HISTOLOGIE
Structure du tendon
Entouré d’un tissu conjonctif lâche ou périténium externe, le tendon dans son ensemble se présente comme une corde légèrement applatie ou ellipsoïde sur sa section. L'aspect finement strié dans le sens de la longueur provient de l’accolement des fibres tendineuses. Chacune de celles-ci, séparée de ses voisines par des travécules conjonctives émanées du périténium externe, forme le faisceau secondaire chaque faisceau à son tour représente un ensemble rappelant le précédent. Entourées elles aussi de conjonctif très fin. les fibrilles tendineuses groupées et serrées se distinguent sous le nom de faisceau primaire.
Parallèlement aux fibrilles et associées avec elles. on trouve quelques cellules tendineuses. disposées en chaînes, en traînées continues. logées dans des espaces stellaires. On nia un certain temps leur existence, mais les procédés de coloration décélèrent des noyaux à l'intérieur de ces lacunes : ces noyaux ont
pe
d’ailleurs cette particularité de correspondre deux à deux.
Quelques fibres élastiques, rares, forment dans le conjonctif, lui-même peu abondant, un réseau fin et grêle. SRE
Le système vasculaire est également peu important : quelques capillaires suivent les larges maïlles ramifiées des cloisons conjonctives et, comme elles, ne dépassent que rarement l'enveloppe des faisceaux , secondaires.
Les nerfs, peu nombreux, suivis de lymphatiques, sont relativement précieux, dit-on, pour permettre au cheval d'apprécier a tension du tendon et la contraction musculaire réflexe compensatrice.
Les ligaments articulaires, dont les lésions sont si souvent coexistentes et concomitantes avec celles des tendons, s’apparentent par leur structure à l’histologie des groupes tendineux : la disposition ‘des fibrilles est cependant moins régulière, et on y relève la présence de fibres élastiques mêlées à ces faisceaux.
LESIONS TENDINEUSES EN GENERAL
Coups et meurtrissures
Le coup sur le tendon est la première explication d’une lésion tendineuse : bien que trop souvent à tort incriminé, il a cependant une valeur étiologique; chaque fois qu’il y a choc violent, une réaction du tissu tendineux s'ensuit. Nous avons vu sur un yearling une inflammation de la bride interne du suspenseur du boulet, à la suite des coups que le poulain s'était donné lors de son dressage.
Chez es steeple-chasers, les inflammiäations des extenseurs antérieurs en avant des canons proviennent souvent des coups répétés sur cette partie des membres. qui frappent violemment le bord supérieur des obstacles fixes.
L'habitude de « barrer » les sauteurs dans leur préparalion aux épreuves des concours hippiques. entraîne aussi ces lésions. A signaler enfin les coups de maillets au cours du jeu de polo.
Nous classerons sous le terme meurtrissures, les lésions par frottements répétés de la corde tendineuse sur un corps dur. Le cas le plus fréquent est
l’inflammation du tendon par ses rapports avec une saillie osseuse dans la coulisse de glissement.
À l’autopsie d'un poulain atteint d’ostéite diffuse des genoux et des canons, nous avons trouvé de chaque côté un suros du volume d’une olive en saillie, dans la gouttière du suspenseur du boulet, au niveau de l’accolement du métacarpien principal et du rudimentaire. Il y avait d’ailleurs inflammation légère du suspenseur aux deux membres antérieurs.
Lors de l'apparition d'un jardon, il peut arriver une meurtrissure consécutive des fléchisseurs et plus souvent de la bride tarsienne. Cette lésion a été constatée sur un pur-sang à la suite d’une course très dure : précisons que l’inflammation de la bride survint un mois après l'apparition de la petite tumeur osseuse, qui suvit elle-même de trois semaines l'effort violent au cours de l’épreuve publique.
à Tiraillement ligamenteux
C'est dans ce paragraphe que devraient trouver place les efforts du suspenseur du boulet. La pratique nous forcera cependant à les c'asser dans les efforts de tendon. Nous indiquerons donc ici seulement les lésions consécutives aux entorses du jarret, du genou el des boulets, auxquelles participent toujours les ligaments articulaires,
212 407) Ra
Arrachement
Des deux ligaments qui maintiennent un os plus ou moins mobile en position, le plus faible cède souvent à un tiraillement exagéré. Il en résulte une dilascération de ses fibres pouvant aller jusqu’à la rupture complète; le déplacement qui s'ensuit est plus ou moins exagéré; nous avons constaté plusieurs fois lParrachement de l'os suscarpien après rupture des ligaments articulaires du carpe par traction excessive des anti-brachiaux postérieurs : un volumineux engorgement au niveau du genou laissait voir l'os pisiforme tiré en haut et en dedans, rendant difficile ‘a flexion du métacarpien sur lJ'avant-bras. Une lésion fréquente également: est l’arrachement des grands sésamoïdes après une tension outrée du suspenseur du boulet qui dilascère les ligaments sésamoidiens inférieurs; la masse articulaire, qui forme la face antérieure de ces deux petits os, remonte légèrement en arrière : dans le paturon, l’inflammation consécutive suit son cours ordinaire. ,
Il est des cas où, à leur tour, les tendons sont maintenus en place par des expansions fibreuses qui, elles aussi, cèdent parfois et provoquent un arrachement : telle est la conformation de la calotte calcaméenne du perforé dont les côtés peuvent se déchirer et provoquer le glissement du tendon sur le côté de sa surface de passage au sommet du calcaneum : la déformation est assez nette pour gêner les mouve-
ments de flexion du tarse. Aux deux observations que nous avons pu faire, le perforé avait été déjeté en dehors, et après traitement, avait constitué une coulisse de glissement sur le côté du calcanéum.
Ruptures
Conséquence fatale d’une élongation, la déchirure intéresse les fibres tendineuses sur n'importe quelle partie de leur trajet et en nombre variab'e : nous avons constaté une fois, sur un steeple-chaser, immédiatement après l’accident, une rupture complète du perforé antérieur gauche. À la palpation, les doigts pouvaient pincer la peau indemne entre les deux abouts tendineux.
Hémorragie
C'est la suite immédiate et constante de toute lésion tendineuse, se traduisant par un léger gonflement et une crépitation sanguine sous-cutanée.
Tendinites
De beaucoup les plus importantes, elles reconnaissent différentes causes : parasitaires, réactionnelles, pathologiques.
ES re
Les onchocercoses tendineuses ne sont à signaler que pour mémoire, l’action du feu appliqué sur les régions atteintes n’ayant pas donné de résultats probants.
Les tendinites réactionnelles grouperont les manifestations inflammatoires consécutives aux coups et meurtrissures, aux hémorragies et ecchymoses ayant provoqué une irritation du tissu tendineux, mais en second ressort :
« Les causes pathologiques de l’inflammation tendineuse sont aussi variées que nombreuses; elles provoquent généralement des tendinites chroniques : la rétraction dendineuse succède à l'apparition des formes et l’ankylose des phalanges. Des aplombs défectueux peuvent à la longue entraîner aussi des inflammations chroniques de l'appareil tendineux. Dans les traumas exposés le tissu tendineux peut s’enflammer, s’infiltrer de pus et frappé de nécrose partielle, tend à éliminer le bourbillon : c’est le javart tendineux (Leblanc, Saint-Cyr).
Ces ténosites sont donc toujours secondaires, aseptiques ou infectieuses. À signaler encore des inflammations tendineuses à la suite d’anasarque (Hendrick), de synovites tendineuses (Barrier), et-les ruptures consécutives à la mésoneurectomie.
Nous nous attacherons principalement à l’inflammation propre du tissu tendineux, à la nerf-férure suivant les auteurs du siècle dernier, au claquage
selon le terme usité aujourd’hui.
Hank DERERE
La nerf-férure
Autrefois réservée aux altérations tendineuses:
produites par des contusions, cette dénomination dans la pratique a été affectée à l'extension du tendon, à la distension des fibres composantes survenant en dehors de tout traumatisme pendant les actions locomotrices sur les fléchisseurs des phalanges et le .suspenseur du boulet : Quel est le mode d'action de ces « efforts énergiques » et « souvent répétés » ?
Pathogénie : C’est en étudiant les chronophotographies instantanées et sériées que Barrier et Siedamgrotzky ont fait connaître la pathogénie des altérations de la nerf-férure.
Au moment où le membre lancé en avant va toucher la terre, les axes des différents rayons osseux. canon et phalanges, sont dans le même pro'ongement : aussitôt le contact avec le sol par le sabot qui s’y immobilise, la première phalange forme un angle ouvert en arrière avec le métacarpien et un second angle ouvert en arrière également avec la deuxième phalange. Cette ligne brisée rapprochant le boulet du pied contribue à relàcher d’abord le perforant, puis le perforé qui, lui, ne se distend qu'après le jeu de l'articulation interphalangienne. Le boulet s’affaisse, et seul son suspenseur tendu le soutient.
Il nous a été donné de constater, sur un hippo-
drome, les traces laissées sur la piste par les membres