Darwin, Variations y tome II, page
étaient dioïques ; chacune gagne à être fécondée par un autre individu *.
III. Hybridation. — On donne le nom d'hybridation au croisement entre espèces différentes, appartenant au même genre. L'hybride est la plante qui provient d'une graine obtenue par hybridation. Quatrefages résume ainsi les faits qui concernent Thybridation, soit naturelle, soit artificielle.
A. L'hybridation naturelle (par vent ou par insectes) est tellement rare que des naturalistes éminents en ont mis en doute la réalité. Toutefois on en connaît, selon M. Decaisne, une vingtaine d'exemples bien avérés.
B. Des études de Kœlreuter, de Gœrtner, de Naudin, il résulte que :
l^' L'hybridation artificielle (par les soins de l'homme) ne réussit jamais entre espèces de familles différentes ;
20 Elle réussit très rarement entre espèces de genres différents (en supposant que ces genres différents, créés par tel ou tel botaniste, soient des genres natvr rellement différents) ;
30 Elle échoue souvent entre espèces-du même genre, en apparence très voisines. (Dans le genre dianthiis, un grand nombre d'espèces se croisent facilement; dans le genre silène^ on n'a jamais pu réussir à obtenir
I. Lemaout et Decaisne, Traité de Botanique, pages i22-123. — Voir aussi Darwin, Origdne des Espèces, pages 290 et suivantes ; et Variations, tome II, chap. xix, pages 191 et suivantes,
le moindre hybride entre des espèces ext reniement voisines) ;
4<> Enfin elle e^i impossible chez^des familles entières (celle des cucurbitacées, d'après les expériences de Naudin)*.
Chez l'hybride végétal, l'équilibre physiologique est rompu au profit des appareils de la vie individuelle, c'est-à-dire des feuilles, de la tige, etc. « Tous les observateurs, Kœlreuter, Gœrtner, Lecoq, Naudin, etc., dit Darwin, ont été frappés de la vigueur, de la ténacjté, de la taille de leurs produits hybrides. Le fruit des hybrides, c'est-à-dire la partie qui enveloppe la graine, est bien développé alors môme qu'il ne renferme pas de graines, ce qui est le cas ordinaire •. »
En rtvanche, l'équilibre physiologique est rompu aux dépens des appareils de la vie de l'espèce, c'est-àdire des appareils reproducteurs :
1^ Les anthères des étamines ne renferment plus de véritable pollen, mais seulement des granulations irrégulières ;
2^ Les ovaires contiennent un peu moins rarement des ovules en bon état. Lorsque ce cas se présente, le plus souvent ces ovules resteraient stériles si la fécondation n'était pas opérée par le pollen d'individus non hybrides. C'est ainsi que chez les hybrides animaux, on cite deux ou trois cas de mules
-1 . QuATREFAGES, VEspèce fiumaine, page i9.