Bâillon, Anatomie végétale^ page
fibres ligneuses; les plus extérieures, en face du liber, deviennent les éléments de nouveaux faisceaux libériens, A mesure que se complète ce travail d'organisation ^ la sève descendante développe entre les deux nouvelles couches un nouveau cambium qui subira ^s mêmes phases que le cambium précédent. Chaque année^ la zone d*accroissement se transforme ainsi en faisceaux ligneux et en faisceaux libériens; et chaque année, la zone se régénère pour se transformer, l'année suivante, en aubier et liber ^
U, Plw de structure caulinaire des monocotylédones. — Prenons pour modèle de plan de structure la tige ou stipe du palmier. Voici ce que Ton constate :
A* II n'y a pas de moelle localisée au centre;
B. Il n'y a pas de couche concentrique ligneuse;
Cp II n'y a pas de cambium ou zone génératrice;
D. Il n'y a pas de couche concentrique de liber;
E. Il n'y a pas de système de couches concentriques d'écorce;
F. Il n'y a pas de rayons médullaires divergents;
G. LeB faisceaux ligneux sont dispersés à côté les uns des autres; ils sont plus nombreux au pourtour qu'au centre; d'où la conséquence suivante :
IX, La. solidité est décroissante de la circonférence au centre; le centre a souvent une consistance très molle ;
L Par suite du mode d'accroissement, le diamètre du stipe (tronc) reste le même de la base au sommet.
4. Baillo?î, Anatomiey page 238, et Focillon, Dictionnaire des sciences naturelles, article Cambium.
III. Plan de structure caulinaire des agottlédones YASGULAiREs. — Voici le plan d'une fougère arborescente prise pour modèle :
A. Au centre, un disque de tissu cellulaire ;
B. Autour de ce disque, un cercle plus ou moins irrégulier de faisceaux fibro-vasculaires;
G. Autour du cercle des faisceaux, une zone de tissu cellulaire jaunâtre;
D. Autour de la zone jaunâtre, une zone noirâtre formée par les bases des rameaux-feuilles (frondes) ;
E. Une gaine épidermique;
F. La zone jaunâtre commiinique avec le disque central par des intervalles plus ou moins larges qui séparent les faisceaux fibro-vasculaires.
IV. Plan de structure des acotylédones cellulaires. — lo Chez les hépatiques et les mousses, la tige est composée de cellules allongées qui, quelquefois, deviennent des fibres.
2o Chez les algues, les lichens, les champignons, il n'y a plus d'axe caulinaire, c'est-à-dire de tige proprement dite; le tissu est entièrement cellulaire.
De la comparaison de ces quatre plans, il résulte que les végétaux sont construits sur quatre plans dissemblables, et non sur un plan unique.
V. Remarque au sujet du plan de structure des gymnospermes. — Les gymnospermes, sous-embranchement des dicotylées, comprennent deux classes, à savoir, celle des conifères et celle des cycadées.
A. Conifères. — Le plan structural des conifères est celui des dicotylédones, à savoir : couches concen-
lâ.
triques du bois, du liber, de la zone génératrice, etc. Les différences sont les suivantes : le bois est dépourvu de vrais vaisseaux ; il est composé de fibres offrant une ou plusieurs séries de ponctuations concaves.
B. Cycadees. — Même structure en couches concentriques, avec zone génératrice, rayons médullaires, etc • Les cycadees diffèrent des conifères en ceci : elles ressemblent :
lo Aux fougères, parleurs jeunes feuilles roulées en crosse;
2» Aux palmiers, par la forme et la disposition de leurs feuilles.
« Les cycadees, que les anciens botanistes avaient rapprochées, soit des palmiers, soit des fougères arborescentes et autres familles cryptogames, appartiennent évidemment à la classe des dicotylédones gymnospermes; elles se lient étroitement à la famille des conifères : l'organisation intérieure des tiges, rinflorescence, la structure des étamines, des ovules, des graines et de l'embryon, sont presque identiques dans les deux familles. La seule différence importante est dans le port et dans la foliation des cycadees *•
Cette différence ne peut pas plus servir à rejeter les cycadees hors de l'embranchement des dicotylées gymnospermes que la ressemblance extérieure des baleines avec les poissons n'a déterminé les naturalistes à faire sortir les cétacés de la classe des mammifères.