IV. La connaissance de l'embryogénie a mis hors de
doute qu'il y a un dessin préétabli dans LA manière DONT
se forment et s'arrangent harmonieusement les organes DE l'être vivant. — C'cst au nom des conquêtes de la physiologie moderne, que les matérialistes ont combattu la vue philosophique d'un plan primordial;
c'est au nom de ces mêmes conquêtes que Claude Bernard affirme avec énergie l'existence de ce plan : « Il y a dans le corps animé un arrangement, une sorte d'ordonnance que l'on ne saurait laisser dans l'ombre, parce qu'elle est véritablement le trait le plus saillant des êtres vivants... Les phénomènes vitaux ont bien leurs conditions physico-chimiques rigoureusement déterminées; mais en même temps ils se subordonnent et se succèdent dans un enchaînement et suivant une loi fixée d'avance; ils se répètent éternellement, avec ordre, régularité, constance, et s'harmonisent en vue d'un résultat qui est l'organisation et l'accroissement de l'individu, animal ou végétal. Il y a comme un dessin préétabli de chaque être et de chaque organe, en sorte que, si considéré isolément, chaque phénomène de l'économie est tributaire des forces générales de la nature, pris dans ses rapports avec les autres il révèle un lien spécial, il semble dirigé par quelque guide iîivisible ddius la route qu'il suit, et amené dans la place qu'il occupe. La plus simple méditation nous fait apercevoir un caractère de premier ordre, un quid proprium de l'être vivant, dans cette ordonnance vitale préétablie *. »