ÛS^ LA CAUSE PREMIÈRE
La fil aire, à Tétat de larve, a une épaisseur d'un cealième de millimètre; elle peut donc pénétrer dans les membres par les conduits excréteurs des glandes suijori pares; cela explique l'éclosion d'épidémies de iihiireB. Le siège ordinaire de la filaire est dans les parois du tronc et dans les membres inférieurs. Ce ver reste plus ou moins longtemps, environ deux mois, dans le corps humain avant de donner aucun indice de son existence. Dans son plus grand développement jl peut alteindre une longueur de 2 mètres ^
Le plus curieux nématode du genre trichosome est Je trickoHomecrassicauda. Le mâle a deux millimètres de long, la femelle en a dix-sept: le mâle loge dans Talérua de la femelle. On trouve jusqu'à cinq mâles dans une femelle. Cette observation de Leuckart ^été confirmée par Butschli. Le mâle a le tube digestil incompletï sa femelle mange pour lui, c'est-à-dire que le mâle est parasite de la femelle*.
}[]. — Dè^oTilres eausés par les animaux parasites»
Les phénomèmes généraux des maladies vermineuses sont les suivants : attaques convulsives qui par leurs caractères se rapprochent de Tépilepsie, de la catalepsie, du tétanos, de Thystérie, de Thydroplîobie même* Dans certains cas, les désordres fonc-
i. Ijavatxe, Entozoaires, page 716.
2, Van Buneubs^ Commensaux, pages 218, 206.
tionnels ont acquis assez d'intensité pour amener une mort rapide * .
I. TÉNIAS. — Dans nos régions occidentales, la facilité d'avoir les secours médicaux fait que les désordres déterminés par la présence des ténias ont rarement un dénouement fatal. Il n'en est pas de môme dans d'autres contrées, par exemple, dans les provinces russes éloignées des grands centres; les enfants surtout, lorsqu'ils sont envahis par le ténia, tombent dans le marasme et finissent par succomber,
II. Gysticerques. — Chez les animaux, entre autres, chez le porc, la ladrerie peut durer deux ans et même davantage, elle est toujours mortelle.
Chez l'homme, les phénomènes pathologiques déterminés par les cysticerques sont chroniques ou aigus. Dans l'état chronique, on a vu des attaques épileptiformes, un délire monomaniaque, l'hébétude ou la démence. Puis après une durée de plusieurs années, surviennent des secousses convulsives qui entraînent en quelques jours la perte du malade. Dans l'état aigu, les attaques convulsives, le délire, la prostration, le coma, se succèdent, s'aggravent, et l'individu succombe après quelques semaines ou après quelques jours seulement de maladie apparente.
III. Hydatides. — Située dans un organe essentiel à la vie et qui ne peut se déplacer ou se laisser distendre, la tumeur hydatique occasionne la mort
1. Tous les faits qui vont suivre sont empruntés au grand ouvrage de Davaine, Traité des Enîozoaires,
StïG LA CAUSE PREMIÈRE
avant qu'elle ait acquis un grand volume. Davaine cite le cas d^in officier d'infanterie qui avait une tuneur hydiitiiiue au cerveau : « On vit chez le malheuriiiix ofiicier s'éteindre successivement les facultés iuUllectuelles, la sensibilité, la puissance muscylîNre, enPm la mort survint. »
Les hydatides sont communes dans le foie, le poumon et dans les organes abdominaux; elles sont rares dans l'ocîl et le cerveau. C'est le contraire pour les cystîcerques>
IV. CorLNCKEB, — Le cœnure est le seul entozoaire connu qui ait pour habitat exclusif les centres nerveux- Il occasionne une maladie grave, ordinairement Baortellsj qui a reçu le nom de tournis, de l'un de ses symptômes les plus constants et les plus remarquables. Parmi les animaux domestiques, on n'observe guère le tournis que chez le mouton et le bœuf; il est beaucoup pluâ fréquent chez le premier de ces animaux; il fait périr la presque totalité de ceux qu'il attaque. U'après Davaine, on n'aurait jusqu'ici observé aucun cas de tournis chez Thomme.
V. DiiiTOME uiiPATiQUE. — Lc distomc hépatique se loge dans les voies biliaires des moutons et des bœufs. Dans un seul foie, le nombre des distomes peut sV'lever jusqu'il un millier. Les moutons surtout sont exposés à cette invasion qui chez eux détermine une redoutable a fîection appelée cachexie aqueuse. Dans la cachexie aqueuse, l'animal, réduit à l'état de squelette, meurl ordinairement au bout de deux ou six mois. La cachexie aqueuse règne en automne et principale-
ment au printemps. Elle est très universellement répandue. On estime qu'elle fait périr annuellement en Angleterre un million de moutons; en France, dans certaines épizooties, elle a enlevé la moitié et quelquefois la totalité des troupeaux atteints.
VI. Ascarides. — L'ascaride lombricoïde vit dans l'intestin grêle de l'homme. Les phénomènes déterminés par la présence de ce ver acquièrent parfois une grande intensité et constituent alors des affections graves et même mortelles.
YIL Oxyures. — La présence des oxyures peut provoquer des attaques convulsives, de la chorée, de l'épilepsie, de la catalepsie.
Vin. FiLAiRES. — « J'ai vu plusieurs individus, dit Glot-Bey, chez lesquels il s'était formé des abcès profonds et des fistules d'oii le ver n'était pas sorti, tomber dans le marasme et périr. » La rupture de la filaire encore engagée dans les chairs est un accident des plus graves, trop souvent mortel.
lY. — Fécondité des parasites.
I. Cestodes. — Les cestodes sont ovipares, ils pondent des œufs en nombre pour ainsi dire incalculable. Suivant Escbricht, chaque bothriocéphale porte dix millions d'œufs. Chez un ténia serrata, Dujardin a calculé qu'il y avait 25 millions d'œufs *.
i. Davaine, Entozoaires,xxi\, xlii. Moquin-Tandon, Zoologie^ page 388.
II. FiLAiRES. — A répoque où la filaire cherche à quitter Torganisme dans lequel elle a pris tout son développement, son corps est rempli d'une substance laiteuse, laquelle n'est autre chose que Taggloméralion d'une quantité prodigieuse d'embryons, isolémen t invisibles à l'oeil nu. Ceux-ci ont une longueur de 7 dixièmes de millimètre et une épaisseur d'un centième de millimètre.
III. Ascarides et oxyures. — Eschricht a évalué à plusieurs millions les œufs d'un seul ascaride lombricoïde. Quant aux oxyures, Raspail a calculé qu'en moyenne chaque oxyure pouvait contenir '^024 œufs.
IV. Trichines. — Les trichines ont les sexes répartis sur deux individus distincts, de manière qu'il y a des mâles et des femelles, que l'on peut fort aisément distinguer par la taille et la forme du corps. On trouve des trichines dans les chairs de la plupart des mammifères. Si on mange cette chair trichinée, les vers deviennent libres dans l'estomac à mesure qu'elle se digère, et ils se développent avec une extrême rapidité. Chaque femelle pond un nombre prodigieux (Vœufs; de chaque œuf sort un ver microscopique qui traverse les parois de l'estomac ou des intestins; des milliers de trichines vont se loger dans les chairs où tjUes se calfeutrent jusqu'à ce qu'elles soient de nouveau introduites dans un autre estomac. Quand leur nombre est grand, leur présence peut causer des désordres et même la mort. Sur une livre de chair d'homme, Leuckart a compté jusqu'à 700000 trichines;
Zencker parle même de 5 millions trouvés dans une quantité semblable de cbair humaine.
La trichine donne une centaine de jeunes vers au bout d'une semaine; un cochon qui avale une livre de chair renfermant 5 millions de trichines peut avoir, au bout de quelques jours, 250 millions d'individus, en comptant que la moitié des individus éclos sont des femelles, ce qui n'est pas, car il y a plus de mâles que de femelles *.
L'homme possède, avec le rat et le porc, le fâcheux privilège de compter au premier rang des hôtes favoris de la trichine. Chez les oiseaux, la trichine accomplit ses évolutions dans le tube intestinal, mais elle n'en peut traverser le tissu. Chez les reptiles, les batraciens et les invertébrés, la trichine ne peut vivre à cause de la température froide du sang. Mais si on élève la température du sang des reptiles à 30^, on peut les trichinoser '.
Ce qui fait qu'on a méconnu si longtemps la trichinose, c'est que les symptômes ressemblent à ceux de la fièvre typhoïde; c'est à la fièvre typhoïde qu'on attribuait les cas et les décès. On trouvera dans JoANNÈs Chatin, la Trichinose^ rénumération des 90 épidémies de trichinose qui ont eu lieu de 1858 à