HISTORIQUE
Dès l’origine de l’art à Cnide et à Cos, la cautérisation au fer fut considérée comme l'agent thérapeutique le plus énergique.
Hippocrale l'avait ainsi jugé dans son aphorisme : « Ce que les médicaments ne guérissent pas, le fer le guérit : ce que ne guérit pas le fer, le feu le guérit ce que le feu ne guérit pas, est incurable, » Autorisés par ‘a parole du maître, et devant les résultats obitenus, les chirurgiens de l’une ou de l’autre médecine firent longtemps. et chez tous les peuples, une application étendue de ce moyen chirurgical. Ainsi employée, larga manu, la cautérisalion aboutit à des insuccès inévitables qui jetèrent un discrédit sur pe mode de traitement. On délaissa pendant de longs siècles celte opération qui, du rang élevé qu'elle mérilait et qu’elle avait occupé dans l’ancienne pratique, était tombée en complète désuétude.
I faut peut-être admettre que, dans la chirurgie humaine, les douleurs si redoutées de la cautérisation ont dû contribuer à sa déchéance au profit d'applications moins douloureuses. |
(LR PR
La chirurgie vétérinaire resta le dépositaire fidèle de ce moyen chirurgical et sut en tirer tous les bénéfices qu’il peut donner.
Les hippiàätres du Moyen-Age, incapables de conserver la tradition scientifique, privés des lumières de tout autre enseignement que celui d’une routine inintel'igente, empirique, se déshabituèrent ide l'emploi du feu qu'ils ne savaient pas manier avec mesure, et
dont, à bon droit, ils redoutaient les excès. Quelques ouvrages, rares il est vrai, publiés par les hippiâtres, fournissent quelques excellen!s préceptes, ce qui prouve que leurs auteurs n’avaient pas complètement perdu les traditions des vétérinaires grecs, et qu'ils avaient mis à profit les enseignements des chirurgiens arabes. si grands partisans du feu (Rusé, Markham, Thomas de Grey, 1651). Peu lus, ces ouvrages eurent peu d'influence sur la pratique, en France tout au moins, si bien que vers 1730, « parler de mettre le feu à un cheval et parler de l'envoyer à l’écorcheur, c'était tout de même (Parfait Maréchal).
C’est à Solleysel que revient en grande partie le mérite d’avoir restitué à la pratique vétérinaire cette opération presque abandonnée,
Non content de prêcher l'exemple, Solleysel a formulé les règles d’une des variétés de la cautérisation actuelle, celle que nous appelons la cautérisation transcurrente ou en raie, et aujourd’hui encore elles sont restées classiques. Bien des modifications ont été apportées sans cesse, mais elles ne portent que sur l'instrument dont on se sert pour appliquer le feu,
depuis la faucile rougie des Arabes, qui en font aujourd'hui encore un emploi journalier, même sur les membres de leurs sloughis, jusqu’au cautère élecfrique. |
CAUTERES
Transmettre méthodiquement à des tissus le calorique nécessite l’usage de métaux qui n’entrent en fusion qu'à une température élevée. Ces métaux servent à fabriquer des instruments spéciaux : les cautères.
L'ancienne chirurgie s'était fait d’étranges idées sur les propriétés des différents métaux; elle pensait qu’ils n'agissaient pas seulement par le ca'orique dont ils étaient imprégnés, mais qu'ils possédaient certaines vertus spéciales d'autant plus développées que les métaux étaient plus précieux : ainsi les cautères d’or et d'argent étaient préférés à tous autres. Le cuivre aussi jouissait d’une grande faveur.
Ces idées fausses se transmirent d'âge en âge, et Solleysel lui-même s'en montrait partisan : « Le cuivre est fort ami de la plaie, il résiste à la corruption et nettoie; l'or est exceïlent à bien des usages. mais le feu donné avec l'or marque et fait une escharre infiniment plus grande; il y a quelque chose de fort doux dans l’argent, et le feu en est très bon. »
Cependant Thomas ile Grey s'était déjà exempté