Darwln, Origine des espèces, page o
pignon, descendraient d'un ancêtre commun. Dans cette hypothèse romanesque, présentée du reste avec une louable timidité, Darwin ne tient plus compte ni des plans irréductibles de structure, ni des plans irréductibles d'embryogénie, ni même de la distinction fondamentale entre le règne animal et le règne végétal. C'est de cette conjecture imaginaire qu'est né le dar- ' winisme immodéré.
Au chapitre premier du livre III, « Les plans de structure, les causes de modifications et les formes intermédiaires », le lecteur trouvera détaillé, avec examen critique, tout ce qui concerne la définition de l'espèce (ce point est capital), l'influence du milieu, la sélection naturelle, les croisements et les formes intermédiaires, toutes questions qu'enveloppe la théorie de l'évolution. Nous nous contenterons d'en donner ici un résumé concis, simple rappel à la mémoire.
I. L'ÈRE CONTEMPORAINE ET l'eSPÈGE. — LcS SCuls procédés connus de modifications sont l'influence du milieu, la sélection naturelle avec divergence des caractères, la variation brusque et le croisement.
10 L'influence du milieu s'exerce sur le poil ou les plumes ou sur leur coloration, sur la grandeur ou la petitesse de la taille; mais elle ne touche en rien au plan de structure ;
20 La sélection naturelle accompagnée de la divergence des caractères explique très bien comment peuvent se former les variétés et les races d'une même espèce (exemple, loups des monts Catskill), mais elle est impuissante à expliquer comment le type d'une
espèce pourrait passer au type d'une autre espèce ;
3« La variation brusque ne peut que créer des variétés, et encore faut-il la main de l'homme pour que la variété puisse s'établir en race. A l'état sauvage, la variété brusque disparaît promptement, c'est Topinion formelle de Darwin ;
A^ Le croisement pourrait créer le passage d'un type si les individus nés du croisement entre deux espèces réellement distinctes étaient indéfiniment féconds. Mais comme les hybrides nés du croisement entre espèces du même genre, c'est-à-dire très voisines, sont du premier coup infécondes ou promptement infécondes, il s'ensuit que l'établissement d'une espèce intermédiaire, c'est-à-dire le passage d'un type à un autre type, est impossible. Tel est le résultat des expériences faites par les savants contemporains.
Enfin, jamais on n'a constaté de croisement fécond entre mammifères sauvages appartenant à deux espèces du même genre, vivant à l'état de liberté. Gomme le nombre des espèces domestiquées est extrêmement restreint, il s'ensuit que même la naissance d'un seul hybride n'a jamais eu lieu parmi l'immense multitude des espèces sauvages. De ce chef, la possibilité du passage d'un type à un autre type se trouve exclue, pour tout le règne animal, pendant la durée des tempsgéologiques avant l'apparition de l'homme.
Le croisement entre deux espèces infécond d'emblée ou promptement infécond, voilà l'obstacle infranchissable. Darwin a essayé de le tourner en cherchant des preuves établissant que le croisement d'abord si
fécond des races d'une même espèce devient à la longue infécond. Si le cas avait -pu être établi, les espèces d'aujourd'tiui auraient pu élre tenues pour des races éloignées de leur point de formation. Darwin n'a rien trouvé, ainsi qu'il Tavoue avec son admirable loyauté. Il suit de là que :
A. Ni directement, par le croisement de detiœespèces distinctes, lequel croisement est d'emblée infécond ou promptement stérile ;
B. Ni indirectement, par le croisement de demr races d'une môme espèce, croisement qui deviendrait graduellement infécond ;
Il n'est possible de démontrer que le type d'une espèce peut passer au type d'une autre espèce.
Conclusion. — Gomme la théorie de la filiation continue des espèces exige la fécondité continue des croisements, il s'ensuit que sur le terrain physiologique, c'est-à-dire sur le terrain de la seule et véritable espèce, à savoir, Tespèce physiologique, le darwinisme est infirmé par les faits; il reste à l'état de conjecture a priori, dénuée de toute sanction physique *.
III. Les ères gkologiques et l'espèce. — Les animaux qui ont vécu dans les ères géologiques sont connus seulement par leur squelette ; on ne sait rien de leur voix, de leurs organes mous, ni de leurs parties extérieures, telles que le pelage, la forme de la queue, des oreilles, etc. Les squelettes sont-ils suffisants