‹ La cause première d'après les données expérimentalesChapitre 52 sur 197 · II. C'est la forme physique de l'aliment et non sa · texte numérisé non relu

II. C'est la forme physique de l'aliment et non sa

NATURE QUI FAIT QUE TEL AMM.VL CUOISIT POUR SE NOURRIR l'AUMENT HERBE, ET TEL AUTRE, L'ALIMENT CHAIR. — La

distinction d'animaux qui se nourrissent de végétaux et d'animaux qui se nourrissent de viande est importante aux yeux des zoologistes, car elle commande une foule de particularités d'organisation et régit la structure de l'être. Mais cette distinction est nulle aux yeux de la physiologie générale, car le même être qui est astreint, par le caractère imprimé à son organisme, à se nourrir d'herbages, digère parfaitement la viande si on la lui présente sous une forme physique acceptable. La réciproque est également vraie.

Un chien, par exemple, mourra de faim à cAté d'un tas de blé; il n'y touchera point. Son instinct s'arrête à la forme physique, laquelle n'est effectivement pas appropriée aux premières parties de son tube digestif. Broyez ce froment et mêlez un peu d'eau à cette farine, voici l'animal qui acceptera parfaitement le pain, genre de nourriture dont la forme physique

i. Cl. Bernard, Phénom. de la vie, tome II, page 135.

n'a plus rien d'incompatible avec son organisation.

De même un lapin périra d'inanition à côté d'une proie vivante ou même d'un quartier d(f viande ; réduisez cette viande en fragments, faites-la bouillir ; il l'acceptera sans difficulté et la digérera le plus facilement du monde.

Ainsi, nous le voyons, les qualités chimiques essentielles dun aliment sont cachées à l'animal ; son instinct s'arrête aux qualités physiques. L'homme, au contraire, doué (Je l'intelligence qui corrige l'instinct, est omnivore. Il sait donner aux aliments la forme qui les rend acceptables; il a recours pour cela aux artifices de la cuisson et de toutes les préparations culi- • naireSj devant lesquelles disparaissent les qualités physiques. Tout animal serait omnivore comme Thomme, s'il savait se procurer les aliments végétaux ou des proies vivantes et les préparer d'une façon convenable; son tube digestif est, en effet, capable de les digérer *.

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