissance et Tacte, ou mieux entre être en puissance et être en act£t domine la physique aussi bien que la métaphysique.

LA MATIÈRE, l'ÉNERGIE, LA VIE, L*AME 29

Quand les conditions capables d'exécuter un travail sont en réserve, l'énergie est dite potentielle.

Quand le travail s'exécute, Ténergie n'est plus en puissance, e]le est en action; l'énergie est dite rtdM^//(?.

IL Mouvement des molécules intégrantes des corps MATÉRIELS. — Lcs copps matériels sont considérés comme composés de particules aussi menues que Too voudra, auxquelles on est convenu de donner le nom d'atomes. La jonction ou la combinaison de deux atomes a recule nom de molécule; une molécule est donc un système d'atomes.

Les atomes et les molécules sont animés de deux mouvements, Tun de translation, l'autre de rotation autour d'un axe.

1° Da)is les gaz, les molécules, en agitation continuelle, ont simultanément un mouvement de tran^-lation rectiîigne et un mouvement de rotation très rapide autour d'un axe; elles sont dans une Indriiendance complète l'une de l'autre.

2o Dans les liquides, la mobilité des molécules est restreinte par le voisinage des autres molécules; l'axe de rotation n'est pas stable; les mouvements semblent bornés à des excursions oscillatoires de grandeur variable; les molécules sont dans une certaine dépendance l'une de l'autre.

2® Dans les solides, les molécules sont très rapprochées; elles sont .orientées régulièrement selon une structure ou un système cristallin déterminés. Comme les mouvements sont gênés par le voisinage contigu des autres molécules, ces mouvements se réduisent à

de friibles oscillations; il n'y a plus de translation, pnrco que la translation est devenue impossible dans l'inlérieur d'une masse compacte; il n'y a plus de rotation; les molécules sont dans une étroite dépéridaiiev: l'une de l'autre.

La^ chaleur est le mouvement intérieur qui agite les molil'cules composantes d'un tout. Le mouvement calorifique est un mouvement d'oscillation. Lorsqu'un corps entre en fusion, le mouvement d'oscillation des molécules devient un mouvement de rotation.

Dans le langage ordinaire, on donne au mot mou- VE^ment le sens restreint de mouvement extérieur de la masse totale du corps, soit que le tout du corps se déplace dans l'espace, soit qu'il accomplisse un travail mécanique extérieur. Il est évident qu'un mouvement, qu'il soit extérieur ou intérieur, ne cesse pas d'être un mouvement. La chaleur, étant un certain mouvement des molécules d'un corps, est donc un vrai mouvement, au même titre que la translation ou que le travail mécanique du corps total.

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