Physiologie détermliftisle
L'argumentation de la Physiologie déterministe aboutit à ces deux propositions :
i. Cl. Bernard, Phénomènes de la vie, tome I"", page 50. Science expérimentale, page 209.
1« Il n'y a pas de cause flnale actuellement agissante; c'est-à-dire, en style théologique, il n'y a pas de Providence particulière;
2» 11 y a, à Torigine des types, un plan et une idée directrice ; c'est-à-dire, en style théoiogique, il y a une Providence générale.
I. Il ^'y a pas de cause finalk actuellement agissante. — Claude Bernard nie a chaque instant et avec une vivacité croissante toute intervention d'une cause finale qui agirait actuellement dans chaque être apparaissant au jour. La page suivante résume, avec preuves à l'appui, la doctrine de l'illustre physiologiste sur ce point capital : « L'ordre des causes finales se confond avec l'ordre des causes initiales ou premières. Prenons un exemple: imaginons qu'on suive le développement d'un être donné, d'un lapin. On verra successivement se constituer les différents organes. L'œil avec sa structure si particulière est organisé précisément afin de recevoir l'impression de la lumière; et, suivant un partisan des causes finales, c'est ce but qui déterminera sa formation et qui présidera à sa constitution successive. C'est contre cet abus qu'il faut protester en physiologie. La cause finale n'intervient point comme loi de nature actuelle et efficace. Ce lapin n'arrivera peut-être pas a terme, «on œil lui sera inutile; il ne recevra jamais l'action de la lumière. 11 en est de môme dans le cas d'une poule sans mâle qui pond un œuf nécessairement infécond. L'organe n'est pas fait actuellement dans la prévision de la fonction, car la cause finale se serait
BÎngulieiement trompée. Ce serait une prévoyance bif^înaveiiiïle que celle dont les calculs seraient si souvent drJDiiés, L'œil se fait chez le lapin parce qu'il s'est l'ail chez ses antécédents et que la nature répète éter-' nullement sa consigne. Ce n'est point pour l'usage que cehjî-cî en tirera que la nature travaille. Elle refait ce qucUf a (nit : c'est là la loi. C'est donc seulement au diMnil que Ton peut invoquer sa prévoyance; c'est n ruri;;lri(.% \\ faut remonter à la Cause première. La causG Ihuïlo est la conséquence delà Cause première; rîltia se fufulent l'une et l'autre dans un inaccessible ItHJihfn. La raison qui fait que la poule couve ses œufs nVst pa^ tfrfttellement dé produire le développement flu Jtiuim animal. Donnez-lui un œuf de plâtre, elle le couvent ri^alement, et elle poussera des cris si on le lui enlève. Elle couve en vertu d'une consigne que ses aiUiît'tvipntï» ont conservée, et non dans un but et pour un iijïkliilf: actuels. La loi préétablie n'existe qu'à Torigine, f?l tout ce qui est actuel en est le déroulement * . » IL II y a, a l'origine primordiale des tjtpes, un plan ET UMii ïniiii DIRECTRICE. — « Ce qui est essentiellement du Lluiijuine de la vie et ce qui n'appartient nia la chimie^ ni a la physique, ni à rien autre chose, c'est Vidée iltreclriçede l'évolution vitale. Dans tout germe vhuiil, il va une idée créatrice qui s« développe et se iiiaiiirt^slr [lat l'organisation ^ »
I. i\L, \itfMSMiD, Phénomènes de la vie, tome I", page 330. Voir aUît^r |n(ges 331-337.
i^ Va,, UfcHSAUD, Introduction à la Médecine expérimentale,
LES CAUSES FINALES l::il
Dans le passage suivant^ Claude Bernard délimite avec plus de précision encore le rôle de la cause directrice et celui de la physico-chimie :
c II y a dans un phénomène vital, comme dans tout autre phénomène naturel, deux ordres de causes :
io Une Cause première créatrice, législatrice et directrice de la vie, et inaccessible à nos connaissances;
2o Une cause prochaine ou exécutrice du phénomène vital, qui toujours est de nature physico-chimique et tombe dans le domaine de Texpérimenta* teur *. »
Quant au plan primordial, on peut aux citations précédentes ajouter les extraits suivants : t Quand' on observe l'évolution ou la création d'un être vivant dans Tœuf, on voit clairement que son organisation est la conséquence d'une loi organique qui préexiste d'après une idée préconçue, et qui s'est transmise par tradition organique d'un être à l'autre. Nous voyons dans l'évolution apparaître une simple ébauche de l'être avant toute organisation. Les contours du corps et des organes sont d'abord simplement arrêtés, en commençant, bien entendu, par les échafaudages organiques provisoires, qui serviront d'appareils fonctionnels temporaires au fœtus. Aucun tissu n'est d'abord distinct; toute la masse n'est constituée que par des cellules plasmatiques ou embryonnaires; mais dans ce canevas vital, est tracé le dessin