‹ La Cécité: Blessures de guerreChapitre 17 sur 25 · SE · texte numérisé non relu

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De l’ensemble de ces observations, quelques idées générales sur le mécanisme de la balle frappant l'appareil visuel et les lésions qu’elle engendre semblent se dégager.

La balle suit, dans la généralité des cas, une direction transversale parallèle au plan frontal.

Un cas typique nous en est fourni par l'observation II.

La balle pénètre au niveau du malaire droit et ressort au niveau du malaire gauche, lésant en séton les deux orbites, intéressant les fosses nasales.

Le trajet de la balle transversale suit parfois l’horizontale, souvent il forme avec elle un angle léger. Dans l'observation III par exemple la balle à pénétré à la hauteur de l'angle externe de l'œil gauche pour ressortir au niveau de la région sous-orbitaire droite.

Dans quelques cas seulement, la direction de la balle est légèrement oblique par rapport au plan frontal.

Dans l'observation VIII notamment la balle avait pénétré au niveau de la région malaire droite et se trouvait ressortie au niveau de l'angle interne de l'orbite gauche.

En somme, le trajet de la balle déterminant la cécité est en général transversal et forme avec l'horizontale un léger degré. £

On peut noter aussi que les régions de l’orbite le plus fréquemment intéressées par la balle sont le rebord antérieur du plancher orbitaire et le bord externe de sa base formée par l'os malaire. En cela les plaies de nos aveugles diffèrent des blessures déterminées par le revolver de la pratique civile, observées

mire

en particulier dans le suicide et les tentatives de meurtre, qui tendent à s’écarter de la base de l'orbite pour se localiser dans la région temporale. Le frontal, en retour, est rarement lésé.

Les lésions déterminées par le passage de la balle intéressant les globes oculaires peuvent se ramener à trois. Dans les cas les plus favorables, la balle détermine une simple contusion de l'œil. Les causes pathogéniques varient avec les cas. Tantôt la contusion est due au trajet de la balle rasant tangentiellement le globe et le projetant contre une paroi de l’orbite, tantôt la contusion est l'effet de l'augmentation de la pression intraorbitaire déterminée par le passage du projectile. À plus grande distance, l’action de la balle se fait encore sentir. L'irradiation d'une fracture en particulier parait être susceptible de déterminer la contusion d’un globe. Il en est ainsi pour les fissures irradiées de la base du crâne ou du sommet cranien se propageant à la paroi orbitaire supérieure, ainsi encore pour les fractures de la paroi orbitaire inférieure accompagnant celles des os de la joue.

Dans ces cas, nous retrouvons tout naturellement les atrophies optiques par compression dans le canal optique. Ceci était bien connu avant la guerre.

La propagation simple de l’ébranlement osseux sans fracture pourrait aussi contusionner le globe.

Les lésions oculaires le plus fréquemment observées relevant de la contusion légère sont : l’hémorragie du vitré, le décollement rétinien, la cataracte traumatique, la luxation du cristallin.

La contusion peut être beaucoup plus violente. Elle

TT vel s'accompagne alors d'une rupture de l'œil. L'œil éclate, il se vide de ses milieux liquides ; il est désorganisé.

La contusion exprime l’action indirecte, et parfois l’action à distance de la balle sur le globe oculaire. Quand la balle intéresse directement le globe, il s'ensuit une perforation. Les lésions qu’elle entraîne se rapprochent fort de celles qui sont dues aux contusions graves avec éclatement. L'œil est éventré ; il est mou, rempli de sang à l'examen latéral. Les observations rapportées nous ont montré que ces blessures de l'œil s’infectent facilement, et qu'il n’était pas nécessaire, pour que l’infection se produise, que le projectile restât dans la plaie; son simple passage suffisait pour la déterminer.

La perforation par balle diffère totalement de la perforation par éclats de balle au point de vue de ses lésions :

Les éclats de balle déterminent le plus souvent une hémorragie du vitré. L'aspect extérieur de l'œil d'autre part ne subit point en général d'aussi profondes modifications.

Il en est de même des perforations par corps étrangers soulevés par les balles : le plus souvent, ils agissent en même {emps que les éclats de balle. Les blessures qu'ils déterminent sont, beaucoup plus que tout autres, sujettes à l'infection, Elle peut être aiguë, c’est la panophtalmie ; elle peut être chronique, c’est l'irido-cylite ou la phtisie oculaire.

Nous avons retrouvé ces complications dans les

observations rapportées. | F, L, i

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