‹ La Cautérisation par le Feu: Son Application aux Lésions Tendineuses sur le Cheval de LuxeChapitre 23 sur 34 · ACTION DU FEU · texte numérisé non relu

ACTION DU FEU

« Simila similibus curantur » : c’est dans la cautérisation que cet axiome trouve son explication la plus favorable; la similitude entre le moyen thérapeutique et la nature de la lésion à soigner : inflammation contre inflammation : comment l’une agit-e'le sur l’autre ? Comment d’un tissu malade, la nature va-t-eile aider à former un tissu guéri ? Il ne peut être question, bien entendu, de rendre au tendon sa structure primitive, ni son intégrité, mais de lui faire recouvrer avec une élasticité moindre, une soliditi durable et suffisante au rôle et à la fonction qu'il doit jouer. $ Considérons d’abord les tissus qui vont supporter la première atteinte du fer rouge, tissus encore indemnes, où l’irritation sera vite circonscrite el où l'inflammation produite aidera à lutter victorieuse-

ment contre la lésion première

A) La peau. — Recouvrant tous les organes sousjacents, c’est elle qui va d’abord être touchée : sa couche superficielle, épiderme, épithélium stratifié,

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pavimenteux à couche basale cylindrique, contenant les granulations pigmentaires (stratum granulosum) est recouverte elle-même d’une couche cornée à cellules plates : c'est par sa basale ou couche de Maïlpighi que, par l'intermédiaire des papilles, l'union se fait avec le derme ou couche profonde : celle-ci est, à son tour, composée de faisceaux volumineux et serrés de tissu lamineux, accompagnés de capillaires, de Iymphatiques et traversés de terminaisons nerveuses : de nombreuses fibres élastiques ramifiées et anastomosées s’enchevêlrent au sein de ce réseau.

B) Le tissu conjonctif sous-cutané. — Ou lamineux. Réparti inégalement sous le derme avec la face profonde duquel il se continue insensiblement, le tissu conjonctif est formé de larges travécules : filaments longs, aplatis, minces, accompagnés de fibres élastiques; cellules fusiformes ou étoilées. De nombreux capillaires, lymphatiques et nerfs contribuent à faire de cetle masse connective un tissu réactionnel ce premier ordre. Notons que, lors de la vie utérine, c'est lui le tissu générateur de Blainville qui donne les fibres lamineuses qui constituent l'élément fondamental du tendon

C'est donc sur lui principalement que va porler l’action du feu et qui, par retour à l'élat embryonnaire, par l'inflammation provoquée, aidera le tissu tendineux différencié à se reconstituer.

Voyons maintenant comment va agir, par l’intermédiaire du cautère, la force calorique. Au moment

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où la pointe attaque la peau, une premiére action mécanique a lieu : la destruction des cellules épithéliales qui se trouvaient dans le champ de rayonnement du fer rouge, plus ou moins complète suivant leur proximité du point de pénétration. Les plus éloignées seront seulement irritées : les cellules détruites se fondent en un liquide d'aspect muqueux : c’est dans l’application du feu en raies qu’on peut le mieux l’observer quand, après avoir passé le cautlère deux ou trois fois dans chaque sillon, une perlée vient sourdre sur chaque rebord : au bout de quatre passages dans ces mêmes raies, celte sérosité se tarit immédiatement.

La pointe du cautère continue à s’enfoncer, traverse la couche de Malpighi, et s'arrête enfin après avoir touché le conjonctif sous-cutané : nous avons dit que jamais le cautère cultellaire n'atteint cette profondeur et qu’une mince couche de derme l’en sépare; à ce moment, la quantité de force calorique est fournie au maximum et son action mortifiante poussée à l’extrême. Tous les points touchés ont leurs: éléments constitutifs tués ou voués à une réaction violente : quand la lésion du tissu tendineux présentait encore une inflammation aiguë ou que de la sérosité s'était infiltrée entre les mailles du conjonctif, il suffisait de traverser la peau pour provoquer un écoulement abondant d’un liquide jaunâtre, citrin, légèrement huileux, qui vient se dessécher à l'air.

Le premier phénomène qui se produit après l’application du feu est une congestion intense de la

région, une hyperhémie active. Nous assistons à une dilatation des capil'aires et à un ralentissement du courant ‘sanguin : les globules rouges s’atèrent. perdent leur élasticité : les globules blancs se rangent le long des parois vasculaires formant « l’espace blanc » ; les cellules endothéliales des vaisseaux capillaires s’altèrent à leur tour, s’écartent. et dans les interstices s'engagent les éléments du sang : globules rouges et globules blancs, plasma et fibrine : cette extravasation caractérise l'œdème inflammatoire qui se traduit par un engorgement des membres assez volumineux parfois pour gêner la locomotion : ce processus se traduit par une véritable pluie séreuse entre les fibres du conjonctif qui. infiltré, se convertit en une masse gélatineuse et transparente; sous l'influence ‘de la réaction des fibres élastiques et des faisceaux connectifs, le liquide ‘peut en être exprimé et déborder par les pertuis du feu en pointes ou par osmose dans le feu en raies : c’est à ce moment que le feu « coule » ou « donne ». Sur toute la surface cautérisée apparaissent des suintements abondants d’une sérosité épaisse, jaunâtre, se desséchant rapidement, formant des croûtes :

Encore une fois, rappelons le « simila -similibus curantur » : cette exsudalion provoquée n'est que la répétition de cet écoulement séreux (signalé au moment où le caulère en pointe a traversé la peau.

I faut noter ici l'intervention du système nerveux : lirritalion des extrémités nerveuses a provoqué par

réflexe une vaso-dilatation de la région irritée, qui a

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entraîné la congestion et tous ses phénomènes vasculaires. , |

Le tissu conjonctif a été aussi enflammé, directement par la pointe de feu, médialement dans la cautérisation linéaire par l'intermédiaire de la fine membrane du derme respecté.

La cautérisation limitée est suivie d’une élimination restreinte et de néoformation de tissu: une partie réagit, l’autre meurt : c’est la définition même de l'inflammation, réaction de l'organisme contre les agents irritants, provoquant dans lintimité des tissus une série successive de phénomènes dégénératifs et réactionnels (Cornil et Ranvier).

Modification des éléments anatomiques. — La première conséquence est la destruction des cellules et leur régression : ces éléments morlifiés, véritables corps étrangers, vont devenir irritants.

Mais le principal effet est l’apparition des é'éments embryonnaires, ou mieux le retour à l’état embryonnaire des éléments soumis à l’irritation et leur multiplication : il se produit alors une accumulation de cellules mobiles conjonctives qui englobent les débris : Quelles sont les ressources de l’arsenl cellulaire ?

Les cellules épithéliales de l’endothélium vaseulaire qui, en s’agrandissant, se détachent des parois et facilitent l’exsudation et la diapédèse.

Les cellules connectives ou conjonctives.

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