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DESSINS LINÉAIRES PRIMITIFS ROUGES OÙ NOIRS

Les dessins linéaires primitifs sont représentés par de nombreux vestiges ; bien peu sont déchiffrables, là même où aucune surcharge ne les a recouverts, comme au registre supérieur de la grande galerie et dans la première galerie latérale avant e « Rubicon ».

On y doit noter d'abord un certain nombre de tracés d’une signification à peine perceptible, tant le trait, noir ou rouge, est sobre de détails. Le trait n'est pas oujours une ligne continue ; il est parfois formé de traces noires alignées grossièrement, comme dans trois têtes d'équidés (?) situés sur la paroi gauche de la galerie principale, au-dessus des n° 1 et 4 de la bande (fig. 84). La ligne rouge de petites êtes de Bœufs à longues cornes s’insérant au sommet du front et se dirigeant en avant (au-dessus du n° 7 de la bande) s'égrène en petits points rouges successifs presque tangeants (fig. 85), comme le trait rouge de l'Eléphant de la grotte Canta-

brique de Castillo, et les figures plus évoluées de Covalanas.

Parmi les tracés rouges les plus élémentaires, on doit noter une ramure de Cerf, située au-dessus de l'entrée de la salle des petits Bisons et divers tracés problématiques de la galerie de droite avant le « Rubicon », au nombre desquels il y a peut-être les débris d’une grande silhouette d'Eléphant et une tête de Bouquetin (fig. 29 à 31). Les tracés noirs ou rouges de la même galerie semblent aussi partiel-

lement attribuables à des Mammouths ; certains détails rappellent nettement leur échine, parfois suivie de gros points alignés, ou leur front bombé et leur trompe. D'autres de ces petits tracés rappellent des équidés. L'un d'eux, incomplet, est fait en deux couleurs, la tête et l'encolure en rouge, la croix du garrot et l’échine en noir. À Altamira, nous avions noté aussi un Bouquetin très primitif, tracé en traits

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F1G. 84. — Deux têtes d’équidés ? dont le trait noir est fait par hachures juxtaposées. Echelle de un quart. Galerie principale, côté gauche.

rouges, avec une ligne noire pour le ventre. Mais ces deux dessins n’ont rien à voir avec les fresques polychrômes. Dans la galerie principale et la galerie latérale qui en dépend, les tracés noirs

élémentaires figurent : en 5 et 6, une tête (?), surmontée de deux cornes droites, une Biche (?) tête à gauche ; une tête d’équidé (?) (au-dessus de 8); une ligne oblique de hachures, crinière de Cheval (?) (n° 13) ; un Bison et un Bouquetin (?) (n° 15) à cornes dirigées en l'air.

Du côté droit, on ne peut déchiffrer, avant le carrefour, à la frise supérieure, qu'une tête certaine de Bouquetin (fig. 87) (au-dessus du n° 37) et, à côté, un

front avec deux oreilles ou cornes (?). A la frise inférieure, on peut apercevoir, en 40, deux petites têtes de Cheval très élémentaires, et un front, avec œil et oreille (Cheval?). Une autre petite tête de Cheval, presque semblable, mais plus soignée (fig. 86), se trouve voilée par les concrétions, en face des Bisons 17 et 18.

Fi. 85. — Têtes de Bœufs pointillées en rouge (planche Il).

Enfin, dans la galerie latérale, après les défilés qui en défendent l'accès, on

trouve d’abord un ruminant noir (bovidé? ou cervidé?) à longue queue et grande corne (fig. 88), un joli Renne noir bien silhouetté (fig. 89, 3), un Ours dressé dessiné en rouge, dont la gorge velue, comme le fanon du Renne, est représentée par des hachures (fig. 89, 1). Près de lui, une silhouette noire, absolument élémentaire, de bête cornue (fig. 89, 2), et, plus loin, deux têtes contigues, l’une de capridé, l'autre d'équidé (fig. 87, 1, 2) ; la limite antérieure du front de ce dernier est formée par le rocher.

Comme compréhension de la ligne, on peut rapprocher des plus à de 4 ; : S r FiG. 86. Tracé noir primitif de Cheval. Echelle pauvres de ces tracés noirs deux de un quart. silhouettes rouges du diverticule final

(n° 32 et 35 de la bande), figurant l'une, un cervidé, l’autre, un équidé (PI. I. Comme dans l'Ours et le Renne que nous venons de voir, la ligne devient .plus expérimentée, moins baveuse, dans les Chevaux finement tracés en noir sous le Renne 51 (PI. V). C'est la même facture qu'on trouve utilisée dans deux dessins, l’un sous-jacent au Bison brun n° 28, de la salle des petits Bisons, figurant des Chevaux, et l’autre placé en avant (PI. XII).

La même ligne, rouge, comme dans l'Ours, se retrouve dans deux figures du

FiG. 87. — Peintures noires primitives, réduites à 1/4 de leur grandeur. La tête de capridé, à droite, se trouve sur la paroi droite de la galerie principale. — L'autre tête de capridé

et celle d’équidé sont peintes à l'extrémité du boyau terminal de la galerie latérale. La ligne de front de l’Equidé est formée par le rocher.

Dr ©Q ele Dre Di tpaice ir i Fic. 88. — Bovidé ? ou Cervidé ?, tracé en noir au fond de la galerie latérale : longueur om43.

diverticule terminal, représentant des Rhinocéros (PI. IV et XI), l'un complet (n° 33), l’autre réduit à sa tête (n° 31). Dans le premier, la ligne qui dessine la croupe et tout le dos est d’une seule venue; à l’encolure, elle se continue en s'élargissant, et est formée de hachures juxtaposées qui se retrouvent aussi dans la barbe; la queue est un paquet rouge, composé de hachures confluentes, se fondant plus ou

at

\ F1G. 89. — Dessins linéaires primitifs du bout de la galerie latérale : Ours dressé rouge, Renne noir, animal cornu indéterminé noir. Echelle : 1/4.

moins avec d’autres qui sillonnent les fesses. Le long de l’échine, à l'intérieur, se trouvent une série de traits obliques de droite à gauche, tandis que d’autres se retrouvent depuis l’attache de la cuisse jusqu'à celle des pattes antérieures, mais disposés de gauche à droite et se rejoignant les uns les autres de facon à dessiner

le ventre arrondi. Quelques légers raclages apparaissent au pourtour de la silhouette de ce Rhinocéros.

Nous reviendrons: plus loin sur cette remarquable figure et sur celle qui l’avoisine ; nous ne nous y attachons dans les lignes qui précèdent que pour y noter une certaine habileté dans la technique qui manquait dans les premières manifestations que nous avons passées en revue.

Dans la galerie latérale avant le « Rubicon », se trouve un dessin de petit Cheval, tracé en lignes noires, qui rappelle assez exactement le procédé usité pour ‘image du Rhinocéros (PI. 1).

Il semble, à étudier la série des dessins linéaires primitifs que nous venons de passer en revue, qu'on assiste à la naissance de silhouettes véritables, sortant presque spontanément des traits élémentaires primitifs à peine susceptibles d’interorétation.

Ces tracés élémentaires, nous les connaissions à Altamira, rarement déchiffrables là aussi, et donnant naissance aux plus primitives silhouettes de cette grotte. MM. Cartailhac et Breuil ont indiqué leur place, antérieure à toutes les œuvres d’art lus évoluées, qu'on retrouve en surcharge. Si l'on pense que, parmi les figures superposées, se trouvent les Biches incisées identiques aux gravures sur os recueillies par M. H. Alcalde del Rio dans le solutréen du gisement Cantabrique, il faut admettre que ces figures au trait sont au moins contemporaines des débuts du Solutréen,

et peut-être antérieures. Mais à Castillo, ces dessins linéaires, rouges ou noirs, oblitèrent des mains rouges faites au patron, et sont oblitérés eux-mêmes par des fresques polychrômes. Il est donc à supposer que leur âge, plus reculé que celles-ci, est cependant moins antique de quelque chose que les mains négatives.

Cette indication peut être corroborée par l'absence de silhouettes d'animaux

peints à Gargas (1), où les mains sont si nombreuses : les deux choses ne sont donc pas exactement contemporaines, les mains sont plus anciennes.

A Marsoulas, les tracés linéaires noirs sont antérieurs aux fresques noires modelées, et à tout le reste des peintures.

Dans la Dordogne, de rar peu perceptibles, mais entaillées ou oblitérées par les autres dessins.

silhouettes noires primitives existent à La Mouthe,

Aux Combarelles, il y a deux catégories de figures noires primitives: les unes, absolument primitives, sont nombreuses, très rarement interprétables, non accompagnées de gravures, plus souvent verdâtres que vraiment noires, antérieures aux gravures d'animaux si abondantes (quoique celles-ci aient quelquefois restauré une silhouette de cette catégorie) ; les autres, peu nombreuses, plus élaborées, comparables aux meilleures de la série de Font-de-Gaume, sont contemporaines des

gravures incisées auxquelles elles s'associent plusieurs fois.

1. Il est entendu que la grotte supérieure de Gargas est une autre grotte, archéologiquement parlant,

que celle aux mains; elle a des animaux en noir modelé, mais pas de mains.

Nous retrouvons donc, dans les indications réunies de toutes les grottes ornées, une convergence d'indications remarquables, que chaque étape que nous allons parcourir renforcera à son tour.

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