II. Les altérations particulières et limitées de cer
TAIiVES RÉGIONS DE l'oRGANE CERVEAU ENTRAINENT UNE ALTÉ- RATION spéciale ET LIMITÉE DE LA FONCTION AME. — Lcs
observations pathologiques, confirmées par les autopsies et les expériences, ont démontré d'abord qu'il y a des centres perceptifs généraux ; puis, que ces centres perceptifs généraux se subdivisent en centres perceptifs partiels.
1® Centres perceptifs généraux. A. L'altération delà première circonvolution temporale de Thémisphère gauche entraîne la surdité verbale, c'est-à-dire l'altération de la mémoire auditive des mots parlés.
B. L'altération de \^ seconde circonvolution pariétale de rhémisphère gauche entraîne la cécité verbale, c'està-dire la perte de la mémoire visuelle des mots écrits.
C. L'altération de \a,troisième circonvolution frontale de l'hémisphère gauche, à l'endroit appelé le plisoarcilier, entraîne ïaphémie, c'est-à-dire la perte de la mémoire motrice des mots parlés.
D. L'altération de Isl seconde circonvolution frontale de l'hémisphère gauche entraîne Vagraphie, c'est-àdire la perte de la mémoire motrice des mots écrits.
Ces quatre altérations sont connues en pathologie sous le nom général d'aphasie:
50 LA CAUSE PREMIÈUE
2<^ Centres perceptifs partiels. Les centres perceptifs généraux se subdivisent eux-mêmes en centres perceptifs partiels ainsi que le prouvent les observations suivantes : A la suite de blessures, de chutes ou même «l'ingestion de médicaments, on a constaté chez plusieurs personnes la perle exclusive de la mémoire, soit des figures, soit de la musique, soit de tous les îiomtïffs, soit de deux nombres seulement, soit d'une langue étrangère, soit de tous les substantifs, soit de plusieurs lettres de l'alphabet, soit d'une lettre, etc.
On donne le nom de localisations cérébrales à ces centres généraux ou partiels où sont localisées telle ou telle fonction psychique. La connaissance des localisations E^érébrales contribue puissamment à l'art de guérir ; sur elle est fondée toute une thérapeutique.
Concussion. Des deux faits constatés et acquis à la science, à savoir :
1" Existence de centres moteurs et de centres perceptifs généraux;
2^ Subdivision des centres généraux en centres partiels;
H résulte que :
1° La fonction générale du cerveau n'a pas pour caractère essentiel l'unité simple ;
2^ L'unité de la fonction générale du cerveau provient de l'association, du conflit et de la combinaison d'un certain nombre de fonctions particulières, lesquelles sont les unités composantes de la fonction générate; par conséquent cette unité est une résultante. La conclusion définitive est donc la suivante :
LA MATIÈRE, l'ÉNERGIE, LA VIE. l'aME 51
La fonction générale du cerveau ou, en langage philosophique, ÏAme est une résultante.
Cette conclusion, tirée des faits pathologiques, va être déduite [également des phases normales de la vie.
IH.— Les faits norniaux de la vie prouvent que l'unité de l'âme est une résultante.
Pendant de longs siècles, la lumière blanche a été considérée comme étant une et simple. Avec le prfsme on l'a décomposée en sept couleurs; puis, faisant passer les sçpt couleurs par une lentille convergente, on a recomposé la lumière blanche. Preuve et contreépreuve, la démonstration est complète. L'unité simple de lumière était une illusion ; le moi lumineux est une résultante.
Pendant de longs siècles, Feau a été considérée comme une substance une ei simple. Après la découverte de rélectricité voltaïque au commencement du XIX® siècle, l'eau, placée dans un voltamètre, a été décomposée en hydrogène et en oxygène; puis, recueillant cet hydrogène et cet oxygène dans un -tube de verre épais, on a fait jaillir l'étincelle électrique, l'eau a été recomposée. Preuve et contre-épreuve, la démonstration est complète. L'unité simple de la substance eau était une illusion ; le moi de l'eau est une résultante.
Et ainsi d'une multitude d'autres substances.
02 LA CAUSE PKEMIKHE
11 en est du moi humain ce qu'il en est de l'eau et de la lumière; son unité simple est une illusion; le moi humain est une résultante. Ce que le prisme a fait pour la lumière, et l'électricité voltaïque pour l'eau, ce sont les maladies nerveuses et les accidents qui le font pour le moi humain. Les maladies nerveuses font l'analyse du moi, la guérison le recompose.
1. Constitution du moi. — Soumis à l'analyse psychologique, le moi présente trois groupes de faits :
A. Le groupe des faits sensibles : il comprend les sensations, les instincts, les sentiments;
B. Le groupe des faits intellectuels : il comprend les connaissances venant d'autrui et les connaissances ac!|uises par soi-même;
C. Le groupe des faits moraux : il comprend tous les faits volontaires.
Le groupe des faits sensibles est le groupe fondamental. Il est, en effet, le produit immédiat de la structure de l'organisme. Seul élément constituant du moi lorsque l'enfant vient au jour, il est souvent le seul qui subsiste encore à l'heure de la mort, tandis que sous le coup des ans ou de la maladie, le savoir, l'intelligence et la moralité ont depuis longtemps succombe.
Les connaissances venant d'autrui forment la presque totalité du trésor intellectuel du moi. Sans le riche et précieux héritage légué par le passé, le moi, réduit aux connaissances qu'il est capable d'acquérir par lui-même, connaîtrait bien peu de chose. Quant aux connaissances acquises par soi-même, elles sont
LA MATIÈRE, l'ÉXERGIE, LA VIE, L AME ;>>
subordonnées aux aptitudes naturelles de l'organisme, à sa structure, à sa manière de sentir.
On agit selon la décision prise; on veut selon la manière dont on a jugé les choses ; or on juge les choses selon la manière de sentir. Les actes ne sont que la traduction extérieure et tangible delà manière dont on ajugé
II. Caractère distingtif de la personnalité. — Ce qui distingue le moi d'un homme du moi d'un autre homme, ce sont les rapports définis et propres qui lient entre eux ses instincts, ses sensations, ses sentiments, ses connaissances, ses jugements et ses volitions. C'est l'association de ces rapports définis el propres, c'est leur pénétration réciproque et leur combinaison qui constituent la personnalité.
III. Évolution du moi durant la vie. — A. Sous l'influence de l'éducation et des passions, le moi varie, change et se transforme complètement.
B. A partir de Tenfance, le moi purement végétatif s'enrichit graduellement d'éléments nouveaux ; il devient un moi intellectuel et moral.
C. Au déclin de la vieillesse, le moi intellectuel et moral perd l'un après l'autre ses éléments composants, il redevient purement végétatif.
Conclusion. — Corporellement, par suile de l'évolution continue des molécules intégrantes, à partir de la naissance jusqu'à la mort, l'homme n'est jamais, à aucun moment dpnné, identique à lui-même.
Psychiquementy par suite de l'évolution continue des sentiments, des connaissances, des jugements et
des volilîoTiB, à partir de la naissance jusqu'à la mort l'homme n'est jamais, à aucun moment donné, identique à lui-même.
La pénétration réciproque et la combinaison mutuelle des sensations, des connaissances, des jugements et des volitions font de l'unité du moi, non pas une unité collective, mais une résultante.
L[i résuliMiUe psychique correspond nécessairement à la rosLiUaule corporelle, c'est-a-dire aux variations et aux chan^ments qui se font dans les appareils aensoriaux et dans les viscères, soit à la suite du cours des années.
li s'ensuit qu'un même individu peut avoir conscieace de son identité personnelle, à savoir qu'il conserve le même type corporel ou figuré, et à la fois avoir conscience de Talternance en lui de deux résultantes psyehiques, c'est-à-dire de deux moi distincts, lesquels correspondent à l'alternance de deux disposiliocs runctionnelles dans les appareils sensoriaux et dans les viscères. Cette déduction est confirniée d'une manière (saisissante par plusieurs cas que les médecins ont conslal es, entre autres, par lecasdeFelida (D^Azam) et par celui de M"® Rosalie Laborderie (D^ Dufay).
IV, — J.e progrès du cerireau dans toute la série animale est suivi du progrès de r&me.
La vie réside essentiellement dans l'irritabilité et la motilUé; le système nerveux n'est qu'un appareil de perreetionnement.
I. Le ganglion cérébral. — A. Quand apparaît le ganglion cérébral, alors apparaît manifestement Vinstinct.
B. Quand s'accroît et se développe le ganglion cérébral, alors se développent les instincts et apparaît V intelligence.
II. Le cerveau animal. — Le cerveau est un progrès sur le ganglion cérébral; il fonctionne d'autant mieux que le sang qui le vivifie est cbaud et oxygéné.
A, Où le cerveau est peu développé et le sang froid, là rintelligence est nidimentaire; c'est Tinslinct qui domine.
B. Où le cetrveau est développent le sang chaud, là l'intelligence s'accroît et les sentiments passionnels apparaissent.
IIL. Le cerveau humain. — De Tampoule creuse, origine embryonnaire du cerveau, au cerveau de l'homme adulte, le progrès de l'organe est suivi du progrès de la fonction psychique.
La fonction psychique n'a sa plénitude qu'entre deux limites de poids cérébral, une limite minimum et une limite maximum.
A. Quoiqu'il soit impossible de mesurer la quantité d'intelligence, soit d'après le poids du cerveau, soit d'après le nombre des circonvolutions, cependant le poids du cerveau et les circonvolutions sont en relation générale avec le degré de la fonction psychique; c'est ce que prouvent :
Au sein d'une même race, la comparaison entre les