II. — Conclasion morale
Les données expérimentales nous montrent qu'à l'origine primordiale, il y a eu wn plan attestant d'une manière incontestable une intelligence et une idée directrice; les lois physiques et naturelles, qui pré&ident avec constance et stabilité au déroulement de tous les phénomènes, font éclater cette intelligence et cette idée directrice.
Malheureusement, lorsqu'on essaye de comparer et de contrôler avec les faits particuliers les déductions morales tirées de l'existence de cette intelligence créatrice et ordonnatrice, on se heurte à des contradictions irréductibles, à des problèmes insolubles. En philosophie, la maxime dirigeante est celle-ci : « Dans le doute, abstiens-toi. » Savoir ignorer est la règle nécessaire lorsqu'on est impuissant à discerner la cause certaine, toujours vérifiable, d'un groupe de phénomènes. Ce n'est faire preuve ni d'esprit scientifique ni d'esprit philosophique que de regimber contre la nécessité de l'ignorance pour se lancer éperdument dans les théories spécieuses, œuvres d'une imagination quelquefois séduisante, mais démenties par les faits et entraîhant les esprits à un grave danger, à savoir, celui de se laisser égarer à la poursuite d'une chimère et de frapper ainsi de stérilité tous les travaux et tous les efforts.
Il suit de la qu'au point de vue des attributs morjaux, le philosophe n'a qu'un seul parti à prendre, celui de se résigner provisoirement à l'ignorance.