PREMIÈRES HYPOTHÈSES SUR L’AGE DES FRESQU
noirs très modelés, et contemporain des dessins noirs linéaires, mais plus récen que certains dessins rouges linéaires. Au contraire, il existe une autre catégorie de figures gravées, exclusivement constituée de Mammouths, et dont les relations avec les fresques sont tout à fait différentes. Les images de cette série sont presque toutes localisées du côté gauche, entre le « Rubicon » et le carrefour ; elles sont tantô petites, tantôt grandes, à peine tracées le plus souvent, ce qui rend leur lecture assez laborieuse. Certaines figures de Mammouths paraissent en d’autres points (n° 1, 41)
probablement antérieures aux animaux qui y sont dessinés ; encore cela est-i douteux pour le Mammouth situé en 42, et même en 37. Mais dans toute la paroi de gauche, les choses changent, et le doute n'est pas permis; sur les figures 2, 3, 4, 5, 9, 12 et toute la région à droite de ce Renne, les figures d'Eléphants sont les plus récentes de toutes les figures, y compris les tectiformes (n° 9). Aucun doute ne peut exister (1), et les larges raclages des défenses recourbées se détachent en bandes
claires sur les Bisons 2, 4, sur les Rennes 3 et 12.
Ces faits sont confirmés par la comparaison avec les figures des Combarelles et de Bernifal. Aux Combarelles, où les Chevaux sont si nombreux et gravés généralement avec vigueur, il n'y a que de rares dessins noirs au trait, peu ou pas modelés. C'est à l’époque des Combarelles (2) qu'il convient de rapporter le tiers le plus ancien des gravures et des peintures de Font-de-Gaume. La même observation avait été faite à Altamira par MM. Cartailhac et Breuil : les figures au trait noir des Chevaux, et les tracés profonds de cervidés y étaient aussi antérieurs aux fresques polychrômes (3). A Marsoulas également, les mêmes auteurs avaient trouvé des dessins noirs modelés ou au trait sous les fresques polychrômes, ainsi que des dessins de Chevaux incisés. Tous ces faits concordent pour indiquer une évolution étroitement parallèle de l’art quaternaire dans les diverses régions où il a été
pratiqué.
1. Ces faits sont si clairs que nous ne comprenons pas comment M. E. A. Martel, averti à ce sujet par ma brochure « L'Age des Peintures d’Altamira » peut encore écrire, après avoir visité Font-de-Gaume, que les fresques des Bisons polychrômes sont postérieures aux dessins des Mammouths. M. Martel, décidé-
ration des faits ne lui
ment, voit bien mal les grottes qu’il visite; un peu plus de temps donné à l’observ nuirait pas.
2. Aux Combarelles, il exis noir, mais des tracés noirs ou verdâtres bien plus anciens, rarement déchiffrables, et jamais incis
et parfois relevées en
e non seulement d'innombrables figures incisée
; c'est à cet ensemble complexe que nous comparons le tiers le plus ancien de Font-de Gaume. 3. M. Alcalde del Rio, en découvrant à Altamira, dans un sol solutréen supérieur, des
Jravures sur
à celles des parois, a établi que, dans cette grotte, tous les dessins gravés de cervidés et les
os identique figures linéaires et en noir modelé étaient de la fin du solutréen cantabrique.
CHAPIMRENLX
L'EÉvolution de l'Art à Font-de-Gaume
MAINS NOIRES, ANIMAUX PEINTS & GRAVÉS ANTÉRIEURS AUX FRESQUES POLYCHROMES, -— LES FRESQUES POLYCHROMES, LES DERNIERS GRAFFITIS.