‹ La Cautérisation par le Feu: Son Application aux Lésions Tendineuses sur le Cheval de LuxeChapitre 3 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Quod medicamenta, non sanant sanat ferrum

Quod ferrum non sanat, sanat ignis

Quod ignis non sanat, insanabile.

Au temps heureux où le cheval était encore « la plus noble conquête que l'homme ait jamais faite », et où chacun mettait un point d'orguei! à posséder le plus beau spécimen de la race, l'application du feu était devenue d’une pratique courante : le vétérinaire se devait de déparer le moins possible le sujet à traiter, car bien souvent les traces indélibiles, dépréciant l'animal, effrayaient plus le propriétaire que la lésion elle-même : il fa'lait donc appliquer une cautérisation rationnelle, et ce avec un soin tout particulier.

Aujourd'hui, le nombre des chevaux de luxe à diminué dans de telles proportions, qu'on ne peut distinguer dans cette catégorie que les quelques carrossiers, sur le passage desquels on se retourne toujours avec admiration pour la perfection de leurs allures et le brio du conducteur; les poneys de po!:0, nerveux et aristocratiques; les chevaux de courses demi-sang robustes et puissants, et par-dessus tout le pur-sang, galopeur auréolé de la gloire du turf, des suceès

pps

retentissants aux applaudissements d’une sympathie populaire. Les hacks et les hunters complètent dignement ce groupe, où la beauté et la race jouissent encore d’une faveur, égalée seulement par leur valeur athlétique dans chaque spécialité.

Soumis aux fatigues d’un entraînement intensif,

aux réactions vio'entes de l'effort final en courses. ces chevaux sont souvent victimes de lésions tendineuses graves. Les sauteurs en Concours Hippique et les poneys de Polo, dans leurs brusques volte-faces, sont aussi sujets à des tensions extrêmes de leur système tendineux.

Alors intervient le praticien : l'application du feu devenue nécessaire va confirmer cette appréciation de la Médecine Vétérinaire dont on dit qu'elle est à lu fois un art et une science.

C’est avec science que l’on procèdera à la cautérisation, mais c'est avec son art, son goût et sa manière de faire, que le clinicien saura enjoliver la fàcheuse présence des cicatrices par a régularité de leur répartition.

D'aucuns n’admettent, hélas, que le résultat curatif : gardons-nous d’en pronostiquer la valeur : combien de chevaux, dont les membres semblaient leur interdire à tout jamais de paraître sur un hippodrome, n'ont-ils pas vu leurs tendons, tout en conser-

vant une déformation notable, reprendre une téna-

cité el une solidité à toute épreuve. D'autres, au con-

traire, atteints de tendinites bénignes. ne furent

jamais en état d'être entraînés; ne préjugeons done

jamais et faisons confiance au lemps et à la Nature, les deux principaux facteurs des guérisons.

Dans cette étude, nous examinerons surtout la Façon d’appliquer le feu et son action sur les lésions tendineuses chez le cheval de luxe et particulièrement chez le pur-sang; la plupart des observations que nous avons pu faire, se rapportant presque exclusivement aux chevaux de courses. |

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