Van Bbnbdem, Commensaux, pages
Si Ton fait manger des œufs de ténia soîium à un porc, celui-ci au bout de quelques semaines devient ladre, «'est-k-dire que ses muscles sont farcis de kystes adventifs renfermant chacun un cysticerque. Si rhomme ingère de la viande de porc ladre, le ténia solium apparaît dans son intestin. Arrivés à maturité, les cucurbitins ou proglottis se détacheiat du strobile et sont évacués dans les déjections; ils s agitent pendant peu d'instants et meurent. Qu'un porc vienne à absorber les œufs ainsi évacués, il devient ladre; le cycle des transformations recommence (expériences de Van Beneden, de Kuchenmeister, etc.).
C'est la chair crue ou mal cuite du jK)rc qui amène chez l'homme l'éclosion dû ténia solium ou ténia armé; c'est la chair crue ou mal cuite du bœuf qui amène dans l'intestin de l'homme l'éclosion du ténia inerme. Le ténia inerme diffère du ténia armé en ce que le scolex n'a pas de couronnes de crochets. Règle hygiénique : Ne mangez que de la viande bien cuite.
IL Ténu echinococcus. — L'état embryonnaire du ténia echinocoque est resté inconnu jusqu'à présent; l'état vésiculaire, au contraire, est célèbre sous le nom de hydatïde.
L'hydatideest une vésicule généralement sphérique ou ovoïde, d'un volume très variable, entre une tête d'épingle et une tête de fœtus à terme ; elle produit par gemmation, à sa surface interne ou externe, des vésicules semblables, lesquelles acquièrent un volume plus ou moins grand et se reproduisent à leur tour de la même manière.
La membrane intérieure de chaque vésicule, membrane qu'on appelle germinale ou germinative, donne naissance à un corps oblong, à peine visible.à l'œil nu, long de 2 dixièmes de millimètres, large de 1 dixième de millimètre, séparé en deux parties par un étranglement circulaire; ce corps est Véchinocoqtte, larve du ténia echinococcus. La partie antérieure forme une tète ou scolex, pourvue d'un rostre, munie d'une double couronne de croch ets et de quatre ventouses musculaires contractiles. Les échinocoques naissent plusieurs ensemble dans la membrane germinative, à laquelle ils sont unis par un funicule. Lorsqu'ils ont acquis tout leur développement, le funicule se rompt ou se détache, et les échinocoques restent libres dans la cavité de l'hydatide. Les hydatides chez qui la membrane germinale ne s'est pas développée n'ont pas d'échinocoques.
Sieboldet Van Beneden, après avoir fait avaler un grand nombre d'échinocoques à des chiens, ont constaté que l'échinocoque se développait en ténia parfait dans l'intestin du chien.
Les hydatides ne se développent point dans une cavité revêtue d'une membrane muqueuse, mais dans les cavités séreuses ou dans les tissus des organes. On les a observées chez l'homme, le singe, le bœuf» le mouton, bref chez les animaux qui se nourrissent généralement de végétaux.
En résumé, les phases de l'évolution du ténia echinococcus sont les suivants : -
1® Uétat embryonnaire : probablement embryon hexacanthe, inconnu jusqu'à présent;
2» Uétat vésiculaire : hydatides;
3® Uétat larvaire : échinocoques ;
4® Uétat parfait : ténia ecbinococcus.
III. Ténia ccekurus. — On ne connaît pas encore l'embryon du ténia cœnurus; il doit être bexacantbe puisque, ingéré dans l'estomac, il va se loger dans le cerveau ; il a donc dû se frayer un chemin à travers les tissus. Une fois logé dans le cerveau, il se transforme en une véhicule, la vésicule cœnurique.
La vésicule du cœnure atteint jusqu'à la grosseur d'un œuf de poule. Elle offre à sa surface des groupes de corps longs de 4 à 5 millimètres, rétractiles à l'intérieur de la vésicule et terminés par une tête. Cette tête est pourvue d'une double couronne de crochets et de quatre ventouses. Les têtes se produisent sur la vésicule par bourgeonnement; elles ne deviennent jamais libres comme font les échinocoques.
Le cœnure existe exclusivement dans le système nerveux central, soit libre dans les ventricules du cerveau, soit renfermé dans une poche creusée à la surface de l'encéphale ou dans son épaisseur.
Le cœnure appartient exclusivement aux herbivores. Administré à des chiens, il se développe en ténia parfait. Lorsqu'on donne à des moutons les œufs de ce- ténia, les moutons contractent le mal appelé tournis.
En résumé, les phases de l'évolution du ténia cœnurus sont les quatre suivants :
1» État embryonnaire : embryon hexacaothe; inconnu j usqu'à présent ;
2» État vésiculaire : vésicule cœnurique ;
30 État larvaire : cœnures ;
40 État parfait: ténia cœnurus.
La seconde tribu des cestodes est celle des bothriocéphales (grec xecpoXi^ tête, ^oôptov fossette; tête à fossettes), ainsi appelés parce qu'au lieu de ventouses, les tètes ou scolex ont des fossettes. Lebothriocéphale diffère aussi du ténia en ce que les pores génitaux sont situés chez lui sur la ligne médiane des articles, tandis que ces mêmes pores, chez le ténia, sont situés en marge des articles. Ënfmles articles du bothriocéjphale ne se détachent pas comme les cucurbitins du ténia, mais ils se déchirent pour laisser échapper les œu^. D'après Van Beneden, l'embryon du bothriocéphale serait cilié et nagerait dans les eaux. Si au bout de huit jours, il ne s'est pas introduit dans un hôte, il perd son enveloppe et périt. Le genre bothriocéphale comprend un grand nombre d'espèces qui vivent presque toutes chez les poissons. La mieux connue est celle qu'on trouve chez l'homme, dans l'intestin grêle.
La longueur des cestodes est très variable; voici quelques longueurs authentiques :
lo Bothriocéphales : de 6 à 20 mètres ;
2» Ténias armés: de 6 à 8 mètres ;
3« Ténias échinocoques : 2 millimètres;
40 Ténias proglottiniens : 9 dixièmes de millimètre.
Le ténia proglottiniea a été découvert par Davaine; les poules en sont infestées.
§ II. Trématodes (du grec Tp9i(jLa trou ; sous-embranchement des articulés; classe des helminthes^ 4« ordre). Les trématodes se distribuent en deux sous- ordres : Tun comprend les parasites externes; l'autre, les parasites internes; ce dernier est celui des distomides, lequel comprend, entre autres genres, le genre distome.
Les distomides n'atteîgnentjamais une grande taille, leur forme la plus ordinaire est aplatie foliacée; ils ont sous le ventre une ventouse perforée qui est leur bouche, et une autre imperforée qui leur sert d'organe d'adhérence^ Autrefois on croyait cette ventouse perforée, d'où le nom de distome (piç deux, aTo'jxa bouche) donné à ces parasites. Ils sont tous hermaphrodites, à l'exception de deux espèces.
Voici quelles sont les phases d'évolution des distomides :
1<* État embryonnaire. Les œufs fécondés donnent naissance à un embryon cilié, en forme d'infusoire, qui nage librement et pénètre ordinairement dans un mollusque;
20 État vésiculaire. L'embryon ainsi logé se convertit en un sac vésiculeux appelé sporocyste. Le sporocyste, par gemmation à l'intérieur, donne naissance à une multitude de petits corps elliptiques, terminés par une queue de têtard et que pour cela on appelle cercaires (xspxocr queue);
S^ État larvaire. Les cercaires devenus libres pénè-
treiit dans un hôte, lequel appartient à Tune des trois classes de vertébrés; ils s'enkystent; dans ce kyste se forme un distome parfait, sauf le sexe.
40 État parfait. Le kyste cercaire étant absorbé par on animal, le distomide, une fois mis en liberté, prend les deux sexes, le cycle est achevé.
Les distomides adultes ne vivent jamais libres : extraits des organes qu'ils habitent et placés dans Teau, ils se décomposent et périssent vite*. Ils se trouvent principalement dans le tube digestif, dans tes cavités respiratoires, dans les canaux biliaires, ehez les animaux vertébrés.
Le distome hépatique est connu vulgairement sous le nom de douve du foie; on le trouve chez l'homme et chez la plupart des mammifères.
Le distome hémalobie, appelé aussi Bilharzia, a été découvert en Egypte par le docteur Bilharz^on ne Va. encore trouvé qu'en Egypte. Cette espèce est à deux sexes distincts. La femelle est beaucoup plus petite que le mâle; elle est adhérente au mâle, incrustée dans une rainure longitudinale, de sorte qiue le couple ne semble faire qu'un animal. Le bilharzia vit chez l'homme dans la veine-porte et ses ramifications.
Les dimensions du distome hépatique sont de 18 à 31 millimètres en longueur, et de 4 à 13 millimètres en largeur, chez Tadulte. Le distome hématobie est long de 7 à 9 millimètres.
i Da VAINE, EntoroaireSj page xlvii.
§ III. Nématodes (grec vvjfxa fil,'vers en forme de fil, sous-embranchement des articulés, classe des helminthes, 2e ordre). — Les genres principaux sont le strongle, Tascaride lombricoïde, l'oxyure, la filaire et la trichine. Ce sont des animaux à sexes dislincts.
c On voit chez quelques nématodes, dit Van Beneden, des exemples de transmigrations qui leur sont tout à fait propres. A côté de vers qui sont toujours libres, d'autres ne sont libres qu'une partie de leur vie; d'autres transmigrent d'un animal à ua autre animal, et quelques-un^ même passent d'un organe à un autre organe. Uascaris nigro-renosa vit dans les ^poumons de la grenouille, puis va habiter le rectum du batracien ou la terre humide. Dans le poumon, il est très petit et vivipare; là il engendre des jeunes qui deviennent plus forts que leurs parents. La génération qui habite les poumons est hearmaphrodite ; Taulre est à sexes distincts; celle-ci a donc pour parents des hermaphrodites. Nous avons donc une mère, simple femelle ou hermaphrodite, très petite, qui pond, non des œufs, mais des petits tout formés. Au Jieu de vivre comme la mère dans le poumon et y respirer plus ou moins à Taise, ceux-ci vont se loger dans le rectum pour devenir, non pas comme leur mère, vivipares et hermaphrodites, mais ovipares et à sexes séparés. Ils engendrent à leur tour une race qui, au lieu de suivre l'exemple du père et de la mère, va comme la grand mère se loger dans les poumons*. »