‹ La cause première d'après les données expérimentalesChapitre 150 sur 197 · II. — Chez les acotylédones ou cryptogames · texte numérisé non relu

II. — Chez les acotylédones ou cryptogames

La terminologie appliquée par les botanistes aux organes reproducteurs des acotylédones ou cryptogames s'écarte beaucoup de la terminologie appliquée à ceux des cotylédones ou phanérogames. Elle en diffère même tellement que le mécanisme de la reproduction chez les cryptogames semble n'avoir pas un seul point de contact avçc le mécanisme en vigueur chez les phanérogames. On serait induit à croire que ces deux mécanismes sont créés sur deux plans totalement étrangers Fun à l'autre. H n'en est rien. Malgré de profondes différences., on trouve, surtout chez les cryptogames vasculaires, les analogies et les types, soit d'organes, soit de mécanisme, qu'on a vus chez les phanérogames ;

i^ Uanthéridie des cryptogames est analogue à l'anthère des phanérogames.

2<> \j anthérozoïde est analogue au pollen des phanérogames ; il y a toutefois une différence capitale. En effet, tandis que le pollen est dénué de faculté locomotrice, les anthérozoïdes sont généralement ciliés et mobiles; on dirait des êtres animés; c'est ce qui leur a valu le nom de anthérozoïdes (zoïdes, en grec^ signiûe qui semble animé). Cette locomotilité est en concordance avec le milieu où vit généralement la plantç ; ce milieu est aqueux ou humide ; les anthérozoïdes nagent afin d'aller féconder Tarchégone ;

30 Varchégone (en grec, cavité où commence la naissance) est analogue à l'ovule des phanérogames ;

40 Le sporange (en grec, sac à spores) est analogue au sac embryonnaire des phanérogames ;

^^ La spore (en grec, semence ou graine) est analogue à la vésicule embryonnaire, d'où naît la nouvelle plante. C'est elle qui est fécondée.

Chez les cryptogames vasculaires, il est des spores qui ne sont jamais fécondées ; ces spores non fécondées sont analogues aux bulbilles des phanérogames. Le sporange qui contient ces spores n'est plus qu'un simple sac ; il n'a rien d'embryonnaire.

« Parmi les causes qui ont contribué à épaissir les ténèbres dont cette branche de la botanique est enveloppée, dit M. Decaisne, il faut mentionner le néologisme appliqué à la dénomination des divers organes observés ; trop souvent chaque auteur a voulu créer un vocabulaire spécial sans tenir compte de celui de ses devanciers ; les ' moindres modifications organiques, à mesure qu'elles se • présentaient, ont été désignées par un terme nouveau, de telle sorte qu'un même organe a reçu plusieurs noms, tandis que plus d'une fois, par surcroît de multiplication, on a vu le môme nom s'appliquer à des organes différents. Ce luxe de glossologie que déjà Linné appelait une calamité {Verbositas prœsente sœculo calamitas scientiœ) a toujours entravé la marche des études, même pour les phanérogames. Depuis longtemps la botanique réclame une réforme et une simplification de la glossologie cryptogamique. L'exemple le plus remar-

quable de l'extension abusive donnée à un même terme pour désigner des organes difTërents nous est fourni par le mot spore substitué pour les cryptogames comme équivalent à celui de graine pour les phanérogames. Dans les fougères, les marsiléacées, etc. (cryptogames vasculaires), cette prétendue graine ne peut se comparer qu'à un bulbille, ou plutôt à un bouton de fleur, qui contient en germe les organes de la reproduction, mais qui ne se développera et ne fleurira qu'après s'être séparé de la plante-mère*» »

Avant d'exposer, en commençant par le mode le plus simple, l'évolution progressive des modes de reproduction chez les cryptogames, il est utile de donner en détail le mécanisme du mode de reproduction chez Iéi plus élevée des cryptogames vasculaires, à savoir, la fougère. On se fera une idée plus nettq des organes cryptogamiques et des termes qui les désignent.

Mode de reproduction chez la fougère. •— A la face inférieure des frondes apparaissent des sporanges en amas ou sores^ selon le mot grec (xcDpoç amas. Les sores sont généralement recouverts d'une enveloppe

i. LemaoutcIDecaisne, Traité de Botanique, ^a.ge 741. Dans un sujet aussi difficile où la vanité et le manque d'esprit philosophique ont, selon l'expression de M. Dccaisnc, épaissi les ténèbres, je me suis efforcé d'introduire dans l'exposition des faits le plus de méthode et de clarté. Dans l'obscur fouillis dos détails je n'ai pris que ce qui était nécessaire au but poursuivi, c'cst-à-diro les faits cssontiols, ot, pour les exprimer, j'ai employé les mêmes ternies préalablement bien définis. En un mot, j'ai suivi l'excellent conseil de M. Decaisne.

qu'on appelle indmiuniy mot latin qui signifie ce qui revêt, chemise. L'indusium peut être absent ainsi qu'on le voit chez le polypodium.

La spore non fécondée (bulbille), échappée du sporange, germe au contact de la terre humide et se développe en une petite fronde (feuille) munie de radicelles qu'on appelle prothalle et aussi pro-embryon. Prothalle est un mot hybride qui signifie « plante antérieure k la plante définitive ».

La face inférieure du prothalle se couvre de vésicules transparentes qui - renferment des filaments roulés^en spirale et munis de cils doués de mouvement. Les vésicules s'appellent anthéridies; les filaments munis de cils, anthérozoïdes.

Dans le voisinage des anthéridies se trouvent de petits mamelons d'abord pleins et fermés, puis s'ouvrant ensuite en un tube dont la cavité se prolonge dans l'intérieur de la fronde ; ce sont les archégones. Au fond de la cavité de l'archégone existe un petit sac globuleux (le vrai sporange) où, après la fécondation, apparaîtra et se développera la spore (la vraie spore).

Toutes lès conditions de la fécondation étant ainsi disposées, les anthérozoïdes rompent la paroi de Tanthéridie, entraînant avec eux une sorte de vésicule mucilagineuse, et s'échappent en exécutant, au moyen de cils vibratiles, des mouvements très vifs de translation, mouvements favorisés par la pluie ou par la rosée qui humecte le mucilage projeté en môme temps qu'eux hors de l'anthéridie. Ils arrivent ainsi dans la

cavité de Farchégone ; le petit sac globuleux (vrai sporange) est fécondé ; un embryon se forme à Tintérieur.

L'embryon ou spore fécondée entre en germination, tout en restant encbâssé dans le prothalle; il se développe en un bourgeon feuille qui émet inférieurement une, puis plusieurs racines. La jeune fougère vit alors de son existence propre; le prothalle épuisé n'est plus qu'un petit corps étranger qui disparaît bientôt.

Évolution du mode de reproduction chez les cryptogames. — | L II n'y a pas d'organbs sexués;

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