‹ La caverne de Font-de-Gaume aux EyziesChapitre 77 sur 111 · Bœufs, 5 à 6 Chevaux, 2 Bisons · texte numérisé non relu

Bœufs, 5 à 6 Chevaux, 2 Bisons

4a 10 Rennes, 10 Bisons environ.

4b 50 Bisons environ, 14 Mammouths, 3 Rennes, 1 Loup.

Des chiffres ci-dessus on peut relever les faits suivants.

Le Rhinocéros, le Félin, l'Ours, les Capridés (Bouquetin), sont strictement limités au premier tiers, peut-être au premier quart du développement de l’art quaternaire à Font-de-Gaume.

Le Mammouth apparaît aux deux extrémités seulement, par un singulier caprice.

Le Bos primigenius, présent dès le début, n'est nombreux qu'à la troisième phase, il est absent à la dernière.

Le Renne, présent dès le début, n’est abondant qu'au début de la dernière phase.

Le Bison, peu fréquent au début et dans la troisième phase, est assez abondant au début de la quatrième, et forme l'immense majorité durant sa seconde partie.

S'il fallait se fier aux témoignages graphiques pour induire à la faune vivant dans la région, on penserait que le Rhinocéros, le Félin et le grand Ours, voire même le Bouquetin, se sont éteints ou sont devenus rares bien avant la fin du Paléolithique récent ; que le Mammouth, après une éclipse, aurait tardivement foisonné de nouveau ; que les Chevaux, très abondants au début, ont cédé la première place d'abord aux Bœufs primitifs, puis aux Rennes, puis aux Bisons, médiocrement

abondants avant leur épanouissement respectif.

Présentées avec cette brutalité, ces conclusions auraient chance d'être excessives et erronées ; sans doute la faune figurée est un reflet de la faune réelle, mais ce reflet est passé par le prisme des préoccupations humaines ; ce prisme a pu supprimer certains éléments, en exagérer d’autres à plaisir.

Le document iconographique de Font-de-Gaume devra se contenter d'être un apercu incomplet sur la vie quaternaire ; même grossi et corroboré d’autres analogues, il devra se juxtaposer aux autres éléments de connaissance que la paléontologie, la stratigraphie nous livrent. De ces bribes de vérités coordonnées, sortira, quelque jour, une compréhension plus pleine de la nature, telle que les peuples chasseurs de Rennes et de Bisons l'ont connue. On peut déjà percevoir, par la réunion des faits de Font-de-Gaume et d’Altamira, de nombreuses et suggestives

é LA CAVERNE DE FONT-DE-GAUME.

concordances ; il suffit, pour les percevoir, de se reporter au chapitre VI, Résumé synthétique, qu'ont publié MM. Cartailhac et Breuil dans leur monographie de la caverne Cantabrique. La succession des faunes d'Equidés, de Cervidés, de Bisons, paraît mue d’un rythme analogue à celui de Font-de-Gaume. D'autres travaux nous donneront l’occasion d'éprouver la valeur de ces faits symétriques. Chaque année qui s'écoule apporte son contingent de faits importants. Petit à

petit, nous pénétrons quelque chose de la pensée, des préoccupations, des pratiques al sociales et religieuses des vieilles tribus nomades qui, à l'aurore des temps postglaciaires, occupaient le Sud-Ouest de l’Europe.

Documents Comparatifs Additionnels aux Chapitres

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