‹ La caverne de Font-de-Gaume aux EyziesChapitre 29 sur 111 · FRESQUES NOIRES MODELÉES · texte numérisé non relu

FRESQUES NOIRES MODELÉES

Les fresques noires qui viennent ensuite sont principalement développées au voisinage du carrefour et dans la galerie latérale ; elles comprennent des figures de grande dimension, largement tracées et d'une grande vigueur d'exécution. Ce sont des Chevaux (galerie latérale, n° 49), des Bisons (galerie principale, n° 14 et 47), et des Rennes (galerie principale, n° 13, et latérale, n° 51). Il faut y joindre deux Bisons de la salle des petits Bisons et peut-être les débris de plusieurs Bœufs qui s'y trouvent, et, dans le diverticule final, le Ruminant n° 30.

Mais toute cette série comprend des images assez différentes entre elles, tantôt, comme dans les Bisons n° 47 (PI. VI, VIII) et même 14, et les Chevaux 49 (PI. VID), la manière a gardé quelque chose de rude, la silhouette est peu ombrée; tantôt, au contraire, comme dans le Renne noir n° 13 (PI. 1), et l'animal au galop du diverticule (PI. V), le modèle et le fini de l'exécution atteint à la perfection. Dans ces figures, tantôt la gravure s'associe à la fresque, comme pour les Bisons 14 et 47, les Rennes 13 et 51 ; tantôt elle est absente, comme dans la salle des petits Bisons et pour les Chevaux n° 49.L'un de ceux-ci est très remarquable par la façon dont il épouse des formes naturelles, sa queue et ses pattes étant des stalactites anciennes remarquées et merveilleusement adaptées dans un sens zoomorphique par l'artiste quaternaire.

La relation qui existe entre ces deux Chevaux se suivant pourrait bien n'être pas accidentelle ; l'attitude posée du premier, celle du second, qui soulève ses pattes antérieures sans que son train postérieur galope, suggèrent une scène de haras, que l'on pourrait rapprocher du Renne flairant sa femelle de Laugerie-Basse, et du Taureau de Teyjat suivant une Vache.

Parmi les fresques noires modelées, une des figures de la salle des petits Bisons a quelque importance (PI. IX); le vrai modelé y tient peu de place, se limitant à a tête et aux pattes, tandis que des hachures nombreuses ombrent le reste du corps. C'est, à Font-de-Gaume, la seule image de ce caractère, et cette image n'est sas sans relation avec celles découvertes à Niaux (Ariège) par le commandant Molard, et étudiées depuis par MM. Cartailhac et Breuil. Toutefois, le fondu des raits est ici bien plus complet.

Postérieures, à Font-de-Gaume, comme de nombreuses superpositions le

démontrent, aux tracés noirs primitifs, ces dessins sont également antérieurs aux

solychrômes qui les recouvrent plusieurs fois. C'est également dans la même relation chronologique, que MM. Cartailhac et Breuil ont trouvé les figures en noir modelé de Marsoulas et d'Altamira ; dans ces cavernes et à Niaux, ils ont toujours noté une

grande perfection du dessin à cette période, ils ont également indiqué que, du moins à Altamira, une phase les suivait, à teintes plates s'étendant uniformément à toute la silhouette, qui semblait indiquer une régression temporaire de l’art et de la technique. À Altamira ces teintes plates étaient rouges. À Font-de-Gaume, elles sont

noires ou parfois brunes.

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