Saporta et Marion, Cryptogames^ page
frappa d'un si grand étonnement les premiers observateurs que ceux-ci les mirent au rang des animalcules.
« Quand on considère le rôle physiologique des anthérozoïdes et des zoospores, dit Decaisne, lequel semble emprunte à l'animalité, on ne peut méconnaître le lien mystérieux qui unit les deux règnes. De là l'ingénieuse comparaison qui représente le règne animal et le règne végétal comme deux arbres s'éloignant l'un de l'autre par leur cime et s'enchevêtrant par leurs racines. Linné exprimait la même pensée en disant dans sa Philosophie botanique que la nature associe les animaux et les plantes par leurs espèces les plus imparfaites *. » Il n'est pas de fait qui soit plus contraire à la théorie du perfectionnement graduel. Celle-ci, en effet, exigerait que les agents de la reproduction s'élevassent en excellence au fur et à mesure que dans la suite des siècles se développe le règne végétal; par conséquent, c'est le pollen immobile et l'embryon dénué de faculté locomotrice qui eussent dû précéder l'anthérozoïde et la zoospore; ceux-ci, à leur tour, eussent dû être l'apanage des végétaux supérieurs, de sorte que la transition entre le règne végétal et le règne animal se fût accomplie conformément à la loi du perfectionnement graduel. Or c'est l'opposé qui éclate aux yeux; le type des deux agents de la reproduction végétale est allé se détériorant d'un embranchement à l'autre, si bien