‹ La caverne de Font-de-Gaume aux EyziesChapitre 27 sur 111 · MAINS CERNÉES DE NOIR · texte numérisé non relu

MAINS CERNÉES DE NOIR

Ces mains qui nous avaient échappé longtemps sont en tout comparables à celles qui ont été découvertes à Castillo (Espagne) par M. H. Alcalde del Rio, et à Gargas (Hautes-Pyrénées), par MM. F. Regnault et E. Cartailhac. Celles-ci et celles-là se distinguent de la main rouge imprimée en « positif » à Altamira, et de celles, noires, plus récemment découvertes à Bédeilhac par M. Mesplé. Seulement les mains en « négatif » de Castillo sont toutes cernées de rouge, comme beaucoup de celles de Gargas ; leur nombre est de cinquante environ dans la caverne Cantabrique, et de près de cent cinquante dans la grotte Pyrénéenne.

A Font-de-Gaume, il n'y en a que quatre ou cinq, et la couleur noire est

eule utilisée. Dans les séries Cantabriques et Pyrénéennes, la main gauche prédemine

argement sur la droite. À Font-de-Gaume,

deux des mains seulement peuvent être examinées à ce point de vue et ce sont des mains gauches aussi (fig. 83). L'homme de l'époque du Renne présentait donc, comme nous, une différenciation des deux mains, il n'était pas ambidextre, puisqu'il réservait sa droite pour projeter la couleur durant que sa gauche était collée au rocher.

La seule main d’Altamira, faite par voie d'impression, est une droite, mais

Fic. 83. Main humaine faite au patron avec de . couleur noire. Un tiers de la grandeur avec ce procédé, la main qui s'imprime est éelle.

en même temps la main qui opère.

En Australie, d’après les documents que nous avons compulsés, une semblable opposition existe entre la prédominance des gauches dans les mains négatives et des droites dans les mains positives.

A Castillo, les mains négatives sont, comme l’a observé d'abord M. Alcalde del

Rio, et, depuis, M. Breuil, recouvertes par toutes les autres catégories de figures

peintes ou gravées. C’est donc la forme la plus primitive de l'art quaternaire Cantabrique.

MM. Cartailhac et Breuil ont indiqué que celles de Gargas datent nécessairement du seul foyer paléolithique qu'on y ait constaté, immédiatement antérieur à l’obstruction de l'entrée rouverte aujourd'hui depuis peu d'années. Ce fuyer étant de l’époque Aurignacienne primitive à en juger par les récoltes de F. Regnault,

les mains, comme les dessins si primitifs incisés sur les parois ou bien tracés sur des surfaces enduites d’argile, remontent à cette époque, antérieure au Solutréen et au Magdalénien.

Une main seulement, à Font-de-Gaume, est en contact avec un autre dessin, qui est noir modelé: elle se trouve sous-jacente à celui-ci. En Dordogne, comme dans les grottes plus méridionales, c'est donc au début de l’art quaternaire que ces mains doivent être placées : confirmation éclatante de l'étroite solidarité de l’art pariétal de

ces régions éloignées.

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