‹ La Cautérisation par le Feu: Son Application aux Lésions Tendineuses sur le Cheval de LuxeChapitre 12 sur 34 · EN POINTES · texte numérisé non relu

EN POINTES

Le choix des pointes ou des raies, pour procéder à la cautérisation, n’est pas uniquement du ressort de la fanlaisie du propriétaire ou d’une idée préconçue de l'opérateur. II faut adapter au genre et au degré de la lésion à traiter l'emploi de l’un ou de l'autre genre de cautère.

Les pointes seront de préférence indiquées pour les chevaux dont les balzanes feront un véritable écran piqueté, attirant le regard dès l’abord.

Les déformations peu exagérées des régions tendineuses entraiîneront elles aussi la cautérisation en pointes; voici pourquoi : Sur une coupe transversale, par rapport à axe du canon, et dans cette observation, nous trouverons d'arrière en avant, une première bosselure, formée par l’accolement des deux fléchisseurs: puis. une lacune étroite, la séparant d'une mince élévation, produite par l’arête latérale du suspenseur, immédiatement suivie d’un dénivellement précédent la saillie, parfois très abrupte, du métacarpien principal. qui se courbe à son tour en une inflexion fuyante. Considérer alors les mouvements de bascule à imprimer au caulère cultellaire, et on comprendra les risques de couper la peau, aver les coins souvent aigus, tranchants parce que amincis au feu, et l'inégalité fatale de la répartition de la chaleur, sur l'ensemble d’une même ligne.

Si l’on se trouve en présence d'une lésion se tra-

st

duisant par une volumineuse déformation de la région, ou malgré l’emploi des fondants, l’œdème a peu diminué, il sied encore de préférer les pointes, pour favoriser d'abord l'écoulement de la sérosité, quitte à se servir des cautères en raies quelques semaines plus tard pour obtenir après une nouvelle application du feu l’action contentive d’un bandage hémielliptique naturel et cicatriciel.

La technique de l’application du feu comprend deux parties : le ‘tracer et la cautérisation. Toutes deux se mêlent d'ailleurs dans la pratique et sont synchroniquement liées. Les deux opérations se font simultanément.

Le tracer. — La pointe du cautère tenue perpendiculairement à la surface de la région à opérer, maintenir la tige de l'instrument parallèle au rayon osseux correspondant et tracer toute la première ligne de pointes de haut en bas, en les espaçant de 6 à 8 millimètres. [Il est bon de se rappeler que la lésion régresse généralement et que la surface de la peau diminue après l’inflammation : les pointes devront donc être un petit peu plus écartées sur un membre très engorgé; commencer loujours le tracé à la face postérieure en partie médiane. La seconde ‘igne de pointes sera tracée aussi près que possible de la première, et ainsi de suite, en ayant soin de disposer le dessin en quinconces, mais irrégulièrement losangiques : sur une surface aussi tourmentée qu’un

membre, il n'est pas possible de maintenir des lignes

droites sans les écarter latéralement : le secret du joli feu est, au contraire, de serrer les lignes en épousant les irrégularités de la région et d'enrouler le tendon - dans ie dessin. Il faut encore terminer le feu; denteler les extrémités du dessin : et que l'œil complète luimême le tracer qui doit se perdre graduellement au moment où une dénivellation du membre le permet.

La cautérisation. — « À chaque pointe, je traverse la peau. » A ni.

Cette affirmation prênée autrefois par un de nos collègues, a reçu par la pratique sa consécration. Garsault et Solleyseyl appliquaient déjà de feu en « perçant le cuir », mais avaient eu peu d’imitateurs. Urbain Leblanc fit alors connaître le feu en pointes fines et pénétrantes; comme lui, aujourd’hui, nous arrêtons la pénétration du cautère au tissu conjonctif. Trop souvent, nous avons constaté des insuccès sur des sujets à peau très fine, ou sur des lésions peu graves qui ne semblaient pas nécessiter une cautérisation suffisamment forte : Laisser s’enfoncer le cautère par son propre poids jusqu'après avoir traversé le derme: une grande habitude permet de juger le degré de pénétration à la simple sensation manuelle. E est inutile alors de repasser plusieurs fois dans chaque pointe : jamais nous n'avons employé la cautérisation profonde jusqu’au sein même du tissu lésé : ce que nous expliquerons dans la division se rapportant à l’action première du feu et la façon dont j modifie les tissus : une infinité d'hémorragies capil-

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