Darwin, Variations, tome II, pages
fécondées, non par des mulets, mais par des chevaux.
Lorsqu'on croise deux hybrides provenant d'une première union entre deux espèces distinctes, les produits de ce croisement (si toutefois ce croisement est fécond)^ cessent d'avoir un caractère mixte, Us retournent en totalité à l'une des espèces mères, ou ils se partagent entre Tune et l'autre. Exemple : M. Naudin croisa le datura stramonium avec le datura ceratocaula. Les hybrides issus de ce croisement furent croisés entre eux ; les produits retournèrent tous au type datura stramonium.
Conclusion. — Des expériences et des observations faites sur les hybrides résulte lacopclusion suivante : Il est impossible qu'entre les espèces végétales sauvages appartenant au même genre, à plus forte raison à deux genres différents, se soit établie une espèce ayant des caractères intermédiaires entre les deux prétendus types-parents.
Y, — La sélection naturelle e{ la divep^^enee des earactères.
Comme les végétaux sont fixés au^sol et y puisent leur nourriture, la sélection naturelle n'a pour agents que le chaud et le froid, l'humide et le sec, ainsi que les croisements dont il vient d'être parlé.
D'autre part, comme la température du globe a conservé la même égalité, du pôle à l'équateur, jusqu'à l'époque crétacée, il s'ensuit que la sélection
naturelle n'a pu s'opérer, durant cette longue période, que par Tinfluence de Thumide ou du sec.
On a vu précédemment quelles modifications apportait aux éléments du bois l'habitat dans une région marécageuse ou dans une région sèche. Ces modifications affectent exclusivement l'épaisseur des fibres ligneuses et le nombre des vaisseaux.
On a vu pareillement quelles sont les modifications qu'impriment à l'aspect extérieur des végétaux les conditions variées du milieu ambiant; les divergences de caractères ne dépassent point celles qui sont propres aux variétés ou aux races.
En un mot, la sélection naturelle et la divergence des caractères qui en est la conséquence sont capables de créer des variétés et parfois des races ; jamais elles n'altèrent l'ordre et l'arrangement du plan de structure. La sélection artificielle, opérée par Thomme avec des ressources et une ingéniosité incomparables, n'a pas réussi davantage à faire passer une espèce dans le rang d'une autre espèce.
La concurrence entre certains végétaux pour l'occupation d'un même terrain amène la destruction de Tun ou de l'autre, mais le plan de l'espèce reste immuable dans son ordre structural.
De même pour les espèces qui ne peuvent être fécondées que par l'intermédiaire de certains insectes; si un accident atmosphérique ou une épidémie vient à supprimer ces insectes, les espèces, particulièrement les espèces annuelles, périssent; elles ne se transforment point.