S'/O LA CAUSE PREMIÈRE
5« L*eau salée, Tatmosphère maritime produisent une taille plus courte et plus robuste, des plantes trapues, munies de tiges ou de feuilles charnues, succulentes, souvent glabres, quelquefois pourtant plus chargées de poils que dans les types ; c'est la variété maritima.
Toutes ces variations ne modifient en rien la disposition fondamentale du plan caulinaire.
II. Influence du milieu sur certaines parties de l'extérieur. — M. Lothelier a essayé de reproduire expérimentalement certains détails extérieurs qu'on observe sur les végétaux; il a concentré ses expériences sur les épines et les aiguillons.
lo tn cultivant dans une atmosphère très humide des épines-vinettes {berberis vulgaris) dont les piquants sont de nature nettement foliaire, M. Lothelier a obtenu des plantes à peu près dépourvues d'épines. Aux places où les épines se forment d'ordinaire, les feuilles normales se sont développées.
Inversement, dans l'air sec^ presque toutes les feuilles des rameaux ont perdu leur parenchyme et sont devenues piquantes.
En présence d'une grande humidité, les piquants qui ont la signification morphologique d'un rameau ou d'une feuille ont montré une tendance à reprendre le type normal de l'organe qu'ils représentent. Par contre, les piquants provenant de stipules, c'est-à-dire de parties qui ne sont pas indispensables à la vie de la plante, ont tendu à disparaître par voie de régression;
20 Au point de vue de Véclairement, l'ombre a produit les mêmes effets que Thumidité^ en amenant également la diminution du nombre et de la grandeur des piquants; mais ici cette suppression de l'épine résulte d'une atrophie de l'organe, et non ^l'un retour à l'état normal.
Cette application de la méthode expérimentale à la botanique éclaire d'un jour très vif les évolutions biologiques des végétaux ; mais elle laisse intacte la disposition fondamentale du plan caulinaire * .
III. Influence du milieu sur les éléments intérieurs DE la tige. — Les variations dans le milieu physicochimique ne retentissent que sur des caractères relativement peu importants de la structure des bois, à savoir, épaisseur des parois, des fibres, nombre des vaisseaux.
1® Le bois des espèces adaptées à une vie aquatique possède toujours des fibres ligneuses à parois minces ; les vaisseaux sont nombreux (chez les saules, par exemple);
20 Les espèces des régions sèches possèdent un bois dont les fibres ligneuses ont des parois fortement épaissies ; les vaisseaux sont peu nombreux (chez les chênes, par exemple). "
En un mot, les modifications dues aux influences extérieures n'affectent que les éléments du bois; dans
1. LoTHELiEu, Recherches analomiques sur les épines et les aiguillons des plantes, Revue scientifique, k mars 1894. Thèse pour le doctorat es sciences.
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une famille donnée, elles n'altèrent jamais la disposition fondamentale du plan ligneux ^
IV. Uniformité du climat terrestre jusqu'à la formation DU TERRAIN CRÉTACÉ ; SES CONSÉQUENCES. — LeS étudCS
et les découvertes des géologues ont mis en lumière un fait d'une importance capitale : A partir des terrains primitifs jusqu'à la fin de l'ère secondaire, c'est-àdire jusqu'à la formation du terrain crétacé, le climat a été uniforme, sur tout le globe, du pôle à l'équateur ; ce climat était à peu près celui que nous avons aujourd'hui aux tropiqaes.
Pour expliquer ce phénomène étrange, la seule hypothèse plausible est celle qu'a proposée M.Blandet ; elle est fondée sur la concentration progressive du soleil, conformément à la théorie cosmogonique de Laplace. Aujourd'hui le diamètre appai;ent du soleil est d'environ un demi-degré; avant l'époque tertiaire, il devait être, d'après M. Blandet, d'environ 47 degrés. Les pôles qui, aujourd'hui, restent annuellement six mois dans l'obscurité, ne connaissaient pas la nuit; le soleil versait continuellement sur eux la même quantité de lumière ou de chaleur que sur les autres parties du globe. Il suit de là que l'inégalité de température que donne aujourd'hui la différence des latitudes n'existait pas durant l'ère primaire et l'ère secondaire * .
1. IIouLBERT, Recherches sur le bois secondaire des apétales^ thèse pour le doctorat es sciences, Revue scientifique, 2S ia.nvier 1894.