GALERIE LATÉRALE
r. Côté droit. — L'angle entre les deux galeries est entièrement couvert de concrétions qui laissent seulement apercevoir qu'il y eut, là aussi, des fresques. A 1"50 de haut et à
3 mètres du coin, se trouvent, sous les concrétions, de larges surfaces brunes et noires où l’on perçoit des dos de Bisons. L'un d'eux, au-dessus du n° 48 du plan, est relativement déchiffrable, comme le croquis de la bande l'indique, mais ne peut être relevé avec une exactitude suffisante.
Au-dessous de lui, à ras du sol, se trouve un Bison polychrôme (n° 48); au contraire des animaux précédents, noyés sous les concrétions, et qui étaient à contours raclés, celui-ci (fig. 77) ne présente presque pas de traces de cette opération.
Un peu à gauche, et à 2"80 de haut, se trouvent peints en noir deux Chevaux se suivant (n° 49); ils ne sont pas gravés du tout; le premier, très mal conservé, est cependant très intéressant, car c'est le plus bel exemple que l'on puisse rêver d'utilisation d’un accident naturel par les artistes quaternaires. En effet, la surface rocheuse (fig. 78) présentait en ce point deux pendentifs stalagmitiques, dont l'ensemble simulait admirablement la cuisse, la patte postérieure et la queue d’un Cheval, tandis que des bourrelets de même nature, à distance convenable, imitaient la patte antérieure. Entre les deux, un relief naturel horizontal entre deux rentrées de la paroi donnaient admirablement l'impression du corps. L'ensemble a été complété par de larges traits noirs aujourd'hui très évanouis.
Plus bas et à gauche des grands Chevaux noirs, voilé presque complètement par des efflorescences stalagmitiques, se trouve un joli petit Cheval noir uni (fig. 90 et pl. XII, 2); avec un peu d'attention, on arrive à le percevoir tout entier.
Au-delà, vers la gauche, on observe encore quelques traits noirs noyés dans les concrétions à diverses hauteurs, mais où l’on peut seulement deviner un troisième Cheval noir, peu soigné, derrière le groupe des deux.
Dans l’étroit boyau qui prolonge la galerie latérale, au-delà d’étranglements successifs dont le dernier est infranchissable à presque tous les visiteurs, se trouve un recoin moins resserré ‘et plus élevé ; sur les draperies calcaires qui tapissent à gauche ses parois, on aperçoit successivement deux animaux tracés en noir; le second
est un joli petit Renne (fig. 89), le premier semblerait plutôt un Bœuf, si ce n’est pas
F1G. 77. — Bison polychrôme, no 48 de la bande (planche XXX).
un Renne dont on a démesurément allongé la queue (fig. 88). Un peu plus loin, un tracé rouge figure un animal dressé, à membres trapus et courts, probablement un Ours (fig. 89) ; à côté de lui est une figure noire peu intelligible, extrêmement primitive. Ensuite, le défilé se rétrécit de nouveau, et l’on parvient en dernier lieu à deux dessins juxtaposés sur la paroi droite, une tête de Cheval dont la ligne de front est un accident naturel, et une figure de capridé tout à fait grossière (fig. 87). Avant de s'engager dans ce boyau resserré, on peut noter que les parois sont entièrement tapis
ées d'anciennes concrétions sur lesquelles s'aperçoivent
diverses traces noires peu importantes, elles-mêmes incrustées à leur tour.
Fic. 78. — Reliefs rocheux naturels utilisés par les artistes quaternaires pour peindre un Cheval en noir modelé ; la cuisse et la queue sont formées par des stalagmites
(planche XLVIII, 1, 2, 3).
| cn, à # | L 2 Fig. 79. — Chevaux peints en noir peu modelé ; celui de droite a épousé les [formes rocheuses
indiquées dans la précédente figure (planches VII et XLVII, 1, 2, 3).
En reprenant, dans la galerie latérale, l'examen de la paroi que nous y avons laissée sur la gauche, et à partir de la colonne qui s'y trouve, on voit d'abord les contours inférieurs peu visibles d'un grand Bison polychrôme, usé et concrétionné.
En avant se trouve le Bison polychrôme n° 50, dont la tête s'engage dans des écoulements stalagmitiques importants, bien qu’elle puisse encore se déchiffrer péniblement (fig. 80); il y a à peine des traces de raclage au ventre et aux
Fic. 80. — Bison polychrôme à sabots rouges, superposé à un signe tectiforme rouge détérioré ; no 50 de la bande (planche XXXIVI).
pattes. Au-dessous, et plus ancien apparemment, se voit une partie d’un grand tectiforme incomplet, à traits rouges parallèles. A la frise supérieure, on aperçoit de vagues traces noires.
En avant du Bison n° 50, se voit, à la hauteur de sa tête, une gravure de jeune Renne (?) à bois non divisé encore, considéré au début, et à tort, comme une Antilope (fig. 96); le mufle est une habile adaptation de petits accidents
naturels. Un peu de noir se voit à l'œil et sur la joue. Six mètres plus à gauche que le dernier Bison, commence une frise élevée que nous appelons /a frise des Rennes, placée au coin des deux galeries à 3"60 de hauteur, mais au-dessus d'une corniche où l’on peut à la rigueur se tenir.
À l'extrémité droite, se trouve l'ensemble n° 51 du plan. Ce qu'on y voit le plus facilement, c’est un grand Renne inachevé, dont la tête est presque entièrement noyée de concrétions (fig. 81); mais celle-ci laisse transparaitre la
FiG. 81. — Chevaux noirs au trait et Renne noir modelé inachevé, no 5r de la bande générale (voir planches V et LI, 3).
couleur sombre, et a moulé d'autre part le mufñle, le front, les yeux, profondément incisés. La ramure et le dos n'ont aucune gravure, tandis que la poitrine est aussi profondément entaillée. Celle-ci, ainsi que les pattes antérieures et peut-être le ventre, est perdue dans les concrétions.
Ce Renne noir modelé a été peint par-dessus des dessins linéaires de même couleur, à tracé fin, léger et très déteint, figurant deux Chevaux se suivant.
La principale figure de l’ensemble 52 qui est en avant du Renne précédent figure un autre individu de la même espèce (fig. 82); seules, les palmes élargies de sa ramure sortent de la masse des concrétions ; mais celle-ci laisse transparaître la plus grande partie du corps ; on peut remarquer une faible gravure
Oo
autour du mufle et de l'épaule. Les palmes ne sont pas gravées, tandis qu'on voit des traces de raclage aux reins, à la queue, à la fesse, aux jambes.
Ce Renne est en superposition partielle sur des dessins noirs au trait simple, placés à sa droite; ceux-ci ne sont aucunement gravés ; parmi eux se voit la
F1G. 82. — Dessins noirs peu ou pas modelés, plus anciens que le grand Renne polychrôme (no 52 de la bande). A droite, deux X rouges (voir planche XXIX).
moitié gauche d'une échine de Cheval analogue à ceux du n° 51. D’autres lignes, plus renflées, semblent appartenir à des dessins très simples de Bisons. En ce point, on remarque aussi deux X rouges juxtaposés.
A l'extrémité gauche de la même corniche, se trouve, juste au carrefour, une figure polychrôme de Loup (n° 53); elle est en grande partie engagée dans des concrétions peu transparentes, et a été faite sur un frottis général rouge ; les détails de la tête sont soigneusement raclés et gravés ainsi que les pattes antérieures et, probablement, le dos (fig. 138, pl. XXXVII et L, 4).