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LES BŒUFS ET LE

tours du museau, et porte, tout à son sommet, les cornes qui le couronnent en se profilant complètement au dehors ; les oreilles, insérées derrière elles, sont également placées au-dessus de l’encolure et de la nuque. De plus, la ligne dorsale ne présente aucune trace de bosse, et le menton, aucune barbiche (1).

Tout différents sont les caractères des dessins des Bisons. Les contours dorsaux forment une énorme convexité, presque pareille au dos d’un Mammouth ; entre la nuque et la bosse, une sorte de seconde bosse s'étale sur l’encolure, et forme le € chignon », formidablement développé dans la plupart des dessins quaternaires, et, semble-t-il, infiniment plus que dans les Bisons actuels (fig. 181 et 199) (2). Chez celui-ci, le chignon est presque exclusivement formé d’une masse de toison plus crépue et plus longue, tandis que les dessins quaternaires lui donnent un tel dévelop-

. 201. — Gravures sur os de têtes de Bisons de la Grotte des Espelugues à Lourdes, coll. i. 1, 2, 3, sont grandis d’un tiers ; 4, est réduit d’un quart.

pement qu’on échappe difficilement à la pensée qu'il y avait là une excroissance adipeuse semblable à celle des Dromadaires, et, dans l'espèce humaine, des Boschimans.

La tête a un aspect tout à fait étrange : un front poilu, extrêmement bombé, était séparé d’un mufle à contours sinueux, présentant quelquefois une grosse touffe de poils au milieu du profil; celui-ci, fréquemment, est très busqué; le mufle est petit, à demi enfoui dans la longue barbe qui couvre la mandibule, et se fond par en bas avec les poils longs et tombant du fanon. Celui-ci, comme une lourde draperie, pend entre les pattes antérieures, qui, enfouies dans cette masse velue, apparaissent ridiculement petites.

1. On remarquera que nous avons définitivement renoncé à l'appellation d’Aurochs, qui ne s'est appliquée que par erreur au Bison, n'étant que la forme germanique du nom d° « Urus », et qui a constamment causé des malentendus.

2. Voir La Nature, 30 Mars 1907 : Les Bisons du Caucase ; une erreur grave s’y est glissée dans la planche des crànes, p. 270, où une tête de Bison priscus y est donnée comme celle de l’'Urus {Aurochs). De

telles confusions, dont le point de départ est tout verbal, sont à la base d'opinions comme celles de M. Martel. Voir aussi W. T. Hornaday : The Extermination of the American Bison ir Annual Report of Nat. Mus. 1887.

Les cornes longues, fines et généralement sinueuses s’insèrent latéralement, au milieu de la tête, et se trouvent, par conséquent, ne profiler que leur pointe en dehors de celle-ci.

Le front bombé, les contours busqués du museau, la longue barbe ont contribué à donner à nos Bisons peints d’Altamira et de Font-de-Gaume, une sorte de masque humain assyroïde, particulièrement remarquable sur les Bisons des planches VIII, XV, XXIV, NV MENT eCenolume

A Altamira, cela est surtout frappant pour le beau Bison de la pl. XVIII et pour une gravure (1) (fig. 35, p. 50, n° 1), à ce point qu'il en est résulté de curieuses confusions : M. Harlé songeait à l’un d’eux, à profil presque anthropoïde, en écrivant que « la tête de plusieurs ne ressemble à celle d'aucun animal» et un dessin de lui, reproduit dans le « Meà Culpà d’un Sceptique », de M. Cartailhac (2), fixe son impression de tête à apparence humaine.

Le dessin gravé de tête de Bison a été exactement relevé par M. H. Alcalde del Rio, mais interprété aussi comme figure humaine. M. E. A. Martel, dans sa trop rapide course à travers les couloirs d’Alta-

mira, a eu le temps d'en faire aussi un

Fic. 202. — Tète de Bison de Laugeri gravée sur bois de Renne, grandeur vraie. croquis, mais tout à fait inexact (3); les

caractères du Bison y sont éliminés et il ne reste plus qu'une silhouette suggérée à M. Martel à l'occasion d'un examen insuffisant de l'original.

À Font-de-Gaume, beaucoup de visiteurs prennent ainsi pour des profils humains les têtes de Bisons.

Une pareille méprise semble avoir, dans l'Antiquité, été la source primitive des Taureaux androcéphales si répandus dans les Arts Chaldéen, Assyrien, Babylonien et Persan qui se sont succédés sur les bords de l'Euphrate (4). Le Bison n'était pas inconnu des artistes qui sculptèrent son image en bas-relief sur la panse d’une belle coupe en pierre dure recueillie à Suse par M. Jacques de Morgan, et qui

Cette gravure est indiquée à tort par MM. Cartailhac et Breuil comme capridé; il s’agit bien d’un

Bison.

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