EXAMEN CRITIQUE DES CONCLUSIONS DE LA PHYSIOLOGIE MATÉRIALISTE
I. L'ÉPIGÈNÉSE PROUVE LE PLAN PRIMORDIAL PARCE QUE CHAQUE PARTIE SE REND FATALEMENT A SA PLACE EN VERTU
d'dne consigne préétablie. — Pour affirmer qu'une maison est unp œuvre d'art*, il n'est pas nécessaire que la première pierre soit elle-même la maison en miniature. II suffit que s'étant formée pierre à pierre et par additions successives, la maison présente, une fois achevée, les traces d'une pensée directrice et l'exécution d'un plan. Il en est de même do l édifice qu'on appelle un être vivant; la formation de l'embryon par épigénèse est donc loin de renverser la doctrine du plan primordial. Tout au contraire, elle lui donne une grande force en montrant que chaque pièce, quoique formée isolément, se rend à une place marquée d'avance comme si elle obéissait à la consigne d'un invisible architecte. « Les phénomènes de l'évolution, dit Claude Bernard, s'exécutent par suite d'une cause initiale donnée; leur apparition représente une série de consignes réglées d'avance qui en réalité s'exécutent isolément. Si vous voyez deux organes se développer successivement ou simultanément pour concourir en apparence à un but commun, vous pouvez croire que rinlluence ou la présence de l'un a commandé logiquement la formation de l'autre, ce serait une erreur : ces deux organes se sont développés aveuglément par suite d'une consigne qui peut nous paraftre parfois complètement illogique, comme le sont d'ailleurs toutes les consignes quand on les considère dans leur application à des cas particuliers imprévus. Prenons un exemple : Si l'on observe le premier développemeiit