‹ La cause première d'après les données expérimentalesChapitre 67 sur 197 · QuATHEFAGES, Métamorphoses, page 168 et suivantes · texte numérisé non relu

QuATHEFAGES, Métamorphoses, page 168 et suivantes

constamment les produits des mômes progéniteurs. Il n'en est pas moins vrai que dans les groupes d'animaux supérieurs elle règne d'une manière générale. Aussi chacun se fait-il des animaux observés un type uniforme. Par exemple, le nom du mouton rappellera h tout fermier un animal d'une certaine stature, portant une toison de laine, etc. Lorsque, par des causes connues ou non, on voit dans un troupeau composé d'individus semblables apparaître tout à coup une dissemblance frappante chez un nouveau fils, quel nom lui donner? Celui de variété. En 1761, dans une ferme du Massachussets, aux Etats-Unis, naquit un bélier différant de ses frères par ses membres, lesquels avaient les proportions de ceux du chien basset. Ce caractère imprévu, qui s'écartait considérablement du type du troupeau, faisait de ce bélier une variété. La variété est donc une dissemblance qui se manifeste dans un ensemble de caractères uniformes,

La brièveté des jambes de notre bélier basset l'empêchait de franchir les clôtures, cela présentait un avantage. C'est pourquoi on employa ce bélier comme reproducteur; et, quelques années après, un troupeau entier de moutons-bassets peuplait la ferme : une nouvelle race, celle des ancons, était créée. La race est donc Vensemble des individus issus d'une variété qui leur a transmis en héritage son caractère distinctif.

Puisque la race est l'ensemble d'individus qui reproduisent uniformément par voie d'héritage le caractère d'une variété, il suit de là que la notion de

ressemblance est inséparable de Vidée de race. Aussitôt, en effet, que cette ressemblance s'altère en quelque point, l'individu porteur de cet écart devient une variété. Si celte variété peut être transmise par héritage à une succession de descendants, une autre race ou sous-race est créée. Et toutes ces variétés, races ou sous-races, appartiennent à la même espèce parce que toutes elles descendent, par filiation, d'une même paire de progéniteurs.

On appelle Métissage le croisement des races appartenant à la même espèce. Le métis est le produit de ce croisement.

On appelle Hybridation le croisement d'individus appartenant h deux espèces distinctes. L'hybride est le produit, s*il y en a, de ce croisement. L'hybridité est la condition d'un animal hybride.

On appelle Atavisme (latin, atavus, ancêtre) la tendance qu'ont les descendants modifiés et croisés à reprendre un ou plusieurs caractères de la souche primitive. En voici un frappant exemple cité par Girou de Busareingues : Un chien braque par caractère, mais qui provenait d une famille métisse de braque et d'épagneul, fut uni à une femelle braque de race pure : il engendra des épagneuls.

On appelle retour au type des parents le phénomène suivant : Lorsqu'on croise deux hybrides provenant d'une première union entre deux espèces distinctes, les produits du croisement de ces deux hybrides, si ce croisement est fécond, cessent d'avoir un caractère mixte : ils retournent en totalité à l'une ou à

l'autre des espèces-mères. Exemple : en 1856, Guérin de Méneville croisa le ver à soie de l'ailanle avec le ver à soie du ricin. Les hybrides obtenus furent mixtes, c'est-à-dire que chacun participait des deux types à la fois. Mais croisés entre eux, à la troisième génération, les hybrides retournèrent tous, les uns au type allante, le plus grand nombre au type ricin. On donne le nom d'Oscillation au phénomène suivant : lorsqu'une variété apparaît, telle que le mouton-ancon ou le mouton-mauchamp, le croisement ne donne pas toujours des enfants possédant le caractère varié du père. L'atavisme ramène de temps en temps des produits semblables au type uniforme de l'espèce . Les éleveurs le savent bien; aussi ce n'est guère qu'après plusieurs générations et des sélections faites avec intelligence et sévérité qu'ils parviennent à asseoir la race. Ces effets d'atavisme, renaissants mais isolés, sont les oscillations qui précèdent l'établissement d'une race.

Il importe de ne pas confondre l'atavisme et par conséquent Tosôillation avec le retour aux types-parents. En effet, l'Atavisme est le retour d'un ou de quelques-uns (métis) au type uniforme de l'espèce, tandis que la presque universalité conserve et transmet la variation. Le Retour au type est le retour de tous (hybrides) aux types-parents, tandis que pas un ne conserve ni transmet le caractère mixte du premier croisement.

L'atavisme n'empêche jamais la formation d'une race; le retour au type l'empêche toujours. Distinc-

tion précieuse à maintenir, car elle sert à caractériser avec netteté le métis et l'hybride.

ff 11 n'est permis en physiologie, a dit Agassiz, d'envisager comme membres d'une même famille que les seuls individus dont la filiation généalogique peut être démontrée*. » Filiation généalogique, c'est la fécoadité du père transmise au fils, et ainsi de suite mm inlerruptiou; car, à l'instant où s'arrêterait la fécoDdité, la filiation cesserait d'exister. Par conséquent, jHiaiiùn généalogique et fécondité continue sont deux termes corrélatifs, exprimant le même fait, maïs k deux points de vue :

i^ ConsidtUt'i comme effet, le lien qui unit un groupe d'individus s'appelle filiation généalogique ;

2** Considéré comme cause, ce même lien s'appelle fécondité continue.

Lorsque étant donnés deux groupes d'individus inconnus, il s'agit de découvrir s'ils sont de même espèce ou d'espèces distinctes, il est clair que le critérium sera la fécondité continue. Lui seul est infaillible.

* L'histoire naturelle, dit Cuvier dans son Introduction au règne animal, doit avoir pour base ce que l'on nomme un système de la nature ou un grand catalogue dans lequel tous les êtres portent des noms convenus, puissent être reconnus par des caractères distiDclifs, et soient distribués en divisions et subdi visions, elles-mêmes nommées et caractérisées, où on puisse les chercher.

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