Voir page 185, l'aveu qu'en fait Huxley lui-même
pour donner, à eux seuls, la preuve que les espèces sont descendues Tune de l'autre par des croisements d'une fécondité continue ? Absolument non.
En effet, voici un genre actuel bien connu, le genre eqmiSj dont les espèces, cheval, âne, hémione, hémippe, zèbre, dauw, couagga, sont distinguées par nous sur-le-champ d'après leur aspect extérieur et même simplement d'après le son de leur voix. Or les squelettes de ces espèces, si nettement distinctes à nos yeux, sont tellement semblables que « si ces espèces venaient à être ensevelies ensemble, les paléontologistes futurs n'en feraient q}ïune^ ». Lorsqu'on croise ces espèces entre elles, l'hybride né de ce croisement est d'emblée ou promptement infécond, de sorte que l'établissement d'une espèce intermédiaire est radicalement impossible. Si le croisement des espèces k squelettes identiques est infécond, à plus forte raison a dû l'être le croisement des espèces dont les squelettes diffèrent par des modifications impor* tantes, telles que, par exemple, celles qu'offrent les dents en mamelons du mastodonte et les dents en lamelles superposées de l'éléphant. Aucun procédé connu de modiflcations ne peut donner l'explication du passage des molaires en mamelons aux molaires en lamelles ; il s'ensuit que l'éléphant ne peut descendre par filiation du mastodonte. Et ainsi des autres espèces dont les squelettes présentent des modifications plus ou moins importantes.